C’une chaîne intéressante : il s’agit de dire où l’on se positionne sur l’échiquier politique. Elle nous est venue du Chafouin. Qui l’avait reçue de Koz, dont la réponse est très intéressante aussi. Et c’est arrivé chez LHC1 par le biais de Criticus. Il s’y présente comme un bonapartiste / gaulliste :
Le bonapartisme comme le gaullisme visent l’intérêt supérieur de la nation. Si celui-ci implique des invariants, il oblige aussi à un certain pragmatisme en fonction du contexte.
Je suis proche de son texte, ainsi que de celui de Rubin, qui explicite très bien mon propre point de vue sur la modération, et sur la nécessaire préservation des droits individuels :
Car enfin, quelle serait la légitimité d’une démocratie piétinant les libertés avec la même rage qu’une dictature ?
Et moi, dans tout ça ? L’idée d’un positionnement fait tout de suite naitre dans mon esprit l’image d’une carte, et d’un point sur une carte. C’est pour ça que j’avais eu envie de rendre transparent mon positionnement, et celui des membres de LHC, par le biais d’un petit test.
Cela pose plusieurs problèmes, cette image de carte et de points positionnés dessus. Je vais m’en servir pour répondre à la chaîne. Car mon positionnement est libéral, sincèrement, et j’essaye d’expliquer régulièrement ici ce que ça veut dire pour moi. Je vais essayer de préciser ici d’autres aspects de cette question.
La carte, d’abord. La carte, c’est ce qui définit l’intérieur et l’extérieur. Les limites. Celle que nous avions utilisée, forcément insuffisante, prétend proposer un espace où tous les courants politiques seront représentés. Si cette carte n’est pas suffisante, je vous en prie : n’hésitez pas à en proposer d’autres. Je reviendrais sur cette notion de limites plus loin.
La position, ensuite. La position sur une carte ne définit pas quelqu’un. Elle permet de montrer, à un moment donné, à quel endroit on se situe. Ce qui est vraiment intéressant, c’est de voir aussi comment la position évolue. En effet, ce qui m’intéresse, c’est d’aller sur les points de contradiction interne des doctrines ou des idées. J’aime la cohérence, et je vais donc là où les courants politiques pêchent. Pour le libéralisme, c’est clairement dans la réponse apportée aux menaces : à force de respecter la liberté de chacun, on respecte peut-être un peu trop la liberté de ceux qui ne l’aiment pas, et veulent la détruire. C’est une limite. On en revient toujours à la subsidiarité, et la responsabilité :
Autant de liberté que possible, autant d’autorité que nécessaire.
Articuler ces notions, avec la nécessaire cohérence de la pensée est un cheminement intellectuel réel.
Comme d’ailleurs, l’application du libéralisme de manière concrète : je vois le libéralisme comme un pôle souhaitable, un but. Toute politique, aux yeux des libéraux, sera forcément tiède, ou utilitariste. Moi, ça ne me pose aucun problème. Je suis anti-révolutionnaire, et progressiste. Une politique libérale responsable consiste donc à œuvrer, en prenant en compte la réalité et les contraintes, en direction d’une société complètement libre et pacifique. Le problème n’est pas d’accepter d’être moins libéral que l’idéal (c’est forcément le cas). Il s’agit plutôt d’être garant, en quelque sorte, que les évolutions et les infléchissements que le personnel politique cause à notre société vont dans le bon sens, c’est-à-dire dans le sens d’une part maximale laissée, partout où c’est possible, à l’individu, à sa liberté, à sa responsabilité.
La position sur une carte a une autre conséquence : on n’est pas seuls au monde. On vit dans une société faite d’humains, dont les avis sont forcément non-superposables. Il importe donc de se positionner aussi en relatif, et d’intégrer l’enrichissement mutuel que représentent les échanges d’idées, l’argumentation, les débats. En ce sens, le positionnement politique c’est aussi dire avec qui on veut bien discuter, et avec qui on ne veut pas discuter. Voilà une autre limite.
Pour faire simple, j’accepte de parler avec tous ceux qui défendent les droits des individus contre les atteintes à leurs droits fondamentaux. Et j’accepte de parler à ceux qui sont ouverts à une remise en cause de ce qu’ils pensent. Pas de discussion, pas d’échanges possibles, s’il n’y a pas une petite part de doute et de mouvement.
Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir.
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- Je passe pour ma part le relais à Polluxe, Aymeric, Xerbias,
Aymeric bisdéjà fait, Falconhill, Echo Politique, René Foulon et Jean-Louis Caccomo nouvel arrivant chez LHC ↩
Tagged: Criticus, Dialogue, LHC, Libéralisme, Politique, Responsabilité, Subsidiarité
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16 Comments
Merci pour le lien. Sur ces sujets, nous sommes d’accord… Mais je le savais déjà
Nous sommes aussi d’accord pour dire que nous adorons les citations.
C’est exactement ce qui définit l’utilitarisme revendiqué de mon libéralisme…
@ salut Rubin,
oui c’est clair. Et sur le sujet des citations, c’est même pour moi une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à bloguer. Je me disais que s’il s’avérait que je ne savais plus quoi dire, je pourrais toujours mettre des super citations en ligne…
@ salut Criticus : oui, je sais. Mais ce que veux dire, même si ça n’est pas très clair, c’est que l’utilitarisme ne doit être qu’une acceptation temporaire, un compromis pour s’adapter au réel. Mais ça ne doit pas devenir un but en soi. C’est là où l’approche cohérente-idéale et l’approche utilitariste-réaliste doivent s’enrichir l’une et l’autre, et certainement pas s’opposer. C’est ce que nous faisons, d’ailleurs, chez LHC.
à bientôt merci pour votre passage les amis !
Une chose : je ne crois pas qu’il faille distinguer « cohérent » et « utilitariste » : l’utilitarisme me semble plus cohérent en pratique que l’idéalisme. Et la citation que tu as reproduite et que j’ai reprise l’explique à mon sens assez bien.
Sacré chaine. J’y répondrai avec plaisir en tous cas…
Moi aussi, j’adore les citations. C’est un plaisir de les lire, d’en ressortir aussi.
Bonne semaine à toi
salut,
@ d’accord avec ce que tu dis Criticus. Nous aurons l’occasion d’en rediscuter…(ah ? où ? quand ? comment ?)
@ Falconhill : super j’attends ta réponse avec impatience, parce que ton positionnement ne me parait pas très clair : j’ai hâte de le voir explicité, même si je le comprends déjà assez bien par le biais de tes billets…
à bientôt
Pas clair, mais peut être parce qu’aujourd’hui, rien dans l’offre politique me convainc réellement.
Et puis les étiquettes qui collent, ce n’est pas ce que j’apprécie le plus.
Je me considérais plus jeune comme un libéral républicain. Je pense que c’est une jolie définition de ce que je pense. Et je ne pense pas forcément que cela soit en adéquation avec la « droite » actuellement au pouvoir en France par contre…
Enfin, c’est un bel exercice que tu me proposes (soupir, je vais me creuser la tête, bouh…)
salut Falconhill,
pas clair, c’était pour te titiller et te « forcer » à répondre. Mais je vois que tu n’auras pas trop de mal. Libéral républicain, ça te va effectivement pas mal. A toi de préciser ce que tu entends par là : ça convient à trop de monde pour l’instant…!
Salut Lomig,
Je trouve fascinantes l’idée de positionnement sur l’échiquier politique ainsi que l’image d’une carte. Dans l’évolution qui serait dégagée de cela, est-il possible d’intégrer les tranches d’âge car il arrive souvent qu’il y ait une relation impressionnante entre les positions politiques et les tranches d’âge.
Je voudais à présent dire qques mots sur l’intervention de Mr Pap:
Au sujet de la misère en Afrique, je rappelle coe le dirait l’autre, qu’il y a 2 afrique (s):
-une afr, largement diffusée sur les médias occidentaux,qui est synonyme de misère (tout juste la misère, comme le dit Mr Pap), de dictature, de sida, de malaria, de famine, de manque d’éducation, bref de tous les maux du ciel et de la terre. Mr Pap appartient à la catég de gens qui ont cette perception de l’afr;
-une afr, peu diffusée et peu connue, qui bouge, qui se démocratise, qui lutte pour sa sécurité alimentaire, qui construit des routes, des ouvrages d’art, des centres de santé, des écoles, qui a 1 faible tx de prévalence du sida et qui sait que le salut de l’afr ne viendra que de l’afr. Moi, j’appartiens à la catég des afro-optimistes.
Il dit des choses qui feraient tomber n’importe quel historien africain (je n’en suis pas un); j’en prends juste 1 ou 2:
« Et dps des siècles,c’est précisemment la qualité de la solidarité européenne qui a permis de sortir du chacun pour soi des pays non dév ».
J’ai parlé de l’afr et pas de pays non dév; on retrouve ces derniers sur tous les continents, pas seulement en afr.
La solidarité en afr est malheureusement bien antérieure à la pénétration coloniale qui est en réalité 1 phén récent ds l’histoire de l’afr. Sans rentrer ds des détails inutiles, la structure de la famille en afr permet le souvt de réduire le nombre des laissés pour cpte ou d’intégrer de vieux parents et éviter qu’ils ne rendent leur dernier souffle ds des endroits isolés, éloignés et sans nouvelles des leurs; la structure de la famille fait que le pêcheur qui entre le soir avec sa prise de pêche et qui ne sait pas quelle sera la situation demain envoie le 1/4 ou le 1/3 de sa prise à son frère; la structure de la famille fait que le citadin reçoit et prend en charge chez lui les enfants de son frère qui sont admis scolairement à 1 niveau supérieur ne figurant plus au village. Ce système de valeur, qui est peut-être 1 autre forme de misère et de ss-dév ( je vs le concède) n’a rien à voir avec les 0,7% d’APD, avec le tx de croissance du PIB, avec le revenu ou l’équilibre de la balance des paiements; c’est simplemt culturel, sûrement 1 tort selon la vision moderne du monde.
« Non, l’afr ne peut se revendiquer d »1 solidarité plus poussée. Si c’était vrai les africains en profiteraient en afr alors que nombreux d’entre eux viennent profiter de la solidarité européenne ».
D’abord, bien que maîtrisant mal la langue de Molière, je pense qu’il y a 1 différence impte entre « assez poussée »(c’est ce que j’ai dit) et « plus pousée »; ne changeons donc pas les choses. Ceci étant, votre affirmation est 1 déformation.En effet, si on remonte ds le temps,les africains se rendaient en europe pour faire du « boulot » que refusaient les européens. L’évolution économique a changé le cours des choses et aujourd’hui les européens se précipitent sur ce qui était naguère abandonné aux « noirs », ce qui explique en grande partie actuellement ttes les choses, compréhensibles, qui ont trait à l’immigration.
Je vais m’arrêter là. Ma petite phrase anodine vous a fait sortir, Mr Pap, de vos réserves car il ne faut envisager rien de positif sur l’afr. Merci.
salut Koita. Alors, là tu postes ta réponse à Pap sous le mauvais billet. Je vais donc te demander d’aller le coller sous le bon billet. C’est un peu le principe du blog : identifier un sujet, et parler sur CE sujet. Là tu viens polluer la discussion avec un sujet qui n’a rien à voir. Merci d’aller faire un copier-coller et remettre ton commentaire – destiné à Pap – à cet endroit : Libéral, c’est-à-dire ?
à bientôt
Expliciter son positionnement politique ? Comme je déteste parler à la première personne dans mes billets (l’impression de mener une discussion avec personne), je le fais en commentaires si possible. En l’occurrence, je l’avais déjà fait sous celui du chafouin :
« Pour ma part, puisqu’on me le demande : je suis républicain, partisan d’une laïcité nette, contre les communautarismes, en faveur du capitalisme et de l’économie de marché mais sans excès et d’une façon régulée. Je suis également fortement en faveur de la construction européenne (poussant même au fédéralisme) et ma philosophie doit être celle de l’humanisme. Je me range donc de moi-même et sans gros doute dans la case du radicalisme valoisien. »
Damned ! Une nouvelle chaîne. Et moi qui venait tout juste de me déchaîner…
salut Xerbias,
« radicalisme valoisien » : c’est à dire…? Désolé, mais je ne sais pas trop ce que ça recouvre. Autant je comprends ce que tu as dis juste avant, qui est assez général et partagé, autant j’aimerais que tu m’expliques en quoi tu es « radical » ?
salut polluxe,
oui désolé ! ça t’apprendra à crier sur les toits que tu es à jour dans tes chaines…hop, en voilà une nouvelle ! Non, plus sérieusement, j’ai choisi volontairement ceux qui étaient le plus loin de moi dans la cartographie LHC : pour pouvoir expliciter un peu les différences, et les ressemblances.
à bientôt
Le radicalisme, en France, est le nom d’un courant de pensée politique qui recoupe à peu près toutes les caractéristiques que j’ai énoncées. A l’origine, le côté radical se trouvait surtout dans le républicanisme, ce qui à l’époque était loin d’être évident. Georges Clémenceau en était une figure par exemple. Aujourd’hui, c’est une composante du centre droit pour simplifier les choses.
ok. Je m’étais un peu renseigné sur la définition du radicalisme qui a évolué historiquement, et qui par ailleurs est assez floue du fait du sens du mot en français, assez marqué.
Et valoisien ?
La rue de Valois est un haut lieu historique de cette famille de pensée. J’ai utilisé cet adjectif surtout pour faire comprendre que ce n’était pas un radicalisme extrémiste, prêt à tout, mais bien une référence historique.