Retour sur terre

J’ai pro­fité de la nais­sance de ma fille pour lais­ser le temps filer. C’est un luxe qu’on ne prend pas sou­vent, fina­le­ment. Et para­doxa­le­ment : on passe notre temps à trou­ver qu’il s’écoule trop vite, et on ne prend pas le temps de l’arrêter, en le lais­sant deve­nir dense et lourd.

Les pauses sont toujours des moments à savou­rer. En ce qui concerne les blogs, j’ai volon­tai­re­ment ralenti. Pas d’articles, moins de lec­tures de blogs, et plus de lec­tures de livres. Une presque absence.

Je crois que ce qui est le plus dif­fi­cile à com­prendre, pour les non-blogueurs, c’est tout le tra­vail caché du blo­gueur. Ecrire un article, cha­cun est capable de com­prendre ce que ça signi­fie. Mais ce qu’on voit moins, c’est que pour écrire sur un blog, il faut lire, et com­men­ter, cinquante autres blogs. Et s’informer. Et faire des recherches. Et entre­te­nir ce qu’on pour­rait appe­ler pom­peu­se­ment des réseaux. Peu importe le nom : il s’agit de rela­tions, de liens. Les liens vir­tuels du web cris­tal­lisent des liens réels. C’est ce qui fait leur valeur. Reprendre le blog plei­ne­ment ne signi­fie donc pas «écrire à nou­veau quelques articles», mais «se plon­ger dans les flux inces­sants d’idées et d’informations».

Je reviens donc dans ce chaos. Content d’avoir pu m’écarter du rythme effréné de l’actualité (géné­rale et blo­go­sphé­rique), et content aussi de retrou­ver tout cela.

Ma réflexion se porte en ce moment vers l’action : com­ment faire en sorte que toutes ces réflexions se concré­tisent dans une action poli­tique ? L’engagement dans un parti ? L’engagement dans des res­pon­sa­bi­li­tés locales, si petites soit-elles, mais dans l’action, le concret ? L’engagement dans des actions de béné­vo­lat ? Le temps, toujours. On n’a qu’une vie, et il faut soi­gneu­se­ment, tranquille­ment, libre­ment, déci­der à quoi l’on veut consa­crer le sien.

Le mien, je veux le consa­crer à la réflexion et à l’écriture qui va avec. Et aussi à l’action. La forme reste à déter­mi­ner. C’est pas­sion­nant, de déter­mi­ner des formes.

1 Trackbacks

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  1. By Libéral à l’UMP ? | Expression Libre on 22 juillet 2009 at 10:45

    […] envie d’action poli­tique se trouve donc natu­rel­le­ment confron­tée à un choix : être un prag­ma­tique chez les libé­raux, ou […]

5 Comments

  1. Bon retour Lomig dans le débat d’idées.
    Féli­ci­ta­tions pour la nais­sance de votre fille.
    Quant à l’action, lire, écrire, convaincre et défendre ses idéaux c’est déjà être dans l’action.

    Posted 14 juillet 2009 at 14:43 | Permalink
  2. Je par­tage ton constat. Un blog n’est que la par­tie émer­gée de l’iceberg, l’essentiel de l’activité de blo­gueur consiste à veiller, c’est à dire se tenir au cou­rant de l’actualité des domaines qu’il aborde. Un tra­vail invi­sible, par défi­ni­tion sans cesse à recom­men­cer, qui peut deve­nir haras­sant à la longue. Il est pour­tant dif­fi­cile de ne pas s’y replonger.

    Bon retour dans le chaos.

    Posted 14 juillet 2009 at 19:20 | Permalink
  3. LOmiG

    salut à tous les deux, et merci pour vos com­men­taires !
    D’accord avec toi Jugurta, lire écrire, débattre, c’est déjà une manière d’agir. Mais il y a un moment où il faut essayer de peser sur le cours des choses autre­ment que comme cela. En ce qui concerne les idées, elles sont claires, et connues. Ce qui manque sou­vent, c’est le temps, l’énergie et les gens pour les faire vivre. C’est pour cela que je ne me contente plus de réfle­chir et de dis­cu­ter. Par ailleurs, je crois que la mise en oeuvre des idées est une part impor­tante de leur «exis­tence». Avoir une bonne idée, c’est bien. Bien la mettre en oeuvre, c’est mieux !

    à bien­tôt

    Posted 15 juillet 2009 at 10:46 | Permalink
  4. J’aime bien ta réflexion sur les blogs :
    «Je crois que ce qui est le plus dif­fi­cile à com­prendre, pour les non-blogueurs, c’est tout le tra­vail caché du blo­gueur«
    oui quand j’ai démarré mon blog un des pre­miers mails reçus pro­ve­nait d’une fille qui se disait bles­sée parce que je lui avais sou­haité la bien­ve­nue et c’était tout. J’éai été d’autant plus amère qu’elle savait que j’avais plein d’occupations, d’engagements, des enfants et que je recher­chais un bou­lot acti­ve­ment !
    Je crois de plus en plus qu’il faut que cela reste une acti­vité annexe et se défi­nir un temps limite.
    L’argument «échange» ne tient à mon sens pas vrai­ment car pourquoi échan­ger au bout du monde si on échange pas avec son voi­sin de palier.
    Toujoiurs est-il que les pauses blo­guestes per­mettent de redé­fi­nir les prio­ri­tés. Et étant très peu pré­sente ces der­niers mois, j’ai pu voir les blogueurs/blogueuses avec lesquels j’étais fina­le­ment res­tée en contact.
    Juste un conseil: pro­fite bien de tes enfants !
    Les pauses blo­guestes permettent

    Posted 19 juillet 2009 at 18:56 | Permalink
  5. LOmiG

    Salut Thaïs,
    merci beau­coup pour ce com­men­taire riche qui nous fait par­ta­ger ta propre expérience…il m’a fait très plaisir !

    Le conseil est peut-être le seul que je n’ai pas besoin d’entendre, mais je te remer­cie quand même : les enfants sont et res­te­ront toujours ma prio­rité numéro 1. J’en pro­fite chaque jour, et je crois que je peux dire que c’est ma source prin­ci­pale de bon­heur, par la joie, par la spon­ta­néité, par la frai­cheur, par la construc­tion mutuelle des per­son­na­lité. Il n’y a rien de mieux que les enfants, quand on a la chance de les élever dans l’amour et avec un mini­mum de confort matériel…!

    à très bientôt !

    Posted 20 juillet 2009 at 10:33 | Permalink

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