En ce moment, j’ai très sincèrement l’impression de vivre dans un pays de fous. Les gens trouvent normal de séquestrer le dirigeant d’une entreprise, et les médias continuent de nous abreuver de micro-trottoirs inutiles livrant des sentiments, sans même se donner la peine de rappeler la vérité factuelle.
Séquestrer quelqu’un contre sa volonté devrait conduire immédiatement devant un tribunal. Ce sont les règles du jeu dans une société démocratique et libérale. Ceux qui vont à l’encontre de cela sont des petits dictateurs en puissance. Ras-le-bol de tolérer ce genre de choses…!
Arrêtons de faire une sorte de chasse aux sorcières avec les patrons et les bonus ! Le respect de la liberté contractuelle et des engagements font partie des valeurs qui fondent nos sociétés. Par ailleurs, la plupart des bonus sont mérités, parce qu’ils récompensent le travail de gens qui ont des responsabilités lourdes et qui sont exposés. Mettre en face d’un bonus, les licenciements, c’est de la pure démagogie, et c’est du chantage affectif. Les règles de fonctionnement doivent être rappelées : René a signé plusieurs billets excellents, auxquels je vous renvoie.
Ce qui suinte de tous ces amalgames rapides et de tous ces raccourcis, c’est une haine des « riches« , une méfiance à l’égard des « patrons », et un sens pour le moins douteux du respect de la propriété et de la responsabilité. Chacun veut donner son avis sur tout. Non : ce n’est pas aux salariés de décider de la prime que reçoivent les dirigeants de leur entreprise. Cela ne vous plait pas ? Je vous en prie : créez donc votre entreprise, et mettez en place en son sein des règles du jeu différentes…C’est votre liberté ! Mais ne demandez pas aux autres de faire avec ce qui leur appartient ce que vous voudriez.
Toute cette déraison, bien sûr, s’explique en partie par un réflexe émotionnel consistant, en période de troubles ou de crise, à chercher un « coupable ». Mais qui a mis dans la tête des gens que l’économie était quelque chose de prévisible, de stable, de régulier ? Qui persiste, soit par simplification coupable, soit par ignorance, à faire croire que « régulation » et « règlementation » sont synonymes ? Qui, sinon les règlementeurs omniprésents, a imposé cette vision totalement imaginaire d’une société immobile, égalitaire, sans risques, sans liberté, sans responsabilités ?
La capitalisme repose et est fondé sur la responsabilité, sur le respect des engagements, sur une éthique du travail, sur un sens de l’épargne donc de l’avenir, sur l’échange libre, sur la Liberté. Qui veut remettre cela en cause ? Pourquoi ? Ne laissons pas les émotions guider le débat : faisons la pédagogie, sans cesse, du système qui a émergé lentement et qui, seul connu à ce jour, permet à la fois de garantir les droits fondamentaux des individus1 et de permettre un enrichissement global. Ce ne sont pas les fondations du capitalisme qu’il faut revoir. Attention, danger !
Ceux qui prétendent le contraire n’œuvrent pas pour une société ouverte et libre. Il est de notre devoir de leur demander quels sont leurs buts, au lieu de se faire l’écho des émotions sur lesquelles ils entendent jouer. On sait où mènent les émotions, quand elles sont collectives. Rarement ailleurs que dans la misère, l’oppression, le sang et les larmes.
_______________________________
- à commencer par la liberté individuelle, qui est liberté de propriété, liberté de pensée, liberté de travail, liberté de s’associer ↩
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26 Comments
J’approuve bien évidement sans réserve ce mail, et j’ajouterais même un détail, à propos des « scandales » à répétition sur les rémunération des dirigeants d’entreprises.
L’avant-dernier en date, c’est à dire hier matin, la presse bien-pensante s’offusquait de l’attribution de stock-options aux PDG et DG de GDF-Suez, en ne soulignant que très peu le fait que ces attributions avaient été réalisées … en novembre 2008.
Ben dites-moi, la réactivité de la presse bien-pensante me laisse sans voix. Il y a donc près de 6 mois, GDF-Suez décide l’attribution de SO à ses dirigeants, la nouvelle est bien sur connue de tous les membres du comité d’entreprise (obligation légale) et des syndicats (par voie de conséquences) et personne ne trouve rien à y redire.
Et voila-t-y pas qu’en pleine campagne de stigmatisation des patrons, cette affaire ressort opportunément, … pour le presse.
Alors je me pose une question: n’y aurait-il pas ici une preuve flagrante de manipulation de l’opinion ?
Salut LOmiG,
Tu ne devrais pas avoir à écrire de billets comme celui-là, qui ne font qu’enfoncer des portes ouvertes et énoncer des évidences. Et pourtant…
Nous entrons progressivement, avec la caution béate d’une grande partie de l’opinion, dans une forme de dictature. Pas celle du pouvoir, non, celle qu’on voudrait prêter à Sarkozy. Celle de l’émotion de masse, de l’opinion médiatique. Le genre de dictature où un Stéphane Guillon a davantage de crédit qu’un ministre. J’y vois d’ailleurs la première cause des dérives soi-disant autoritaristes reprochées au pouvoir, qui ne fait que chercher à retrouver, par divers moyens, l’influence qu’il aurait normalement, dans une démocratie forte.
Nous l’avions évoqué sur un autre fil : en France, la base du jeu démocratique n’est plus respectée. Les tentatives de changement se heurtent aux corporatismes et au communautarisme de manière systématique. Je commence à penser qu’il faudrait changer de République, et donner au pays une Constitution qui place le respect des libertés et de l’Etat de droit hors d’atteinte des dérives actuelles.
La situation sociale en France m’évoque plus que jamais Werber et ses fourmis. « Devant un obstacle, un être humain a pour premier réflexe de se demander ‘Pourquoi y a-t-il ce problème et de qui est-ce la faute?’ Il cherche les coupables et la punition que l’on devra leur infliger pour que cela ne se reproduise plus. Dans la même situation, la fourmi se demande d’abord : ‘Comment et avec l’aide de qui vais-je pouvoir résoudre ce problème?’. »
Si les fourmis mesuraient deux mètres, la France serait mal barrée.
salut à tous les deux, et merci pour vos commentaires….!
@ Groucho Marx : oui, je pense qu’il y a un mélange de manipulation et d’ignorance. Je pense que le fait que Eric Woerth ou Strauss-Kahn (que j’ai vu hier soir à la télé) utilisent sans faire de distingo les mots « régulation » et « règlementation » est très équivoque : ils sont tous les deux des personnes très cultivées, et connaissent (j’espère) la différence. Ils vont donc au plus court, sans se rendre compte (?) qu’en parlant comme cela ils maintiennent certaines idées reçues en place. Manque de temps, peut-être aussi… Sur le timing de sortie des « affaires », je te rejoins, c’est de la manipulation flagrante…
@ Evan : oui, je n’aurais peut-être pas du l’écrire d’ailleurs, car c’est également écrit sous le coup de l’émotion. pas la même, certes, mais une émotion tout de même. Je me dis, en fait, qu’il va falloir utiliser les émotions intelligemment, et ne pas laisser les plus cons jouer avec. Alors, chantons ce qu’il y a de beau dans le capitalisme et les sociétés libres, avant qu’elles ne sombrent, emportées par les coups mortels que veulent lui donner les communistes et les islamistes. C’est la Liberté qui est l’enjeu de tout cela. L’Humanité. C’est grave qu’on n’apprenne pas cela à l’école….
à bientôt
Oh tu sais, je ne pointais pas tellement le fait que tu aies ressenti le besoin d’écrire ce billet, qui est aisément compréhensible, plutôt celui qu’il soit utile de rappeler des principes qui devraient relever, pour tous, de l’évidence absolue.
Finalement, la situation n’a pas tant évolué depuis l’après-guerre : les communistes d’un côté, les libéraux de l’autre, engagés dans une guerre sans merci, et entre les deux, toute une tripotée de gens peu informés qui se contentent d’osciller au gré des vagues émotionnelles du moment.
@LOmig, Bien que je n’ai pas vu DSK hier, je suis consternée de l’unanimité de nos responsables politique dans la chasse aux patrons.
J’avais écrit un billet sur le sujet (*) sur le ton humoristique car je ne pensais pas que les évènements prendraient une telle tournure. Comme je l’ai dis chez René, je pense que la proximité des élections européennes nous garanti une bonne dose de populisme dans les semaines à venir.
(*)http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2009/03/pendezles-haut-et-court-.html
D accord avec vous, ça me fatigue de plus en plus moi aussi.
Bien d’accord ! Bravo pour l’éloquence !
Salut Lomig,
Tout d’abord, merci pour le lien. Je t’ai rendu la politesse chez moi.
Sur le fond du billet, tu ne seras pas surpris que je sois en accord total avec toi. Y compris sur le fait que la démocratie file un mauvais coton.
A bientôt.
J’ai hélas ce sentiment depuis plus de 15 ans maintenant. Il y a une dizaine d’années alors que je démarrai mes chroniques, j’ai écrit sur le thème du « terrorisme social ». On y est ! Dans mon campus, c’est le règne des bloqqueurs et la défaite des institutions. Ils occupent jour et nuit un amphi depuis les vacances de Noël. Ils empêchent les autres de travailler en vidant les salles des tables et des chaises, et c’est à nous de les remettre. Et ils ont une totale impunité. Pour peu que vous prétendez défendre une cause sociale, et vous devenez intouchable, au-dessus des lois…C’est cela la justice sociale.
salut à tous, merci pour vos commentaires, qui me font chaud au coeur, et me montrent que je ne suis pas le seul à avoir ce sentiment !
complètement d’accord avec toi, caccomo, sur l’insupportable impunité que donne l’excuse de la justice sociale (jamais définie, en plus par ceux qui s’en servent)…!
Je n’ai pas voulu en parler dans le billet, mais j’ai vu aussi Hamon à la télé hier soir. Dogmatique, populiste, visiblement inculte en ce qui concerne l’économie et le droit, et très péremptoire. ça fait très peur, parce que les médias le donnent comme l’avenir du PS. C’est une sorte de clône de Besancenot, en un peu moins violent peut-être….
à bientôt
Tiens, j’étais en train d’écrire presque le même billet, mais en moins bien. Merci !
@ Rubin: merci pour ce compliment RUbin, même si je sais que tu peux faire bien mieux…et pourquoi pas, d’ailleurs ? J’ai bien peur que nous refassions encore des billets sur ce sujet…!
« Ne laissons pas les émotions guider le débat : faisons la pédagogie [...] » Voilà, tout est dit.
Les libéraux sont depuis longtemps suspect, dans notre pays, d’oeuvrer dans l’intérêt ‘des riches’, des ‘patrons’ et des actionnaires. Si il y a un message que nous devons faire passer c’est bien celui là: le libéralisme c’est un projet d’intérêt général.
Alors communiquons ! Entre nous ça fait du bien mais c’est surtout auprès des autres qu’il faut faire passer le message. Moi, je me suis inscrit sur Médiapart… même pas peur
J’ajoute un truc important : Notre arme c’est le pragmatisme, les arguments chiffrés, scientifiques, les démonstrations. Laissons les invectives, les slogans et les procès d’intention à nos adversaires.
salut Gnic, merci pour ton commentaire, et pour toutes ces remarques qui appellent à discussion…!
Oui, je crois comme toi que le libéralisme décrit un mode d’organisation a minima de la société qui est le seul à garantir à la fois l’égalité et la liberté.
Oui, communiquons et parlons à tous ceux qui ne pensent pas la même chose, dans le respect.
Par contre, et ce n’est pas par goût de la polémique, mais le pragmatisme, s’il est une qualité dans la discussion pour éviter les blocages, ne suffit ni à convaincre ni à assurer une cohérence intellectuelle. C’était un des grands enseignements, dès le début du livre de Pascal Salin (libéralisme), qui m’a fait beaucoup réfléchir : le pragmatisme, c’est aussi une manière de ne pas s’embarrasser des contradictions. Et c’est aussi laisser à ses adversaires le monopole des convictions, et des sentiments. Le libéralisme cohérent est un humanisme, et le réduire à sa portion pragmatique lui fait perdre une partie de son « âme ». Je te renvoie à cet article qui discutait de cela, si tu veux voir ce qu’en disait Salin : Radical ou dogmatique ? Cohérent !
C’est une manière aussi d’affirmer sa vérité, que de vouloir sauvegarder certains principes, non négociables et de manière non-pragmatique. Le pragmatisme est valable à la marge, pour négocier entre autres. Mais sur les valeurs non négociables, le pragmatisme n’est pas de mise.
Le pragmatique va considérer que, tout compte fait, la séquestration d’une ou deux personnes, dans un esprit bon enfant, vaut mieux qu’un conflit plus grave ou qu’une situation qui devient incontrôlable. Le cohérent va simplement dire qu’il n’est pas admissible qu’une personne – quelle qu’elle soit – soit retenu contre son gré. Si on accepte de négocier ou de faire des compromis là-dessus, alors nous sommes foutus….!
Voilà aussi ce qu’il faut expliquer. Ca ne veut pas dire qu’il faille emprunter le mode débile de communication à base de slogans et d’invectives, mais qu’il faut être capable d’affirmer certains « convictions », faute de quoi le débat politique nous sera à jamais « limité »….
C’est ce que je pense, mais tu as le droit de penser le contraire…
à bientôt
je recolle ici ce que je disais du pragmatisme dans l’autre billet, ça permettra de continuer la discussion ici :
à bientôt
@ LOmiG:
Salut,
Je formule la proposition suivante : « le soleil tourne autour de la terre ». Cette proposition peut être une théorie (au sens Popperien du terme) ou une conviction.
La différence c’est, qu’en cas de démonstration scientifique du contraire, la théorie tombe tandis que la conviction reste vrai.
C’est dans ce sens que j’ai utilisé le terme de ‘pragmatisme’ (mal choisi, tu as raison). Quand je pense que le marché est le système économique le plus efficace dont nous disposions, j’envisage cette proposition comme une théorie, pas comme une croyance ou un principe.
L’avantage de cette position c’est que (i) personne ne peut me reprocher une attitude partisane et que (ii) les faits me donnent obstinément raison
Tu soulèves un point important quand tu abordes la nécessité de ne pas laisser le monopole des sentiments à nos contradicteurs. C’est absolument vrai et c’est essentiel.
Comme nos contradicteurs, nous défendons un mode d’organisation de la cité qui vise au bien être général. Le débat ne porte pas sur ce ‘Quoi ?’ commun mais sur un ‘Comment ?’ sur lequel nous ne sommes pas d’accord.
C’est en ce sens que je te rejoins sur la nécessité d’affirmer un certain nombre de ‘principes non négociables’. Ces principes sont le ‘Quoi ?’, la théorie libérale c’est notre ‘Comment ?’.
Par exemple, la nécessité de préserver l’environnement est un de ces principes*. Par contre, la propriété privé des moyens de production est une thèse libérale dont nous devons démontrer le bien fondé. Si nous l’instaurons comme un principe, nos concitoyens se diviseront en deux groupes: ceux qui ‘y croient’ et qui sont donc libéraux et ce qui ‘n’y croient pas’ et qui ne nous rejoindront jamais.
à toi
(*) Raison pour laquelle je pense que les partis écologiques sont une arnaque intellectuelle: ils prétendent fonder leur proposition politique sur un principe universel que personne ne peut décemment contredire.
salut Gnic, je suis d’accord avec toi. Sauf sur un point : le principe fondamental du libéralisme n’est pas une théorie, c’est une affirmation qui est en gros celle des droits de l’homme. Elle consiste à dire que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit. Ce principe n’est pas à démontrer, ou à réfuter. IL a émergé de l’histoire humaine, et constitue simplement, quand on le déroule logiquement un ensembles de règles permettant de garantir à chaque individu le respect de sa nature. C’est un humanisme. Rien de scientifique là-dedans. C’est une vision de l’homme. non ?
@ LOmiG:
Je pense que nous sommes d’accord : c’est juste un problème de langage. Laisse moi reformuler :
On part du principe que le libéralisme (économique et social) en tant que courant de pensée repose sur une certain nombre de principes (des axiomes pour donner dans le scientisme). L’idée selon laquelle tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit est un de ces principes.
Selon moi ces axiomes forment ensemble le but que nous souhaitons atteindre, la cité idéale selon nous. Nous souhaitons – par exemple – maximiser le bien-être matériel des habitants de cette cité.
Ce que j’appelle théorie libérale c’est la théorie qui dit que le marché libre et le moyen le plus efficace pour maximiser le bien-être des habitants de la cité. C’est une affirmation qui demande à être démontrée.
Ce qui nous manque maintenant c’est le credo libéral, la liste des principes non-négociables (tes termes) ou axiomes (mes termes) qui définissent ce que nous pensons être l’objectif à atteindre.
salut Gnic, c’est probable, c’est souvent le cas (le fait que les différends viennent d’une histoire de mots).
Un des points important de la pensée d’Hayek par exemple, est d’expliquer de vouloir « construire » de toute pièce une société suivant tel ou tel but, est une illusion. Aucun humain ne peut prédire les conséquences de toutes les actions humaines. La seule chose que nous pouvons garantir, c’est que les règles que nous mettons en place ne sont pas injustes.
Maximiser le bien être, par exemple, sous-entend que tu puisses définir le bien-être, pour chacun d’abord, pour tous ensuite (définir une intersection valable de tous ces bien-être), et qu’il existe un moyen de le « construire » : impossible !
Le credo libéral est très simple : chaque être humain est propriétaire de soi-même, de son esprit, du fruit de son travail. Toute atteinte à ses droits doit être condamnée. Je fais court, mais je t’invite à aller lire les articles consacrés à Pascal Salin…C’est plus détaillé et plus construit. Le tryptique de base est « liberté-propriété-responsabilité ». Ces trois termes sont définis de manière rigoureuse et interdépendante : pas de liberté sans propriété, pas de liberté sans responsabilité…
à bientôt !
Ce en quoi je suis d’accord avec Hayek. La maximisation du bien être des habitants de la cité est une allégorie. C’est un concept pratique, un petit peu comme une fonction d’utilité. Je n’aime pas les choses simples. C’est un vice chez moi
oui, c’est exactement ça. Et ce n’est pas pour rien qu’on parle d’utilitarisme. L’utilitarisme est un cul de sac idéologique, sauf si on prend la peine, et c’est ce sur quoi nous sommes bien d’accords, de définir au préalable les valeurs qui fondent la réflexion et vers lesquelles on veut tendre.
à bientôt
L’expression libre étant le nom de ce site, je me permets de vous laisser un commentaire. Mais franchement dans quel monde vivez vous ?? vous croyez réellement que les patrons ont le monopole de la responsabilité ? Vous ne croyez pas qu’il en faut de la responsabilité pour faire vivre une famille de 4 enfants avec un smic et en faisant les 3 huit ? Messieurs les donneurs de leçons vous feriez bien d’arrêter de vous regarder le nombril ! Vous vous souviendrez peut être que la France est une démocratie sociale et que sa fonction est le gouvernement du peuple pour le peuple par le peuple. Allez lire sa constitution … Alors quant aux rémunérations des patrons, permettez moi de douter que Mr Bouton méritait son salaire face aux pertes qu’il a engendré, ou que Mr Tchuruk qui a mené Alcatel à une quasi faillite méritait également son salaire … Et quant au système capitaliste il est effectivement totalement pourri. Sinon comment expliquer qu’une crise boursière, emmène des millions de salariés au chomage … Même le chantre du libéralisme néo américain (Sarko) revoit une refondation du capitalisme … Vous trouvez normal qu’une victime de l’amiante qui a travaillé toute sa vie touche 40 000 € en tout et pour tout et Mr Bouton 750 000 € de retraite par an ? Si oui allez vous faire psychanalyser ^^ Vous êtes vraiment les derniers dinosaures ici ^^ Faut faire un club les gars ! Allez bon 1er mai unitaire au caviar ^^ mdr
@ stef91: Je vis dans le même monde que toi. Je n’ai jamais dit que les patrons avaient le monopole de la responsabilité.
Je crois que nous sommes en désaccord profond sur pas mal de choses. Je n’ai jamais dit non plus qu’il n’y avait des exemples de comportements choquants parmi les patrons, ou parmi les conseils d’administration. Mais je dis simplement que ce n’est pas en bafouant le droit et en voulant de force imposer des critères de mérites complètement ubuesque (car égalitaires) qu’on résoudra le moindre problème.
Par ailleurs, désolé, mais le chômage n’est pas un phénomène du aux marchés, mais à l’état et à la protection excessive des salariés.
C’est bien de protéger, mais pas au détriment même de ceux qu’on a voulu protéger. Et certainement pas en permettant à certains d’empêcher les autres de circuler librement.
Tu as raison de parler de droit ! Car si tu fais référence aux salariés « voyous », il faut aussi parler des patrons « voyous », de dirigeants qui mettent en place des plans de licenciements et de restrictions budgétaires et qui partent avec pour eux mêmes plus de 50 millions de dollars !! L’exemple concernant ma propre entreprise, je ne peux pas en dire plus. Quoiqu’il en soit le but de toute société (dans le sens de nation) devrait être la recherche de l’égalité. Et je ne parle pas de mettre en place une société néo-communiste. Mais bien que le but soit de réduire l’inégalité entre citoyens. Car si l’égalité renforce une société, l’inégalité est cause de profondes ruptures. Pourquoi les gens font des révoltes ou des révolutions ? Est ce que ça serait pas parcequ’ils sont malheureux, et pas forcément staliniens ou étrangers ? Quant au chômage, heureusement qu’il existe pour protéger le salarié de patrons souvent irresponsables qui licencient pour faire monter leurs actions donc leurs bénéfices, donc leurs bonus et donc leurs rémunérations ! Ton raisonnement est celui de la droite actuellement au pouvoir. Quant à la libre circulation, cela ne me semble une très faible et très temporaire atteinte aux droits de la personne aux regards des conséquences sur le long terme et sur des vies brisées que quelques uns font subir aux salariés d’une entreprise. Pour le reste, il y avait une mesure qui pour moi était très intéressante à mettre en place. Sarko avait prévu de créer une TVA « sociale ». Il aurait du le faire. Les prix auraient peut être augmentés, mais au moins cela aurait obligé des pays comme la Chine à être taxé justement. Car tu l’auras compris, mon modèle c’est la France républicaine et ses droits, pas la Chine et son exploitation de l’individu, ni les USA. Je tiens à dire que je ne suis pas syndiqué et que je n’ai jamais fait grève ni manifesté … et que je ne suis même pas socialiste ^^ Mais bon j’avoue que je ne suis pas abonné au Figaro non plus lol
bonjour à tous,
en parlant d’utilitarisme, mais sans probablement être assez renseigné sur la question, je le vois comme le moyen de moduler l’application des principes libéraux à notre société. on peut pas dire demain: tout est ok, tous les droits sont respectés, on est bien obligé d’avancer à tatons. C’est le « comment » dont vous parliez précédement.
je le vois aussi comme un moyen de positionner parfois la morale, ou même l’amour, au dessus du respect du credo libéral : c’est transgresser les règles qu’on se fixe comme idéal, mais aussi une adaptation à la réalité et à sa diversité. un exemple lors de mon embauche, j’étais en compétition pour partir travailler à sydney. les ressources humaines m’ont dit (je ne saurai jamais si c’est vrai) que l’autre gars allait partir, même s’il était moins bon, parcequ’il allait rejoindre sa copine là bas. je vais peut etre un peu loin, mais il me semble bien que le fruit de mon travail (de préparation si on peut dire) n’a pas été « respecté » totalement sur ce coup là (j’en rajoute des tonnes, hein), ou plutot que cette décision n’était pas très « libérale », mais plus « par amour », en autres bien sur. puis je vraiment leur en vouloir ? je ne crois pas au contraire.
je crois dans l’utilitarisme négatif (comme en parlait alain boyer dans ton interview), à l’ingenierie sociale.
un point important aussi à discuter me semble celui de l’homme qui apprend la liberté. dans son évolution. on ne nait pas libéral. la responsabilité est variable selon les âges, selon les gens, dans l’espace et dans le temps.
le libéralisme intégre t il l’amour ? il n’est pas censé vous me direz
@ Max : en libéral je te répondrais que la décision légitime de choisir entre les personnes au terme d’une sélection appartient à celui qui en a la responsabilité. C’est normal qu’il décide : ce qui serait injuste ce ne serait pas qu’il utilise tel ou tel critère pour choisir (c’est son rôle, et on ne connait pas ses prérogatives), ce serait qu’un autre choisisse à sa place.
Par ailleurs le libéralisme n’est pas une moral : il ne dit pas ce qui est bon. Il pose juste les règles de base permettant de limiter les injustices. Pas de les abolir : le monde ne sera jamais « juste » complètement.
D’accord avec toi sur les enfants, et sur l’apprentissage de la liberté. Il y a une barrière, pas si déconnante, qui correspond grosso modo à la fin de l’évolution du cerveau vers 16-18 ans. ça ne veut pas dire que cela est valable pour tous, mais ça dit bien qu’il y a un âge en dessous duquel où les responsables sont les parents, et ensuite chacun est libre ET responsable de ses actes…
Le libéralisme n’intègre pas l’amour.
à bientôt