Citation du dimanche #114

kafkaJ’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrais penser, et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité.

Franz Kafka

Citation soufflée par Rubin à la République des Blogs…ça devient une habitude…

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5 Comments

  1. Ca nous fait à un beau bordel tout ça. Je n’apprécie pas trop la formulation qui vient presque contester le libre arbitre, car cela soutend qu’au final je ne suis pas maître de mes actions… Enfin mon interprétation dépasse peut-être ce que désirais signifier l’auteur. Dans le même genre je préfère Werber qui a écrit quelque chose du genre (je ne retrouve pas et je n’ai pas le bookin sous la main) :

    « Entre ce que l’on pense, Ce que l’on dit, Ce que l’on croit avoir dit, Ce que l’on entend, Ce que l’on croit avoir entendu, Ce que l’on comprend …[ici des phrases oubliées]

    On a dit bonne raisons d’avoir des problèmes de communication »

    Je préfère celle-là au sens où elle me semble plus axée sur des difficultés de communication que sûr un problème de fonctionnement humain, au niveau de sa formulation.

    Posted 1 février 2009 at 11:51 | Permalink
  2. Michèle

    Parfois nous parlons et même écrivons, ce qui est devenu plus banal depuis l’invention du net, différemment de ce que nous pensons réellement. Il en va souvent ainsi pour les sujets « sensibles ». Nous voudrions bien dire notre pensée réelle, mais parfois ladite pensée est restée à l’état embryonnaire dans notre esprit pour que notre image de nous-même reste « convenable » et conforme à ce que nous ont inculqué souvent par la persuasion des maîtres divers, passés ou actuels. Nous nous sentons vaguement en danger. Parfois, c’est le doute en nos propres capacités de jugement et de penser qui laissent notre pensée inaboutie, notre intuition nous fait percevoir les choses d’une certaine façon avec un fort degré de conviction mais la peur de nous tromper, de croire en nous nous empêche de l’exprimer devant nous et pour autrui. Beaucoup de gens sont pris dans ces deux types de situation, la majorité dite silencieuse. Il y a d’autres possibilités d’écart entre la pensée exprimée et la pensée « réelle ». Il y en a une plus évidente encore : l’opportunisme ou le snobisme. Il faut faire partie du bon groupe pour en tirer le maximum d’avantages, pas uniquement ni forcément matériels. On peut appréhender le décalage à partir de celui des motivations réelles inconscientes ou subconscientes et celles que croit connaître la conscience. Ainsi un bobo sera de gauche par idéal mais en réalité, il le sera parce que c’est sa stratégie habituelle de se positionner dans la société. Raisonnement valable principalement pour les people. Un artiste est forcément un type qui se doit d’être parfait. Comme pour ces gens et pas seulement eux, la réalité de leur perfection ne peut se lire que dans le regard et les opinions portés sur eux, l’apparence est la véritable réalité. Mais si en définitive c’était la peur de la solitude qui expliquait l’insincérité de beuacoup ? Cette peur prenant la forme pour la majorité du conformisme et du panurgisme et pour les plus forts, celle de la recherche de la domination et du pouvoir ?

    Posted 1 février 2009 at 14:15 | Permalink
  3. Merci Lomig pour le lien. C’est une superbe citation en effet, qui résume assez bien ce qu’Éric Mainville a appelé chez moi « l’ascèse » de l’écriture chez Kafka.

    @Aster : cette phrase ne conteste absolument pas le libre arbitre ; au contraire, elle l’explore et le célèbre. Car n’est-ce pas la dernière des libertés que celle de « penser autrement que l’on ne devrait » ?

    Posted 1 février 2009 at 15:15 | Permalink
  4. LOmiG

    salut, merci pour vos commentaires…

    je rejoins la réponse de Rubin : dire que l’on peut penser autrement que l’on devrait, c’est justement affirmer l’existence du fameux « libre arbitre » philosophique, dont on ne pourra jamais prouver ou infirmer l’existence.

    Kafka nous explique que nous ne sommes pas cablés comme des robots. C’est l’âme humaine qu’il nous donne à voir. Que l’on croit à lâme ou pas, d’ailleurs. ;)

    Posted 2 février 2009 at 08:43 | Permalink
  5. anonyme

    Je lis avec intérêt vos commentaires qui prouvent assez que la moindre formulation de Kafka ouvre sur une multitude d’interprétations. C’est sans doute en partie pourquoi on a tant commenté sur l’œuvre de cet immense artiste. Quant à moi, je rejoins le commentaire d’AsTER en ce qui concerne la compréhension du texte mais cela ne me dérange absolument pas de mettre en doute le libre arbitre que je considère comme une pirouette intellectuelle propre justement à rassurer l’homme devant son incapacité à être maître de lui-même. Tant est présent dans nos vies ce que Poe appelait le démon de la perversité.

    Posted 3 février 2009 at 12:15 | Permalink

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