Que se passe-t-il lorsqu’un Président en exercice vient jeter un pavé libéral dans la mare du parlement européen ? Il se fait huer. Certains parlementaires ont même quitté le parlement. Sans doute les paroles de Vaclav Klaus étaient-elles trop dures pour leurs délicates et sensibles oreilles de constructivistes. M. Klaus est souvent présenté par les médias comme un dangereux «euro-sceptique». En fait, il est simplement opposé à une centralisation et à une unification excessives.
Je vous laisse en juger par vous-mêmes (il manque les 6 premières minutes du discours à la vidéo).
Il prône une vraie subsidiarité :
Les citoyens de la République tchèque estiment que l’intégration européenne remplit une mission nécessaire et importante. Ils la perçoivent – sous certaine forme de généralisation – comme suit :
- c’est l’élimination des barrières inutiles et contre-productives pour la liberté humaine et la prospérité concernant la circulation des personnes, biens et services, idées, philosophies politiques, schémas culturels et modèles de comportement qui se sont constitués au cours de l’évolution historique pour des raisons les plus différentes dans chaque pays européen ;
- et c’est la gestion commune des biens publics existant au niveau du continent, donc celle de tels projets qui ne pourraient pas être réalisés sur la base exclusive de négociations entre deux (ou bien plusieurs) pays européens voisins.
L’effort de réaliser les deux objectifs – l’élimination des barrières et le choix rationnel des questions à solutionner au niveau de tout le continent – n’est pas et ne sera même jamais accompli. Des barrières et des obstacles demeurent. Et des décisions prises au niveau de Bruxelles sont sûrement plus nombreuses qu´il serait optimal. Certainement, les décisions y sont prises plus souvent que ce que les citoyens des pays européens le demandent. Mesdames et Messieurs les Parlementaires, je crois que vous êtes assurément conscients de ce fait. C’est pourquoi je vais vous poser une question rhétorique, êtes-vous sûrs – lors de vos votes – en décidant d’une affaire, que cette affaire doit être résolue justement dans cette salle et non dans un endroit plus proche des citoyens, donc à l’intérieur des États européens ?
Il revient également sur les causes de la crise actuelle. Et il a cité le célèbre texte de Bastiat, «La pétition des marchands de chandelles». Je trouve que c’est un beau discours, assez général, et j’ai bien du mal à comprendre ce qui a fait fuire certains parlementaires de la salle. Avez-vous une idée ?
Tagged: Bastiat, Crise, Europe, Individus, Libéralisme, Parlement, Vaclav Klaus, Vidéo
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9 Comments
Il ne veut pas signer, ni mettre le drapeau…que des broutilles !
On appréciera la cohérence des européistes qui sifflent le président du Conseil européen, donc, a priori, une figure éminente de l’Union pour six mois…
salut lolik11 et Criticus,
oui, ok, mais en même temps ce qu’il dit dans son discours est cohérent, et il passe une bonne partie de son discours à réaffirmer l’attachement des tchèques à l’Europe (par nécessité). Pourquoi quitter la salle comme s’il s’agissait d’un dangereux terroriste…?
au passage, c’est Mirek Topolanek qui est le président du conseil européen, n’est ce pas ? Ce n’est pas Vaclav Klaus (j’ai peut être mal compris ton commentaire / la réalité )…
Je n’ai pas de réponse précise à la question du départ de certains députés lors du discours. Peut-être était-ce encore une fois (on a connu ça très récemment au parlement français) par la simple et seule raison que l’orateur tenait des propos difficilement contestables mais inaudibles par des oreilles idéologiquement opposées.
Sur le fond, Vaclav Klaus n’est peut-être pas l’eurosceptique que l’on dit souvent, mais il est vrai qu’il a de l’Union une conception encore beaucoup moins intégrée que la réalité d’aujourd’hui. Il pousse, si j’ai bien compris, le principe de subsidiarité à son paroxisme, ne visant à laisser dans le champ d’action des Institutions communautaires que ce qui ne peut pas être traité au niveau de chaque état.
Le principe de subsidiarité tel qu’il est vu aujourd’hui, ce n’est pas ça : ça consiste à conserver la compétence des Etats membres dans les domaines où leur action serait plus efficiente que celle des Communautés Européennes.
Ce sont deux conceptions contraires : selon les uns, c’est «tout pour les états, sauf si l’Europe peut mieux faire». Et pour les autres (dont je suis), c’est «tout pour l’Europe sauf quand les états peuvent mieux faire».
Je ne vais pas me lancer ici dans une longue justification de mon idée surla question. Je le ferai sans doute à l’occasion des prochaines élections européennes.
Salut René,
je te rejoins sur le début de ton commentaire. Sur la subsidiarité, j’avais écrit un article qui résumait un texte de JP Feldman, et qui donnait les grandes lignes du raisonnement : Subsidiarité.
En gros, les libéraux classiques la font démarrer à l’individu, et chaque échellon au-dessus ne peut s’occuper que de ce qui n’a pas pu être fait à l’échellon d’en dessous. Les «constructivistes» font la confusion entre «subsidiarité» et «décentralisation» (le pouvoir d’en haut qui abandonne une partie de son pouvoir aux crans inférieurs.
Dans un cas, il s’agit des individus qui délèguent du pouvoir. Dans l’autre du pouvoir central qui délègue certaines compétences aux niveaux inférieurs (jamais jusqu’à l’individu, d’ailleurs)…
à bientôt
@ Lomig Pourquoi « oui, ok, mais » ? Nous sommes d’accord !
Par ailleurs, tu as raison (et j’avais tort
), j’avais calqué le modèle présidentiel français sur la République tchèque. C’est bien le chef du gouvernement (Mirek Topolanek) et non celui de l’État (contrairement à la France, donc) qui préside le Conseil européen. Il n’en reste pas moins que Vaclav Klaus est le chef de l’État qui préside le Conseil européen, et qu’il n’a pas à être hué par des intolérants.
@ Criticus : on est d’accord, le «oui, ok, mais» s’adressait à lolik !
Pour les députés, si ce n’est lui c’est donc son frère (comme pour moi, d’ailleurs, qui me suis emmêlés les pinceaux).
Comme l’orateur, en plus, leur inflige une leçon d’humilité et les rappelle à rester dans leur rôle, s’en était trop !
Pour ceux que ça intéresse, un lettre ouverte de l’institut Hayek Lettre ouvert à M Schultz, destinée à un député socialiste européen qui a traité Klaus d’anti-européen et de néo-fasciste. Ce qui permet de mieux comprendre les huées et les gens qui quittent la salle…