En entendant à la radio ce matin les mots d’ordre pour la grève de jeudi, j’ai été conforté dans l’idée que, peu à peu, je me fais des grèves.
Tout est fait pour que nous acceptions ces grèves sans motifs : les sondages qui montrent que les français soutiennent la grève, les médias qui nous gavent une semaine à l’avance d’analyses de toutes sortes, et même le ministre qui nous annonce qu’elle sera très suivie ! Autant d’efforts ne peuvent qu’être payants pour que cette grève soit effectivement suivie, acceptée, tolérée.
Il parait que les français sont à bout, et que les grèves sont comme des soupapes de sûreté. Je me marre. Faut-il rappeler quelle proportion des salariés est représentée par les syndicats ? Faut-il, à nouveau, souligner le goût des médias pour ce qu’il est possible de « dramatiser » ?
Les politiciens sont coupables de rentrer dans ce jeu de tractations / négociations pour acheter un semblant de « paix sociale ». Tout cela n’est que de l’électoralisme de bas étage. Ces jeux médiatiques fatiguent tous ceux, majoritaires, qui continuent de faire des efforts pour financer un système usé, plombant à l’avance tous les efforts. Les prélèvements obligatoires ont atteint leur niveau record. Le nombre de fonctionnaires continue d’augmenter. Les réformes – réelles – prennent plus de temps et vont moins loin que prévu. La rupture commence à sérieusement ressembler à un soufflé qui dégonfle ou – pire – à une simple formule de marketing politique.
Le problème, on le connait. Les solutions aussi.
Il reste à trouver le courage de ne pas tomber dans le piège du chantage au « blocage du pays ». Ou l’honnêteté de ne pas l’utiliser comme une excuse pour ne rien faire.





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51 Comments
LOmiG : je te trouve mauvais perdant sur ce coup. Je peux comprendre ton dépit de ne pas voir tes idées majoritaires en ce moment (cela m’arrive souvent aussi) mais crier à la manipulation médiatique sur ce coup me semble exagéré.
Le ministre, sachant que cela va être fort, préfère le dire plutôt que le nier. C’est une stratégie politique plutôt habile.
Quant à la représentativité, je crois que les syndicats sont parmi les associations qui ont le plus d’adhérents. Je ne sais pas ce qui, pour toi, est une organisation représentative.
salut Mathieu L, merci pour ton commentaire !
Je ne sais pas pourquoi tu me dis « mauvais perdant ». Je n’ai rien perdu, je livre juste mon sentiment vis-à-vis d’une grève « générique », sans aucun motif particulier autre qu’un sentiment de ras-le-bol. Je suis convaincu que ceux qui morflent le plus en France ne sont pas ceux qui seront dans la rue jeudi. Je reconnais l’habilité politique de nos dirigeants : je dis simplement que j’aimerais qu’il fasse preuve d’un peu moins d’habileté, et d’un peu plus de courage et de fermeté.
Quel est la raison de cette grève ?
@ LOmiG : ah, je vois que tu ne lis pas suffisamment mon blog.
J’ai trouvé le texte de l’appel à la grève ici : http://www.solidaires.org/article22600.html
Bonne lecture.
Je l’ai lu ce texte, Mathieu L..
Le principal message est celui-ci :
Moi j’appelle ça du blabla général, et de principe. Il n’y a là aucun motif de grève entre des salariés et un employeur. C’est assez typiquement français, d’ailleurs, ces mouvements dit « sociaux » qui n’ont pas d’autres buts que de gueuler et de montrer que les syndicats ont toujours leur pouvoir de nuisance. C’est l’inverse du syndicalisme, selon moi.
à bientôt !
100% d’accord avec toi Lomig (ce qui n’étonnera pas Mathieu
Enfin ça devient grave ! Le but de la grève c’est de demander au gouvernement d’améliorer le pouvoir d’achat et la qualité des services publics, de défendre l’emploi et de réduire les inégalités.
Je ne vois pas trop l’intérêt de cette grève. Les grévistes croient vraiment que d’un coup, Sarkozy et Fillon vont se dire : « tiens il faudrait défendre le pouvoir d’achat ! Quelle bonne idée que nous donne la CGT ! Heureusement qu’ils sont descendus dans la rue pour nous le dire ! ». C’est évident : heureusement qu’il y a des grèves comme ça de temps en temps pour rappeler au gouvernement qu’il a du pain sur la planche. Merci les grévistes !
La réalité est plutôt que les syndicats font passer au gouvernement le message suivant : « regardez la grève qu’on peut lancer pour rien du tout, sans aucun motif. Regardez notre pouvoir de nuisance. Maintenant vous savez ce qui vous attend si vous essayez de nous marginaliser ou de toucher à ce que nous protégeons (CAD : pas le pouvoir d’achat ni la qualité des services publics) ».
100% d’accord avec toi Lomig (ce qui n’étonnera pas Mathieu
Enfin ça devient grave ! Le but de la grève c’est de demander au gouvernement d’améliorer le pouvoir d’achat et la qualité des services publics, de défendre l’emploi et de réduire les inégalités.
Je ne vois pas trop l’intérêt de cette grève. Les grévistes croient vraiment que d’un coup, Sarkozy et Fillon vont se dire : « tiens il faudrait défendre le pouvoir d’achat ! Quelle bonne idée que nous donne la CGT ! Heureusement qu’ils sont descendus dans la rue pour nous le dire ! ». C’est évident : heureusement qu’il y a des grèves comme ça de temps en temps pour rappeler au gouvernement qu’il a du pain sur la planche. Merci les grévistes !
La réalité est plutôt que les syndicats font passer au gouvernement le message suivant : « regardez la grève qu’on peut lancer pour rien du tout, sans aucun motif. Regardez notre pouvoir de nuisance. Maintenant vous savez ce qui vous attend si vous essayez de nous marginaliser ou de toucher à ce que nous protégeons (CAD : pas le pouvoir d’achat ni la qualité des services publics) ».
Une fois n’est pas coutume, j’ai commencé avec un commentaire et j’ai fini avec un billet. Merci de m’avoir inspiré !
http://blog.sfadj.com/2009/01/grve-de-l.html
Une fois encore dans le mille Lomig. «. Avec cette grêve, les syndicats apparaissent sous un jour, souvent le même, opportuniste et inconsistant. Comme d’ habitude. Tu as raison de noter la désaffection des salariés à leur endroit en termes d’ adhésion .J’ ajoute que ce n’ est pas un problême pour ces derniers. Ce qui caractérise nos syndicats est en effet leur mode de financement largement étatique et patronal ( ex : 1% du CE d’ EDF, etc,.. ). Le montant des cotisations de leurs adhérents entre en fin de compte pour peanuts. J’ observe que le désintérêt des salariés pour les syndicats français se manifeste également lors des élections prudhommales qui ont connu récemment un taux record d’ abstention ( près de 75% ) ainsi que pour les élections professionnelles ( 35 % d’ abstention ) . D’ accord avec Paul, les gouvernements de la Ve République vivent sous la pression permanente du « mieux criant « , du « mieux gémissant » et du « mieux manifestant ».
Le problème, c’est aussi – et surtout – que des syndicats ne représentant que 8% – au mieux – des salariés vont imposer à tous les autres de ne pas travailler…
@ Michel V : Et encore, pour les cotisations, 60% est déductible des impôts ! Financement étatique donc.
Euh, dites, les gars, si les syndicats ne représentent que 8% des gens, comment se fait-il que la CGT annonce des grévistes partout ? Ce ne serait pas que les citoyens les suivent ? Tiens, là, les sondages sont devenus de gauche, brutalement.
Quand vous parlez des syndicats, on dirait que vous parlez des francs-maçons : une société secrète qui arrive à foutre le bordel dès qu’ils veulent. Et il n’y a que 8% des gens dedans… Cela n’en ferait pas les organisations les plus peuplées de France, ça ? En tout cas, largement plus que l’UMP, dont personne ne conteste la représentativité…
L’UMP a gagné des élections démocratiques pour gouverner et légiférer. Les syndicats n’ont aucune légitimité pour empêcher les gens de travailler.
@ Criticus : la CGT a largement gagné les prud’homales.
salut à tous,
merci pour vos commentaires…
@ Rubin : merci. Je suis allé te répondre chez toi…Ton billet est moins « coup de gueule » que le mien, et certainement plus argumenté. Salaud !
@ Michel V @ Paul : oui d’accord avec vous. Ce que je ne comprends pas, c’est que les dirigeants soient si craintifs de ces mouvements, et qu’ils rentrent dans le jeu. Cf la réforme de Darcos avant la fin de l’année, et sa « suspension » suite aux mouvements étudiants…Pitoyable, et le meilleur encouragement possible pour cette grève qui était déjà prévu à ce moment là…
@ Roman : d’accord avec toi à 100%, et c’est pour ça que ces mouvements de blocages qui se disent « sociaux » ou démocratiques m’insupportent. Ils ont bien le droit de manifester, mais pas d’empêcher les autres de faire ce qu’ils veulent…
@ Mathieu L. : euh moi je conteste la légitimité de l’UMP pour décider de quoi que ce soit. C’est un parti politique. Sa seule légitimité consiste à placer des députés à l’assemblée, et des responsables dans les collectivités locales pour peser sur l’action publique. Chacun des élus est représentatif. Pas l’UMP. Par ailleurs, il me semble un peu partisan de nier le fait que les syndicats sont devenus des organes politiques (proches de l’extrême gauche et du PS) bien plus que des syndicats (au sens de « groupement de salariés »). Quand je vois le niveau des messages de syndicats sur mon lieu de travail, je peux te dire que ça se voit que les vrais problèmes des salariés, ils n’en ont rien à faire. Ils ne les voient même pas. Ils s’acharnent sur de vieilles lunes, avec un discours plus proche du tract marxisant que d’un véritable « combat » syndical… Pas étonnant qu’ils soient si peu attractifs dans les entreprises…
à bientôt,
Tiens, nouvelle interface…@ LOmiG : j’aimerais bien avoir des exemples de vieilles lunes, histoire qu’on puisse faire le tri.
<b>@ Mathieu</b><i>« la CGT a largement gagné les prud’homales »</i>Cela les autorise donc à bloquer les services publics, payés par les impôts spoliés au contribuable ? À empêcher les gens de bosser ?
La vieille lune la plus courante étant de toujours montrer les rapports du patron et de ses employés comme étant des rapports de conflits. Les conflits d’intérêt existent, mais également les convergences d’intérêt : de celles-là, les syndicats n’en parlent jamais. Ils sont dans une logique d’affrontement, et sont – semblent – intimement convaincu que le seul but du patron (des dirigeants) est d’exploiter les pauvres employés. IL y a forcément un perdant pour eux dans la relation employeur / salarié. ça me gave : je suis salarié, et je considère que moi comme mon employeur somme gagnants dans ce contrat librement signé.
à bientôt
Ce n’est pas la CGT qui bloque, ce sont les salariés. On voit bien que vous ne faites pas souvent grève. Globalement, les syndicats ne peuvent rien si les salariés ne suivent pas. De plus, ils sont souvent dépassés par les mouvements (1936, 1968, 1995, 2003). Je crois que vous donnez bien trop d’influence aux syndicats. Si le mécontentement n’était pas réel, la population ne suivrait pas. Souvenez-vous qu’en 2003, la CGT n’a pas appelé à la grève générale, car elle a compris qu’elle avait perdu, malgré quelques très fortes journées de grève allant largement au-delà du service public.Vous semblez croire que le privé ne bouge jamais. Là encore, vous ne fréquentez pas assez les manifs…
« On voit bien que vous ne faites pas souvent grève. »Jamais, même. Sauf pendant la grève des lycéens de 1998, mais je n’allais pas aux manifs. C’était juste pour pouvoir sécher les cours.« Là encore, vous ne fréquentez pas assez les manifs… »Pas du tout, comme explicité plus haut. Et je m’en porte très bien !
@ LOmiG : le rapport de force entre employés et salariés existent dans certains cas. Ton contrat « librement » signé est le résultat de deux siècles d’affrontements syndicaux et politiques.@ Criticus : soit, mais tu parles donc de dynamiques que tu ne connais pas.
Si, je connais bien, puisque l’on va m’empêcher de travailler jeudi…
Quel est la raison de cette grève ? LOmiG, tu poses encore des questions pareilles! Comme si quelqu’un allait enfin te donner le moindre raison VALABLE. Tu n’en as pas marre d’entendre le blabla que Mathieu et les intouchables de la fonction publique vont encore te resservir. Je crois qu’il faut se faire une raison, et accepter que les personnes qui triment et payent des impôts – ne venez pas me dire que les fonctios payent des impôts – les serfs de l’Etat. Une classe étatique qui rémunère ses troupes de serviteurs sur le dos des gens qui bossent vraiment, càd ceux qui dégagent une plus value.On doit appeler à la révolte contre ce ramassis de bureaucrates qui entravent les libertés. Il faut qu’on puisse débarrasser les entrepreneurs de cette racaille, de ces serviteurs à la solde de l’Etat qui parasitent la vie des gens qui se lèvent tôt. On ne peut plus accepter que nos impôts servent à rémunérer des enseignants qui manipulent cyniquement la conscience de notre belle jeunesse pour en faire de pauvres gauchos qui ne rêvent plus que de brouter la pampa du Che, tout en portant les fils du Hamas sur leur dos.
salut Scheiro. je te rejoins en partie.
Sauf que je sais bien que la réalité est un peu plus complexe : il y a tant de gens de bonne volonté dans ces manifs, et qui sont simplement manipulés…Je veux laisser une chance au dialogue avec ceux-là. Ce n’est pas trop dans mon tempérament d’opposer les gens par grande catégorie : je laisse ça aux marxistes, et à leurs satanées classes. Ce qui n’excuse en aucune manière les manipulateurs, les égoistes et les menteurs.
à bientôt, merci pour ton commentaire qui me met face à mes propres contradictions : mon billet n’était pas tant que ça de dialogue, et pas suffisament virulent pour être franchement un coup de gueule.
@ Criticus : je parlais de ta connaissance du mouvement social, mais tu m’avais compris, je suppose.
Privilégiés, je vous ai compris !
@ Criticus : merci, serf !
Ce que tu dis là reflète bien plus ma pensée que ce que j’ai écrit. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’en grande partie, ces gens sont des victimes et qu’il faut avoir un peu de compassion pour ces personnes qui manquent, physiquement et intellectuellement, de courage et d’honnêteté. Souvent, ce n’est pas de leur faute, car ça vient de leur éducation. Ils préfèrent que d’autres triment et pensent à leur place. Et ce n’est que lorsque leurs pasteurs – leaders syndicaux – les regroupent qu’ils osent sortir de leurs petits bureaux douillets et bien climatisés pour bêler ensemble; ça leur donne un sentiment de puissance à ces ratatinés du bulbe. D’ailleurs, il faut bien les laisser, de temps à autres, se dégourdir les papattes et s’égayer dans les rues: la France souffre déjà d’une trop importante catégorie de gens qui sont obèses. On peut encore supporter et entretenir ces cons, mais il ne faudrait pas, en les laissant parqués dans leurs bétaillères, qu’ils grossissent trop, parce qu’ils nous coutent suffisamment cher comme ça. Aussi, vive les longues marches sur les avenues ! D’autant plus que ça profite à qqs pauvres de banlieue qui glanent en fin de cortèges, les portefeuilles, les iPod et les mobiles que nos braves fonctionnaires ont malencontreusement laissé tomber de leurs poches.
Salut Scheiro. Je trouve ton discours « drôle », mais trop condescendant et cynique pour que je puisse m’y reconnaitre. Je n’ai pas de compassion pour les manifestants. J’ai à la fois moins et plus de sympathie pour eux. Je ne pense pas que ce soit des cons, ni des sous-éduqués. Je pense simplement que beaucoup de gens réagissent pas réflexes conditionnés sur certains sujets, et que par ailleurs les gens sont capables d’être incohérents avec eux mêmes (on l’est tous un peu)…
à bientôt !
La majorité des gens sont imprégnés de l’idéologie socialiste et attendent donc toujours plus de « redistribution » de l’Etat. Cela me sidère toujours qu’ils ne semblent pas plus conscients que ladite redistribution sort principalement de leur poche puisque la plupart sont salariés et ne peuvent accéder à toutes les niches fiscales. Surtout les enseignants qui font partie de la classe moyenne de plus en plus paupérisée par les impôts toujours croissants. Les medias, majoritairement de gauche ont réussi à les endoctriner pour qu’ils acceptent « plus de justice » en échange de la paix sociale, étant entendu que selon eux, l’injustice subie légitimerait de plus en plus en retour la violence. Si c’est vrai en partie, cela ne l’est pas totalement mais il n’empêche que c’est désormais ce dogme qui explique les surenchères actuelles et futures. L’exigence permanente de « justice » est une spirale sans fin qui donne dans un monde privé de sens un semblant de supplément d’âme, notamment à ceux qui en sont les enfants gâtés. La réalité est moins belle que les discours, il y a les beaux parleurs qui généralement ne sont pas les payeurs, mais la foule anonyme qui les écoutent charmée par tant de générosité verbale. Toute cette « foule » qui marche pour plus de justice ne se rend pas compte qu’elle marche avant tout pour payer toujours plus d’impôts. Pour que des Julien Dray puissent se payer des montres bling bling et que des Besancenot des « contradictions » dont il ne se vante pas mais profite en toute discrétion dans sa vie privée. Seuls les riches sont censés payer pour tous ces braves gens, alors que simultanément ils estiment naturel que des people jouent les prédicateurs au profit de la solidarité qu’ils n’honorent eux-mêmes que verbalement. On est dans le simulacre, seuls la haine des capitalistes est réelle. Mais les people tirent leur fortune du capitalisme et pas seulement de leur talent.
salut Michèle, tu sembles bien résignée et amère. L’exigence de « justice » est légitime et normale. Encore faut-il prendre le temps de définir ce qu’est la « justice », en quoi la justice est différente de l’égalitarisme dont on nous abreuve, en quoi la seule égalité qui soit « juste » est celle de l’égalité devant la loi. Nos nombreuses règlementations, décrets, et exceptions sont autant d’injustices qui ont incité telle ou telle catégorie de citoyens à demander quelque chose dans le grand jeu de la redistribution.
Ne jettons pas le bébé avec l’eau du bain : l’exigence de justice est essentielle.
@ Mathieu : juste un détail… faut-il parler de « mouvement social » en l’occurence, ou plutôt… d’immobilisme ? Je pose candidement la question !
@ Scheiro : je te rejoins totalement sur ces deux points :
« On doit appeler à la révolte contre ce ramassis de bureaucrates qui entravent les libertés. Il faut qu’on puisse débarrasser les entrepreneurs de cette racaille, de ces serviteurs à la solde de l’Etat qui parasitent la vie des gens qui se lèvent tôt. On ne peut plus accepter que nos impôts servent à rémunérer des enseignants qui manipulent cyniquement la conscience de notre belle jeunesse pour en faire de pauvres gauchos qui ne rêvent plus que de brouter la pampa du Che, tout en portant les fils du Hamas sur leur dos. »
« [C]e n’est que lorsque leurs pasteurs – leaders syndicaux – les regroupent qu’ils osent sortir de leurs petits bureaux douillets et bien climatisés pour bêler ensemble; ça leur donne un sentiment de puissance à ces ratatinés du bulbe. »
salut Lomig,
Merci pour le compliment ! Selon ta définition de la justice, il suffit de l’égalité devant la loi. A ma connaissance, il n’y a plus en principe de telles inégalités qui seraient contraires à la Constitution. Par contre, les gens de gauche considèrent que la justice c’est d’avoir à la naissance les mêmes chances d’accès aux postes lucratifs ou de prestige, qu’un certain niveau de vie soit garanti à tous, ainsi que les droits essentiels pour vivre : logement, nourriture, accès aux soins, retraite, etc. C’est dans cette mesure qu’il y a du grain à moudre pour les syndicats qui réclament plus d’égalité des richesses dans la société. Le seul problème est que l’avidité et la cupidité sont aussi bien répandues à droite qu’à gauche ou qu’au centre et que tous réclament le maximum à leur profit sans s’occuper de ce qui reste pour d’autres qui n’ont pas toujours les mêmes facultés de se faire entendre par les pouvoirs publics et qui parfois sont souvent plus en nécessité. La démagogie de gauche a généré beaucoup d’abus, le travail a été dévalorisé dans tous les sens du terme au point que tous les candidats à la présidentielle estimaient qu’il fallait réformer l’ANPE. Je connais des chomeurs qui ont pris goût au chomage et que l’inactivité détruit à petit feu chaque jour davantage. Je pense que les enseignants qui réclament toujours plus de moyens sont des irresponsables qui portent atteinte à l’intérêt général. Car il y a d’autres secteurs qui pâtissent eux vraiment d’un manque de moyens, notamment les hopitaux, les prisons, la justice, etc. Il faudrait réduire les fonctios dont les effectifs ont doublé en 10 ans à cause de la décentrallisation. Mais comme les enseignants et autres cheminots ont les moyens de se faire entendre, forcément, leurs revendications passent aux dépens des autres.
Si la justice c’est « d’avoir à la naissance les mêmes chances d’accès aux postes lucratifs ou de prestige » alors c’est un combat illusoire et même dangereux.
Sauf à accepter l’idée totalitaire d’égaliser les conditions d’éducation (cf. le meilleur des mondes) il n’y aura jamais d’égalité des chances. Ce qu’on peut faire, est de permettre le plus possible la mobilité sociale. Mais on ne décrètera pas sur un coin de table ou dans une manif, ce que des décennies d’éducation permettront seules…
à bientôt !
Allez juste pour la forme ; sieur Lomig, un petit rappel à l’ordre à ces charmants garçons qui qualifient de « racailles », « parasites » et « ratatinés du bulbe » certains de tes commentateurs ?
Bonjour Lomig, Très bon billet ! Je suis complètement d’accord avec toi, et notamment avec ta vision du syndicalisme, actuellement complètement dévoyé de sa mission initiale c’est-à-dire la défense des salariés. C’est ce rôle, et ce rôle uniquement qui leur est dévolu et pour lequel je leur reconnais une utilité. Malheureusement, il ne s’agit plus de ça actuellement, mais bien de défendre les corporatismes, et bien plus souvent de faire une pression politique sur le gouvernement. Bref, de se mêler de ce qui ne les regarde pas et pour lequel ils n’ont aucune légitimité. Mais cet aspect qui toi et moi nous scandalise est normal pour d’autres; j’avais notemment eu l’occasion d’en discuter avec Mathieu L., qui considérait lui cet engagement politique syndical comme primordial. Nous n’avions pu être d’accord que sur le fait que nous ne l’étions pas
Par ailleurs, pour répondre sur l’apparente « contradiction » entre le faible nombre de syndiqués et le nombre de manifestants : qu’importe le nombre de gens qui défilent, cela reste toujours une extrème minorité. En France la population active est de 28 millions de personnes environs, donc 8% représentent plus de 2 millions de personnes… Autant dire qu’il y a largement de quoi mettre du monde dans la rue uniquement au sein des syndicats… Bien sûr il n’y a pas que des syndiqués qui manifestent. Mais un autre problème est que les manifestants sont généralement assez homogènes, avec une surreprésentation de la fonction publique. Les manifestants sont très souvent les mêmes, d’où le ras-le-bol de pas mal de gens ! Dans certains secteurs les manifestants sont en effet majoritaires, mais ils sont très loins de l’être dans la population générale. Qui plus est, manifester « contre les aléas de la vie » comme le pouvoir d’achat ou autre me parait complètement ridicule et inutile, un peu comme la grève de 3 jours en Guadeloupe contre « la vie chère ». Comme si c’était à l’Etat de faire quelque chose ! Pourquoi pas une manifestation contre la faim, la maladie, les dimanches pluvieux chez Mamie ou que sais-je encore ? Mais les syndicats soutiennent allègrement et encouragent le sentiment que nos moindres malheurs sont la faute de quelqu’un et que c’est à l’Etat de le prendre en charge…
salut Elyas, merci pour ton commentaire !
Oui, je ne suis pas souvent non plus d’accord avec Mathieu L., mais on peut discuter et explorer calmement nos lignes de désaccord…c’est déjà très bien.
d’accord avec tout ce que tu dis, et notamment le fait que manifester pour des causes générales n’a aucun sens…
C’était exactement l’esprit de mon billet, résumé en une phrase ! Chapeau !
Lomig,
J’avoue ne plus comprendre tes objections. Tu me reprochais d’être amère et résignée mais à te lire, j’ai l’impression que le même reproche pourrait te convenir. Ne préconises-tu pas en effet dans ton dernier post la résignation ? La justice est un idéal auquel il ne faut pas renoncer m’écrivais-tu à juste titre. Alors que rien de ce que j’avais écrit ne permettait le rappel d’un tel principe. N’as-tu pas quelques contradictions dans tes principes qui expliquent ta réaction exagérément défensive ?
@ Criticus : Venant d’un néoconservateur bonapartiste, je prends le qualificatif d’immobilisme comme un compliment !
Plus sérieusement, entre l’immobilisme et le retour à la première moitié du XIXe s., je prends l’immobilisme.
A bientôt,
@ Mathieu : Quel « retour à la première moitié du XIXe s. » ?
1) Le bonapartisme en tant que courant politique est moins relatif à Napoléon Ier qu’à Napoléon III. Il est donc lié à la seconde moitié du XIXe, non la première…
2) Tu me diras où j’ai dit qu’il fallait revenir à cette – certes glorieuse – époque…
salut Michèle, je crois que tu as mal compris et/ou que j’ai mal exprimé mon sentiment. Quand je te disais que tu étais amère et un peu résignée, je n’ai pas dit que ça ne m’arrive pas. J’ai plein de contradictions… C’est juste que je partage ton point de vue, mais je ne pense pas que les manifestants soient forcément tous à ranger dans ce que tu décris. IL y en a, endoctrinés certes, mais qui iront manifester plein de bonne volonté. Un exemple : les profs ont beaucoup de motifs pour gueuler, je le sais pour en fréquenter. Ils ne manifestent pas forcément pour les bonnes raisons. mais c’est vrai que le système scolaire est en ruine. Simplement, ce n’est pas juste à coup de postes que l’on règlera les problèmes.
Mais tu as raison : je suis résigné à ce que la manif ait lieu, et je n’irais pas distribuer des tracts de contre-manif. j’accepte que les gueulards investissent l’espace public, bloquent un peu tout le monde.
je n’étais pas vraiment sur la défensive. Résigné, oui, effectivement, tu as bien fait de le rappeler…
à bientôt !
@ Criticus : la grève a été légalisée en 1864. Dans la première moitié du XIXe, époque du libéralisme économique triomphant, elle était illégale…
Je te répète que je ne suis pas contre la grève, mais contre la grève du service public…
euh Mathieu L., puisque tu te lances dans des rappels historiques il serait peut-être juste, comme tu évoques le libéralisme, de rappeler la chose suivante (c’est Revel qui le fait, dans « La grande Parade ») :
Donc, vouloir opposer le libéralisme et la grève et les syndicats n’est pas fondé, c’est le premier point. Le deuxième point, comme te le rappelles Criticus, c’est qu’on peut critiquer le bien-fondé d’une grève donnée, sans que cela veuille dire qu’on est opposé au droit de grève.
Et je rejoins Criticus sur le droit de grève dans le service public. Dans de nombreux pays européens, la grève n’est pas possible dans les services publics. Question d’éthique.
@ Criticus : la grève de jeudi ne concerne pas que le public, dois-je encore le rappeler. Dans les différents billets, vous considérez que cette grève est stupide, mais qu’elle est stupide parce que ce sont les fonctionnaires qui la font. Donc, si les fonctionnaires n’y participaient pas, vous la trouveriez toujours aussi stupide ?
@ LOmiG : là, tu as raison. J’admets que je m’emporte et il faut que je fasse un billet pour poser les choses. Évidemment, je soutiendrais toujours la grève dans les services publics, tant que l’employeur pourra décider de tout sans aucune concertation avec les salariés. L’existence de la grève est notre seule moyen de contestation. Si l’employeur aimait plus la négociation, les choses se passeraient mieux aussi.
Je la trouverais toujours aussi stupide, mais je n’en contesterais pas la constitutionnalité. Car au contraire de celle du privé, la grève des fonctionnaires et des salariés des entreprises publiques est anticonstitutionnelle.
@ Criticus : on a déjà parlé de cela. Le préambule dit que le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. La grève qui va se dérouler a respecté les lois et règlements à ce propos. Désolé que tu t’entêtes à être en rupture avec le conseil constitutionnel et le conseil d’État lorsqu’ils ne sont pas en accord avec tes idées.
Tu oublies que le droit au travail et la continuité des services publics sont aussi des droits constitutionnels. Dès lors, pour que tous ces droits soient respectés, il faut au moins qu’existe un service minimum. Si le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel ne comprennent pas cela, c’est qu’ils n’ont pas compris les lois qu’ils sont – en principe… – chargés de protéger…
@ Criticus : je ne vais pas me prononcer sur les rouages de ces conseils. Je tiens juste à dire que jeudi, je respecterais entièrement la loi. Si elle ne vous plaît pas, proposez des programmes, gagnez des élections et changez-là ! Vivement les prochaines campagnes électorales
.
@ Criticus : une disposition, aussi constitutionnelle qu’elle soit, n’a point de valeur en dehors de l’interprétation qui en est faite par les juridictions compétentes. L’article 7 du préambule de 1946, c’est ce que le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’Etat et la Cour de Cassation en disent. Et ils ne sont pas disposés autoriser une interdiction de la grève dans les services publics (voir 105-DC). Mais tout ce beau monde peut tout à fait changer d’avis, pour peu qu’ils soient influencés par des bloggeurs de talent aux arguments imparables
@ Paul : Il faudrait d’abord qu’ils découvrent Internet pour cela…
@ Criticus : mauvaise langue, le Palais Royal est équipé et nous propose des sites très instructifs. http://www.conseil-etat.fr/ce/jurisp/index_ju_la32.shtml