J’ai terminé ce livre il y a un petit bout de temps déjà, mais je n’avais pas trouvé le temps d’en faire la recension. « Ce » livre, c’est « Lettre ouvertes aux islamistes » de Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir. Livre mal foutu, peu clair, superficiel et finalement assez inquiétant, malgré un titre prometteur. Mensonges sur la vie de Mahomet, renvoi dos-à-dos des islamistes et des non-musulmans.
Ce livre est gênant. Il est par certains aspects rassurant, parce qu’il montre qu’un discours musulman laïc et direct dans sa dénonciation des extrémistes est possible. Mais il est gênant, parce qu’il montre aussi que ce discours est difficile à tenir clairement – ce qui se comprend vu la complexité de la situation -, et que cette complexité mène à des détours et des atermoiements touchant au mensonge.
A qui s’adresse le livre ?
Le titre semble clair, mais est finalement très manipulateur. En tête de plusieurs chapitre, le public visé par cette lettre ouverte ne sont pas du tout les islamistes, mais les non-musulmans qui seraient tentés de voir dans « l’islamisme » un prolongement naturel et inévitable de l’islam. Pourquoi pas ? Mais dans ce cas, la lettre n’est pas adressée aux islamistes. Pour la dénonciation en règle des atrocités commises par les islamistes, écrite par un responsable religieux musulman et un intellectuel connaisseur du monde musulman, on repassera ! Je passe sur les passages essayant de mettre sur le dos des pays occidentaux la montée de l’islamisme.
Mission impossible ?
La tâche est difficile, clairement. Points positifs : beaucoup de passages dénoncent clairement l’absence de séparation du politique et du religieux imposée par les islamistes, ou le fait de voiler les femmes :
(…) on commence à voir le revoilement des filles dans une sorte d’uniforme qui, de Djakarta à Dakar, et même désormais dans les villes européennes, a gommé jusqu’aux différences culturelles. Ce revoilement est venu comme une sorte d’islamisme rampant suite à une idéologisation captieuse de la religion, et dont on peut déconstruire point par point les arguments politiques, sociaux, diplomatiques, économiques et scientifiques qu’ils veulent teinter de la coloration islamique. Malheureusement, elle gagne les esprits dans beaucoup de contrées islamiques : Maroc, Algérie, Egypte, Tunisie, Liban et beaucoup d’autres.
Autant dire partout. Le problème, c’est que ces indispensables mises au point s’accompagnent de zones très très floues. L’histoire de Mahomet est clairement une sorte d’image d’Epinal gommant quasiment tous les aspects violents de la vie du prophète. Pourquoi ? Pour nous expliquer que le prophète et le Coran ne peuvent être en aucune manière interprétés de manière violente ? Rebelote plus loin dans le livre :
Sans oublier un concept fondamental : le Prophète n’a jamais imposé, mais a toujours discuté, questionné.
Cela est un pur mensonge ! Je trouve choquant et décevant de trouver de telles choses dans un livre censé montrer la voie d’un islam laïc et non violent. Pourquoi mentir ? Pourquoi gommer la réalité ?
Insuffisant
La fin du livre donne des pistes de prise de distance au texte, et prône une lecture non-littérale du Coran. La nature complètement humaine de la charia y est rappelée. Fort bien. Je ne suis pas sûr que les deux auteurs aient parfaitement saisi l’ampleur des dégâts, en France comme ailleurs.
En réalité, la peur ne s’explique pas et n’est pas justifiée, elle est due à une présentation non pas nécessairement mal intentionnée mais hâtive des choses.
Dans un livre où est rappelée la progression, dans tous les pays musulmans, de l’islamisme et de la condition infrahumaine de la femme, cela parait tout de même un peu fort de dire que la peur est injustifiée, et qu’elle n’est due qu’à un problème de représentation…!
Comme je crois que les deux auteurs sont très bien renseignés, je ne peux croire que ces approximations sont le fruit d’un manque de connaissance. Elles sont donc le fruit de leur volonté. Quelle est cette volonté ? Visiblement, de pacifier, d’ouvrir les portes à un islam laïc. A qui s’adressent-ils ? Aux musulmans ? Aux non-musulmans ? Aux islamistes ? Selon le cas, les dissimulations et omissions pourraient viser à rassurer les non-musulmans, ou à faire profil bas devant les islamistes, ou à éviter la réflexion et les remises en cause aux musulmans modérés. Aucune de ces pistes n’est satisfaisante. La question centrale du Coran et sa violence intrinsèque est sciemment laissée de côté.
Extrait du dos :
Face à cette idéologie qui amalgame le politique et le religieux, face aussi à la confusion entretenue par les islamistes eux-mêmes, une seule solution : répéter, expliquer, enseigner que la religion islamique n’est ni ce qu’ils en disent, ni surtout ce qu’ils en font.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce passage de Revel (qui parle du communisme) :
On admirera que ces socialistes « scientifiques » plaident avec autant d’ingénuité l’existence de phénomènes historiques sans cause, et qui sont en outre en proie à la contrariante habitude de se répéter avec la régularité d’une rotation astronomique. La répression concentrationnaire ou carcérale, les procès truqués, les épurations meurtrières, les famines provoquées accompagnent tous les régimes communistes, sans exception, tout au long de leur trajet. Et cette association constante serait fortuite ? En revanche l’essence véritable du communisme résiderait dans ce qu’il n’a jamais été, dans ce qu’il n’a jamais produit ? Qu’est-ce donc que ce système, le meilleur jamais conçu par l’homme, nous dit-on, mais qui est doté de cette surnaturelle propriété de ne jamais mettre en oeuvre, nulle part, autre chose que le contraire de lui-même, que sa propre perversion ?
On ne juge donc plus les arbres à leurs fruits. Voilà qui est bien déresponsabilisant. Je ne dis pas que l’islam soit l’équivalent du communisme. Mais il faut tout de même être capable de remarquer que partout où il devient la règle, les sociétés qu’il génère sont des sociétés fermées, pauvres, violentes.
La prise de position des auteurs, sans être celle de propagandistes, montre donc une réelle insuffisance. Je ne connais pas bien Bencheikh, mais ce que j’avais lu de Sfeir auparavant m’avait donné l’impression qu’il était plus direct et plus tranché que cela dans ses prises de position : pourquoi diable est-il allé écrire avec Bencheikh ce mauvais livre ?
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30 Comments
Justement, peux-tu les citer ici ? Car dans une certaine mesure, cela est vrai.
salut Criticus, dès que j’ai un moment je t’en donnerais quelques exemples ; je ne dis pas que ce n’est pas vrai dans une certaine mesure, c’est juste que mis à côté d’un propos général dédouanant de toute responsabilité le Coran et le contenu de l’islam, je trouve ça un peu fort !
à très bientôt
Les catalyseurs de l’émergence de l’islamisme : Les islamistes sunnites ont également repris du poil de la bête après la création du Pakistan (scission musulmane d’avec l’Inde, même si il reste pratiquement autant de musulmans en Inde qu’il y en a au Pakistan) De même, la révolution islamique en Iran leur a autant donné de poil de la bête. L’émergence de l’islamisme est concommitante de la chute du nationalisme arabe de l’après-indépendance ou après-guerre. (la nature a horreur du vide)
Les évènements qui ont été des tournants : Le choc pétrolier de 1973, qui a montré que les « musulmans » existaient sur la scène internationale. L’invasion de l’Afghanistan et la raclée infligée à l’Armée Rouge par des djihadistes formés grâce à l’argent américain et l’idéologie des madrasa saoudiennes. Pour Al Qaeda : la guerre du Golfe de 1991, qui a définitivement mis Oussama Ben Laden dans le camp des anti-américains Pour les mouvement islamistes locaux (type Hamas, indépendantistes tchétchènes), le plus souvent leur émergence est due au fait que les « gens d’en face » ont favorisé leur montée pour affaiblir la résistance laïque (typiquement l’émergence du Hamas est en partie due aux manoeuvre d’Israël pour affaiblir l’OLP)
Un dernier point : dans les années 50, 60, l’ensemble des étudiants du monde arabe allaient en Egypte, au Liban, etc. pour y faire leurs études supérieures. Après l’effondrement du nationalisme arabe, c’est plutôt en Arabie Saoudite que l’immigration estudiantine (et temporaire) est allée.
Je ne pense pas que le contenu du Coran y soit pour quelquechose, puisqu’à l’époque de l’émergence de l’idéologie politique islamiste, les populations étaient largement analphabètes et surtout peu tournées vers la religion (les mouvements religieux tels que le wahhabisme ou les frères musulmans sont précisément des mouvements de renouveau religieux). L’explication est à mon avis bien plus simple, c’est celle que je vous expose ci-dessus.
Bonjour,
Intéressante analyse conjoncturelle d’Athanagor à laquelle je souscris.
Ensuite, je continue de penser que l’islam militant est une excroissance de l’islam. Il en est une partie mais pas le tout. On pourrait le comparer à la vie du prophète, à sa vie à la Mecque et à sa vie à Medine.
Par contre il est important à tous ceux qui se disent musulmans de dire haut et fort que les versets encourageant le crime et les faits et geste du prophète contraires à la dignité humaine doivent être mis au placard.
Salut, bien entendu les causes de la montée de l’islamisme ne sont pas toutes endogènes, mais le commentaire de jugurta rappelle à juste titre qu’une partie du Coran est à mettre de côté, et à critiquer sévèrement. La vie du prophète a été une vie de meurtre, d’ignominie. On pourra mettre en avant l’époque à laquelle cela s’est passé ; c’est une faux argument…! Le Christ, longtemps avant, avait donné un autre exemple. Fait de paix, d’amour. à bientôt
Lomig,
Il est important de distinguer dans la vie de Momo, les deux parties de sa vie, même si c’est celle de Médine qui fonde le calendrier musulman.
Pourquoi ? Simplement pour rappeler qu’une religion quelle qu’elle soit est avant tout une rencontre avec une force supérieure et non une litanie de règles.
Quant à la comparaison avec Jesus, elle ne me semble pas pertinente. L’islam est plus proche du Judaïsme que du Christianisme.
@ jugurta :
> si c’est celle de Médine qui fonde le calendrier musulman.
oui par contre, ce sont les écrits les plus récents qui font foi, si je ne m’abuse, et cela pose peut être des problemes de mise au placard…
je suis allé voir ton blog, c’est sympa, je me demandais, tu es musulman ? j’aime bien la phrase que tu as mise en sous titre du blog
@ LOmiG: « Salut, bien entendu les causes de la montée de l’islamisme ne sont pas toutes endogènes »
Endogènes à quoi? A l’islam? Aucune, absolument aucune des raisons qui ont permis l’émergence de l’islamisme ne trouve sa racine intrinsèquement dans l’islam. Par exemple, l’émergence du wahhabisme a une origine très simple : face à l’effondrement de la civilisation arabo-musulman, mise sous tutelle ottomane, des prédicateurs ont expliqué que c’était parce que les arabes avaient abandonné le « vrai islam » qu’ils avaient été vaincus si vite. Et que donc, il fallait redevenir pieux pour retrouver sa superbe d’antan. Rien de plus compliqué que cela.
« La vie du prophète a été une vie de meurtre, d’ignominie. On pourra mettre en avant l’époque à laquelle cela s’est passé ; c’est une faux argument…! »
N’importe quoi, Lomig, ne croyez pas ce que vous lisez sous la plume de quelques illuminés. Le
Concernant l’époque, c’est un faux argument? Que de l’Atlantique à la Chine, et du Pole Nor au Sahara, des bastons perpétuelles avaient lieu ne rentre pas en ligne de compte? Le fait que la péninsule arabique soit tout sauf pacifiée, avec son lot d’attaques contre les premiers musulmans, cela ne rentre pas en ligne de compte? Diantre! Les musulmans sont les premiers à avoir introduit le traitement équitable des prisonniers, notamment de guerre (il faudra attendre l’Habeas Corpus en Europe pour avoir l’équivalent), ils sont également les premiers à avoir formellement et vigoureusement interdit de s’en prendre aux non-combattants, ceux que l’on appelerait 13 siècles plus tard les « civils ». De même l’interdiction du pillage des biens des civils étaient absolument proscrite (la prise de butin à l’ennemi, en revanche, ne pose pas de problème, question de dommages et intérêts)
Mais bon, je prêche à mon avis dans le désert, puisque à ma grande surprise, depuis une demi-douzaine d’années, le politiquement correct en France est d’être islamophobe. Je trouve cela curieux, mais bon.
« depuis une demi-douzaine d’années, le politiquement correct en France est d’être islamophobe »
Avec un chef de l’Etat qui dit que « l’islam est le progrès, la science, la finesse, la modernité » (sic) ? Avec des médias qui, pour une fois, n’ont pas désapprouvé ses propos (la preuve avec cet article sur le site web de France 2) ? Alors même que Sarkozy est, lui, suspect d’ »islamophobie » ?
On ne doit pas avoir exactement la même notion du politiquement correct…
@Criticus : merci de confirmer ce que je dis : les media, pour une fois, n’ont pas présenté l’islam sous un jour défavorable (les imams excités dans les caves, les filles voilées, les décapitations en Arabie Saoudite et chez les Talibans, sans parler bien sûr du terrorisme dit islamique etc, etc, etc.)
Le mainstream, c’est cela, comme vous Criticus, l’islamo-défiance si ce n’est l’islamophobie.
C’est Orianna Fallaci, écrivain à fort tirage, c’est Michel Houellebecq, c’est Jack-Alain Léger, c’est Alain Finkielkraut, c’est des politiciens comme Philippe de Villiers, totalement possédé par la question, etc, etc, etc.
Donc non, on n’a pas la même notion de politiquement correcte, la votre est fausse, la mienne fidèle à la réalité.
PS : comptez le nombre de reportages de magazine télé ou papier sur l’islam, et évaluez ceux qui montrent sous un jour très défavorable et sous un jour favorable. Trouvez moi un blog libéral qui présente l’islam sous un jour favorable, je vous en trouverais mille qui présentent le contraire. C’est ce que l’on appelle le mainstream, le politiquement correct, le banal.
Voui. C’est dit avec tellement de preuves qu’il n’y a plus rien à en redire…
Si, peut-être une chose : quand les médias, dont le rôle est quand même de diffuser des informations, présentent l’islam sous un jour qui vous semble défavorable, ce jour-là n’est-il pas tout simplement celui que l’islam donne de lui-même ? Je maintiens d’ailleurs, pour ce que j’en vois un peu partout, que c’est la version islamophile, qui est la vôtre, qui domine. Je n’ai pas de preuves ? Vous non plus. A mon crédit, le fait qu’ »islamophobe » soit une insulte et non « islamophile » tend à prouver que c’est moi qui ai raison…
@Criticus : « quand les médias, dont le rôle est quand même de diffuser des informations, présentent l’islam sous un jour qui vous semble défavorable, ce jour-là n’est-il pas tout simplement celui que l’islam donne de lui-même ? Je maintiens d’ailleurs, pour ce que j’en vois un peu partout, que c’est la version islamophile, qui est la vôtre, qui domine. »
Donc d’un côté les media donnent des informations défavorables, mais c’est mérité pour l’islam. Soit. De l’autre, vous dites qu’en fait c’est islamophile, donc favorable. En fin de compte, c’est A et non(A) à la fois. Je ne comprends pas.
« Je maintiens d’ailleurs, pour ce que j’en vois un peu partout, que c’est la version islamophile, qui est la vôtre, qui domine. Je n’ai pas de preuves ? Vous non plus. »
Ben si, j’ai donné des noms de personnes voyons.
On va recommencer: pourriez-vous me donner une liste, comportant au moins cinq noms, dans les catégories suivantes, présentant l’islam comme une religion de paix, d’amour, et de tolérance : 1 – roman/citation d’écrivain 2 – essai politique, sociologique, etc. 3 – film (long métrage par exemple)
Pour ma part, je vous donne les éléments : - Romans/essais : Orianna Fallaci, Michel Houellebecq, Jack-Alain Léger, Alain Finkielkraut, Philippe de Villiers, et j’en ai encore d’autres - films : Fitna, bien sûr, The Kingdom, The Siege (avec Bruce Willis), Trois saisons sur 7 de la série 24 (en fait deux si on est connaisseur mais bon), Syriana aussi un peu, etc.
Criticus, je vous aide pour faire votre liste, je vous souffle UN élément. Il exite à ma connaissance une série apparemment intéressante (le titre est je crois « la petite mosquée dans la prairie »)
Merci de compléter votre liste, qui pour le moment comprend 0 item, ou plutôt 1 mais que je vous ai soufflé.
Vous omettez de dire que les médias, quand ils rapportent des faits, en profitent toujours pour dédouaner l’islam de ces faits et accuser la misère.
Si l’intelligentsia française, européenne et occidentale est islamophobe, comment expliquer la chasse à l’homme, le procès en sorcellerie, qui ont été lancés à l’encontre de Sylvain Gouguenheim lors de la parution de son ouvrage Aristote au Mont Saint-Michel : les racines grecques de l’Europe chrétienne ? Comment, sinon par l’islamophilie manifeste du milieu universitaire français ? Islamophilie dont Vincent Geisser est un militant revendiqué, au sein même du CNRS… ?
Je me demande bien, par ailleurs, comment on peut se prétendre libéral comme vous le faites et défendre une religion aussi liberticide que l’islam.
@ Max,
Est-ce que je suis musulman? Pour les extremistes islamistes, certainement. Je suis né en terre d’islam, élevé par des parents croyants musulmans mais en rien fanatiques.
Pour les fanatiques d’ailleurs, vous aussi, comme tout être humain, vous êtes musulman, certains le savent d’autres non.
Pour moi je dirai que je suis croyant monothéiste, mais que cette croyance se nourrie autant ches les juifs, les chrétiens que les musulmans dont les plus prches de ma façon d’être sont les Alevis.
Pour alimenter le débat Criticus / Athanagor, je dirais que l’avantage d’être « islamophile » (si ce mot revêt un sens comme son antonyme) c’est qu’aucune fatwa ne sera posée sur votre tête.
Aussi, qu’il y ait parmis ceux qui critiquent l’islam, des imbéciles qui sont xenophobes, c’est certains, mais beaucoup aussi ont compris que l’islam sous sa forme militante tente d’imposer un modèle de société liberticide en Occident.
Et cela un libéral ne peut l’accepter. C’est pourquoi encore une fois il ne faut pas laisser le combat laïque à la droite dure.
@Criticus :
Merci de confirmer votre incapacité à prouver que le mainstream médiatique est islamophile. Ayant donné les éléments prouvant que le mainstream est islamophobe, nous resterons donc sur ce résultat et cette démonstration.
Et manque de bol, vous connaissez très mal le dossier : Vincent Geisser est un islamophile revendiqué, c’est tout à fait juste. Il fait actuellement l’objet de pressions et de conseils de discipline de la part du CNRS pour cela. Ce monsieur est persécuté par le système, là où Gouguneneim a eu quelques éditoriaux et critiques acerbes sur son livre. Vincent Geisser risque des poursuites judiciaires, risque de prendre son travail et sa réputation.
Sinon c’est pas grave, moi question cinéma je suis très mainstream et je le revendique haut et fort. Vous, Crititus, c’est dans la réflexion politico-philosophique que vous êtes mainstream : conservateur, de droite illibérale, islamophobe.
Les poursuites qu’il risque sont méritées. Mais je vous parlais du monde universitaire, dont nombre d’éléments le soutiennent activement, tandis que Gouguenheim a dû interrompre ses cours au moment de l’affaire. Si je ne vous ai rien prouvé, vous ne m’avez pas davantage prouvé quoi que ce soit, sinon que vous faites la confusion entre exemple (non-exhaustif du reste) et argument. Enfin, je constate une fois de plus la césure irréconciliable entre libéraux-conservateurs et libertariens/anarcho-capitalistes. Seule une cassure du libéralisme en France permettra de distinguer ceux pour qui la liberté est un idéal exigeant, qui nécessite des contraintes, et les autres, pour lesquels il suffit d’abolir toute contrainte pour que règne la liberté. Le problème, c’est que le résultat de cette seconde démarche est l’exact inverse.
C’est beau l’obstination. Vous ne comprenez rien aux raisonnements logiques.
Lorsque l’on dit « en France prévaut l’islamophilie », alors une démonstration par l’absurde consiste à aligner les exemples de personnes islamophobes et comparer leur nombre avec les islamophiles. C’est juste du pur raisonnement. M’enfin c’est pas grave.
Les gens du mainstream, bien evidemment, ont la particularité en général d’être des littéraires, des tchatcheurs, dans la plus pure tradition intellectuelle française, cf. Sartre et compagnie, qui comme Criticus baillait d’ennui quand on lui présentait une démonstration logique. En revanche, le blabla et le nombrilisme, oui ça, comme Criticus, il aimait bien
Le fait que quand Robert Redeker a publié sa tribune dans Le Figaro, le président de la République (celui-là même qui avait affirmé que les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes pour justifier l’absence de toute référence aux racines chrétiennes de l’Europe, comme si l’argument de la laïcité ne suffisait pas…), le ministre de la Culture, le ministre de l’Education nationale, le Mrap, la Ligue des droits de l’homme (LDH), aient condamné les propos de Redeker, disant que la liberté d’expression n’excuse pas tout (ça ne pose pas de problème au libéral que vous prétendez être ?), est bien sûr une preuve de l’islamophobie de la société française. CQFD.
Ce que vous dites est totalement faux. Il y eut au contraire un vent de sympathie envers M.Redeker que Wikipedia rappelle fort bien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Redeker . Toute l’intelligentsia s’est mobilisée pour lui!!! (BHL, Finkielkraut, Corinne Lepage, Soheib Bencheck, etc…
Dans son cas, si effectivement beaucoup (l’immense majorité des gens) s’est levée comme un seul homme pour la liberté d’expression, la plupart ont regretté l’inconsistance du propos et l’ignorance de Redeker sur les sujets qu’il explore.
Totalement faux ? Jacques Chirac n’a-t-il pas tenu les propos que je lui prête?
Quant à l’intelligentsia française « favorable » à Redeker, pas ici en tout cas :
http://www.expressionlibre.net/2008/05/20/redeker-chez-ruquier/
Euh…. citer votre ami Lomig avec qui vous êtes d’accord sur ce dont on parle n’est pas un procédé un tout petit peu léger?
C’est la vidéo qui se trouve dans le billet que je cite. Cette vidéo n’a pas été tournée par Lomig, mais par France Télévisions, chaîne islamophobe parce que française. Vous verrez : les invités sont des islamophobes très modérés.
N’importe nawak cette vidéo : les clichés, absolument ridicules, sur l’islam et l’Islam, me font penser aux clichés sur les belges, les méridionaux, ou même les libéraux.
Moi je suis libéral, je suis donc avide d’argent, je m’en tape de la famine dans le monde, je me fous royalement de tout ce qui va au-delà de ma personne. Je soutiens toutes les dictatures du monde, à commencer celles de Franco, Pinochet, et celle de Saddam Hussein. Et accessoirement, je mange au McDonald tous les jours.
Redeker est à l’islam ce que le Monde Diplomatique est au libéralisme.
sans vouloir rentrer dans votre discussion, il me semble qu’avant de dénoncer les clichés Athanagor, tu devrais éviter d’en produire, tu dis :
> L’émergence de l’islamisme est concommitante de la chute du nationalisme arabe de l’après-indépendance ou après-guerre. (la nature a horreur du vide)
c’est faux, même si ça s’est développé beaucoup dans les années 50-60 effectivement.
Qui a tué Boutros Ghali (le grand père de l’ancien secrétaire général des Natoins unies) en 1910 ?
Qui sont les Hashashine ?
@ jugurtha : d’accord avec toi, il faut rester vigilent.
> Pour les fanatiques d’ailleurs, vous aussi, comme tout être humain, vous êtes musulman, certains le savent d’autres non.
comment ça ?
merci
@ max: Je n’ai jamais dit qu’avant les années 50-60 l’islamisme avait zéro militant dans le monde. Je n’ai jamais dit que l’islamisme n’était apparu qu’à cette époque, j’ai parlé de développement accéléré. D’ailleurs, le wahhabisme, colonne vertebrale intellectuelle des mouvements saoudiens, date de mémoire du 18ème siècle! Comparer les Hashishins avec Al Qaeda ou les autres mouvances islamistes est une erreur à mon sens.
salut à tous, merci pour vos échanges que je prends en cours de route.
Juste deux mots pour dire que je rejoins Criticus pour dire que présenter les médias français comme islamophobe est un peu « osé », vu la chappe politiquement correcte qui sévit généralement et tend à interdire la critique du Coran ou de l’islam. Passons. Par ailleurs, cela permet, habilement, de faire glisser la discussion de l’islam, des salopards qui s’en servent pour étendre l’obscurantisme, au rôle des médias. Belle manière de parler de la représentation médiatique, au lieu de parler du fond.
Un autre mot pour dire que je suis 100% avec le dernier commentaire de Jugurta :
« Aussi, qu’il y ait parmis ceux qui critiquent l’islam, des imbéciles qui sont xenophobes, c’est certains, mais beaucoup aussi ont compris que l’islam sous sa forme militante tente d’imposer un modèle de société liberticide en Occident.
Et cela un libéral ne peut l’accepter. C’est pourquoi encore une fois il ne faut pas laisser le combat laïque à la droite dure. »
En fait, c’est 1000% d’accord
@ jugurta: « Aussi, qu’il y ait parmis ceux qui critiquent l’islam, des imbéciles qui sont xenophobes, c’est certains, mais beaucoup aussi ont compris que l’islam sous sa forme militante tente d’imposer un modèle de société liberticide en Occident. Et cela un libéral ne peut l’accepter. C’est pourquoi encore une fois il ne faut pas laisser le combat laïque à la droite dure. »
Bien entendu, à ceci près que je permets de préciser quelques éléments : - « l’islam sous sa forme militante » porte un nom, cela s’appelle l’islamisme. Entre l’islam est l’islamisme, si il est certain que le second est apparu au sein du premier, il y a une différence de nature, et pas de degré. Il n’y a pas d’un côté les musulmans timides qui restent dans leur coin, et de l’autre les musulmans entreprenants qui entrent sur la place publique pour parler de leurs préférences. Non, il y a d’un côté les musulmans normaux, pour qui la religion (comme toutes les autres religions du Livre) est une affaire familiale, amicale, etc. bref dans le cercle intime, et de l’autre des gens qui ont un agenda politique qu’ils appuient sur une rhétorique islamique. - ensuite, n’exagérons pas l’influence de ces petites gens : ça braille, ça braille, ça braille, mais n’oublions pas qu’un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse, les différents fait divers que l’on voit dans les journaux ne doivent pas occulter les millions de musulmans dans notre pays qui ne font rien de spécial sur le plan de la religion. - enfin, il ne s’agit pas d’occulter le fond de l’affaire en prenant les media pour bouc émissaire, c’est Criticus qui a commencé par dire que les media étaient islamophiles. Les faits ne confirment pas ce diagnostic.
A bientôt
@ Max,
Rapidement ce que je voulais dire et que j’ai mal dit, c’est que j’ai déjà entendu des musulmans fanatiques me dirent que tous les êtres humains sont musulmans, mais que certains le savent, eux les musulmans bien entendu et que les autres ne le savent pas ou qu’ils ont été trompés.
Le but donc de tout musulman pour ces fanatiques est de convaincre, de prêcher, et de ramener dans le giron de l’islam ces brebis égarées…
@ Athanagor : ok, je t’avais mal compris, désolé.
@ jugurta : ok je vois ce que tu voulais dire, ramener les brebis égarées, ou les dhimmiser, ou les tuer