Une petite discussion, parmi d’autres, que nous avons eu avec ceux qui sont venus manger après la conférence / table ronde à l’assemblée nationale : certaines personnes sont capables d’émettre des idées incompatibles entre elles. Il ne s’agit pas de faire ici l’apologie des « systèmes » philosophiques qui se prétendraient « complets » ou « totalement cohérents ». Mais la plus élémentaire rigueur intellectuelle implique d’œuvrer pour faire un tri dans ces idées, afin de rendre cohérentes entre-elles nos pensées. Ce n’est pas un résultat atteignable, c’est une démarche et une exigence.
Je crois – et nous étions globalement d’accord avec ça – qu’il est plus confortable de cloisonner sa réflexion et d’accepter l’incohérence. Mais quelle la vérité y’a-t-il dans une réflexion qui accepte en même temps comme vraies des idées contradictoires ?
C’est une manière de rester esclave du monde, et de sa trop grande complexité. Et c’est une manière de refuser de penser. Pour ma part, j’accepte la part d’inconfort qui va de pair avec la remise en question de mes idées, et avec la mise en cohérence des éléments disparates qui composent forcément notre vision du monde. Nul n’est omniscient ; mais chacun a, je trouve, le devoir de douter et de rester fidèle à la vérité. Un seul instrument pour lutter contre l’erreur : c’est la raison.
Il n’y a qu’une seule et même raison pour tous les hommes ; ils ne deviennent étrangers et impénétrables les uns aux autres que lorsqu’ils s’en écartent.
Simone Weil
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[...] ces notions, avec la nécessaire cohérence de la pensée est un cheminement intellectuel [...]
2 Comments
Petite contribution
Il faut présupposer l’unité, le un, pour entrer dans l’infini du calcul et des raisons. Le aleph comme en retrait n’engage la narration, initiée par le Beth, le deux, cependant il est marque et présence de l’unité.
La raison ne peut admettre bien évidemment la coexistence de contradictions, mais qui atteint en ce cas à celle là, absolument ?
Quant à cloisonner des options clairement contradictoires, par faiblesse, confort, ou perversion, c’est ruiner la sûreté même d’un avis ou d’une position constructive et probante. Cependant que sûreté, a rapport à fermer, celer, segur, secret, lisgor (en hébreu fermer, et l’on entend bien phonétiquement le voyage des parentés, légères ou affirmées). Je pense encore à la notion d’indécidable du coté des quantas.
La raison appelle à une sortie de la métaphysique, c’est son progrès. Mais La métaphysique demeure, espace des questions, de l’écart herméneutique mais aussi possibilité de maintenir ensemble le non-unifié et le contradictoire, posture qui si ll n’est mue par un désir de surseoir au questionnement, est aussi le lieu de frottements où peuvent cheminer les idées nouvelles alors à tester à l’aune de l’exigence raisonnable.
Maintenant, si l’on s’en tient au champ clos des affrontements et postures idéologiques qui font florès en politique, la cohérence devrait être appelée, si ce n’est que dans les faits, la politique est de sang mêlé, peu probante qui cherche là quelque exigence de raison à la mesure de ses questions.
salut Freephil, merci beaucoup pour ton commentaire. Je ne cherche pas, c’est ce que j’explique en début de billet une cohérence « absolue ».
Oui, il reste une part de métaphysique, et de doute, de questionnements. A tester effectivement à l’aune de l’exigence raisonnable. C’est la démarche scientifique que l’on peut décrire ainsi.
Je ne sais pas s’il est possible de marier politique et raison. Je pense que oui, en partie, et le plus possible (c’est souhaitable). Maintenant, je ne suis pas politicien, je suis blogueur et je t’avoue que je livre pour le moment mes pensées telles qu’elles viennent, et pas avec une visée politique particulière.
à bientôt