Smic : enfin du courage politique !

Sarkozy et Fillon ont raison de ne pas augmenter le Smic plus vite que l’inflation. On sait effectivement que les coups de pouce donnés régulièrement au Smic ont été des coups de pieds pour l’emploi, et ont produit un tassement des salaires vers le bas (smicardisation des salaires). Rappel de quelques évidences économiques, et critique de la position poliquement correcte.

Nicolas Sarkozy a raison de ne pas augmenter le SMIC plus que de la valeur de l’inflation (2,1%). Pendant la campagne, Ségolène Royal avait promis une augmentation du SMIC brutale, ce qui est une idiotie économique. On sait, et il ne s’agit pas là de politique, mais d’économie, qu’une augmentation artificielle des salaires au-dessus du prix du marché est créatrice de chômage. C’est même la 13eme loi économique :

Économie du travail : L’augmentation des salaires sur le long terme ne peut être réalisée que par une plus grande productivité, c’est-à-dire par davantage d’investissements en capital pour chaque travailleur ; le chômage chronique est une conséquence de l’action du gouvernement qui fixe les taux de salaire au-dessus du niveau d’équilibre du marché.

Ceux qui vont venir, comme Maryse Dumas (CGT) ce matin sur BFM, expliquer qu’il s’agit d’un coup bas contre les plus démunis sont des démagogues. Il s’agit simplement d’une mesure de bon sens, difficile, courageuse et nécessaire pour se remettre sur les rails du plein emploi.
S’il était si facile, et sans conséquences néfastes sur l’emploi, d’augmenter le SMIC, pourquoi ne pas le mettre à 3000 € ?
Comme toujours, on retrouve bien une ligne de distinction entre la morale de conviction et la morale de responsabilité :
d’un côté, ceux qui, pétris de bons sentiments, vont expliquer qu’il faut augmenter pour des raisons morales évidentes les plus bas salaires, et ceux qui, soucieux des conséquences de leur actes plus que de leur valeur morale immédiate, vont s’efforcer de ne pas augmenter le chômage, afin de construire une société où travailler sera accessible à tout le monde. Sortirait-on enfin du politiquement correct ?
C’est la croissance globale de l’activité par le travail qui va mener à une création de richesse, et à une augmentation progressive des salaires ; pas un arbitrage par décret ministériel. S’il était si facile, et sans conséquences néfastes sur l’emploi, d’augmenter le SMIC, pourquoi ne pas le mettre à 3000 € ?

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22 Comments

  1. Krips

    Qui a écrit cette « idiotie » d’article hyper simpliste ! Je félicite la conclusion : « S’il était si facile, et sans conséquences néfastes sur l’emploi, d’augmenter le SMIC, pourquoi ne pas le mettre à 3000 € ? » c’est du populo-sarkosisme !

    Si le SMIC n’augmente pas en même temps que l’inflation, ça équivaut à une baisse du Smic. Peut-être effectivement qu’une baisse du Smic fera descendre le taux de chômage (c’est n’est pas ce que je défends) mais elle entrainera surement une augmentation du taux de pauvreté. Si les allocataires du Smic ne peuvent plus subsister avec ce maigre revenu, ils seront contraints d’accepter ces saloperies d’emploi sous-payé avec des contrats ultra précaires (intérim, temps partiels). Et les voila passé de Smicards à travailleurs pauvres ! Quelle évolution !

    Alors c’est vrai que quand on voit ça au milieu de ses gros sous, une main d’oeuvre ultra-flexible et bon marché, c’est bon pour la productivité, c’est bon pour enrichir les riches. Mais quid des travailleurs pauvres qui devront comme aux USA prendre plusieurs emplois pour s’en sortir, sans parler de la globalité des salaires qui seront tirés vers le bas. Si les smicards doivent accepter des emplois sous-payés, pourquoi ne pas créer plus d’emplois à bas salaire puisque certains ont le couteau sous la gorge et devront les accepter ! Et pourquoi ne pas baisser ton salaire puisque un autre est pret à travailler pour moins cher que toi !

    Posted 2 juillet 2007 at 08:51 | Permalink
  2. Pour rester dans l’économique : - tabler sur une hausse des salaires comme rétribution d’une hausse de la productivité est d’une naïveté affligeante, et fait fort peu cas de la réalité. La productivité a augmenté pendant des décennies bien plus que les salaires et c’est essentiellement le taux de rémunération du capital qui en a profité. - plus la part de profit destiné au capital (par opposition au travail) est élevée, plus la capacité de consommation de la masse salariale est réduite. Ce qui freine la demande, et donc l’activité.

    Ces mesures n’ont en aucun cas pour but de favoriser l’activité économique, ça c’est du domaine de l’idéologique. Ce qui est visé est l’augmentation du taux de marge. Pour ce qui est du courage politique…

    Posted 2 juillet 2007 at 09:30 | Permalink
  3. LOmiG

    salut Krips, merci pour ton commentaire ; il faut lire l’article avant de le critiquer…je n’y parle pas d’une baisse de Smic, mais de ce qui a été décidé par le gouvernement, à savoir une HAUSSE de smic proportionnelle à l’inflation…donc préservant un pouvoir d’achat identique ! à bientôt

    Posted 2 juillet 2007 at 09:39 | Permalink
  4. LOmiG

    je n’ai pas parlé de productivité, mais de production globale de richesse. Oui, la production globale de richesse augmente avec la quantité de travail, et oui la production globale de richesse, même répartie inégalement, produit une hausse globale du niveau de vie. C’est la réalité aux USA, en Irlande, en GB. Où est l’idéologie à vouloir appliquer ce qui a porté des fruits ailleurs…?

    Posted 2 juillet 2007 at 09:42 | Permalink
  5. Je bosse dans une petite boite (je suis seul employé), et les bénéfices de l’entreprise sont trés réduits. À l’heure actuelle, je suis payé au SMIC, et je gagne plus que mon patron !

    On parle beaucoup des patrons qui gagnent des millions, mais je pense sincèrement que la plupart d’entre eux sont comme le mien : ils triment comme des bêtes pour nourrir leur famille, et font de leur mieux pour s’en sortir. Et il ne faut pas oublier que ce sont eux qui payent les salaires. alors critiquer, c’est bien beau, mais quand ils gagnent plus que leurs employés, et bien c’est souvent mérité.

    Ah chouette ! Si le SMIC passait à 1500€, je gagnerai vachement plus ! Sauf que non, en fait, je me retrouverai au chomage, parce que l’entreprise n’aurait plus les moyens de se payer mes services.

    J’abonde dans ton sens, LOmiG : il y a ceux qui caressent le chat, et ceux qui le nourissent.

    Posted 2 juillet 2007 at 09:47 | Permalink
  6. Un hausse globale du niveau de vie ? Même répartie inégalement ? Je ne sais pas si l’explosion des revenus les plus hauts et la baisse ou le tassement des revenus bas et moyens peut être vue comme une hausse globale du niveau de vie.

    Oh, et pour ce qui est de l’exemple américain, et de son économie en faillite : http://www.20six.fr/aurelianobuendia

    Posted 2 juillet 2007 at 09:52 | Permalink
  7. LOmiG

    salut Thibault, merci pour ton commentaire et pour le point de vue concret que tu donnes à la question…ta formule est très juste : il y a ceux qui caressent le chat, et ceux qui le nourrissent. à bientôt !

    Posted 2 juillet 2007 at 10:33 | Permalink
  8. LOmiG

    re-salut, le niveau de vie aux USA est 50% supérieur à celui de la France, avec des inégalités plus marquées qu’en France. Les pauvres aux USA sont moins pauvres que ceux en France. La question est donc : « vaut-il mieux vivre plus riche dans une société plus inégalitaire ou plus pauvre dans une société plus égalitaire ? » Le système américain est loin d’être en faillite, et son économie tire, avec les chinois et les indiens, l’ensemble de la planète en avant. On peut ne pas aimer ce système économique, on peut critiquer la société de consomation, mais ne dit pas que le système américain est en faillite : il produit de la valeur. à bientôt !

    Posted 2 juillet 2007 at 10:37 | Permalink
  9. On ne doit pas avoir la même définition de la faillite. La balance commerciale US est en déficit chronique, de l’ordre de 50 milliards de dollars par mois, ce qui est uniquement couvert par les investissements étrangers. Les USA vivent à crédit. Parcoures un peu le blog que j’ai lié ci-dessus.

    Posted 2 juillet 2007 at 10:43 | Permalink
  10. LOmiG

    Etre endetté ne signifie pas être en faillite. Heureusement ! Comment ferait-on pour acheter un appartement sinon ? Mais je suis d’accord, sur ce point, que la politique américaine sur ce point là est un peu dangereuse…C’est la CHine qui détient principalement la dette des USA. Cet équilibre (déséquilibre) mène la croissance mondiale à l’heure actuelle.

    Posted 2 juillet 2007 at 11:01 | Permalink
  11. Il ne s’agit pas de remboursement de dette ici. Il s’agit d’emprunts contractés pour pallier un déficit structurel. S’endetter pour acheter un appartement n’est pas être en faillite parce que le montant des remboursements reste inférieur aux revenus, c’est même une condition nécessaire pour emprunter. Ici la métaphore serait plutôt celle de quelqu’un qui prendrait tous les mois un crédit à la consommation parce que son revenu ne couvre pas les dépenses courantes.

    Posted 2 juillet 2007 at 11:07 | Permalink
  12. LOmiG

    deux remarques : 1) tu prêches un convaincu : je te l’ai dit dans le message d’avant, je ne trouve pas cette politique d’endettement très saine. 2) il faut se souvenir que si les américains peuvent s’endetter comme ça, c’est aussi parce qu’on leur prête, ce qui signifie que les prêteurs ont confiance dans la capacité de remboursement. Parce que l’économie américaine est solide, justement.

    Posted 2 juillet 2007 at 11:20 | Permalink
  13. C’est tout à fait discutable. Il y a d’autres mécanismes en jeu, et notamment le fait que le dollar est la monnaie internationale de référence. Si l’économie US s’écroule, le dollar aussi, et donc la valeur des investissements. Si la Chine arrête d’acheter des dollars, celui-ci baisse et la valeur de son stock diminue. Si elle continue, les deux restent artificiellement stables. C’est une fuite en avant mais ça ne durera pas éternellement.

    Posted 2 juillet 2007 at 11:26 | Permalink
  14. Lomig, je te conseille vivement la lecture de l’Anti Mannuel d’économie de Bernard Marris. ça fait réfléchir concernant les pseudo lois économiques…

    Posted 3 juillet 2007 at 15:42 | Permalink
  15. LOmiG

    salut Nath, je l’ai lu…et je reste relativement convaincu que la loi de l’offre et de la demande, et les lois économiques auxquelles je fais référence dans l’article (lien vers un billet) décrivent relativement bien la réalité économique. On peut trouver toujours trouver des exemples un peu limites, où elles ne suffiront pas : mais ce serait déjà une bonne chose que tout le monde les connaissent, et en respecte l’esprit. Tu les as lu ? il n’y a rien de bien polémique, c’est plus un rappel qu’autre chose… à bientôt !

    Posted 3 juillet 2007 at 16:49 | Permalink
  16. Loulou

    Bizarre… Aux USA, les pauvres sont moins pauvres qu’en france!!! Ah, ben on doit pas connaître les mêmes USA… Bizarre aussi, en france, ces 5 dernières années, les plus riches des plus riches se sont enrichis comme jamais (+70%) et on parle de bouclier fiscal pour pas les faire fuir, de supprimer l’ISF, les droits de succession, bref, tout ce qui s’applique aux 10% des français dont les revenus ne cessent d’augmenter (+19% pour les 10% les plus riches), à l’heure où les revenus des 90% restants stagnent, voire s’affaiblissent relativement à l’inflation. La loi de l’offre et de la demande est une connerie: elle pourrait permettre, sans régulations étatiques, qu’un homme travaille 100h pour gagner 100€. Sans régulation étatique, la loi du plus riche s’applique avec encore plus de cruauté. il est quand même incroyable de parler d’absence de polémique quand un salaire doit être fixé par l’offre et la demande. C’est déjà le cas dans les domaines non régulés, (et parfois même dans els domaines régulés…) où les salaires perdent le sens de la mesure. A quoi ça sert de gagner 50 smics pour un travail de comptable, au plus de gestionnaire qui n’en mérite point tant. Au mieux 4 ou 5…

    En fin de compte, ne pas augmenter le SMIC, c’est affaiblir la demande, et empêcher la consommation. Sachant, qui plus est, que ce sont les salaires les plus « raisonnables » qui consomment et les plus « irraisonnables » qui épargnent, le meilleur moyen de faire en sorte que l’économie avance serait d’augmenter les plus bas salaires.

    Quant à tes convictions, qui n’ont pas été détruites par l’anti-manuel, c’est ou bien parce que tu ne l’as pas lu, ou parce que tu ne l’as pas lu! Trouver que la loi de l’offre et de la demande correspond à certaines réalités, ne veut en aucun cas dire que c’est une bonne chose… Et c’est justement en cela que les libéraux sont ignorants: en savoir utile et pragmatique en économie, à savoir respecter les limits juridiques, liées aux croyances les plus fortes de ces mêmes libéraux: la liberté. Or vivre avec 100€ par mois, ce n’est pas être libre… Relire ou lire tout simplement Amartya Sen pour s’en convaincre…

    Posted 19 juillet 2007 at 18:00 | Permalink
  17. LOmiG

    salut loulou, et merci pour ton commentaire…! que de virulence…! Une question : pourquoi si « le meilleur moyen de faire en sorte que l’économie avance serait d’augmenter les plus bas salaires », la situation est elle ce qu’elle est en France (très fort chômage, smicardisation des bas salaires, faible pouvoir d’achat, faible croissance comparée aux voisins européens) ? Ce que tu préconises est justement ce qui a été appliqué pendant longtemps, et n’a pas porté ses fruits. Même si c’est défendable dans l’idée (qui serait contre une augmentation des bas salaires?), il faut être capable d’observer objectivement les effets d’une telle politique. Les effets pervers sur le chômage ont été plus forts que les effets positifs sur la création de richesse redistribuée par la consommation. Nous produisons moins de richesses, et nous travaillons moins. Ce n’est pas une question de convictions, mais de constatation. Par ailleurs, je n’ai jamais parlé de supprimer le contrôle étatique de l’économie, mais la diminution de son ampleur, ce qui est très différent. Ne caricaturons pas. à bientôt !

    Posted 19 juillet 2007 at 23:00 | Permalink
  18. rev

    Courir après cette croissance encore et toujours est une lubie. Nous ne pourrons pas continuer comme ca indéfiniment, même les neo-liberaux font le constat des reculs sociaux au nom du libre échange, qui sera soit disant compensés par la création de richesses par les pays les plus compétitifs. Et que ce passera t-il pour ceux qui ne le sont pas? Que ce passera t-il pour les pays du sud ? Qui garantira le droit de vivre dignement aux plus pauvres, alors qu’il est déjà en péril un peu partout même dans les pays riches. Tous les exemples que vous avez pris, que ce soit celui du débat sur le SMIC, des inégalités de manière générale ou des USA qui tiennent leur train de vie grâce à l’endettement ne sont que les symptômes d’un système absurde. Peut-être devrions nous enfin nous autoriser a repenser cette abjection qu’est la société de consommation pour construire une société sur des bases plus saines.

    Posted 16 avril 2008 at 01:55 | Permalink
  19. LOmiG

    Salut Rev, merci pour ton commentaire… il me semble que les pays du Sud, comme tu les appeles, ont déjà énormément progressé en jouant le jeu de l’économie de marché. Et que les freins à leur progression sont bien plus à chercher dans le côté dictatorial et anti-libéral des gouvernements, que dans je ne sais quel dégâts causés par l’économie de marché. N’est-il pas, d’ailleurs, un peu paradoxal de critiquer la « course à la croissance », puis d’indiquer que ce qui est choquant c’est la situation des pays pauvres ?

    Pour l’instant, l’activité humaine, l’entreprenariat est ce qui crée des richesses, et permet aux gens de s’en sortir ; si tu as d’autres pistes pour construire la société : ne te gênes pas, partage les avec nous !

    Par ailleurs, et pour finir, je ne suis pas convaincu qu’il faille « construire » la société de manière abstraite, mais simplement que la société est le fruit de ce que les humains construisent tous. Le meilleur moyen que cette société humaine soit juste est d’y combattre partout la violence, les atteintes aux individus, à la propriété.

    Jaurès a dit :

    Le premier des droits de l’homme c’est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail. Jean Jaurès

    qu’en penses-tu ?

    Posted 16 avril 2008 at 06:56 | Permalink
  20. rev

    il me semble que les pays du Sud, comme tu les appeles, ont déjà énormément progressé en jouant le jeu de l’économie de marché. Et que les freins à leur progression sont bien plus à chercher dans le côté dictatorial et anti-libéral des gouvernements, que dans je ne sais quel dégâts causés par l’économie de marché.

    C’est une blague ? En général quand on commence une phrase par « il me semble », on n’affirme pas des choses dans celle-ci. Je te prie de te renseigner parceque soutenir des thèses libérales sans s’informer sur ses conséquences directes est un peu restrictif.

    Au Ghana depuis les années 80 le FMI et la Banque Mondiale ont imposés leur politiques économiques grâce a l’épée de Damoclès que représentait la dette extérieure. En privatisant le service public, et en réduisant drastiquement les dépenses de l’état en matière sociale. ce qui a eu pour conséquence de paupériser encore un peu plus des populations qui avaient déjà peu. Ainsi, du jour au lendemain, des gens n’ont plus eu les moyens de se soigner et d’apprendre, l’accès a la santé et l’éducation étant devenu payant, des multinationales se sont installées pour exploiter les ressources qui abondent dans ce pays en expropriant les paysans pour une bouchée de pain. Et même l’accès a l’eau est devenu un commerce elle aussi puisque limitée. Pour employer les termes de ceux qui les imposent, ce sont les politiques de « cash and carry » ou « récupération des coups » qui créent ces « dommages collatéraux ». L’exemple du Ghana n’en est qu’un parmi tant d’autres que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine, mais il est parlant car ce pays a été le « bon élève du FMI » pendant plus de 25 ans. cela donne matière a réfléchir…

    N’est-il pas, d’ailleurs, un peu paradoxal de critiquer la “course à la croissance”, puis d’indiquer que ce qui est choquant c’est la situation des pays pauvres ? Pour l’instant, l’activité humaine, l’entreprenariat est ce qui crée des richesses, et permet aux gens de s’en sortir ; si tu as d’autres pistes pour construire la société : ne te gênes pas, partage les avec nous !

    Ca n’est absolument pas paradoxal puisque se basant sur une réflexion différente. En effet plutôt que de créer des richesses là ou il n’y en a pas ou peu, peut-être devrions nous d’abord partager celle qui sont déjà existantes. Au détriment de ceux qui ont plus pour ceux qui ont moins. C’est pour moi le vrai sens de l’humanisme. Se basant sur l’empreinte écologique, auquel dans aucun de tes articles tu ne fait allusion, ont sait que le mode de vie occidental n’est absolument pas généralisable. Chirac le disait deja a Johannesburg en 2002: « Si l’humanité entière se comportait comme les pays du nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins. » Avec la montée en puissance de l’Inde et de la Chine nous devons faire face a ce problème majeur, l’émergence des classes moyennes dans ces pays nous impose de produire plus pour satisfaire leurs besoins, ce qui d’ailleurs est une des causes de l’inflation (dixit le constat du FMI) et de ses conséquences (famine, emeutes…) que le monde subit actuellement.

    Pour ce qui est du dernier point je ne suis pas du tout d’accord avec toi, avec un raisonnement pareil on serait encore dans un régime féodal. Construire la société en idée de manière abstraite revient a tenter de comprendre comment elle fonctionne et a la repenser autrement. C’est d’ailleurs la force (et la faiblesse pas la même ) de l’etre humain de s’organiser pour tenter de reduire les conséquences sur les individus de la nature humaine. Et les différents régime que nous avons construis durant des siecles en sont l’exemple vivant. Le libéralisme « sans filet » serait une régression a l’état animal, ou le plus fort a toujours raison au détriment du plus faible.

    Le meilleur moyen que cette société humaine soit juste est d’y combattre partout la violence, les atteintes aux individus, à la propriété.

    Résumer la société aux atteintes aux individus est une manière de tronquer le raisonnement, car cette société ne sera vraiment juste que pour celui qui possède au détriment de celui qui ne possède rien.

    Quant-a la citation de Jaurès elle n’est que l’illustration d’une forme de fermeture d’esprit au fait que la liberté s’accompagne forcément de contraintes qui doivent être choisies communément. Ces libertés individuelles posées sans limites ne peuvent être garantes de la liberté de tous, la nature humaine ayant toujours tendance a être vénale plutôt que consciencieuse.

    Posted 16 avril 2008 at 17:59 | Permalink
  21. LOmiG

    re-salut Rev, merci d’expliciter ainsi nos points de désaccords. Il faut quand même que tu saches que je me renseigne un minimum.

    SUr le progrès « global » des pays pauvres, j’avais écrit cet article : Le progrès existe, et il se mesure.

    En ce qui concerne ta réflexion finale sur les limites de la liberté – avec laquelle je suis d’accord – je t’invite à venir participer à la discussion passionnante sur ce billet : Questions ouvertes, publié il y a une semaine. On y aborde les questions centrales de liberté, propriété et responsabilité…

    à très bientôt !

    Posted 17 avril 2008 at 06:33 | Permalink
  22. Rev

    Cet indice de développement humain reste très subjectif, et faire des suppositions dessus serait plus qu’hazardeux, enfin passons… J’aurai aimé que tu réfutes quand même…

    Posted 17 avril 2008 at 08:10 | Permalink

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