Mélange des genres

Le rapport que nous avons avec les faits, et la réalité scientifique, définit en grande partie ce qu’est la vérité. Peu importe ce qu’est mon modèle, ma vision : c’est la réalité qui tranche. C’est cela la vérité. C’est ce qui nous force à nous adapter au monde tel qu’il est, et pas tel que nous le voulons. Il y a dans la vérité, et dans ce rapport scientifique aux faits une forme d’acceptation, une forme de soumission à la raison, et à la réalité.

Si tu veux te soumettre toutes choses, soumets-toi à la raison.

Sénèque

Lorsque le politique, qui est le lieu du débat, des convictions et du conflit géré par la parole, veut trancher les questions scientifiques ou historiques, on est dans un mélange des genres tout à fait détestable. Car la politique, adossée comme elle l’est de nos jours aux médias, joue en grande partie sur les émotions. Ce qui compte, ce n’est plus ce qui est vrai ou pas, c’est ce qui va permettre d’agir efficacement. Le « pragmatisme » efficace tient lieu de principes. Cela peut avoir du bon, quand ça permet de dépasser les conflits d’intérêts pour tenter de définir les contours d’un intérêt général. Mais c’est surtout très pernicieux, quand l’action est guidée par des croyances et des convictions, et que le pragmatisme n’est que fourberie.

Cela laisse de la place à l’idée – démocratique ô combien ! – selon laquelle chacun a sa part de vérité, qu’il convient de respecter. L’emprise du politique est telle, que nous en venons à accepter toutes sortes de distorsions de la vérité. C’est très grave.

Nous sommes tous responsables de ce que nous laissons dire ou faire. Il ne s’agit pas de montrer du doigt les politiciens, les industriels, ou les médias. Il s’agit de faire jouer notre droit à la parole pour rappeler la vérité.

La vérité, c’est que chacun n’a pas sa part de vérité. Chacun a sa part d’humanité, certes, mais il y a des sujets où ce que certains racontent est tout simplement faux.

Lorsqu’on laisse dire que le CO2 est un polluant (ce qu’il n’est pas), il ne faut pas s’étonner, ensuite, d’entendre des gens comparer Claude Allègre à un « Faurisson du climat ». Il faut aller lire les propos de Nicolas Hulot, qui reproche à Claude Allègre de « ne pas croire à l’origine humaine du réchauffement climatique ». Horreur ! Monsieur Allègre se permet de ne pas croire, et de ne pas jouer le jeu de l’émotion facile ! Depuis quand un scientifique doit-il « croire » ? Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a effectivement aucune preuve de l’origine humaine du réchauffement climatique, modéré par ailleurs.

Nicolas Hulot est dans le registre politique (« combat », « mobilisation », « révolutionnaire »), mais convoque dans son argumentaire les « experts » du GIEC. Mélange des genres. Ces soi-disant experts, qui produisent dans leur rapport un guide d’action à destination des politiques (depuis quand la science dit-elle ce qu’il faut faire ?) disent eux-mêmes décider par consensus démocratique ce qui est vrai ou non. Depuis quand la vérité scientifique se décide-t-elle à la majorité ?

Lorsqu’on laisse dire que l’absence de preuve d’un non-risque constitue une preuve de risque, il ne faut pas s’étonner qu’on parle d’interdire les portables dans les écoles primaires ! Pour quelle raison ? Ces ondes néfastes deviendraient-elles inoffensives à partir de la 6ème ?

Les raisons sont en partie connues. La très forte proportion de sympathisants d’extrême-gauche dans les médias et dans l’intelligentsia française favorise l’émergence de tous les discours anti-croissance, anti-commerce (forcément source d’oppression), anti-technologie. Mentir, et faire croire que les portables sont dangereux, ou que le CO2 est un polluant, ou que l’homme a une influence sur le climat, devient un moyen louable, puisque ça permet de manipuler l’opinion dans le bon sens. Le sens de la cause. Faire jouer à plein les peurs et les émotions du public pour arriver à ses fins. Décrits ainsi, ces vulgaires mécanismes politico-médiatiques montrent toute leur indécence. Ces modes d’action sont la conséquence logique du l’utilisation arbitraire du pouvoir, du mépris pour la vérité, et de la mise en œuvre d’idéaux collectifs financés de force.

Chacun, à son petit niveau, peut trouver un intérêt à se taire. L’industriel qui fait semblant de croire que le CO2 est un polluant dangereux pour continuer à toucher les subventions de l’Etat, tel ou tel ministre qui se plie au discours ambiant pour ne pas perdre quelques précieux points de popularité.

Il est temps, grand temps, de redonner leur place aux choses. La vérité scientifique n’est pas négociable.

Je viens de découvrir qu’H16 avait déjà fait un très bon billet sur ce sujet, que je vous invite à lire !

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1 Trackbacks

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  1. [...] mise en place de garde-fous contre le totalitarisme de certaines idées, ne doit pas être un argument pour arrêter d’appréhender la réalité, d’évaluer le monde qui nous entoure. La [...]

22 Comments

  1. Excellent billet… qui, sauf exception, ne rencontrera que surdité volontaire !

    Posted 26 mai 2009 at 10:00 | Permalink
  2. Non, en effet, la vérité scientifique n’est pas négociable. Mais pour bien faire admettre cela, il faut d’abord faire accepter l’idée d’une légitimité de l’expert -scientifique ici- ce qui est difficilement compatible avec le suffrage universel.

    Seuls des politiques courageux – et donc non-démagogiques – y parviendront.

    Posted 26 mai 2009 at 10:45 | Permalink
  3. LOmiG

    salut à tous les deux !

    Merci pour ton compliment, Didier, qui me va droit au coeur. Oui, je pense que tu as raison en ce qui concerne l’écho de ce genre de discours. Quand j’ai entendu l’expression « Faurisson du climat » à propos d’Allègre, je bouillais. Outre le fait que la comparaison est extraordinairement déplacée, elle vise un des seuls hommes politiques qui ait encore le courage de dire ce qu’il pense, sans trop se soucier de l’effet que ça va produire…!

    Merci Criticus pour ton commentaire. Oui le démocratisme (ou absolutisme démocratique, comme on veut) est une forme de totalitarisme de la pensée. Autant l’argument d’autorité ne doit pas être la règle (sauf à verser dans la technocratie), autant croire que tout le monde peut avoir un avis sur tout est la négation du travail et de la connaissance. Mais sont-ce là des valeurs encore très actuelles ?

    Posted 26 mai 2009 at 11:24 | Permalink
  4. Crucol

    @ Criticus

    vous ne vous posez pas la bonne question. Que la vérité scientifique sorte de le bouche d’un enfant, d’un ostéopathe ou d’un ébéniste ne change rien, cette vérité est là et reste vraie. Lorsque vous posez la légitimité de l’interlocuteur, vous commettez deux erreurs: vous faites une erreur d’argumentation, l’argument d’autorité. vous ouvrez la porte à toutes les argumentations technocratiques qui permmettent à des experts de vouloir interdire le téléphone portable…

    Il faut toujours se méfier des experts, car ils vivent des contributions des autres. le GIEC n’a aucun intérêt à arrêter ses conneries, sinon ils perdent leur job, de même pour les scientifiques qui font des études sur les téléphones portables, etc…

    Cordialement, Crucol

    Posted 26 mai 2009 at 11:27 | Permalink
  5. @ Crucol : sans l’argument d’autorité, comment faire admettre que ce que disent des chercheurs sérieux est vrai, et ce que dit Nicolas Hulot est faux ? Si l’on s’en tient à la crédibilité de l’expert – par la reconnaissance de ses pairs surtout – le risque d’erreur est plus faible que lorsque l’on crée un organisme à visée politique comme le GIEC. D’ailleurs, pour le cas des téléphones portables, les experts s’accordent à dire qu’il n’y a aucun risque.

    Posted 26 mai 2009 at 11:32 | Permalink
  6. cilia

    Au risque de paraître décalée par rapport à la ligne scientifique de ce très bon billet, toute cette histoire de réchauffement climatique d’origine humaine me fait penser au principe des sacrifices dans d’anciennes civilisations, qui pour faire pleuvoir, qui pour augmenter l’ensoleillement etc… Anthropocentrisme, quand tu nous tiens ! Sur le portable au primaire, je suis bien trop réac pour ne pas être avant tout choquée par sa présence et son usage (et pas qu’en primaire d’ailleurs).

    Posted 26 mai 2009 at 12:59 | Permalink
  7. pap

    Excellente réflexion. Mais comme toujours le choix de ne pas tomber dans les imprécations journalistiques ne rapportera rien à son auteur et je le déplore. Toute notre difficulté vient du fait que les journalistes se sont substitués au clergé d’antan en tant que directeurs de conscience. C’est effrayant car tous les efforts faits depuis les lumières pour nous sortir de l’ornière des croyances sont finalement étouffés par la relève journalistique. Les journalistes sont même pires que les curès du 19° siècle car ils sont partout et qu’on ne peut y échapper. A bas la calotte!

    Posted 26 mai 2009 at 13:40 | Permalink
  8. LOmiG

    Salut pap, merci pour ton commentaire et pour le compliment. En fait, ça me rapporte déjà quelque chose : le plaisir de formuler ce que je pense autrement que sous la forme d’un sentiment, et le plaisir de pouvoir échanger ensuite pour enrichir mon point de vue avec celui des autres.

    Tu as raison, d’ailleurs d’introduire un autre « ordre » dans la réflexion. J’ai parlé du politique, et du scientifique, mais on peut rajouter l’ordre du religieux. Il parait que les scientifiques avait pris SOCIALEMENT la place des religieux au début du 20ème siècle. Il se peut bien que les journalistes, effectivement, soit devenus notre nouveau clergé. Avec ses dogmes, son inquisition (psychologique). ça se tient bien.

    à bientôt !

    Posted 26 mai 2009 at 15:31 | Permalink
  9. LOmiG

    @ Cilia : :oops: j’avais loupé ton commentaire ! Merci d’être passé, et merci pour le compliment également. OUi il y a une sorte de prétention incroyable à vouloir absolument que l’humain soit responsable de tout…! Surtout quand les connaissances ne viennent pas à l’appui de cette thèse…

    à bientôt

    Posted 26 mai 2009 at 15:33 | Permalink
  10. siMON

    Super article, la classe tonton !

    Posted 27 mai 2009 at 01:23 | Permalink
  11. crucol

    @ Criticus

    Un expert doit avant tout démontrer son propos. Comme tout les scientifiques, qu’ils soient chercheurs, ingénieurs, enseignants, il faut toujours démontrer son propos. Seule la raison peut primer.

    Un expert n’est pas crédible en soit parce qu’il est expert, mais parce qu’il est censé pouvoir démontrer ce qu’il dit. S’il ne peut le démontrer, il n’est pas plus crédible qu’un syndicaliste CGT…

    Vous prenez un risque inutile en faisant confiance à un expert reconnu par ses pairs. Qu’il m’explique son raisonnement scientifique, pas besoins d’avoir fait des études poussés pour reconnaître un raisonnement scientifique, il suffit d’un peut de jugeote et de bon sens…

    L’économie, c’est très compliqué n’est-ce pas à en croire les experts? Lisez Bastiat, et vous verrez à quel c’est faux.

    Posted 27 mai 2009 at 20:32 | Permalink
  12. @ Criticus

    Comment pouvez-vous légitimer l’argument d’autorité ??!!

    @ Lomig

    Le qualificatif « scientifique » est par excellence l’argument d’autorité de notre société. Que signifie « vérité scientifique » ??? La vérité est la vérité. Relisez le « Discours de la méthode » de Descartes. Je vous rappelle par ailleurs que seules les mathématiques sont une science exacte.

    Posted 27 mai 2009 at 22:53 | Permalink
  13. LOmiG

    Par vérité scientifique, j’entends la connaissance qui émerge d’une démarche systématique de mise en doute et d’aller/retour entre des modèles et des expériences. La démarche scientifique repose sur pas mal de postulats. Je ne fais pas du tout du caractère « scientifique » un argument d’autorité en soi, mais je suis scandalisé par les experts autoproclamés qui jouent un trouble jeu. Exemple : le GIEC. Ce groupe de scientifiques produisent un rapport à l’usage des politiques, et c’est explicitement un « guide d’action ». Cela est à l’opposé de la démarche scientifique : la connaissance ou la science ne dit pas ce qu’il faut faire. Prétendre le contraire c’est user de l’autorité et de l’aura scientifique pour faire CROIRE des choses.

    Le rapport du GIEC repose de plus sur pas mal d’erreur et de parti pris. Leurs décisions sont prises en votant : depuis quand on décide par consensus démocratique de ce qui est vrai.

    La vérité scientifique, en 2009, c’est qu’on n’est pas capable d’attribuer les changements climatiques observés (difficilement) à l’homme, ou au CO2. Les plus grosses variations climatiques que la Terre a connu ont été le fruit d’un changement de position de l’axe de rotation de la terre par rapport à son orbite. Pas grand-chose à voir avec l’homme.

    Ce que la science montre, c’est que la vérité émerge peu à peu. Oui la vérité est la vérité : mais on la découvre, on l’améliore, elle change. Nous modélisons le monde pour le comprendre et nos modèles ne peuvent être que des approximations. Nous en vérifions les hypothèses en confrontant leur prédiction avec le monde réel, avec les faits. La vérité scientifique, c’est des fois de dire : on ne sait pas comment expliquer les petites fluctuations de climat observés actuellement.

    à bientôt

    Posted 28 mai 2009 at 10:28 | Permalink
  14. @ Crucol et Christine : mais justement, le chercheur sérieux aura publié des articles, tandis que Nicolas Hulot n’aura lui écrit que des tracts…

    Posted 28 mai 2009 at 23:04 | Permalink
  15. décembre

    Les scientifiques sont aussi putes que les autres humains.

    Tiens on découvre maintenant, mais pas trop de personnes en parlent, qu’Einstein est un plagiaire ! Nous savons aussi que Bell n’a rien inventé mais tout volé.

    Il est ridicule de croire.

    Posted 30 mai 2009 at 15:50 | Permalink
  16. LOmiG

    salut décembre, Einstein n’est pas un plaigiare. TU ne devrais pas croire tout ce qu’on raconte…;)

    par ailleurs, il n’est pas ridicule de croire. C’est simplement qu’il est con de croire que la croyance apporte de la connaissance. Mais la croyance peut-être utile, et fait partie du fonctionnement normal des humains, non ?

    Posted 1 juin 2009 at 15:06 | Permalink
  17. décembre

    salut lomig

    ben oui, Einstein est bien un plagaire. Pis après, qu’est-ce que ça change, yé mort !

    Il est ridicule de croire « quand on est un adulte ».

    Les enfants doivent croire sinon, ils se suicideraient, à quoi bon vivre quand on sait d’avance que tout continue, malgré tout, que c’est un perpétuel recommencement la société humaine.

    J’ai perdu mes croyances à 50 ans, presque pile, je m’en souviens, ça m’a fait tout drôle.

    Je comprends ceux qui croient, je sais qu’ils ne peuvent pas faire autrement, enfin, ils peuvent mais, faut lâcher prise et c’est difficile malgré qu’on penserait le contraire. bye bye

    Posted 5 juin 2009 at 00:12 | Permalink
  18. décembre

    Ha oui j’oubliais … La croyance apporte un support, une béquille, plusieurs appellent ça, l’espoir. Mais finalement, la croyance, quand elle disparaît de ta vie, le monde devient plus simple, le stress diminue, le vrai moi peut émerger.

    En fin de compte, quand on y pense, on espère quoi au juste ? De continuer de vivre après la vie ? Car ce qui est certain et sans espoir, c’est qu’on meurt tous et c’est pour ça que pendant une partie de notre vie, certains toute, on croit, on espère, on se drogue à l’espoir, on s’anesthésie, pendant que sans s’en rendre compte, tout doucement, on est en train d’apprendre à mourir.

    Gloire à ceux qui connaissent un peu de lucidité avant de mourir.

    Posted 5 juin 2009 at 00:22 | Permalink
  19. LOmiG

    Je maintiens : Einstein n’est pas un plagiaire. Je connais assez bien sa vie, et un peu son oeuvre. Je ne te laisserai donc pas affirmer de telles choses sans réagir.

    Sur le côté métaphysique de ta réflexion, je suis d’accord : depuis que j’ai 20 ans, je m’en rappelle très bien, je n’ai AUCUN espoir d’une vie après la mort (avant je n’en pensais rien). C’est en lisant le Mythe de Sysiphe que j’ai compris cela. Et oui, il n’y a pas d’espoir sans crainte, ni de crainte sans espoir. Il est plus simple de vivre sans espoir, après tout.

    Deux remarques cependant :

    1) l’absence de sens ABSOLU de notre vie ne doit pas nous empêcher de lui en donner un, RELATIF, fait de nos envies et de nos aspirations, de ce qu’on est réellement. Des êtres faits pour l’action ne peuvent pas se passer complètement d’espoir, même relatif et ponctuel. 2) le simple fait d’avoir des enfants change totalement cette vision un peu bouddhiste du monde. Bien sûr que j’espère plein de choses pour mes enfants ! Bien sûr cela va avec une part de crainte, et bien sûr qu’ils mourront aussi. Et alors ? Qui a dit que la vie devait être tranquille et facile ? Entre le retrait du monde et la croyance dans une vie après la mort, il y a le lot du reste de l’humanité : relativement convaincu qu’en mourrant nous mourrons totalement, mais tout de même avides de vivre pleinement, de faire comme ci, d’éprouver, de sentir. On ne refait pas l’animal.

    Posted 5 juin 2009 at 07:20 | Permalink
  20. décembre

    ….Des êtres faits pour l’action ne peuvent pas se passer complètement d’espoir, même relatif et ponctuel…..

    je ne saisis pas bien le rapport entre l’espoir et l’action. Il y a le goût d’entreprendre et l’action qui suit si on le choisi. L’espoir n’est pas nécessaire.

    L’espoir sied plutôt dans les autres comme dans :  »…j’espère que tu vas aimer? »

    Je n’ai aucun espoir en moi-même envers moi-même. Quand j’étais petit et inconscient, l’espoir remplaçait le trou que mon ignorance de la roue de la vie créait. Maintenant j’ai conscience de la roue, je roule avec elle et je n’ai pas d’espoir, je suis heureux parce que c’est à mon tour de vivre et que je devrai laisser la place pour que quelqu’un d’autre ait aussi son tour et ainsi va la vie.

    L’espoir c’est en fait, une sorte de désespoir caché. Par exemple, si tu voyais les preuves que Einstein est un plagiaire, serais-tu désespéré ? Tu devrais abandonner une croyance. Ce n’est pas facile parce que ça chamboule d’autres idées qui s’appuient sur ces mêmes croyances pour exister.

    Posted 8 juin 2009 at 17:57 | Permalink
  21. LOmiG

    « Par exemple, si tu voyais les preuves que Einstein est un plagiaire, serais-tu désespéré ? »

    non je ne serais pas du tout désespéré. Mais je le repète, Einstein n’est pas un plagiaire.

    Posted 11 juin 2009 at 08:17 | Permalink
  22. Gérard Manvussat

    Dans la mesure où l’on considère que le CO2 perturbe significativement le climat (et c’est bien ce qu’ont à l’esprit ceux dont il est question, que vous puissiez le nier n’a rien à voir), il est tout à fait justifié de parler de « polluant », bien que cette molécule n’ait pas d’effet nocif direct pour l’homme. Voir la définition : http://fr.wikipedia.org/wiki/Polluant

    @ LOmiG « Quand j’ai entendu l’expression « Faurisson du climat » à propos d’Allègre, je bouillais. Outre le fait que la comparaison est extraordinairement déplacée, elle vise un des seuls hommes politiques qui ait encore le courage de dire ce qu’il pense, sans trop se soucier de l’effet que ça va produire…! »

    Je suis bien d’accord que cette comparaison, s’il l’a effectivement prononcée, est fort malencontreuse, et me décevrait beaucoup de la part d’un homme que j’avais jusqu’ici toujours lu ou entendu faire preuve de rigueur et de nuance, même lorsqu’il s’oppose vigoureusement à un adversaire intellectuel. Pour autant, vous prouvez vous-même que la comparaison n’est peut-être pas si déplacée. Car en effet, ne peut-on pas dire de même que Robert Faurisson est « un des seuls hommes [...] qui ait encore le courage de dire ce qu’il pense, sans trop se soucier de l’effet que ça va produire » ? Plus loin vous écrivez : « …autant croire que tout le monde peut avoir un avis sur tout est la négation du travail et de la connaissance. » N’est-ce pas précisément ce que font l’auteur de cet article et des commentaires, dont vraisemblablement aucun n’a de légitimité à s’exprimer scientifiquement sur ces sujets ? Et puisque vous employez le mot « négation », quel autre terme employer pour désigner une telle attitude, sinon « négationnisme » ?

    @ Crucol « vous faites une erreur d’argumentation, l’argument d’autorité. vous ouvrez la porte à toutes les argumentations technocratiques qui permmettent à des experts de vouloir interdire le téléphone portable… » Si l’on refuse la question de l’autorité dans un débat scientifique, autant demander à un garagiste son avis sur l’avenir de la production pétrolière ou à une poissonnière son avis sur le problème de la surpêche. D’ailleurs vous ne dîtes pas autre chose plus loin. Mais quand vous affirmez : « Qu’il m’explique son raisonnement scientifique, pas besoins d’avoir fait des études poussés pour reconnaître un raisonnement scientifique, il suffit d’un peut de jugeote et de bon sens… », vous vous montrez très présomptueux — comprendre les subtilités de travaux scientifiques n’est en aucun cas à la portée du premier venu, de même qu’on ne peut prétendre comprendre la médecine en ayant lu 10, 20 ou même 100 articles de Wikipédia ou Doctissimo. L’économie ? Ce n’est pas une science (au même titre que la physique ou la chimie), en dépit de l’utilisation d’outils mathématiques…

    « le GIEC n’a aucun intérêt à arrêter ses conneries, sinon ils perdent leur job, de même pour les scientifiques qui font des études sur les téléphones portables » Incroyable d’écrire sans broncher de telles absurdités… Comme si, dans les deux cas, les intérêts financiers majeurs se trouvaient du côté des « alarmistes » ! Et comme si un chercheur était grassement payé par rapport à un cadre sup’ ou un publicitaire…

    « Cela est à l’opposé de la démarche scientifique : la connaissance ou la science ne dit pas ce qu’il faut faire. Prétendre le contraire c’est user de l’autorité et de l’aura scientifique pour faire CROIRE des choses. » S’ils parviennent collectivement à un résultat inquiétant susceptible d’avoir des conséquences graves à l’avenir, les scientifiques, qui sont aussi des citoyens, ont toute légitimité à suggérer des modes d’actions visant à enrayer les conséquences en question. On dit que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », la formulation inverse est également vraie.

    « Le rapport du GIEC repose de plus sur pas mal d’erreur et de parti pris. » Lesquelles ? Lesquels ?

    « Leurs décisions sont prises en votant : depuis quand on décide par consensus démocratique de ce qui est vrai. » C’est simplement faux.

    « La vérité scientifique, en 2009, c’est qu’on n’est pas capable d’attribuer les changements climatiques observés (difficilement) à l’homme, ou au CO2. Les plus grosses variations climatiques que la Terre a connu ont été le fruit d’un changement de position de l’axe de rotation de la terre par rapport à son orbite. Pas grand-chose à voir avec l’homme. » Ces variations ont mis plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’années à s’opérer, dans le cas présent ce serait à l’échelle de quelques générations (et dans un contexte de raréfaction des énergies fossiles, autre problème massif des prochaines années, bien plus urgent d’ailleurs). Aucun scientifique sérieux n’a prétendu que l’activité humaine était la cause unique du réchauffement en cours, pourtant on ne cesse de voir cet argument copié ad nauseam sur tous les forums dits « sceptiques ».

    « Ce que la science montre, c’est que la vérité émerge peu à peu. Oui la vérité est la vérité : mais on la découvre, on l’améliore, elle change. » Oui, d’ailleurs ce n’est que très récemment que les USA ont pris part aux négociations sur l’avenir climatique — de mon point de vue l’évolution va plutôt dans ce sens.

    « La vérité scientifique, c’est des fois de dire : on ne sait pas comment expliquer les petites fluctuations de climat observés actuellement. » Ouf, j’ai lu un article de blog qui disait que tout ce tintouin était pipeau, qu’en fait on ne savait rien, nous voilà rassurés, nous pouvons à nouveau consommer et polluer comme des porcs !

    Posted 20 août 2010 at 08:35 | Permalink

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