Le numéro 60 des « conseils de lecture » est consacré à la passionnante interview de Georges Bensoussan sur Primo Europe. Les thèmes sont trop nombreux pour être résumés ici : c’est pour cette raison que je vous conseille d’aller la lire ! Georges Bensoussan, historien, est notamment celui qui avait publié en 2002 – sous le pseudo d’Emmanuel Brenner – le livre de témoignages « Les territoires perdus de la République : antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire », qui avait fait polémique à l’époque, parce qu’il disait une réalité que beaucoup (surtout dans les médias) ne voulaient pas voir.
Un entretien Primo Europe avec Georges Bensoussan
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Tagged: Antisémitisme, Georges Bensoussan, Primo-Europe, République





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7 Comments
La campagne du Monde Diplomatique contre M.Benssoussan/Brenner, pour l’avoir suivie de loin à l’époque, m’est apparue comme immonde et totalement déplacée. Cela ne m’étonnait franchement pas, tant ce journal est habitué des conneries de ce genre. Passons.
Un passage m’a intéressé : Primo : Mais il y a bien des tensions intercommunautaires en France ? Georges Bensoussan : Vous parlez de tensions intercommunautaires ? Je vais, pour vous répondre, faire un détour par la Libye de 1945. Après la défaite italienne, la Libye est alors sous occupation britannique. Les 1er, 2 et 3 novembre 1945, des pogroms ensanglantent Benghazi, Zamzar, Tartous et Tripoli. La communauté juive, laissée sans défense, est bouleversée et traumatisée. On compte plusieurs dizaines de morts, et plus d’une centaine de blessés à l’arme blanche. Trois jours durant, l’armée britannique ne bouge pas pour n’intervenir finalement que dans l’après midi du 3èm jour. Après coup, les rapports britanniques parlent de « tensions communautaires », sans jamais citer toutefois ni le mot Juif ni ceux de violences antijuives. Les personnes arrêtées pendant les émeutes passent en justice : 251 Arabes et 4 Juifs ; le bilan officiel des pertes se monte à 45 Juifs tués et à 1 Arabe. Quelles “tensions intercommunautaires” déchiraient donc la Libye de 1945 ? On a vu récemment encore ce type de raisonnement sous la plume de Stéphanie le Bars dans le journal Le Monde. Il n’y a plus d’élèves juifs, disons de moins en moins, dans un grand nombre d’établissements scolaires publics de banlieue. La journaliste en concluait que de plus en plus “communautaires”, les Juifs se repliaient vers des écoles confessionnelles. Elle n’expliquait pas pourquoi, en particulier que dans certain secteurs géographiques, les élèves juifs étaient en danger comme le rapport Obin le soulignait en 2004. Qu’ils étaient obligés, à leur corps défendant, de se réfugier dans des écoles confessionnelles (souvent chrétiennes). Ainsi, en France aujourd’hui, comme jadis dans la Libye britannique, quand il y a violences unilatérales, on parle de “tensions intercommunautaire”. Miracle de la langue.
Pourquoi M.Bensoussan va chercher un exemple dans la Libye des années 40? Il ne s’est rien passé en Europe entre 1935 et 1945? Dans le genre tension communautaire, on n’en était pas à 45 juifs tués je crois.
Les différents faits divers de type « attaque contre un arabo-musulman » (voir http://www.sosantisemitisme.org/) ou « attaque contre un juif » (voir http://www.sosantisemitisme.org/ ) ou « attaque contre un français de souche » (voir site de l’AGRIF par exemple) sont absolument négligeables en nombre et en intensité dans ce pays.
Ce n’est pas parce qu’on montre tel ou tel fait divers en épingle au 20h00 de TF1 qu’une quelconque réalité statistique est décelable derrière.
Les propos de ce genre sont absolument dénués de sérieux, ce n’est pas parce qu’un arabe/juif/français se fait casser la gueule par des membres de l’une des autres catégories qu’une guerre ethnique couve.
Je sais ce qu’on va me dire : dénégation, politique de l’autruche, la réalité patati patata,
On te dira seulement qu’avant que le Titanic ne coule, il avançait bravement. Le « principe de précaution » commande d’être attentif aux « petits faits », qui sont des symptômes sociaux. La psychanalyse montre qu’un simple lapsus révèle tout un fonctionnement sous-jacent ; de même certains faits divers sont des symptômes sociaux.
Cher Athanagor, crois-tu vraiment que si les Français et les Européens s’inquiètent d’une violence qu’ils attribuent souvent à des « jeunes » d’origine maghrébine, crois-tu que ces Français et Européens vont faire des pogroms anti-musulmans? Est-ce cela qui te motive ?
@Pierre75 : Je suis passé à la FNAC hier, puis à Virgin. Au rayon politique et société, il y avait environ deux tiers des bouquins qui étaient consacré au péril islamiste, que ce soit en parlant des mariages forcés je ne sais où au djihadisme, etc. Bref, un ensemble de fait mis bout à bout qui n’ont malheureusement pour leurs auteurs rien à voir les uns avec les autres. Et c’est ce genre d’amalgames que je lis jour après jour sur ce blog, dans les journaux français. C’est un peu comme si Al Jazira remarquait que Sarkozy voulait nettoyer au Karcher Aubervilliers (y’a plein d’arabes là-bas), que Poutine voulait buter les séparatistes-terroristes tchétchènes jusque dans les chiottes, que Hu Jintao voulait mater les séparatistes Ouighours, que l’Argentine pourchassait le Hezbollah suite à des attentats commis sur son sol, et en déduisait, de ces quatre faits totalement isolés les uns des autres que les blancs ont déclaré la guerre contre l’islam.
Ce serait totalement idiot.
De même, tirer une conclusion générale en prenant le plus petit commun dénominateur de plusieurs faits relèvent d’une méthodologie scientifique douteuse.
ce qui est totalement idiot, Athanagor, c’est de systématiquement caricaturer les propos des autres pour pouvoir mieux les critiquer…
Qui parle d’arabes, et de blancs ? Certainement pas moi. La lutte n’est pas entre les blancs et les arabes, ni entre les musulmans et les occidentaux. Je fais une lecture des conflits dans le monde en essayant d’y discerner qui veut voir le monde évoluer vers des sociétés ouvertes, libres, et qui veut le faire basculer dans la violence et l’oppression. C’est une lutte entre les forces humanistes, respectant l’individu, et des forces obscurantistes visant à établir des ordres « moraux », à imposer un type de société. Parmi ces courants obscurantistes, il y en a un – puissant – qui s’appelle l’islam. Je ne demande rien plus que de voir l’islam évoluer, et intégrer l’esprit des lumières, l’individualisme, l’égalité hommes-femmes, la laïcité (séparation église / état).
Ne fais pas semblant de croire que j’y met des notions de races : ce n’est pas le cas. De même que je n’ai rien contre les musulmans, qui sont à mon avis les premiers à souffrir des agisseements des extrémistes et des préceptes archaïques et violents du Coran et de certains de leurs imams.
Bonjour, les arguments d’Athanégor me semblent sur le coup assez recevables. C’est vrai que faire un grand sac et regrouper une foule de courants sous le nom de « péril islamiste » est assez discutable. En même temps, c’est ce que le monde démocratique a fait avec le communisme, voire le fascisme. Regrouper plein de pays, de mouvements politiqes plus ou moins dfférents et antagonistes (Maoïstes et Staliniens, Castristes et communistes vietnamiens) sous une large étiquette.
Ce que le monde démocratique a fait avec le communisme était mille fois trop grossier justement. Sous le vocable « communiste », réel, on a mis à peu près tout et n’importe quoi, sans qu’on puisse distinguer le Turkmenistan (une des dernières dictatures staliniennes, carrefour gazier important), l’Ukraine et la Géorgie (séparatisme d’avec l’URSS), la Yougoslavie (qui s’est éclatée en mille morceaux), l’Angola (où deux guerillas marxistes existent encore), etc.
Il faut distinguer la communication politique (qui a besoin de messages simples) et la réflexion politique (qui a besoin d’appréhender la complexité).