Le travail a des exigences étonnantes, et que l’on ne comprend jamais assez. Il ne souffre point que l’esprit considère des fins lointaines ; il veut toute l’attention. Le faucheur ne regarde pas au bout du champ.
Alain se trompe ! Le faucheur regarde régulièrement le bout du champ, de la même façon que n’importe quel artisan (et tout bon ouvrier) envisage régulièrement l’objet final de son travail.
Salut Christine,
merci pour ce commentaire et pour cette objection naturelle et de bon sens. Je pense aussi que la vision du travail d’Alain est tronquée. Je travaille dans un métier où la gestion de projet est primordiale pour la réussite du travail : pas de gestion de projet sans un but clairement identifié ! Et il en va de même, bien sûr, de n’importe quel métier. On ne pas tailler un bout de bois et en sortir un violon sans avoir en tête une idée très précise du « bout du champ ».
Mais cette phrase exprime à mon avis autre chose : c’est que l’esprit humain accaparé par la tâche immédiate n’a pas vraiment besoin d’autre chose pour être « rempli ». Il parle du geste. Le geste même de faucher peut accaparer pleinement l’être humain, il peut le vivre pleinement sans savoir où il en est par rapport au bout du champ. Alain exprime le point de vue psychologique de celui qui agit : bien sûr on considère le but, et l’objet final. Mais c’est une phase différente du travail, on ne pense pas au violon et aux étapes à enchainer lorsqu’on fait le geste de poncer la planche. On ponce la planche, ou on envisage le violon.
Je crois que c’est cela, mais je peux me tromper. D’ailleurs, les citations (comme les conseils de lecture) que je met ici ne sont pas censés être des vérités absolues (même si je préfèrerais qu’il y ait toujours un aspect « vrai ».)
Merci encore pour ta remarque, qui rejoint mes propres réserves sur cette citation, mais dont j’aime quand même le sens que j’y met…
Je l’interprète différemment.
Pour moi il ne parle ni d’un Sisyphe heureux ni du geste auguste du faucheur qui se suffirait à lui même. Il parle de l’EXIGENCE d’oubli de soi et de ses propres désirs dans le travail. Bien sûr qu’il y a une finalité, mais cette finalité détourne le travailleur de son action présente. Pour rejoindre mon expérience personnelle, quand je bosse je suis un vraie machine, mais si je m’arrête trop souvent pour regarder ce qu’il me reste à faire, j’avance plus et je deviens inefficace. L’exigence de concentration, de patience et d’abnégation que demande le travail, ce n’est pas quelque chose d’inné, ça s’apprend dès le plus jeune âge.
« Le faucheur ne regarde pas au bout de son champ. »
Il ne faut pas l’entendre comme une vérité mais plutôt comme une leçon de chose.
@ Jacques : je n’y avais pas pensé, mais c’est rigolo ! En fait, elle trainait dans ma base de citations depuis un moment, et j’ai eu envie de la mettre, après avoir dessiné. Le geste du dessin fait complètement sortir du temps, et force à être totalement impliqué dans l’acte en cours…
@ Philippe R : Merci pour ce retour d’expérience, et pour cet accent mis sur l’aspect « exigent » du travail, et sur l’abnégation. l’oubli de soi est très clair dans le dessin.
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Alain se trompe ! Le faucheur regarde régulièrement le bout du champ, de la même façon que n’importe quel artisan (et tout bon ouvrier) envisage régulièrement l’objet final de son travail.
Salut Christine,
merci pour ce commentaire et pour cette objection naturelle et de bon sens. Je pense aussi que la vision du travail d’Alain est tronquée. Je travaille dans un métier où la gestion de projet est primordiale pour la réussite du travail : pas de gestion de projet sans un but clairement identifié ! Et il en va de même, bien sûr, de n’importe quel métier. On ne pas tailler un bout de bois et en sortir un violon sans avoir en tête une idée très précise du « bout du champ ».
Mais cette phrase exprime à mon avis autre chose : c’est que l’esprit humain accaparé par la tâche immédiate n’a pas vraiment besoin d’autre chose pour être « rempli ». Il parle du geste. Le geste même de faucher peut accaparer pleinement l’être humain, il peut le vivre pleinement sans savoir où il en est par rapport au bout du champ. Alain exprime le point de vue psychologique de celui qui agit : bien sûr on considère le but, et l’objet final. Mais c’est une phase différente du travail, on ne pense pas au violon et aux étapes à enchainer lorsqu’on fait le geste de poncer la planche. On ponce la planche, ou on envisage le violon.
Je crois que c’est cela, mais je peux me tromper. D’ailleurs, les citations (comme les conseils de lecture) que je met ici ne sont pas censés être des vérités absolues (même si je préfèrerais qu’il y ait toujours un aspect « vrai ».)
Merci encore pour ta remarque, qui rejoint mes propres réserves sur cette citation, mais dont j’aime quand même le sens que j’y met…
à bientôt
Oui, c’est vrai. C’est sans doute pour cela qu’il faut imaginer Sisyphe heureux…
Etonnant tout de même, à moins qu’il ne s’agisse d’une petite provoc de consacrer la « citation » du DIMANCHE au….travail !!!!
jf.
Je l’interprète différemment.
Pour moi il ne parle ni d’un Sisyphe heureux ni du geste auguste du faucheur qui se suffirait à lui même. Il parle de l’EXIGENCE d’oubli de soi et de ses propres désirs dans le travail. Bien sûr qu’il y a une finalité, mais cette finalité détourne le travailleur de son action présente. Pour rejoindre mon expérience personnelle, quand je bosse je suis un vraie machine, mais si je m’arrête trop souvent pour regarder ce qu’il me reste à faire, j’avance plus et je deviens inefficace. L’exigence de concentration, de patience et d’abnégation que demande le travail, ce n’est pas quelque chose d’inné, ça s’apprend dès le plus jeune âge.
« Le faucheur ne regarde pas au bout de son champ. »
Il ne faut pas l’entendre comme une vérité mais plutôt comme une leçon de chose.
salut,
@ Jacques : je n’y avais pas pensé, mais c’est rigolo ! En fait, elle trainait dans ma base de citations depuis un moment, et j’ai eu envie de la mettre, après avoir dessiné. Le geste du dessin fait complètement sortir du temps, et force à être totalement impliqué dans l’acte en cours…
@ Philippe R : Merci pour ce retour d’expérience, et pour cet accent mis sur l’aspect « exigent » du travail, et sur l’abnégation. l’oubli de soi est très clair dans le dessin.
à bientôt, et merci pour vos commentaires !