Suite des interviews de la blogosphère politique française ! Après Eric Mainville (Crise dans les médias), Jules (Diner’s Room), et Toréador (Toreador), j’ai le plaisir de vous présenter les réponses de Luc Mandret (Ma vie en Narcisse). Luc commente l’actualité politique en fonction de son humeur, et de ses contradictions, comme il le dit lui-même dans son profil : « 24ans, parisien d’adoption, passionné de politique, ambitieux et réaliste, simple et utopiste, plein de contradictions pour autrui … »
Peux-tu faire un historique rapide de ton blog ?
Ma vie en Narcisse a fêté ses deux ans. Il a beaucoup évolué depuis que je l’ai créé. J’essaye de parler de plus en plus de politique. Et j’ai commencé à aborder plus fréquemment les questions locales. Mon blog est très personnel : j’y parle de mes coups de coeur, j’y pousse des coups de gueule, j’essaye de diffuser des informations que l’on ne voit pas partout ailleurs, j’aime bien également y écrire des textes moins politiques ou publier mes photographies. Pour la suite, je vais changer de plateforme, et ainsi continuer à le faire grandir à mon image.
Pourquoi blogues-tu ?
J’ai toujours aimé écrire, et je l’ai toujours fait. Le blog est donc venu naturellement, afin de partager. J’apprécie énormément le dialogue que cela engendre parfois avec les lecteurs. Ma réponse pourrait tenir en deux mots : plaisir et partage.
Comment te positionnerais-tu sur l’échiquier politique ?
J’ai été encarté 6 années durant au Parti Socialiste. J’ai quitté ces formations durant la campagne des présidentielles, pour ensuite rejoindre le MoDem. Je me qualifie donc de centre-gauche pour résumer. Mais plus généralement, je me qualifie d’humaniste internationaliste.
Quel est ton avis sur les réformes mises en oeuvre par Sarkozy et le gouvernement Fillon ?
Lesquelles ? Pour le moment, le problème est qu’il y a beaucoup de communication. Mais peu d’action. Chaque jour, après chaque fait divers, on apprend la venue d’une nouvelle législation. Mais ce ne sont que des mesurettes pour monopoliser l’espace médiatique. Je ne vois aucun courage politique derrière les réformes. Et surtout, les réformes mises en place ne semblent pas véritablement réfléchies et suffisamment négociées en amont. On se retrouve avec des réformes inconstitutionnelles (cf le paquet fiscal) ou minimalistes (cf les universités). D’autres me semblent totalement inhumaines (cf les peines-plancher).
Quel est ton avis sur les pistes à suivre pour réformer le PS ?
Cesser de parler, de faire des synthèses. Ne pas croire qu’en prononçant vingt fois par jour les mots « rénovation » ou « refondation » cela finira par arriver tout seul. Il est temps que le PS agisse, propose, construise un vrai projet, et s’y tienne. Je pense également que le PS devra en venir à une scission pour réussir son avenir.
Le PS doit-il oui ou non accepter l’économie de marché ? Jusqu’où l’Etat doit-il contrôler la mondialisation ? Ce sont des vrais problèmatiques que le PS devra affronter. Et je pense que les deux gauches du PS ne peuvent coexister au sein d’un même parti, une fois les conclusions établies.
Quel est ton point de vue sur l’Islam ?
Je suis athée. Mon point de vue sur l’Islam est absolument le même que sur les autres religions, monothéistes ou non. Chacun est libre de pratiquer la religion de son choix. Dans le respect de la laïcité.
Un grand merci à Luc Mandret d’avoir accepté de répondre à ces questions ! Je vous invite, comme d’habitude, à réagir à ses réponses en commentaires, ici, ou sur son blog Ma vie en Narcisse !
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Tagged: Blog, Fillon, Interview, Islam, Politique, PS, Réformes, Sarkozy





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6 Comments
salut Luc, merci d’avoir joué le jeu, et pour tes réponses…! Comme d’habitude, je rebondis sur certains aspects de tes réponses pour lancer le débat… 1) Pourquoi as-tu quitté le PS pendant la campagne présidentielle ? 2) je te trouve un peu dur avec le gouvernement, quand tu laisses penser qu’ils ne font rien. On peut ne pas être d’accord avec la politique qu’ils mènent, mais ils ont déjà mis en oeuvre un sacré paquet de réformes, non ? Les débats qui se tiennent entre les différents syndicats (patronat et salariés) sont un progrès, non ? Et cela contrdit un peu ta critique concernant le manque de concertation, il me semble. A discuter
Je suis d’accord avec un peu les deux: je crois que le gouvernement se bouge quand même un peu le cul, mais on est pas encore dans la rupture. Il faut aussi laisser un peu de temps pour voir la suite je crois. Ils ont commencé par les choses faciles, disons.
Pour répondre à tes questions :
1/ j’ai quitté le PS, en raison d’un désaccord profond sur la candidature Royal. Mais qui ne fut que l’élément déclencheur : je pense sincèrement que le « progrès » ne peut être insufflé par le PS, que le parti socialiste se contente trop des guerres internes pour pouvoir apporter une alternative à notre pays.
2/ ce ne sont pas des réformes, mais des mesurettes. Et je maintiens, prises sans concertation. Qu’y a-t-il de plus « rose » en France depuis l’élection de NS ?
Merci pour ton invitation ! Luc
Salut Lancelot, merci de venir participer à la discussion ! Je suis assez d’accord avec toi sur les propositions d’avenir émanant (pour l’instant) du PS. à suivre : ils seront bien forcés de se réformer et de proposer à nouveau une voie politique originale, moderne et concrète. Concernant les « mesurettes », elles sont tellement mesurettes que leur prédécesseur en avaient souvent parlé sans jamais les mettre en oeuvre : réforme des régimes spéciaux, autonomie de l’université, diminution du nombre de fonctionnaires, amener plus de moyens à la Justice (1600 postes de plus de prévus). Quant à l’absence de concertation, il ne faut pas tomber dans le jeu des journalistes, à mon avis, qui consiste à relayer le discours des syndicats qui, n’ayant pas grand chose à proposer sur le fond, s’attaquent à la forme en critiquant les « méthodes ». Mais le gouvernement n’a pas été élu pour caresser tout le monde dans le sens du poil, il a été élu pour appliquer un programme annoncé avant les élections. Les réformes menées sont importantes et légitimes, à mon sens. Non ?
Ce serait marrant Lomig, que tu répondes à ta propre question : « Comment te positionnerais-tu sur l’échiquier politique ? » …
Je ne pense pas que l’on peut discuter de chacune des mesures annoncées par le gouvernement, nous n’aurions pas fini, et on partirait dans tous les sens.
Mais : les régimes spéciaux ? OK c’est dans le programme de NS, et je pense que tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut faire une réforme. Mais lorsque Fillon annonce que le projet de loi est prêt, désolé de te dire que je ne vois pas où est la concertation …
Sur l’autonomie des universités ? Je trouve cette décision ultra-dangereux, renforçant les inégalités en matière de recherche et d’éducation, avec en toile de fond une université à 2 ou 3 (voire plus) vitesses. Et par ailleurs, ce n’est pas ça qui fera aller mieux l’enseignement supérieur. Il n’y a aucun travail de fond.
Par ailleurs, je ne tombe pas dans le jeu des journalistes, loin de là : par ailleurs, il suffit de cherche quelque peu pour savoir trouver des alternatives à ce que propose le gouvernement, chez les syndicats certes, mais également dans le tissu associatif !
En conclusion : non
(pour répondre à ta question !)
salut Lancelot, merci pour ton commentaire. rapidement,
à bientôt