Libéral, c’est-à-dire ?

C’est Claudio Pirrone qui m’a invité, avec d’autres, à préciser en quoi je suis libéral, ou ce que ça signifie pour moi « être libéral ».

Je vais essayer de faire simple et direct, quitte à être simpliste. Le but n’est pas à mon sens ici de faire un exposé complet et philosophique, mais de livrer une vision personnelle.

Pour moi, être libéral, c’est d’abord être individualiste. C’est-à-dire avoir tendance à faire « prévaloir l’individu sur toutes les autres formes de réalité, et (à) lui décerner le plus haut degré de valeur. »

C’est ma manière de penser ma vie : on peut construire tout ce qu’on veut, donner tout le sens que l’on veut à sa vie, imaginer et croire dans les plus belles abstractions, on reste un animal un peu spécial, mortel. On n’existe et on ne se construit que par les autres, mais on reste seul également. Chaque être vivant a le droit de vivre sa vie librement, et de chercher son bonheur comme il l’entend, en respectant ce même droit pour les autres.

Etre libéral, c’est aussi avoir une sensibilité aiguë à l’injustice, mais ne pas se satisfaire d’une trompeuse équivalence entre « égalité » et « justice ». Respecter les humains, les individus, c’est respecter et aimer leurs différences, leur spécificité. Egalité devant la loi.

Comme le disait Hayek :

Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens de façon égale et tenter de les rendre égaux. Si le premier est la condition d’une société libre, le second n’est qu’une forme de servitude.

En cela, la pensée des libéraux m’a tout de suite attiré. Je ne reviens pas sur les notions de propriété, et de responsabilité, qui seules permettent de définir précisément et utilement la liberté.

Etre libéral, c’est avoir une vision positive et optimiste de l’humain : il y a bien des choses horribles sur cette terre et des drames à venir. Mais l’humain produit aussi des choses magnifiques, peut vivre des émotions incroyables. Je crois au progrès. Je crois à la paix entre les hommes.

Etre libéral, c’est être amoureux de la liberté
1.
_________________________________________

  1. Je passe le relais à : Criticus, Rubin, René, Mathieu L. et Nicolas J. Je précise que la définition ou la vision du libéralisme venant de « non-libéraux » est forcément intéressante et enrichissante. Ne restons pas entre nous.

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39 Comments

  1. Merci pour le lien, et pour le cadeau… Je vais y réfléchir durant la manif de jeudi ;)

    Posted 28 janvier 2009 at 00:49 | Permalink
  2. Encore une chaîne ! Je vais y répondre, mais réponds aussi à la mienne ! ;-)

    Posted 28 janvier 2009 at 03:29 | Permalink
  3. Bizarrement, c’est toujours par vagues, ces chaînes.

    J’aime beaucoup tes réponses en tout cas, Lomig. Tu as placé la barre assez haut !

    Posted 28 janvier 2009 at 03:51 | Permalink
  4. LOmiG

    Salut,

    @ Mathieu L : c’est malin ça ! Sérieusement ta réponse m’intéresse beaucoup.

    @ Criticus : oui oui, je sais j’ai du retard…les chaines pleuvent en ce moment…!

    @ Rubin : c’est gentil de me dire ça ! J’ai juste pris mon clavier et explicité mon sentiment de fond. Je ne voulais pas rentrer dans une définition philosophique, ou précise. Chacun peut aborder la question sous l’angle qui lui plait. Et on a même le droit d’être en phase sur certains points. ;) Depuis qu’il a lancé la chaine, Claudio a donné sa propre réponse, et je crois qu’il commence avec l’individu aussi. Pas surprenant, d’ailleurs.

    à bientôt ! et merci pour vos commentaires (c’était pas trop galère pour les poster ?)

    Posted 28 janvier 2009 at 08:15 | Permalink
  5. LOmiG

    Tiens, non, on dirait que ça remarche. Un miracle ?

    Posted 28 janvier 2009 at 08:15 | Permalink
  6. http://www.willwilkinson.net/flybottle/2009/01/27/coercion/

    Lomig, je ne sais pas si tu connais Will Wilkinson, mais aujourd’hui il y a une note sur Rothbard et le principe d’anti coercition.

    Posted 28 janvier 2009 at 10:05 | Permalink
  7. bon ct pas pour ce thread mais pour celui sur la liberte, concernant mes doutes sur la construction philosophique …

    Posted 28 janvier 2009 at 10:06 | Permalink
  8. Dans le sujet pour moi etre liberal ou libertarien, c’est de penser que les individus sont plus a meme que l’etat de faire leur propre choix.

    Posted 28 janvier 2009 at 10:07 | Permalink
  9. michel V

    Bonjour à tous,

    Attention Lomig à ne pas confondre individualisme et égoïsme car les deux notions sont différentes. L’ individualisme, qu’ il convient d’ encourager, vise à rendre possible de belles personnalités, distinctes les unes des autres. L’ individualiste dit qu’ il est un individu simplement au milieu d’ autres individus. L’ égoïsme, à condamner, est la disposition à tout ramener exclusivement à soi, à tout construire autour de soi. L’ égoîste dit qu’ il n’ y a que lui qui compte. Or, la pente qui conduit à l’ égoîsme est très glissante. On a pu dire avec humour  » l’ égoîste c’ est celui qui ne pense pas assez à moi « . Ici, je me permets de revenir sur la phrase de Camus » Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? ».Je pense que cette phrase ne fonctionne qu’ à condition de substituer « vie réussie « au mot « bonheur » car il n’ y a pas de bonheur, il n’ y a que des instants de bonheur, nécessairement éphémères. Je reviens à notre sujet.Une vie humaine est tissée d’ événements heureux et malheureux faits de choix ( individualistes ou égoïstes selon le cas ) qui peuvent parfois infliger des souffrances aux proches. Un exemple fameux est celui du peintre Gauguin qui pour vivre pleinement sa vie d’ artiste abandonna sa femme et leurs cinq enfants. L’individualisme est donc précieux car il permet seul de se ménager une marge de manoeuvre à l’ égard des autres. En conclusion sur l’’individualisme, historiquement, en occident, il a permis aux individus de résister ou mieux de d’ s’affranchir de la famille, du clan, de la bande, de la religion ou de l’ ethnie auxquels chacun appartient. Seul, il permet l’ exercice de la libre pensée, l’esprit critique et l’exercice de la Raison.Il est bien la pierre angulaire du libéralisme.

    Posted 28 janvier 2009 at 12:38 | Permalink
  10. LOmiG

    salut Michel V, je ne les confonds absolument pas, et c’est bien pour ça que j’ai fait dans mon billet un lien vers la définition de l’individualisme…

    La définition que tu donnes du bonheur n’est que la tienne. J’en ai une un peu différente, décrite en partie par Camus, et que j’ai explicitée grossièreemnt ici : Les paradoxes de l’absurde. En gros, je pense que le bonheur est quelque chose de dynamique, et non un état. J’en parlais au tout début de ce blog : Etes-vous heureux ?

    à bientôt !

    Posted 28 janvier 2009 at 12:46 | Permalink
  11. Michèle

    salut lomig,

    Le libéralisme ainsi que tu le définis me parait rester flou sur l’application concrète qui selon toi devrait s’appliquer. L’individu est bien le fondement de toute société qui veut promouvoir la liberté. Nous en avions discuté récemment sous un autre fil en commentaire d’une citation de Kant et l’un des intervenants faisait remonter l’individualisme à la république de Weimar ! Je me suis documentée sur les différents libéralismes suite à ta note et j’ai pu constater qu’il existe une grande variété de conceptions du libéralisme. Il existe même un libéralisme de gauche, Delanoe se disait récemment l’un d’eux au grand scandale des socialistes pour lesquels le libéralisme rime avec égoisme et individualisme au sens péjoratif du terme.

    Posted 28 janvier 2009 at 13:20 | Permalink
  12. LOmiG

    salut Michèle, oui je suis resté volontairement un peu flou ici, et je m’en expliquerai dans un prochain billet. Le libéralisme trouve une définition très claire et détaillée dans l’excellentissime livre de Pascal Salin « Libéralisme ». J’en ai déjà abondamment parlé ici. Il y a un billet qui regroupe les liens vers tous les billets s’appuyant sur les idées de Salin…N’hésites pas à aller y farfouiner un peu pour te faire une idée plus précise. (sur le libéralisme de Delanoë, j’avais également écrit un billet : Delanoë n’est pas libéral)

    à bientôt !

    Posted 28 janvier 2009 at 13:59 | Permalink
  13. pap

    Bien sûr Lomig tu as raison et il me semble difficile de ne pas adhérer à une éthique qui respecte l’individu. ce qui est plus difficile à articuler, et en même temps fondamental, c’est, comment faire en sorte que l’individualisme soit compatible avec la solidarité qui doit exister pour qu’un groupe humain soit vraiment un groupe humain? Individualisme et solidarité ne sont pas contradictoires mais l’exercice simultanné de ces valeurs est assez difficile à délimiter.

    Posted 28 janvier 2009 at 15:31 | Permalink
  14. LOmiG

    salut pap, merci pour ton commentaire.

    ça ne me semble pas si difficile, tant qu’il y a un socle de valeurs partagées. Tant qu’on peut discuter et construire ensemble…en fait, ce qu’il faut distinguer, c’est si la solidarité doit être laissé à la libre volonté des individus, ou si elle doit être organisée de manière collective. Et si c’est collectivement, de quelle manière ?

    J’ai tendance à penser que les humains, laissés libre dans une société comme les nôtres (libérales, ouvertes, pacifiée) peuvent donner le meilleur, et construisent naturellement des choses ensembles, et partagent naturellement. Pas besoin de coercition pour que la solidarité existe. Il y a peut-être des périodes où c’est solidarité forcée a été indispensable. On est arrivé à un tel point maintenant de redistribution qu’on frôle l’absurdité la plus totale.

    à bientôt

    Posted 28 janvier 2009 at 19:27 | Permalink
  15. Martine

    J’ai beaucoup aimé :)

    Posted 28 janvier 2009 at 19:46 | Permalink
  16. pap

    D’accord avec toi si la notion de solidarité glisse vers celle de charité. Mais je parle surtout de solidarité pour faire face à des risques collectifs: climatiques, guerres, entretien d’infrastructures lourdes, agriculture et autres entreprises lourdes. Oui on peut imaginer que quelques entrepreneurs dynamiques et fortunés soient en mesure de favoriser le développement de grands groupes. On peut aussi imaginr que quelques escrocs se réclamant de la liberté individuelle et de l’individualisme se lancent pour leur propre compte et sans vergogne dans l’exploitation des plus faibles. Le féodalisme n’est pas mort partout. Les tyrans militaires non plus. Quelle est la valeur du libéralisme contre ces prédateurs?

    Posted 28 janvier 2009 at 19:51 | Permalink
  17. LOmiG

    oui je parlais bien de charité, au niveau individuel.

    Quant à la solidarité face aux risques collectifs, je suis d’accord qu’ils justifient une certaine organisation collective : armée police, diplomatie.

    Sur l’exploitation par des prédateurs, ils sont bien sûr en contradiction totale avec les principes libéraux qui sont de faire respecter par la force (police) la loi, dont l’essence même est d’interdire et d’empêcher toute atteinte à la liberté individuelle. Celui qui exploite les plus faibles mérite de se faire condamner par un tribunal. Non ?

    Posted 28 janvier 2009 at 20:02 | Permalink
  18. pap

    Condamner par un tribunal est une chose; appliquer la sanction en est une autre qui nécessite l’usage de la force contre un ou des individus. A partir de quand l’usage de la force collective est-elle justifiée contre l’individualisme? Il y a là des zones d’ombre qu’il faudrait définir car tout dépend de celui qui juge. Je suis libéral donc je soutien ton point de vue. mais à mes yeux on doit en même temps dire à quel moment, sur la base de quelles règles les libéraux utiliseront la force au nom du libéralisme.

    Posted 28 janvier 2009 at 20:22 | Permalink
  19. Aurélien

    Très belle définition du libéralisme. Je le dis un peu en retard mais bonne année à tous au blogueur et aux intervenants comme Criticus que je respecte malgré mes profonds désaccords.

    Cette année c’est aussi les 220 ans de la révolution française et je crois que c’est utile de le préciser quand on est un libéral qui s’assume pleinement avec ses qualités et ses défauts.

    Posted 29 janvier 2009 at 02:35 | Permalink
  20. @ Aurélien (Aurélien Véron, ou un autre Aurélien ?) : sur la Révolution française : elle est évidemment fondamentale pour tout le monde ici, du moins jusqu’au dérapage de 1793.

    Posted 29 janvier 2009 at 02:54 | Permalink
  21. UN autre (pas le banquier qui me parait pas si libéral qui le prétend) celui qui est déjà venu ici même parler d’Ivan Rioufiol et d’Eric Zemmour entre autres.

    Posted 29 janvier 2009 at 03:00 | Permalink
  22. LOmiG

    @ Pap : bah oui, bien sûr appliquer la sanction. l’utilisation de la force est légitime à mon sens dans ce cas là : la justice, c’est la force commune. Un petit extrait de « La loi » de Frédéric Bastiat :

    Si chaque homme a le droit de défendre, même par la force, sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, plusieurs hommes ont le Droit de se concerter, de s’entendre, d’organiser une Force commune pour pourvoir régulièrement à cette défense. Le Droit collectif a donc son principe, sa raison d’être, sa légitimité dans le Droit individuel; et la Force commune ne peut avoir rationnellement d’autre but, d’autre mission que les forces isolées auxquelles elle se substitue. Ainsi, comme la Force d’un individu ne peut légitimement attenter à la Personne, à la Liberté, à la Propriété d’un autre individu, par la même raison la Force commune ne peut être légitimement appliquée à détruire la Personne, la Liberté, la Propriété des individus ou des classes. Car cette perversion de la Force serait, en un cas comme dans l’autre, en contradiction avec nos prémisses. Qui osera dire que la Force nous a été donnée non pour défendre nos Droits, mais pour anéantir les Droits égaux de nos frères? Et si cela n’est pas vrai de chaque force individuelle, agissant isolément, comment cela serait-il vrai de la force collective, qui n’est que l’union organisée des forces isolées? Donc, s’il est une chose évidente, c’est celle-ci: La Loi, c’est l’organisation du Droit naturel de légitime défense; c’est la substitution de la force collective aux forces individuelles, pour agir dans le cercle où celles-ci ont le droit d’agir, pour faire ce que celles-ci ont le droit de faire, pour garantir les Personnes, les Libertés, les Propriétés, pour maintenir chacun dans son Droit, pour faire régner entre tous la Justice.

    Et la mise en oeuvre de tout ça rejoint ta question : définir les limites. Elles me semblent relativement claire dans la plupart des cas. Plus difficiles à cerner quand on parle de menaces. à creuser, je suis d’accord.

    à bientôt

    @ Aurélien : salut, et bonne année à toi aussi. C’est le but de ce blog que de rendre possible des discussions, même entre personnes qui ne pensent pas la même chose, mais qui respectent l’échange.

    merci pour vos commentaires !

    Posted 29 janvier 2009 at 08:23 | Permalink
  23. pap

    « Ainsi, comme la Force d’un individu ne peut légitimement attenter à la Personne, à la Liberté, à la Propriété d’un autre individu, par la même raison la Force commune ne peut être légitimement appliquée à détruire la Personne, la Liberté, la Propriété des individus ou des classes. « 

    OK;OK Mais prenons des exemples simples: pour faire passer le TGV ou pour modifier une route, on doit collectivement exproprier des propriétaires. Où est la limite? Ce genre de situations se multiplient quand on avance dans le concret et il y a mille cas où la liberté individuelle de certains doit s’effacer devant une coalition de libertés individuelles devenue intérêt collectif. Par solidarité plus que par intérêt direct. C’est ce hiatus qui me semble difficile à théoriser dans le cadre d’un libéralisme absolu.

    Posted 29 janvier 2009 at 11:01 | Permalink
  24. LOmiG

    C’est bien pour ça que je ne fais pas du libéralisme un « absolu », simplement un principe juste dont il convient de ne s’écarter qu’avec beaucoup de circonspection…

    Sur l’exemple du TGV, il me semble assez juste de dire que si un groupe d’individu juge « bon », ou « utile » ou quoi que ce soit d’autre, de relier un point A à un point B, alors ils doivent en tirer les conséquences et être capables de payer aux propriétaires ce qu’ils en demandent. Et oui, ça veut dire en un sens qu’un propriétaire peut forcer le train à passer plus loin.

    Il suffit aussi de se poser la question pour soi : accepterais tu qu’on vienne te voir un jour, et qu’on te dise « voilà, ta maison, ton terrain, tout ça vaut X et tu n’a pas le choix » Si tu penses que ça vaut 100000 de fois X parce que tu y es attaché, ou parce que c’est à toi, que pourras tu dire ?

    Est-ce une société juste celle qui accepte qu’un groupe exproprie quelqu’un de manière arbitraire ? JE ne le pense pas. A ceux qui veulent construire des routes de monter le projet proprement et d’être capable de dédommager les propriétaires au prix qu’ils fixent. non ?

    Posted 29 janvier 2009 at 11:12 | Permalink
  25. @ lomig, oui le probleme c’est que ta solution peut amener a des blocages insolubles. on ne peut malheureusement pas respecter la liberte de tous sous peine de ne plus rien faire a cause d’interets divergents. si on peut tant mieux, mais si on peut pas, il parfois quand meme avancer. c’est pour cela que je m’associe aux remarques de pap, par mon utilitarisme désormais revendiqué :)

    bonne journee

    PS : juste pour énerver lomig, j’ecris ce post depuis mon nouveau eeePC, dans le cafe indiana du boulevard montmartre !!! ;)

    Posted 29 janvier 2009 at 14:16 | Permalink
  26. koita

    Bonjour Lomig, Je trouve que ta pensée est claire, cohérente et rigoureuse. Au risque de déplaire à ta modestie, je pense que tu es allé au-delà d’une vision personnelle: en renvoyant le lecteur au « Libéralisme » du Pr Pascal SALIN, tu lui permets de découvrir ou de mieux cerner les liens indéfectibles entre liberté et propriété et d’avoir 1 vision philosophique et complète de la liberté. En tant qu’africain,peut-être que j’aurais à une autre occasion des choses à dire sur la solidarité car nous en avons une expérience assez poussée. A bientôt

    Posted 29 janvier 2009 at 14:25 | Permalink
  27. Merci Lomig de ta réponse :-)

    Posted 29 janvier 2009 at 14:31 | Permalink
  28. LOmiG

    @ Max : arrrrrrrrrffffff ça c’est de la balle…faut absolument que tu me montres ça, que je vois si je m’y met ! Sur l’utilitarisme, je crois qu’on est assez d’accord. Je pense juste que c’est un compromis à accepter temporairement, en essayant petit à petit de pousser des solutions plus libérales et plus « radicales ». Le libéralisme c’est ce qu’il faut viser, ce n’est pas nécessairement un état possible du réel. C’est ça aussi la vérité, non ?

    @ Koita : merci pour tes compliments. N’hésites pas à proposer un article si le coeur t’en dit : le formulaire de contact est fait pour ça !

    @ Claudio Pirrone : merci à toi, car au final ce billet m’a permis d’expliciter des choses un peu générales qui sont là en ligne de fond dans mes billets, et que je n’avais peut-être pas dites comme ça avant ! :)

    à bientôt, merci à vous !

    Posted 29 janvier 2009 at 15:44 | Permalink
  29. LOmiG

    bon, et à propos de trucs débiles comme l’eeepc de max, comment vous trouvez les nouvelles polices du titre du blog et des titres des articles ? ça en jette, non ? :)

    Posted 29 janvier 2009 at 16:03 | Permalink
  30. LOmiG

    @ François et Max : restons sur l’exemple simple du propriétaire. Je suis bien conscient des lacunes et des côtés rigides d’un raisonnement « radical » ou cohérent. Mais il faut bien comprendre que la justification de votre point de vue démarre sur une prémisse qui est fausse. Je m’explique.

    La construction du TGV, et la justification qui semble en découler pour exproprier quelques personnes par la force, repose en grande partie sur une notion « d’intérêt général ». Et en partie également sur l’illusion que la valeur qu’ont les choses peut se mesurer, se comparer. Ce n’est pas le cas. La valeur pour le propriétaire de sa maison, c’est le prix qu’il acceptera pour la vendre. La valeur de la ligne de TGV, pour les usagers, est variable suivant les usagers, et on ne peut en aucun cas comparer la valeur qu’aurait le TGV pour ses bénéficiares, et la valeur qu’a la maison aux yeux de son proprio. QU’est-ce que ça veut dire ? ça veut dire, si on veut rester logique et dérouler des raisonnements qui soient justes, qu’on ne peut pas arbitrer ce genre de choses. Les seuls qui puissent arbitrer ce genre de choses, ce sont le proprio qui fixe son prix, et les gens qui veulent l’exproprier qui font la balance entre l’avantage espéré du TGV, et le coût demandé par le proprio. Quelle autre manière de procéder ?

    Il y a bien sûr des difficultés à appliquer la pensée libérale. Mais ça ne doit pas nous conduire, à mon sens, à retomber dans des choses déjà identifiées comme des illusions, et des choses injustes. Si l’on considère que le droit de propriété est un droit fondamental humain, et que cette « institution » a une fonction majeure dans nos sociétés pour garantir la paix, il est très dangereux de la remettre en cause, surtout sur des considérations « utilitaristes », qui font comme si les hommes étaient interchangeables, et que leurs goûts, leurs envies, leurs histoires étaient superposables ou comparables. Cela est faux.

    Posted 29 janvier 2009 at 18:15 | Permalink
  31. Aurélien

    En même temps je trouve que les ultra-portables sont encore un peu trop chers. J’ai hate de voir en arriver à 99 euros.

    Posted 29 janvier 2009 at 18:24 | Permalink
  32. pap

    « En tant qu’africain,peut-être que j’aurais à une autre occasion des choses à dire sur la solidarité car nous en avons une expérience assez poussée. »

    Au risque de décevoir notre ami africain je trouve que sa remarque est fausse. En effet, dans les pays européens la solidarité touche quasiment 50% des revenus. Et depuis des siècles, c’est précisément la qualité de la solidarité européenne qui a permis de sortir du chacun pour soi des pays non développés. Alors je ne suis pas d’accord avec cette remarque qui laisse à penser qu’il n’y a que dans la misère qu’on est solidaire. La misère n’est pas un titre de gloire; tout juste la misère. Non l’afrique ne peut se revendiquer d’une solidarité plus « poussée ». Si c’était vrai les africains en profiteraient en afrique alors que nombreux d’entre eux viennent profiter de la solidarité européenne. Et je peux le comprendre. Ne tombons pas dans le racisme inversé qui donnerait à l’afrique des qulités qu’elle n’a pas.

    Lomig, pour trouver le prix juste de la transaction entre le propriétaire et la SNCF, c’est impossible. Alors on prend le prix du marché. Quoi d’autre si on veut être juste? Solidarité aussi.

    Posted 29 janvier 2009 at 22:16 | Permalink
  33. LOmiG

    @ Pap : d’accord sur ta remarque concernant la « solidarité africaine »….

    sur le prix de la maison, je ne suis pas d’accord avec toi. En fait je ne prends pas le problème comme toi. Le prix du marché n’est qu’une indication générale. Forcer quelqu’un à vendre contre son gré, n’est à mon avis jamais une bonne chose. Si on veut pousser quelqu’un à vendre, alors qu’il ne le voulait, bien sûr qu’il faudra mettre plus que le prix du marché. Et peut-être même qu’il ne sera pas possible de le faire vendre.

    Je ne vois pas très bien en quoi on peut être juste en forçant quelqu’un à faire ce qu’il ne veut pas. Voilà bien pourquoi je n’aime pas trop la logique consistant à arbitrairement autoriser des entorses aux principes que l’on a posé comme « justes ».

    C’est mon sentiment.

    Posted 29 janvier 2009 at 22:48 | Permalink
  34. @ Lomig : En fait, je me rends compte que j’avais déjà répondu de manière prémonitoire…

    Du coup, je t’ai linké dans le billet en question. C’est bon pour ton Wikio ! ;-)

    Posted 30 janvier 2009 at 06:02 | Permalink
  35. LOmiG

    C’est donc pour ça que je savais déjà assez précisemment ce que ça voulait dire pour toi ? ;)

    merci à toi. J’ai relu ton billet : il est excellent, et il met l’accent sur deux choses primordiales pour l’évolution de la société, qui sont l’éducation et la presse, aux mains pour l’instant d’anti-capitalistes gauchistes patentés.

    à bientôt

    Posted 30 janvier 2009 at 08:09 | Permalink
  36. « C’est donc pour ça que je savais déjà assez précisemment ce que ça voulait dire pour toi ? ;) »

    Sans doute. En même temps, ce billet ne faisait que synthétiser mes conceptions.

    « l’éducation et la presse, aux mains pour l’instant d’anti-capitalistes gauchistes patentés »

    Et elles y sont pour un bout de temps encore… Autrement dit : nous sommes alliés pour longtemps, peut-être même pour toute notre vie, car ça va être long !

    Posted 30 janvier 2009 at 10:17 | Permalink
  37. koita

    koita a dit :

    2 février 2009 à 16:53 Salut Lomig, Je trouve fascinantes l’idée de positionnement sur l’échiquier politique ainsi que l’image d’une carte. Dans l’évolution qui serait dégagée de cela, est-il possible d’intégrer les tranches d’âge car il arrive souvent qu’il y ait une relation impressionnante entre les positions politiques et les tranches d’âge. Je voudais à présent dire qques mots sur l’intervention de Mr Pap: Au sujet de la misère en Afrique, je rappelle coe le dirait l’autre, qu’il y a 2 afrique (s): -une afr, largement diffusée sur les médias occidentaux,qui est synonyme de misère (tout juste la misère, comme le dit Mr Pap), de dictature, de sida, de malaria, de famine, de manque d’éducation, bref de tous les maux du ciel et de la terre. Mr Pap appartient à la catég de gens qui ont cette perception de l’afr; -une afr, peu diffusée et peu connue, qui bouge, qui se démocratise, qui lutte pour sa sécurité alimentaire, qui construit des routes, des ouvrages d’art, des centres de santé, des écoles, qui a 1 faible tx de prévalence du sida et qui sait que le salut de l’afr ne viendra que de l’afr. Moi, j’appartiens à la catég des afro-optimistes. Il dit des choses qui feraient tomber n’importe quel historien africain (je n’en suis pas un); j’en prends juste 1 ou 2: “Et dps des siècles,c’est précisemment la qualité de la solidarité européenne qui a permis de sortir du chacun pour soi des pays non dév”. J’ai parlé de l’afr et pas de pays non dév; on retrouve ces derniers sur tous les continents, pas seulement en afr. La solidarité en afr est malheureusement bien antérieure à la pénétration coloniale qui est en réalité 1 phén récent ds l’histoire de l’afr. Sans rentrer ds des détails inutiles, la structure de la famille en afr permet le souvt de réduire le nombre des laissés pour cpte ou d’intégrer de vieux parents et éviter qu’ils ne rendent leur dernier souffle ds des endroits isolés, éloignés et sans nouvelles des leurs; la structure de la famille fait que le pêcheur qui entre le soir avec sa prise de pêche et qui ne sait pas quelle sera la situation demain envoie le 1/4 ou le 1/3 de sa prise à son frère; la structure de la famille fait que le citadin reçoit et prend en charge chez lui les enfants de son frère qui sont admis scolairement à 1 niveau supérieur ne figurant plus au village. Ce système de valeur, qui est peut-être 1 autre forme de misère et de ss-dév ( je vs le concède) n’a rien à voir avec les 0,7% d’APD, avec le tx de croissance du PIB, avec le revenu ou l’équilibre de la balance des paiements; c’est simplemt culturel, sûrement 1 tort selon la vision moderne du monde. “Non, l’afr ne peut se revendiquer d”1 solidarité plus poussée. Si c’était vrai les africains en profiteraient en afr alors que nombreux d’entre eux viennent profiter de la solidarité européenne”. D’abord, bien que maîtrisant mal la langue de Molière, je pense qu’il y a 1 différence impte entre “assez poussée”(c’est ce que j’ai dit) et “plus pousée”; ne changeons donc pas les choses. Ceci étant, votre affirmation est 1 déformation.En effet, si on remonte ds le temps,les africains se rendaient en europe pour faire du “boulot” que refusaient les européens. L’évolution économique a changé le cours des choses et aujourd’hui les européens se précipitent sur ce qui était naguère abandonné aux “noirs”, ce qui explique en grande partie actuellement ttes les choses, compréhensibles, qui ont trait à l’immigration. Je vais m’arrêter là. Ma petite phrase anodine vous a fait sortir, Mr Pap, de vos réserves car il ne faut envisager rien de positif sur l’afr. Merci.

    Posted 3 février 2009 at 12:41 | Permalink
  38. pap

    Koita a écrit:

    « En tant qu’africain,peut-être que j’aurais à une autre occasion des choses à dire sur la solidarité car nous en avons une expérience assez poussée. »

    puis, après ma réponse:

    « Ma petite phrase anodine vous a fait sortir, Mr Pap, de vos réserves car il ne faut envisager rien de positif sur l’afr. « 

    Je tiens à dire que je ne suis aucunement sorti d’une réserve éventuelle: je dis ce que je pense librement et en particulier que la « petite phrase » n’est pas « anodine » Que penserait « Koita » si j’écrivais  » en tant qu’européen nous avons une expérience assez poussée de la solidarité »? Il me demanderait au moins de justifier une telle affirmation par rapport à son statut de non européen. Et quant à justifier ce genre d’affirmation il faudra bien trouver des chiffres officiels de partage de richesses. Au pire il me soupçonnerait de racisme contre les non européens. Le racisme peut consister à trouver des défauts à des groupes humains auquels on appartient pas. Ce que je condamne. Le racisme peut aussi consister à autoproclamer des qualités pour des groupes auquels on appartient. C’est ce genre de démarches qui divisent les hommes et je les dénonce aussi.

    Alors pour tout dire, il y a surement des tas de choses positives en Afrique. Mais la façon dont vous en parlez ne me tente pas.

    Posted 4 février 2009 at 13:01 | Permalink
  39. koita

    Bonjour, Mr Pap « Que penserait koita si j’écrivais en tant qu’européen nous avons 1 expérience assez poussée de la solidarité?……..Au pire il me soupçonnerait de racisme contre les non européens ». Non, Mr Pap, il faut beaucoup, beaucoup plus que ça pour que je taxe une personne de racisme. Bref, tout cela c’est peut-être 1 malentendu. Comme vous l’avez si bien dit, c’est librement que vous vous êtes exprimé et c’est aussi librement que j’ai donné des explications. Disons que notre dénominateur commun est la liberté. Je pense qu’après la santé, la liberté est le bien le plus précieux de l’homme. Merci.

    Posted 6 février 2009 at 18:11 | Permalink

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