Un petit coup de gueule, ce matin. Je trouve insupportable et irresponsable la manière qu’ont les médias de servir la soupe en permanence à Olivier Besancenot. Sarkozy avait raison de faire le parallèle entre extrême-gauche et extrême-droite l’autre jour, à la télévision.
Le marketing actif et efficace de Besancenot avec la création du NPA est purement rhétorique : sur le fond, rien n’a changé. Légitimation de la violence, logique de révolution. A chaque fois qu’on me le présente comme un sympathique facteur, je suis en ébullition : non, Besancenot n’est pas sympathique. Il est simplement potentiellement dangereux. Il faut informer sur ce qu’il propose, et l’interroger sur son positionnement par rapport à la violence. Sans relâche. L’avenir de la gauche se joue là : il va bien falloir qu’un jour le PS se déclare totalement et définitivement en désaccord idéologique avec Besancenot, les trotskistes et autres révolutionnaires.
C’est ce qu’expliquait, avec les mots justes, Alexandre Adler :
Certes, le Parti socialiste n’est pas sur les positions de l’extrême gauche sociale fasciste. Mais l’origine, très souvent trotskiste, parfois communisante de la grande majorité de ces élites lui a mis « un flic dans la tête » : comme le disait Jaurès à propos de Briand, rien n’est pire qu’un hilote dégrisé. Tant les dirigeants du Parti socialiste se donneront tort de leur effective modération, ils considéreront Besancenot et la théorie de petites brutes imbéciles qui font masse autour de lui comme des représentants plus purs et plus intègres des idées qu’ils défendaient dans leur jeunesse.
Si nous voulons éviter que la crise nous confronte bientôt à un parti social fasciste de masse, aux connotations manifestement antisémites, c’est au Parti socialiste, en première ligne, de réagir énergiquement. S’il parvient à le faire, il sera peut-être le parti hégémonique de l’après-crise. S’il manque à son devoir, l’explosion est à brève échéance.
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[...] de ces deux hommes de médias à l’égard de Besancenot, ensuite, étaient scandaleusement complaisants : quelle aurait été leur réaction si un candidat d’extrême droite était sorti du sondage [...]
38 Comments
Très bien vu. Je crains qu’on ne sous-estime la nocivité de Besancenot, comme je l’ai exprimé dans ce fil : aurel.hautetfort.com/archive/2009/02/03/che-besancenot-et-la-strategie-de-la-violence.html
L’ignorer ou le prendre pour un guignol est bien plus dangereux que de l’affronter comme un véritable danger pour nos liberté…et pour la démocratie.
oui d’accord avec toi. Les journalistes sont coupables de complaisance. Par proximité idéologique ?
Besancenot ne déroge pas au constat que les gauchistes révolutionnaires sont toujours des petits bourgeois jamais des ouvriers encore moins des paysans. Besancenot est un fonctionnaire. Sa profession de facteur lui confère, à vie, l’ assurance d’ un salaire en fin de mois. C’ est en définitive un petit bourgeois salarié de l’ Etat. Rien d’ intimidant. Le PS aura du mal à rompre avec le NPA car tous deux sont issus de la même matrice égalitariste. Ils sont fascinés par toutes les idées inspirées ce sentiment et spécialement par celles ( anti-libérales ) qui ne marchent visiblement pas.
@Lomig : complaisants, de moins en moins. Fascinés, oui. Le message formel qui ressort d Besancenot, c’est : non aux injustices, non aux inégalités. Ensuite, on peut critiquer les moyens, mais pas grand monde n’en conteste l’objectif qui est en fait assez naturel, surtout en France.
@michel : les petits bourgeois font les grandes révolutions. Et nous devons nous méfier de leur capacité à commettre des actes violents, persuadés qu’ils sont légitimés par la violence de notre société. Oeil pour oeil, dent pour dent. Sans être particulièrement inquiet, je crois que la vigilance s’impose, surtout lorsque la droite lance la surenchère à gauche (comme disait Fillon après l’intervention de Sarkozy : « si nous faisons le quart de ce que Sarko a promis, nous doublons le PS sur la gauche ».
Pouvez-vous m’expliquer ce que vous appelez « petits bourgeois » ???
Par ailleurs, Aurélien, c’est le travail des médias, normallement, de décrypter le message formel et ne pas le reproduire tel quel. Dire que l’on est pour l’injustice, et annoncer pour cela des crimes, je trouve ça tout de même un peu inquiétant, pour la santé mentale de celui qui le dit, comme pour celle de ceux qui l’écoutent sans broncher…!
Je ne reprends pas la définition marxiste de la bourgeoisie suivant laquelle il s’ agit de la classe possèdant les moyens de production et d’ échanges c’ est à dire celles des entrepreneurs et actionnaires.
Or, il s’ avère que certains entrepreneurs ou membres de profession libérale ( PME,avocats , médecins,..) cumulent précarité et faibles revenus.
C’ est pourquoi je qualifie de » bourgeois » les travailleurs salariés ayant un certain confort dans la société ( sécurité de l’ emploi ou bons salaires ) . Cela englobe donc aussi bien certains salariés du privé ( cadres et cadres supérieurs ou dirigeants) que les agents du secteur public. Bref,toute une catégorie de salariés qui n’ est pas à plaindre et qui sera épargnée par la crise ( s’ agissant des salariés du public).
« Besancenot n’est pas sympathique. Il est simplement potentiellement dangereux. Il faut informer sur ce qu’il propose, et l’interroger sur son positionnement par rapport à la violence. Sans relâche. L’avenir de la gauche se joue là »
Entièrement d’accord. Je dirais même plus : NOUS ne sommes pas sympathiques. NOUS sommes – potentiellement – dangereux. Et il faut informer sur ce que nous proposons. En parlant de nous sans arrêt, tout le temps et partout, sans trêve ni repos. L’avenir de la gauche se joue là, ouais, pareil. Et l’avenir de la gauche, c’est nous. Et parti comme c’est, je sens qu’on a pas fini de rigoler. Nous. Pas les autres. Ah ah.
N’a-t-on pas le droit à une alternative au système liberal capitaliste que vous chérissez tant? Je ne suis pas un pro-Besancenot, mais au moins il incarne une autre solution, un contre poids au système actuel.
@ Michel V : oui, donc il s’agit bien d’un mot fourre-tout signifiant tout et rien à la fois. Non ?
@ CSP : oh pour ça, les journalistes vous servent suffisamment la soupe comme ça. Surtout quand on entend les choses que vous racontez ou écrivez. La question de la violence me parait centrale : le NPA est-il un parti révolutionnaire ou réformateur ? Si c’est un parti révolutionnaire violent, il faut le dire. De même s’il s’agit d’un parti réformateur acceptant le jeu des urnes, et de participer à un gouvernement. D’après ce que j’ai entendu, ce n’est pas le cas. Qu’en penses-tu ?
@ Manuel : on a le droit à tout ce qu’on veut, bien sûr. J’appelle même dans ce billet, à vrai dire, le PS a enfin rompre avec la frange violente de l’extrême gauche pour que son socialisme devienne enfin respirable. C’est tout ce qui manque au PS pour redevenir autre chose qu’une bande de « malhonnêtes » qui bêlent contre tout ce que fait le gouvernement. Malhonnête, parce pour le citoyen lamda que je suis, il n’y a pas vraiment moyen pour l’instant de savoir si le PS est purement modéré, ou s’il tolère des extrêmes en son sein. La droite a fini par se désolidariser de ses extrêmes. J’attends la même chose du PS. Pourquoi pas ?
manuel : le système actuel est capitaliste, il n’est pas libéral. L’intrusion de l’Etat dans notre vie privée est très excessive (école, médias, interdictions en tout genre, politique répressive à tout va, dirigisme économique…).
je pense que l’alternative au capitalisme n’existe pas, tu peux demander aux Chinois ce qu’ils en pensent. En revanche, ce processus spontané peut prendre de multiples formes en fonction du régime politique, socialiste, social-démocrate ou plutôt libéral.
Entre la Suède, Hong-Kong, les Pays-Bas, l’Allemagne, la SUisse et la France, tu peux déjà trouver des fonctionnements radicalement différents des institutions sociales. De quoi alimenter un vrai débat de fond. Mais dans tout ceci, l’apologie de la violence du NPA n’a pas sa place.
Entièremment d’accord avec toi, Aurélien. Si vous allez lire les billets de CSP, vous comprendrez le niveau des gars. complètement malades, et violents. Et fiers de l’être ! ça ferait pitié, si ça ne faisait pas peur…
Socialiste de combat, qui se positionne clairement et directement dans tous les débats qui me concernent, j’ai toujours pensé que ceux et celles qui rangeaient dans le même sac l’extrême droite et l’extrême gauche avait le rapprochement un peu facile, voir le neurone fatigué…. cela manque selon moi un peu de sang froid et d’analyse. En effet, qui défend les droits des travailleurs en général ? Qui lutte, souvent frontalement, contre le racisme, l’antisémitisme, et les atteintes aux libertés, et à l’égalité ? L’extrême droite ? La droite ? les modérés du centre ou l’iale la plus à droite du socialisme ? Bien souvent, ce sont les militants de ce que l’on nomme à mon avis à tort l’extrême gauche. Ainsi, les libertaires, ou les militants de la gauche alternative, qui se réfèrent à une vision de la société plus proche de nos aspirations à davantage de démocratie sont classés injustement dans l’extrême gauche alors qu’ils n’ont rien d’extrême,e t qu’ils ne prônent aucunement la violence pour être justement dans des modes de représentations et d’expression non seulement non violentes, mais également participatives et plus connectées au réel, en tenant compte cependant de la dimension humaine dans le développement économique ainsi que des questions environnementales dans leurs projets qui peuvent paraitre utopiques d’une société différente. Assimiler violence, antisémitisme et extrême gauche me semble relever d’une méconnaissance patente de ces milieux… Et je le répète je ne suis pas d’extrême gauche. Car ce qui caractérise selon moi les extrêmes , c’est de refuser la société et tout mode de gouvernance pour se complaire perpétuellement dans le discours contestataire, dans un sens ou un autre. Et moi, j’aime également construire tout en ne m’abstenant pas effectivement de dénoncer ce qui doit l’être, et qui très souvent est inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Voila mon expression. Libre. By Gauchedecombat
quand tu parles de lutter contre l’antisémitisme, tu parles des militants d’extrême gauche qui ont manifesté à côté des islamistes qui scandaient des slogans anti-juifs récemment ?
Plus sérieusement je suis d’accord pour dire que la définition de l’extrême gauche c’est à peu près : ceux qui ne veulent pas gouverner. Et je ne pense pas que gauche soit contradictoire avec libéralisme, au pssage. Au contraire, Jaurès a eu souvent des accents libéraux. Mais alors, GauchedeCombat, ton positionnement, tel que tu le décris devrait te conduire au PS, non ?
CSP est un grand malade, et je ne voterai pas pour Besancenot, mais le PS étant incapable de propose, ni de mener une politique de gauche, je suis bien content que le NPA soit là.
CSP représente très exactement ce qu’est le NPA. quand il n’y a plus le filtre de com » du facteur.
Alors, dire dans un même commentaire que CSP est un malade, et que tu es content qu’il soit là, mais moi désolé je trouve ça incohérent. Tu es content qu’il y ait des malades sur l’échiquier politique ?
C’est toi qui dit que CSP est le NPA sans filtre facteur, et je n’ai pas dit que j’étais content que CSP soit là, mais que le NPA soit là. Ne transforme pas mes propos en ta vérité, Lomig.
@ LOmiG : « la droite a fini par se désolidariser de ses extrêmes » ??? Et toute la politique d’immigration, directement inspirée des idées lepénistes ? Et le discours de Dakar ?
Je dirais plutôt que la droite a réussi à ruiner le FN en récupérant ses discours. Souhaites-tu la même évolution du PS ?
La droite, Mathieu L, a ouvertement critiqué les prises de positions inacceptables du FN. QU’il y ait eu dans les positions du FN des choses acceptables, c’est une autre question. Je ne diabolise personne.
De la même manière que la droite a rejeté le « racisme » de l’extrême droite, la gauche devrait être capable de rejeter la « violence » de l’extrême gauche. Ce qui ne veut pas dire que le PS ne peut pas reprendre des thèmes chers à l’extrême gauche. C’est déjà le cas. Mais en virant ce qui est inacceptable.
Oui, donc, je souhaite la même évolution au PS.
Chirac a rejeté le FN, Sarkozy a ouvert les bras à son électorat de manière à peine déguisée. Je souhaite que la gauche en fasse de même avec le NPA.
@ Manuel : je ne transforme rien du tout, Manuel. CSP soutient ouvertement et fait partie du NPA. IL propage les mêmes messages que Besancenot. Renseignes toi un peu, tout de même !
CSP insulte, gueule, je n’adhère pas à ce mode de communicaiton, qu’il soutienne et fasse partie du NPA ne m’intéresse pas. Le NPA a des idées que je ne veux pas voir arriver au pouvoir, mais elle doivent exister, une démocratie a besoin d’un contre pouvoir que le PS ne représente plus.
Ai-je dit le contraire. Je n’ai pas dit qu’il fallait interdire le NPA ! Ce serait une folie (contre la liberté d’expression et d’association), et lui offrir de surcroit un tapis rouge pour jouer au martyr du système. Il n’a pas besoin de ça.
Mon coup de gueule, si tu as bien lu, était dirigé vers les journalistes qui font une pub incroyable au NPA et à Besancenot, bien plus qu’à tous les autres mouvements politiques en ce moment. L’actualité du NPA le justifie en partie, mais pas à ce point, et pas avec ce niveau de « service de soupe » sans aucun esprit critique…
à bientôt
La pub, la vraie, elle est pour l’UMP et SArkozy, alors si un autre parti peut se retrouver un moment sous les spotlights, ça rééquilibre un peu les choses.
gauchedecombat a dit : « En effet, qui défend les droits des travailleurs en général ? Qui lutte, souvent frontalement, contre le racisme, l’antisémitisme, et les atteintes aux libertés, et à l’égalité ? »
Ta question révèle déjà en soi une énorme contradiction. Le respect de nos libertés n’est pas compatible avec le concept holiste « des travailleurs », chacun ayant des préférences, des besoins et des revendications différentes et même parfois contradictoires.
Note que les êtres humains n’ont pas des droits spécifiques « en tant que travailleurs » mais essentiellement en tant qu’êtres humain.
Les travailleurs peuvent s’engager au travers de contrats dont ils peuvent un jour refuser les clauses. Leur droit consiste alors à négocier, collectivement pour avoir plus de force s’ils sont nombreux à partager les mêmes convictions, puis à partir le cas échéant pour aller voir ailleurs.
En revanche, l’appel à la violence, au piquet de grève (illégal au regard du droit français, hélas quasi systématique), à la dégradation de matériels qui ne vous appartiennent pas, voire à la séquestration, ce sont des comportements liberticides, irrespectueux du droit de propriété inhérent aux Droits de l’Homme… que l’ultra gauche pratique trop souvent.
Le jour où l’ultragauche respectera les libertés individuelles de tous les êtres humains en tant qu’individus égaux devant le Droit, les poules auront des dents.
@ LOmiG : donc, si j’ai bien compris, tu voudrais que le PS siphonne le NPA en reprenant une partie de son programme ? J’admets avoir du mal à comprendre ta logique sur ce coup.
@ Mathieu L : mais c’est déjà le cas ! Et même la droite et Sarkozy se servent des idées à la mode de Besancenot : limitation des rémunérations des patrons décidées d’en haut, protectionnismet et nationalisme économique, répartition des profits décidée par le politique, etc…
Donc oui, le PS ne s’en sortira qu’en parlant aux gens attirés par l’extrême gauche, mais en dénonçant l’attitude « révolutionnaire » et violente. ça ne me rend pas ces idées socialistes plus justes, mais ça les rend moins inquiétantes. Ca les remet dans le camp des réformateurs progressistes. C’est déjà beaucoup.
@ LOmiG : je trouve ton positionnement vraiment étonnant.
J’avais été très choqué par la volonté de Sarkozy de rallier les idées de l’extrême-droite vers le champ de l’acceptable politique. Il a ruiné le FN, mais les idées sont toujours là, et, comme Sarkozy est impopulaire, il suffirait qu’un leader bien charismatique débarque à l’extrême-droite pour relancer des idées légitimées par la droite républicaine.
Certes, du fait de mon positionnement, j’ai de la sympathie pour certaines idées du NPA, mais je ne peux cautionner des gens qui continuent, d’une certaine manière, à prôner la violence et qui restent attaché à une idéologie totalitaire.
L’objectif serait plutôt de faire évoluer les militants du NPA et à leur faire renoncer à la violence et aux tendances totalitaires, et de les ramener vers des idées démocratiques, même si elles sont radicales. Ainsi, les différentes composantes de la gauche resteraient identifiées, et pourraient, parfois, trouver des points d’accord pour gouverner.
Besancenot défend des thèses particulièrement anti démocratiques mais cela ne dérange pas plus que cela les médias qui effectivement lui servent la soupe de manière trop régulière…
@Lomig: Désolé de ma réponse tardive.Mes propos relatifs à la notion de bourgeoisie étaient destinés à tirer le tapis sous le pied des les gauchistes révolutionnaires dont le logiciel voue aux gémonies la classe bourgeoise. J ‘ ai maladroitement( j’ en conviens ) voulu dénoncer cette vision binaire de l’ humanité des trotskystes : les prolétaires du coté du bien et les bourgeois du côté du mal .Pour moi leur haine antibourgeoise n’ a pas faiblit. Car pour les trotskystes la classe ouvrière subit toujours « l’ esclavage du salariat » et se trouve sous le joug de la bourgeoisie , » classe historiquement condamnée » suivant l’ analyse marxiste.
@ Mathieu L. Tout à fait d’ accord avec les réponses formulées par Lomig. J’ ajoute que la réalisation de ton souhait d’ un NPA débarassé de toute référence à la violence révolutionnaire me paraît illusoire.En effet, la renonciation à la violence révolutionnaire et l’ acceptation de la propriété privée équivaut à se ranger dans la catégorie des partis sociaux démocrates. Or, si le NPA accepte que la conquête du pouvoir par le prolétariat passe uniquement par la voie d’ élections démocratiques, que fera- t ’il si une fois au pouvoir il est désavoué à l’ occasion d’ élections ultérieures défavorables ? Acceptera t’ il alors le verdict des urnes une fois le processus de « voie démocratique » au socialisme « en cours ?
@ Mathieu L. : quels idées de l’extrême droite retrouves-tu dans la droite modérée ??? Ce ne sont pas les idées qu’il a accueilli, ce sont les électeurs. C’est très différent.
@ Michel V : merci pour cette précision et désolé de n’avoir pas compris l’ironie dans ton propos….à bientôt !
@ Michel V. : je pense qu’il est parfaitement possible de rendre la propriété de quelques-uns moins pesante pour la société sans passer par la liquidation violente de la bourgeoisie prônée par les communistes les plus orthodoxes, dont certains trotskystes font parties. Tous les socialistes démocrates n’ont pas renoncé à cela.
@ LOmiG : je le répète : tout le traitement actuel de l’immigration.
« La France, tu l’aimes ou tu la quittes », cela ne te rappelle rien ? Le Pen dans les années 1980 et Sarkozy en 2007.
« font partis »
Excusez pour la faute.
que tout cela est simpliste, et réducteur. Soutiens-tu que la manière dont la France a géré l’immigration depuis 30ans est responsable. Les responsables politiques ont pratiqué des politiques coupables, avec à la clef ghettos, misère, zone de non-droit. Nous n’avons pas accueili les gens, nous les avons parqué.
Il est normal d’exiger que les nouveaux arrivants adhèrent à un certain nombre de valeurs républicaines, laïques, libérales. ça te choque ?
Oui, cela me choque. Voilà encore les politiques qui exigent un mode de pensée de la part d’autres hommes. De nombreux Français critiquent la France, voire ne l’aiment pas, mais tout le monde s’en fout.
Par contre, quand c’est un étranger, cela devient un scandale.
Ce qui est un scandale, c’est que l’on demande un mode de pensée, donnée hautement subjective, à des gens pour qu’ils puissent vivre ici.
Là, LOmiG, on n’est pas dans le libéralisme, ni dans quoi que ce soit d’autre. On est dans les fondements de la tyrannie.
salut Mathieu. Je ne suis pas sûr qu’on arrive à s’expliquer proprement sur le sujet – vaste et compliqué – de l’immigration et des politiques d’immigration.
Juste pour essayer de définir ce que j’en pense très rapidement : 1) dans mon idéal tout être humain devrait avoir le droit d’aller vivre ou il veut. 2) dans mon idéal aussi, aucun être humain ne devrait pouvoir vivre du fruit de la contrainte. 3) tout ça pour dire que, dans l’état actuel de nos politiques sociales (très redistributives) qui permettent à un immigré de vivre au dépend des autres (je ne dis pas que c’est ce qu’ils veulent), l’ouverture bête et méchante des frontières (qui permettrait d’être en accord avec le 1) est une idiotie. « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde », c’est d’un socialiste, non ? Il avait évidemment raison. 4) celui ou ceux qui veulent stopper les flux migratoires vont forcément être confronté à des situations humaines très difficiles, quasi-insolubles. Ceux qui les critiquent par principe sont des irresponsables : il faudra bien un jour prendre ce problème frontalement. Autant le faire tous ensemble. 5) Tu parles de tyrannie. Soit. Je ne vois pas trop où est la tyrannie à demander aux nouveaux arrivants de respecter quelques règles de bases de vie commune. La plupart des immigrés, d’ailleurs, respectent ces règles. Avec les rares qui ne veulent pas les respecter, il faut être intransigeant.
c’est tout pour l’instant. Mais je pense que le PS est particulièrement coupable d’être dans la dénonciation de principe : ça n’avance à rien, ça diabolise inutilement un sujet difficile et le rend donc encore plus difficile.
On ne peut pas, dans l’état actuel des choses, suivre le point 1) de ma liste (souhaitable) sans être dans la posture moralisatrice. Cela porte un nom : l’éthique de conviction (par opposition à l’éthique de responsabilité). C’est à dire, camper sur un principe sans se poser la question de ses conséquences pratiques. Toute action politique doit se placer dans une logique de responsabilité. Sans cela, c’est le libre jeu à tous les démagogues et à toutes les manipulations émotionelles.
@ LOmiG : là on était pas dans le même cas. Sarkozy a parlé d’amour, ce qui ne correspond pas simplement au respect des règles, mais à un engagement bien plus fort qu’on est loin d’exiger de nos concitoyens. Le respect des règles n’a rien à voir : il s’agit du droit, qu’on a pas à aimer, mais que l’on peut éventuellement critiquer et faire évoluer. C’est là que se place le ferment de la tyrannie. Lorsqu’on parle de sentiments, c’est louche…
Pour ce qui est de ma vision de l’immigration, j’avais fait une série de billets début juillet sur la question. Je t’invite à les consulter (Criticus m’avait largement critiqué, ce qui te donnera une contre-vision).
Cependant, pour répondre à deux-trois choses : 3) Même les socialistes peuvent dire des bêtises. Les immigrants vont certes accéder à la redistribution, mais ils vont aussi travailler et produire de la richesse, car la redistribution ne permet pas de vivre convenablement sans travail. Ils paient donc leurs parts. Le fait que les immigrés soient plus au chômage que les autres vient d’abord de leurs qualifications plus faibles, et ensuite de la discrimination prégnante dans notre société. 4) Pour moi, les politiques de reconduite sont vouées à l’échec car elles luttent contre des mouvements non seulement légitimes mais en plus bénéfiques pour nos sociétés. De plus, critiquer est la base de la démocratie, je te le rappelle.
Bon, je suppose qu’on ne va pas refaire le débat sur l’immigration ici, je ne veux pas ramener quantité de trolls, mais je t’invite à lire mes billets et à les commenter.
A bientôt,
Comment Sarkozy utilise Besancenot pour asseoir son pouvoir et faire avaler sa politique aux Français ? C’est le justement sujet du livre de Sabine Herold « Le bouffon du roi » qui vient d’être publié chez Michalon.
Voir l’interview de l’auteur sur France 3 : http://www.youtube.com/watch?v=PoOzG_WKfwI
et le site dédié au livre : http://lebouffonduroi.fr
Salut Léa, c’est sympa de faire de la pub pour Sabine Herold chez moi. Je ne suis pas sûr d’être la cible la plus adaptée pour un cyber militant libéral, étant moi-même libéral, mais bon, après tout.
J’ai enlevé le commentaire que tu as laisse, à l’identique, sous un autre billet : faut pas exagérer quand même !
Sur le fond, je désapprouve un peu la rhétorique du livre de Sabine Herold : que Sarkozy sache utiliser Besancenot pour enfoncer le PS, cela ne fait aucun doute. Qu’il soit intéressant pour le débat de les renvoyer dos-à-dos (je ne dis pas que c’est ce que fait Sabine Herold, mais dans l’esprit de ceux qui ne lisent pas le livre, le message est : Besancenot / Sarkozy, c’est bonnet blanc et blanc bonnet), c’est déjà plus douteux.
Sarkozy n’a rien à voir avec Besancenot, dans les idées. Qu’en penses-tu ?
à bientôt