Paradoxe ?

Je vous soumet le texte de la pétition pour la relance durable, co-signée par de nombreux économistes (libéraux pour la plupart – mais c’est un pléonasme) :

65 milliards d’euros seront progressivement injectés dans l’économie.

Nicolas Sarkozy, le 15 janvier 2009

Avec tout le respect dû à votre fonction, Monsieur le Président, ce n’est pas vrai.

Dès lors que l’État doit financer ses dépenses publiques, ces milliards d’euros ne sont pas injectés mais simplement redistribués. Chaque centime que l’État dépense, il doit d’abord soit le prélever par l’impôt sur les activités de nos concitoyens, soit l’emprunter au détriment des investissements des entreprises. Puisque l’État ne fait que redistribuer de l’argent, nous, signataires, ne croyons pas que l’envolée des dépenses publiques soit efficace contre la récession en cours — pas plus qu’elle n’a permis de sortir les États-Unis des années 1930 de la dépression, ou n’a sauvé l’économie japonaise dans les années 1990.

Pour favoriser le retour de la croissance, notre gouvernement doit plutôt permettre à tous de conserver le fruit de leur travail, d’épargner, d’investir et d’entreprendre. Réduire le fardeau fiscal de tous les particuliers et des entreprises, simplifier la réglementation du travail et réformer l’État pour diminuer la dépense publique sont les bonnes façons de relancer la croissance.

J’ai signé cette pétition, et je vous invite à le faire. Oui, bien sûr, l’argent ne sort pas de terre et ce qui est redistribué doit avoir été produit et prélevé auparavant. Il est souvent bon de rappeler certaines évidences.

Le message implicite de cette pétition est : « Il faut restreindre le nombre et l’étendue des domaines de compétences de l’Etat ». Cela implique, mécaniquement, une diminution du nombre de fonctionnaires. Tout en diminuant de manière forte la fiscalité, à tous les niveaux. On voit bien qu’il y a un problème de financement, parce que le nombre de fonctionnaires ne peut pas être changé brutalement. C’est n’est ni souhaitable (humainement), ni réalisable (techniquement et fonctionnellement).

Une politique intelligemment menée consisterait donc à diminuer ce nombre sans heurts, mais fermement. Ce qui implique de :

  • supprimer le statut de fonctionnaires pour les nouveaux embauchés, au moins dans les fonctions non-régaliennes
  • supprimer peu à peu l’intervention de l’Etat dans les domaines autres que police, justice, diplomatie, défense
  • Assurer la retraite des fonctionnaires actuels, ainsi que la prise en charge des titulaires de postes de fonctionnaires qu’il faudrait supprimer (reconversions, formations, etc…)

Tout cela, et surtout la dernière mesure, a un coût. Et cette rupture, ce changement de cap, pourrait tout à fait être financé par un emprunt conséquent. Emprunter n’a rien de mauvais en soi ; ce qui compte c’est la l’utilisation que l’on fait de cet argent emprunté.

Alors, oui, je soutiens cette pétition totalement. Et je pense qu’il faut aussi savoir expliciter ce qu’il y a derrière. Un emprunt qui financerait un changement de cap pour sortir – enfin – du collectivisme aurait beaucoup de sens. Je signe donc la pétition, même si je pense qu’un emprunt aurait pû se justifier. Un des signataires, Pascal Salin, a déjà mis en avant cette idée d’un emprunt servant à gérer la transition d’une situation d’étatisme fort (avec l’armée de fonctionnaires et l’absence de concurrence que cela implique) vers une société libérale et prospère.

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