La dimension de l’Etat, dans la plupart des pays et à notre époque, est donc très supérieure à ce qu’elle devrait êtrer. C’est bien la preuve que les systèmes institutionnels existants ne permettent pas de déterminer de manière correcte les limites de l’action étatique (par exemple la Défense nationale, une partie de la sécurité intérieure et de la justice, certains moyens de communication ?) ; même si la contrainte est nécessaire pour la fourniture de « biens publics« , la possibilité ainsi donnée aux hommes de l’Etat d’y avoir recours et même de disposer du monopole de la contrainte leur permet d’étendre leurs activités bien au-delà de la fourniture de « biens publics ». Les institutions démocratiques habituelles ne suffisent pas à enrayer cette extension. Rechercher les moyens de limiter l’Etat, tel est donc bien le problème essentiel que pose l’organisation sociale à notre époque.
Pascal Salin, dans L’abitraire Fiscal, p.30, Editions Robert Laffont
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La dimension de l’Etat, dans la plupart des pays et à notre époque, est donc très supérieure à ce qu’elle devrait êtrer. C’est bien la preuve que les systèmes institutionnels existants ne permettent pas de déterminer de manière correcte les limites de l’action étatique (par exemple la Défense nationale, une partie de la sécurité intérieure et de la justice, certains moyens de communication ?) ; même si la contrainte est nécessaire pour la fourniture de «
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5 Comments
@ Lomig : toi qui as lu le livre, quelles « limites de l’action étatique » Salin donne-t-il concernant la « Défense nationale [et] une partie de la sécurité intérieure et de la justice » ?
salut,
je suis en train de le lire…
il y a deux aspects à cette question : 1) le fait de se mettre d’accord pour dire que c’est la question centrale (et déjà là je pense que nous ne sommes pas majoritaire à penser qu’il faut diminuer les attributions de l’Etat) et 2) le fait de définir précisemment la limite (qui est forcément le résultat d’un compromis démocratique et historiquement dépendante : les mêmes limites ne seront pas forcément les plus adéquates à différents moments de l’histoire)…
Juste après l’extrait cité ici, Salin prolonge la réflexion en citant notamment Rothbard et Tyler Cowen pour expliquer que la plupart du temps ce n’est pas la nature d’un bien qui fait qu’il est dans la catégorie « bien public », mais bien souvent de circonstances institutionnelles liées à sa production. Un bien peut apparaitre comme un « bien public » simplement parce que sa production a depuis longtemps été monopoiisé par l’état et a donc empêché la concurrence de permettre l’émergence de solutions alternatives.
Parmi ces caractéristiques institutionnelles qui ont une influence sur la nature d’un bien, il y a par exemple l’intensité de la demande, le volume ou le montant produit, l’état de la technologie, la manière dont le bien est distribué, dont on fait payer l’utilisation, etc…
mais sincèrement, déjà sur le point 1, les gens ne seraient pas d’accord pour dire qu’il faut limiter la place de l’Etat…
à bientôt
l
1) Sur ce point, nous sommes tout à fait d’accord, comme tu le sais.
2) En revanche, comme tu le sais aussi et comme nous en avons déjà discuté en commentaires à la vidéo de Lugano, je pense que la défense (nationale ou otanienne), la police et la justice sont des biens publics,et ne peuvent être privés.
Le problème qu’il pose est plutôt un problème institutionnel . Son souci est que des institutions démocratiques, ne permettent pas d’enrayer le développement de l’Etat. Et c’est vrai que c’est l’évolution que l’on constate dans la plupart des états européens depuis l’après guerre. Mais là, je n’ai pas de soluc…
salut,
oui lolik c’est exactement le problème soulevé. Et il faudra attendre pour que j’évoque ici les solutions : la dernière partie de « Droit, Législation et liberté » d’Hayek est consacrée, justement à la réflexion sur la constitution à adopter pour éviter de genre de dérives. J’en suis à la moitié. affaire à suivre. L’étude est plus longue que ce qu’on voudrait. Elle demande de la patience. Dur.