Marchands de tapis

J’ai entendu une information flippante aujourd’hui. La réforme de la taxe professionnelle pose visiblement des problèmes à la majorité. Selon les Echos :

la réforme de la taxe professionnelle provoque autant d’agitation à droite qu’à gauche et devrait donner lieu à une avalanche d’amendements au budget 2010.

Mais quel est le fond du problème ?

La contestation ne porte pas sur la baisse d’impôt massive consentie aux entreprises. Le principal grief porte sur les compensations prévues pour les collectivités, qui voient disparaître avec la TP leur principale ressource financière (22 milliards d’euros), équivalente à la moitié de la fiscalité directe locale. Les élus, et en particulier les maires, redoutent la fin de tout lien entre les entreprises et leur territoire.

Ce n’est pas la première fois que je l’entends : une partie des députés est d’accord pour diminuer les charges qui pèsent sur l’investissement et l’activité économique, mais pas sans avoir au préalable négocié des compensations pour s’assurer que leur collectivité à eux ne souffrira pas trop.

On nage en plein délire ! Bien sûr qu’une vraie réforme de la taxe professionnelle vise à alléger les charges sur les entreprises, et donc à diminuer les rentrées fiscales de la fonction publique ! Et il parait tout à fait choquant que des gens dont la mission est de contrôler l’exécutif et la politique du gouvernement puissent marchander le contenu des lois en fonction de leur propres intérêts d’élus locaux.

Cela achève de me convaincre d’une chose : le cumul des mandats pour les députés est une folie, et certainement un des maux qui minent la vie politique française. Le contre-pouvoir est affaibli par le cumul des mandats.

Comment fabriquer des lois intelligentes, si ceux qui les votent doivent marier les intérêts divergents de plusieurs missions, et donc recourir à un marchandage personnel, intéressé, et privilégiant l’intérêt local à l’intérêt général ?

Le reste des débats sera stérile : en partant sur des bases aussi biaisées, on ne voit pas comment il pourrait sortir de ces discussions de marchands de tapis quelque chose de propre et durable.

Il est grand temps de recentrer les députés sur leur mission première - voter des lois à caractère universel et servant l’intérêt général, contrôler l’exécutif -, et l’Etat sur ses fonctions premières (régaliennes) – justice, police, défense, diplomatie -.

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32 Comments

  1. Je suis tout à fait d’accord avec la remarque qui a été faite sur le cumul des mandats.

    Pour un travail efficace et responsable, il est indispensable d’avoir des élus locaux et des élus nationaux à temps plein.

    Si ca vous intéresse, je vous conseille d’aller voir le site de l’association 1 Homme – 1 Voix :

    http://www.mandat-unique.fr

    On y trouve pas mal d’informations sur le cumul, la TP…

    Posted 19 octobre 2009 at 11:31 | Permalink
  2. Bonjour Lomig,

    Beau billet. Je suis bien d’accord. On voit là les limites d’un Etat tentaculaire qui est pris dans la contradiction : améliorer l’efficacité des entreprises et conserver ses rentes pour financer un déficit toujours plus abyssal.

    Cependant, j’irais plus loin que toi en demandant une vraie charte anti-corruption en France que tous les partis seraient invités à signer (et à respecter naturellement !). Il serait question d’en finir avec 20 années de magouilles en tout genre : emplois fictifs, financements occultes, Mairie de Paris, l’emprise du gang Balkany sur les Hauts-de-Seine, Turpitudes Mitterrandiennes, etc. J’en suis arrivé à la conclusion que nous sommes gouvernés par une caste de crapules. Je réfléchissais d’ailleurs récemment à produire un petit logo, associé à une charte d’éthique pour nos élus. Chaque bloggeur qui se reconnaît dans ce rejet des crapuleries politiques à répétition serait libre de reproduire ce logo et/ou cette charte sur son blog. Je propose, et je te laisse me donner ton avis, un certain nombre de mesure pour que la politique ne soit plus un métier en CDI mais seulement un CDD ou de l’intérim. Parce que l’énergie qu’on utilise pour rester en politique, on ne l’utilise pas pour bien faire son travail d’élu.

    Ainsi donc, je propose :

    • Interdiction du cumul des mandats. Député, maire, sénateur, cela doit être un job à plein temps. Si certain estiment qu’ils n’ont pas assez de travail avec un seul mandat et souhaitent cumuler, qu’ils laissent leur place à ceux qui ont de vrais idées et une vraie volonté de travailler. Ca fera un brassage de la vie politique qui me semble plus que le bienvenu.

    • Limitation du nombre de mandats pour un poste. On ne devrait pas pouvoir exercer la fonction de Maire, député, sénateur plus de 3 mandats. Sinon, c’est la porte ouverte au potentat. Originaire moi-même de Lorraine, j’ai désespéré de voir le « règne » de Jean-Marie Rausch sur la ville de Metz pendant 37 longues années ! On se doute bien que son travail n’est pas seul responsable de ces six mandats successifs. La vie politique locale fut mise en coupe réglée, comme il se doit.

    • Sanction E-X-E-M-P-L-A-I-R-E-S contre un élu qui se rend coupable d’avoir accepté pot-de-vin, corruption, etc. Inéligibilité à vie, sanction financière lourde et prise ferme me semble des condamnations naturelles et justes pour celui qui a trahit l’honneur et la confiance qu’avaient mis en lui ses électeurs. Traduction : En finir avec un Juppé qui revient comme une fleur et qui reprend son poste à la mairie de Bordeaux comme si de rien était, en finir avec un Pasqua qui a gangrené la vie politique française pendant de trop longues années.

    • Contrôle strict des revenus des élus avec une obligation de se soumettre à une publication annuelle de leurs ressources financières.

    En parallèle,

    • je propose d’aider les personnes qui ont servi et bien servi la nation à retourner à la vie professionnelle après une période d’engagement politique. S’il me semble impératif que les élus respectent l’honneur de leur fonction, il me semble également important de récompenser un homme ou une femme qui a choisi de se mettre au service de la nation pendant 10 ou 15 ans et qui a bien fait son travail. Je propose donc qu’une place lui soit réservée dans l’entreprise dans laquelle il travaillait avant. Si cela n’est pas possible, je propose un accompagnement personnalisé avec l’aide du Pôle Emploi et de l’APEC, une possibilité de réaliser un bilan de compétences pour formaliser les capacités qu’il aura acquis suite à son mandat électoral. Enfin, il me semble qu’une prime de fin de mandat serait le bienvenu.

    Je pense qu’il faut être extrêmement exigeant de la part des élus, mais qu’il faut également savoir remercier ceux qui ont consacré une part de leur vie pour la nation. Mon idée est donc d’édicter une charte qui reprenne ces idées, ainsi qu’un logo pour affirmer son refus de la corruption qui, rappelons le, en France est fort répandue.

    Les idées que j’ai proposées sont ce qu’elles sont, je souhaitais initier le débat. Qu’en penses-tu Lomig (Qu’en pensez-vous également lecteurs d’Expression Libre ?)

    Posted 19 octobre 2009 at 12:12 | Permalink
  3. Athanagor

    Concernant le cumul des mandats, il existe une manière bien plus efficace que la simple interdiction dans la loi pour supprimer cette pratique. Cette méthode, c’est tout simplement une loi, une ligne : un élu ne peut recevoir qu’un seul salaire. Ainsi, même si cet élu à 5 mandats, il n’aura pas 5 salaires mais un seul. C’est ça, et uniquement ça qui pousse les élus à cumuler : la thune. Ma proposition n’est pas du tout radicale, j’ai plusieurs amis libertariens qui vont bien plus loin : supprimer toutes les rémunérations pour les élus.

    Ensuite, sur l’influence des divers lobbys et intérêts particuliers sur les députés : je ne crois pas une seule seconde à la disparition de cela. La seule solution, encore, c’est la transparence totale.

    Posted 19 octobre 2009 at 13:22 | Permalink
  4. Sur la question du salaire, je pense qu’il est essentiel que les élus touche un salaire, déjà parce que tout travail mérite salaire, c’est un principe de base, et puis surtout parce que c’est comme ça qu’on évite que des élus se fassent payer par des puissances étrangères pour fournir certaines informations…Le risque ne disparait pas, certes, mais il est plus faible…

    Posted 19 octobre 2009 at 13:28 | Permalink
  5. Salaire oui, mais un seul comme suggéré par Athanagor, si bien sûr le cumul des mandats, que je désapprouve, reste autorisé. Pour la réflexion de bntoussaint je ne crois pas trop que les élus aient tant de choses à donner aux rivaux étrangers à notre époque, mais par contre ils peuvent se laisser corrompre par des entreprises ou autre. Au Brésil un juge du travail gagne au départ R$20000 (environ 8000€) ce qui est énorme pour un pays où le salaire minimum est de 190€. Cela pour qu’il ne soit pas tenté d’accepter toute proposition d’entreprises véreuses. Que cela fonctionne ou non, je ne sais, mais l’idée est là : Qui gagne un bon salaire sera plus difficile à corrompre.

    Posted 19 octobre 2009 at 14:50 | Permalink
  6. arf, manifestement, j’arrive après la bataille avec mes propositions :

    Le collectif Anticor a déjà bossé sur le sujet…Hélas, on ne les entend pas plus que cela sur la scène publique.

    http://anticor.org/charte-ethique-des-collectivites-locales/

    Posted 19 octobre 2009 at 14:56 | Permalink
  7. LOmiG

    salut à tous ! merci pour vos commentaires…

    @ David Carmier : merci pour le lien qui parait très intéressant. J’y vais dès que j’ai un moment.

    @ Ben : merci pour cette liste de mesures très claires et avec lesquelles je suis en plein accord. Sauf sur le constat consistant à dire que nous sommes gouvernés par des crapules. Je pense que la majorité des élus font bien leur travail ; peut-être est-ce là simplement un trait de ma naïveté naturelle, mais je ne crois que le « Un pour tous, tous pourris » tienne toujours. Mais d’accord avec ta liste, et y compris – surtout – avec les mesures exemplaires. Je suis un grand partisan des peines lourdes et exemplaires dont je pense qu’elles ont des vertus préventives. La répression et la prévention font bon ménage, quels que soient les publics visés, d’aileurs. C’est certainement encore plus vrai avec des politiciens qui seront forcément au courant des peines encourrues.

    @ Athanagor : je rejoins Ben pour dire que l’absence de salaire me parait dangereuse et certainement un puit à tentation de corruption. Tout travail mérite salaire. Je suis pour un mandat unique, et un nombre de renouvellement limité, comme Ben. Et pour que ce métier difficile et prenant soit bien payé.

    @ Tous : ce billet et le lien qu’a posté David m’ont fait penser à un site pas mal que j’avais découvert il y a quelques temps : Députés Godillots qui recense les absences et les contributions des différents députés. On y trouve de belles perles…

    Posted 19 octobre 2009 at 14:57 | Permalink
  8. Athanagor

    Je suis un peu d’accord pour dire que c’est une incitation à la corruption que de ne pas donner de salaire, mais ce n’est pas ce que j’ai écrit, j’ai écrit le contraire :

    Cette méthode, c’est tout simplement une loi, une ligne : un élu ne peut recevoir qu’un seul salaire. Ainsi, même si cet élu à 5 mandats, il n’aura pas 5 salaires mais un seul.

    C’est quand même clair non? Axel a apparemment compris ce que j’ai écrit. Je veux bien qu’on commente ce que j’écris, en revanche sur ce que je n’écris pas je ne peux pas en être tenu comptable je crois.

    Concernant la moralité des élus, je dirais qu’ils ne sont ni plus ni moins vertueux que d’autres, a priori. Une fois en place, leur morale change mais c’est un autre problème. Concernant le fait de se demander si les élus sont tous ou presque, des gens corrompus, c’est assez simple : il y a ceux qui ont déjà rencontré des élus et connaissent leur vie, et ceux pour qui ce n’est pas le cas. La première catégorie sait que les élus sont corrompus, la seconde ne le sait pas. As simple as that.

    Si tu veux Lomig, je peux te faire la liste infinie des petits arrangements entre amis que je mets sous le vocable de « corruption ». Prendre de l’argent directement dans la caisse est assez rare. Par exemple, pour un député, l’assurance chomage, c’est 0,5% de son salaire. Pour toi et moi, Lomig, c’est 6,5% je crois.

    Si demain je suis député, et que l’un de tes enfants veut tel lycée, un petit coup de fil et hop, c’est plié. Si demain je suis député et je me cherche un petit appart sympa et pas cher, hop c’est trouvé facilement. L’ancien dircab de Boutin avait un appartement payé 6,5€/mois/m2, alors que la moyenne du marché est à 30 dans ce quartier.

    Et ainsi de suite. La corruption est ancré directement dans la politique, c’est leur rôle que d’être des go-between. Et comme tout intermédiaire, les politiques prélèvent leur commission.

    Posted 19 octobre 2009 at 15:11 | Permalink
  9. LOmiG

    salut, je crois qu’on est tous à peu près d’accord sur le fond.

    @ Athanagor : ton propos consistant à dire que tous les élus sont corrompus est simplement extrême. Je sais bien qu’il existe une multitude de manière de faire de la petite corruption, mais ne mettons pas tous les politiciens d’un coup dans le même sac, celui des escrocs. Trop facile, et surtout le meilleur moyen pour ne pas réfléchir à la réalité en se crispant sur un idéal. Idéal dont je précise qu’il faut bien sûr continuer à le viser, mais pas rejettant le réel en bloc.

    Posted 19 octobre 2009 at 15:53 | Permalink
  10. Bigre…toujours aussi susceptible ce Athanagor…

    Nous ne vous accusions pas d’avoir eu l’idée du député sans salaire. Nous commentions simplement un point de votre post. Ne soyez donc pas tant sur la défensive !

    Pour élargir un peu le débat, je dirais que pour assurer une vie politique sans corruption, il faut garantir dans le même temps une justice indépendante et forte, capable de poursuivre les politicards véreux…Et là, il me semble que la proposition actuelle de suppression du juge d’instruction est très préoccupante car elle n’a pas encore donné de contreparties acceptables pour garantir l’indépendance du Procureur dans la conduite des enquètes à la place du JDI…

    Posted 19 octobre 2009 at 16:03 | Permalink
  11. Athanagor

    @Lomig : ne te laisse pas prendre par la rhétorique de l’ennemi, en prenant des clichés comme « extrême », « tout le monde dans le même sac », « trop facile », « ne pas réfléchir à la réalité », « un idéal », « rejetter le réel », etc. Tout ces termes ne veulent rien dire.

    Dans un livre écrit par Emile Jappi, il y a une comparaison précise, point par point, entre des ministres et fonctionnaires d’Etat, et des mafieux. Et ce, dans des situations très diverses : http://quitter_la_secu.blogspot.com/2007/10/voyage-au-bout-de-letat.html

    Et franchement c’est convaincant, je te conseille de lire ce livre Les Lunettes à Frédéric. Il ne s’agit pas, ici, d’insulter quiconque mais simplement de faire un constat basé sur l’analyse du réel : un mafieux n’est pas forcément quelqu’un de méchant, je suis même convaincu qu’il existe plein de gens charmants dans ce milieu-là, idem pour les politiciens.

    Posted 19 octobre 2009 at 16:30 | Permalink
  12. Athanagor

    Une précision : quand je parle de « politicien », je ne vise bien entendu que ceux qui ont plusieurs dizaines de milliers d’administrés, et qui en ont fait une profession à plein temps. Je ne parle pas des petits élus de village bien entendu, dont j’imagine bien que la proximité avec leurs électeurs les empêchent de toute façon de se remplir les poches de manière trop voyante….

    Posted 19 octobre 2009 at 16:35 | Permalink
  13. cilia

    Je n’ai que des questions à poser et je peux craindre qu’elles soient naïves.

    Lomig, imaginons que nous soyons aujourd’hui dans une situation de non cumul des mandats. Pourquoi les députés, qui ne seraient donc plus que députés, n’accorderaient aucune importance à la transition découlant de cette réforme fiscale, et pourquoi seraient-ils sourds aux inquiétudes et aux questions des maires, par exemple, de leur circonscription ?

    J’avais cru comprendre que cette réforme était envisagée dans le but d’alléger les charges sur les entreprises afin de favoriser l’emploi, la production de richesses, la compétitivité internationale. Or, à te lire, j’ai l’impression qu’il s’agirait en fait d’une réforme qui utilise le prétexte de l’allégement des charges sur les entreprises pour contraindre les municipalités à réduire, quasiment du jour au lendemain, leur budget de 20 ou 30 % ou plus encore. Mais alors, ce n’est plus du tout le même projet. Et si ce n’est plus du tout le même projet, qu’est ce que le cumul des mandats vient faire dans l’histoire ?

    Je précise que je suis très favorable au non cumul des mandats. Mais je ne comprends pas quel serait le rôle des députés s’ils n’avaient plus celui de défendre leur circonscription.

    Chitah, voulez-vous bien me parler du chemin de raisonnement qu’empruntent vos amis libertariens pour aboutir à la solution d’élus bénévoles ?

    Par ailleurs, je suis très sensible à la simplicité de votre proposition de règle, un élu, un salaire.

    Mais, puisque évidemment il y a un mais, (i) le salaire unique perçu ne saurait être celui de la fonction la moins bien rémunérée, ce qui ne garantirait donc pas l’absence d’ambition vénale à décrocher un poste d’élu de classe supérieure, (ii) le goût du pouvoir et de l’ambition peut, dans certains cas qui sont loin d’être rares, prévaloir sur le goût de l’argent.

    Je reconnais aisément que votre idée limiterait les excès que nous connaissons. Résoudrait-elle pour autant profondément les problèmes ?

    Posted 19 octobre 2009 at 21:10 | Permalink
  14. pap

    Il me semble que si le cumul des mandats est peut être un élément de la réflexion, le point crucial est celui de l’imposition. Comment intervenir aussi lourdement sur les finances publiques sans se donner une certaine souplesse? A l’évidence de la suppression (pour certains uniquement) de la TP doit être mise en perspective avec l’ensemble des prélèvements fiscaux et sociaux de ce pays. il serait bon aussi de comparer avec ce qui se fait dans les pays comparables: impôts directs ou indirectes, niches fiscales, impôts nationaux et impôts régionaux, prélèvement à la source ou non, taxation du travail, du capital et des autres revenus…la liste des points à évoquer est longue. Les simulations doivent être complexes au ministère des finances. Une chose est sûre: les français sont de bons inventeurs d’impôts: TVA, CSG…Mais chacun tire dans son coin et vit caché. Quand sera-t-on fier de l’impôt acquitté? Quand saura-t-on répliquer fièrement qu’on a donné tant de milliers d’euros au titre de la solidarité cette année? Moi qui revendique une certaine part de socialisme pour vivre ensemble, j’aimerais que les efforts des uns et des autres, par l’impôt et les cotisations sociales, soient publics et reconnus. Inversement il me semble bon de donner les chiffres des redistributions par l’impôt et les charges. Pour être fiers de notre pays, de notre solidarité, il est bon de connaître les chiffres. On le fait bien pour les restaurants du coeur (tant de milliers de repas servis gratuitement)…pourquoi ne pas le faire au niveau de l’état?

    Posted 19 octobre 2009 at 22:02 | Permalink
  15. @pap : Moi, je ne revendique pas « une certaine part de socialisme » et cela me fait mal lorsque je dois payer mes impôts sur le revenu ! Je me crève en forêt, période de 5 mois pour 1 mois à la maison, pour pouvoir gagner un salaire décent et élever mes enfants, que je ne vois jamais d’ailleurs, et en fin de compte je dois payer des impôts ! Lorsque je roule en bagnole, je paie, j’achète une bonne bouteille je paie, du pain, je paie etc … la liste est longue comme tu le dis si bien ! Et en fin d’année je reçois la note ! D’aucun me diront que si je paie des impôts sur le revenu c’est que je gagne bien ma vie, d’accord c’est vrai … mais je me fait ch… pour la gagner. L’impôt sur le revenu est inique !!! Je suis déjà malade lorsque j’épluche ma fiche de paie et que je vois la différence entre le brut et le net, sans parler des parts patronales, alors non, j’en ai marre de passer ma vie à payer !

    Posted 19 octobre 2009 at 22:12 | Permalink
  16. pap

    Axel je comprends ta réaction et je pense aussi que certaines dépenses couvertes par l’impôt sont iniques. moi aussi je rêve de supprimer certains prélèvements. La question qui me semble importante (indépendamment du montant des impôts) c’est de savoir comment on pourrait organiser des prélèvements plus transparents pour tous. Le montant de notre dette est trop grave pour que nous puissions nous passer d’une remise à plat complète des systèmes de prélèvements. Pour ma part je souhaite une vraie transparence, avec une grande lisibilité pour tous, avec suppression des niches et autres régimes particuliers et imposition directe pour tous, même si je conçois bien que cela sera symbolique pour certains. La nation est d’abord faite de solidarités voulues et reconnues. C’est en cela qu’il faut une dose de socialisme. Mais en retour bien sûr il y a des exigences au prorata des efforts consentis.

    Posted 19 octobre 2009 at 22:31 | Permalink
  17. LOmiG

    salut à tous !

    @ Cilia : ce qui me fait réagir c’est cette manière oui, effectivement, de se dire il faut diminuer les charges pour les entreprises, et dans la foulée réfléchir à comment faire pour les mettre sur le dos de quelqu’un d’autre ! Il faudra bien un jour que accepte l’idée qu’il faut baisser les charges pour tout le monde, et que cette chappe fiscale limite la création de richesse. Les pays qui ont diminué la masse de leur fonction publique et les prélèvements obligatoires associés ont vu la création de richesse augmenter et au final le montant prélevé par l’impôt augmenter (assiette plus grande).

    @ Athanagor : oui je connais les arguments que tu avances, et je les trouve bons. La seule chose que les minarchistes ou anarchocapitalistes oublient, c’est que notre société a une histoire, une culture, des traditions. Il faut prendre cela en compte dans la réflexion, sous peine de mener uniquement une réflexion abstraite – passionnante comme les écrits de Herman-Hoppe – mais abstraite. Commençons par remettre l’Etat à sa juste et légitime place : celle montrée par Bastiat. En gros, les fonctions régaliennes.

    @ Pap : oui d’accord pour une vraie transparence. Mais on connait déjà un peu le résultat de cette mise à plat des choses : plusieurs bouquins ont déjà investigué cela en détail. Il y a trop de fonctionnaires, trop d’impôts (je parle par rapport aux autres pays), et trop de fonctionnaires dont le seul rôle est de gérer les impôts et la fabrication de nouvelles taxes et règlementations qui servent uniquement à justifier leur existence. Un exemple : le code de impôts est entièrement renouvelé en 5 ans (20% modifié chaque année). Cela veut dire qu’il faut une armée de fonctionnaires juste pour le pondre, le remettre à jour, le comprendre, etc..; Un autre sujet important à mon sens, est le fait de rétablir un impôt proportionnel et non progressif. Taux unique pour éviter les effets de seuils, faciliter la collecte et les calculs, et encourager la création de richesses. On ne peut partager de manière juste que ce qui a été créé avant…Et entièrement d’accord, bien sûr, avec la fierté qu’il y a à être solidaires. J’en suis fier aussi, mais je refuse que cela se fasse sur le dos de certains de manière injuste. La seule manière d’être juste, c’est tout le monde à la même enseigne, et des aides exceptionnelles pour les plus faibles ou fragilisés. La solidarité forcée doit être l’exception, pas la règle… Tu as bien fait de rappeler l’exemple des restos du coeur : la solidarité peut être spontanée et fonctionner sans l’Etat…

    à bientôt

    Posted 20 octobre 2009 at 07:38 | Permalink
  18. pap

    les restos du coeur sont subventionnés par l’état! ne serait ce que par le déduction fiscale. « La seule manière d’être juste, c’est tout le monde à la même enseigne, et des aides exceptionnelles pour les plus faibles ou fragilisés. » Les hommes ne peuvent pas être catégorisés en 2 classes: ceux qui peuvent se démerder tout seuls et les handicapés qui ont besoin d’aide. Il y a une très large panoplie de situations: des gens qui se demerdent mais en chient comme des bêtes, d’autres qui se laissent traîner, d’autres qui sont à peine capables de se prendre en charge, d’autres qui pourraient se démerder avec un petit effort etc…Qui prendre en charge dans la solidarité? Qui est vraiment handicapé? On ne peut pas mettre un commissaire du peuple derrière chacun pour savoir s’il joue le jeu social, s’il donne tout ce qu’il peut. Et on sait bien pourtant qu’une large part de ceux qui se font passer pour des gens en difficulté ne sont que des tire au cul. Comment classer objectivement ceux qui ont un vrai besoin de solidarité et ceux qui peu ou prou se laissent porter par ceux qui travaillent. Dans combien de famille voit-on la femme qui fait trois fois le boulot du mec et tout continue comme si tout était égal. Socialement c’est pareil, d’autant que ceux qui en font le moins sont ceux qui ont le temps de causer. j’ai bien aimé hier Sarko qui disait: « il y a ceux qui commentent et ceux qui agissent. moi je suis dans ceux qui agissent » La seule façon de faire cesser les commentaires c’est de mettre les gens en contact avec le boulot; le vrai. la seule façon de trier parmi ceux qui utilisent la solidarité au lieu de bosser c’est de les mettre au boulot. il y a tant de choses à faire plutôt que de glander dans la rue ou dans des jobs bidons. problème difficile car il renvoie à des valeurs non capitalistes.

    Posted 21 octobre 2009 at 10:15 | Permalink
  19. pap

    les restos du coeur sont subventionnés par l’état! ne serait ce que par le déduction fiscale. « La seule manière d’être juste, c’est tout le monde à la même enseigne, et des aides exceptionnelles pour les plus faibles ou fragilisés. » Les hommes ne peuvent pas être catégorisés en 2 classes: ceux qui peuvent se démerder tout seuls et les handicapés qui ont besoin d’aide. Il y a une très large panoplie de situations: des gens qui se demerdent mais en chient comme des bêtes, d’autres qui se laissent traîner, d’autres qui sont à peine capables de se prendre en charge, d’autres qui pourraient se démerder avec un petit effort etc…Qui prendre en charge dans la solidarité? Qui est vraiment handicapé? On ne peut pas mettre un commissaire du peuple derrière chacun pour savoir s’il joue le jeu social, s’il donne tout ce qu’il peut. Et on sait bien pourtant qu’une large part de ceux qui se font passer pour des gens en difficulté ne sont que des tire au cul. Comment classer objectivement ceux qui ont un vrai besoin de solidarité et ceux qui peu ou prou se laissent porter par ceux qui travaillent. Dans combien de famille voit-on la femme qui fait trois fois le boulot du mec et tout continue comme si tout était égal. Socialement c’est pareil, d’autant que ceux qui en font le moins sont ceux qui ont le temps de causer. j’ai bien aimé hier Sarko qui disait: « il y a ceux qui commentent et ceux qui agissent. moi je suis dans ceux qui agissent » La seule façon de faire cesser les commentaires c’est de mettre les gens en contact avec le boulot; le vrai. la seule façon de trier parmi ceux qui utilisent la solidarité au lieu de bosser c’est de les mettre au boulot. il y a tant de choses à faire plutôt que de glander dans la rue ou dans des jobs bidons. problème difficile car il renvoie à des valeurs non capitalistes.

    Posted 21 octobre 2009 at 10:15 | Permalink
  20. LOmiG

    @ Pap :

    « Comment classer objectivement ceux qui ont un vrai besoin de solidarité ? »

    et pourquoi faudrait-il classer, trier, ordonner ? Ou plutôt, pourquoi ne pas laisser au soin des différentes initiatives privées de charité, aux associations, le soin de choisir ceux qu’elles aident ? Bien sûr qu’il faut agir. Je ne nie pas qu’il faut de la solidarité, je dis juste qu’elle n’a pas besoin d’être financée par la contrainte. C’est différent, tout de même ! Une manière de « trier » de manière effective, c’est que les gens qui distribuent le pognon en soient RESPONSABLES. C’est le cas des associations caritatives, où les responsables doivent rendre des comptes aux ahérents (sous peine de perdre leur financement). Ce n’est pas le cas des pouvoirs publics : ils ne sont responsables que dans la mesure où ils risquent de ne pas se faire réélire. On voit ce que ça donne depuis 30 ans : quel effet sur le chômage a eu la fameuse solidarité gérée par l’Etat ?

    Je ne comprends pas ta dernière phrase : peux-tu préciser..?

    Posted 21 octobre 2009 at 13:22 | Permalink
  21. Athanagor

    cilia a écrit :

    Chitah, voulez-vous bien me parler du chemin de raisonnement qu’empruntent vos amis libertariens pour aboutir à la solution d’élus bénévoles ?

    C’est simple, cela éviterait la professionalisation de la politique, cela éviterait que Jean Sarkozy par exemple puisse devenir élu sans avoir jamais rendu aucun service à la société par son travail, comme énormément d’autres hommes et femmes politiques.

    pap a écrit :

    Quand sera-t-on fier de l’impôt acquitté? Quand saura-t-on répliquer fièrement qu’on a donné tant de milliers d’euros au titre de la solidarité cette année?

    Ce n’est pas et cela ne sera jamais, jamais de la solidarité : voir cette excellente analyse de Jacques Attali . La solidarité forcée, c’est un oxymoron, c’est comme la beauté moche.

    LOmiG a écrit :

    et pourquoi faudrait-il classer, trier, ordonner ? Ou plutôt, pourquoi ne pas laisser au soin des différentes initiatives privées de charité, aux associations, le soin de choisir ceux qu’elles aident ? Bien sûr qu’il faut agir. Je ne nie pas qu’il faut de la solidarité, je dis juste qu’elle n’a pas besoin d’être financée par la contrainte. C’est différent, tout de même !

    J’applaudis des deux mains. Je suis sidéré de voir qu’il faille encore écrire ces évidences, d’ailleurs. Rien qu’en regardant l’Histoire, on se rend compte que ça a TOUJOURS été l’initiative privée qui a rendu des services de solidarité, puis l’Etat s’y est intéressé pour l’accaparer, augmenter son périmètre. L’exemple de la déduction fiscale des dons aux associations utiles (sur label étatique, mais passons, c’est normal on est en France) date de 1989, alors que la plus jeune de toutes les assos, les Restos du Coeur, a été créée 5 ans avant, sans parler d’Emmaus fondé en 1949 soit 50 ans avant, le Secours Populaire en 1945, et la Croix-Rouge qui date du XIXème siècle. Et je ne parle que des plus connues et des plus récentes.

    Posted 21 octobre 2009 at 14:36 | Permalink
  22. pap

    Lomig. Athanagor. Vous laissez entendre que la solidarité organisée sur des bases privées serait la plus efficace. Certainement pas. Vous ne parlez que de ce qui se voit: les pauvres dans la rue les enfants affamés ici ou là. C’est précisément parce que la solidarité privée est insuffisante que l’état l’impose. je parle de la vraie solidarité de masse, celle qui permet de soigner tout le monde, d’alphabétiser tout le monde, etc… je ne dis pas que tout est bien fait. ni que les dépenses soient idéalement organisées. Non certainement pas. je dis seulement que si on laisse la solidarité à la liberté du bon coeur de chacun on a la situation à l’africaine ou à la Gaza… le despotisme saupoudré de quelques saintes personnes qui font le bien autour d’elles. C’est un échec la solidarité privée et les erreurs de la solidarité obligatoire ne légitiment pas la solidarité privée. Quant à la citation d’attali, il n’y a aucune trace de la référence sur le blog indiqué. Qui prouve que ce texte soit d’Attali? Et quand bien même, la solidarité millénaire de la tsedaka qu’Attali pratique a une autre allure que nos restaurants du coeur!

    Posted 21 octobre 2009 at 16:19 | Permalink
  23. Athanagor

    pap a écrit :

    C’est précisément parce que la solidarité privée est insuffisante que l’état l’impose. je parle de la vraie solidarité de masse, celle qui permet de soigner tout le monde, d’alphabétiser tout le monde, etc…

    L’an dernier, la Bill and Melinda Gates Foundation, active dans le traitement de maladies dans les pays pauvres, a donné plus d’argent que l’OMS. L’OMS, c’est pas juste l’Etat français, ce sont TOUS les Etats. Pour être plus clair, Bill Gates et quelques potes (dont Warren Buffet), je le répète, ont donné PLUS que TOUS les Etats réunis.

    je dis seulement que si on laisse la solidarité à la liberté du bon coeur de chacun on a la situation à l’africaine ou à la Gaza…

    Tu as gagné l’Oscar de l’amalgame douteux. Les problèmes en Afrique n’ont rien à voir avec la corruption des dirigeants d’après toi?

    Quant à la citation d’attali, il n’y a aucune trace de la référence sur le blog indiqué. Qui prouve que ce texte soit d’Attali? Et quand bien même, la solidarité millénaire de la tsedaka qu’Attali pratique a une autre allure que nos restaurants du coeur!

    Tu rigoles? Dans la première ligne de mon post je donne le lien, c’est celui-ci : http://blogs.lexpress.fr/attali/2009/10/un-scandale-francais.php Je comprends que, toi-même étant un falsificateur/menteur/manipulateur, tu penses que j’ai pu inventer un texte et l’attribuer à Attali (d’ailleurs, pourquoi lui? Pourquoi pas Obama?) mais je suis en général assez honnête, rassure-toi.

    Posted 21 octobre 2009 at 16:39 | Permalink
  24. pap

    athanagor. si tu donnes un second lien c’est bien pour corriger le défaut que j’ai signalé sur le premier: il n’y a pas la source du texte d’Attali donc la première chose à faire est de douter de sa véracité. Alors tu donnes la source que j’ai réclamée c’est bien. pourquoi te lances tu dans ces imprécations contre moi? « honnête » ça se mérite. on ne s’autoproclame pas honnête. Lomig. revenons au fond: les milliards de gates et autres bufett ne sont pas grand chose à coté des milliards de la solidarité dépensés dans le monde. juste quelques chiffres: je crois que les milliardaires américains ont mis 35 milliards de dollars au pot. merci de vérifier ces chiffres.
    pour la seule France la sécurité sociale c’est plus de 3 milliards d’euros par jour. l’éducation nationale c’est un demi milliard par jour…je ne dis rien de la solidarité par les régions. et je ne dis rien des sommes en jeu dans les autres états développés. Alors je parle bien d’entraide de masse, de solidarité générale, (santé, éducation, aide au chômage, aide aux personnes âgées ou handicapées, aide à la retraite…) celle qui fait qu’on vise le plus grand nombre et dont je concède les défauts de gestion par trop de centralisme. Cette solidarité là elle est due aux impôts et aux prélèvement sociaux. Et son niveau est incomparablement supérieur aux efforts de marketing de gates, bufett ou autre émir pétrolier. La solidarité personnelle c’est bien mais ça ne va pas plus loin que la famille ou le voisin. Quelques exceptions ne changent rien: mes impôts et mes contributions sociales sont l’expression de ma volonté de solidarité. Je l’assume et le revendique, même si je regrette que certaines orientations globales ne correspondent pas toujours avec des choix personnels.

    Posted 21 octobre 2009 at 21:50 | Permalink
  25. LOmiG

    Salut Pap, laissons de côté Athanagor qui, même s’il a des fois des arguments pertinents ne peut pas se retenir plus de 5 minutes d’insulter ses contradicteurs.

    Je te rejoins sur le fait que la solidarité collective étatisée est certainement plus utile pour l’instant que la solidarité privée (charité). Cependant, tu parles de ce qui se voit. Ce qui se voit, c’est aussi la solidarité générale, (santé, éducation, aide au chômage, aide aux personnes âgées ou handicapées, aide à la retraite…). Et ce qui ne se voit pas, c’est ce que coûte cette solidarité, et ce qu’elle crée comme problèmes. L’euro pris aux contribuables pour financer la sécu se voit. Le politicien peut s’en vanter (même s’il est sincère dans sa volonté de faire jouer la solidarité). Ce qui aurait été fait par les contribuables avec cet euro, c’est ce qui n’est pas montré. Et pour cause : on ne saura jamais ce qui en aurait été fait.

    Je constate avec toi que la solidarité forcée ou étatique est évidemment la plus importante, et la plus effective. Cela ne prouve pas l’impossibilité d’une solidarité privée. Je revendique aussi et je suis fier de payer des impôts (en partie) : cela ne doit pas nous empêcher d’être capable de penser le système différemment. Toute liberté économique qui est empêchée et ligotée par notre haut niveau de prélèvements obligatoires, on ne peut pas vraiment évaluer à quel point elle nous ferait progresser vers un niveau de vie plus élevé, et à quel point elle ferait baisser la demande d’aides / solidarité. L’exemple du chômage me parait très emblématique : le poids du financement du chômage fait partie de ce qui le créé (en plus du code du travail).

    Pour finir, je ne demande pas qu’il n’y ait aucune solidarité collective, étatisée. Je demande simplement à ce qu’on évalue comment est dépensé cet argent, et qu’on soit capable de faire machine arrière. C’est difficile en France : on sait comment sortir du chômage, mais on ne le fait pas. On sait comment rendre la sécu non-déficitaire (c’est toi même qui me l’a expliqué), mais on ne le fait pas. Pourquoi ?

    Posted 22 octobre 2009 at 08:08 | Permalink
  26. cilia

    Il ne me semble pas correct de parler de solidarité en évoquant l’éducation, la santé, les assurances chômage etc…

    Ce qui nous différencie par exemple des pays d’Afrique maintenus dans la misère par la corruption comme le rappelle Chitah, c’est que nous avons (progressivement) développé des logiques, des systèmes pour être des pays prospères à court, moyen et long terme.

    Un pays sans éducation, sans école, sans formation professionnelle est certainement un pays où la vie est plus cruelle, mais c’est surtout un pays pauvre et instable. La santé et les assurances au sens large sont également indispensables à la prospérité d’un pays. Que ces systèmes coïncident avec les aspirations humaines individuelles est un fait, qui explique d’ailleurs pourquoi notre modèle est le plus efficace à ce jour.

    Mais je me demande dans quelle mesure cet usage abusif du mot ‘solidarité’ n’expliquerait pas, du moins en partie, ce recul remarquable de la véritable solidarité dont parle Attali. A se dire solidaire à tout bout de champ, quand on devrait avant tout parler d’ordre efficace des choses, ne finit-on pas par se croire très solidaire, et finalement à considérer, plus ou moins consciemment, qu’on n’a plus assez de réserves d’énergie et de générosité pour l’être encore plus ?

    Posted 22 octobre 2009 at 10:45 | Permalink
  27. Je n’ai pas le temps (c’est lassant pour moi de le répéter, et pour vous de l’entendre sans doute) de lire tous les commentaires. Aussi, je vais peut-être enfoncer des portes que d’autres ont déjà ouvertes…

    Je suis en parfait accord avec ton article. Le mandat unique me parait indispensable pour couper l’herbe sous le pied aux conflits d’intérêt entre politique locale et politique nationale. L’institution du Conseiller Territorial va dans ce sens, mais le cumul avec un mandat de député (ou de sénateur) ne devrait pas être possible : comment demander au même homme de procéder aux coupes budgétaires dont l’Etat a grand besoin, quand ces mesures d’économie viendront réduire ses propres financements locaux ?

    De la même manière, le mandat de maire ou de président de communauté de communes est à mon sens incompatible, pour les mêmes raisons, avec celui de conseiller territorial (ou actuellement de conseiller général ou régional). Le système de financements croisés entre commune, département, région, état (quand ce n’est pas fonds européens) est d’une opacité proverbaile, et conduit à des gabegies budgétaires. Le sport préféré des élus locaux est devenu la chasse aux subventions… Et que dire des cas, qui sont légions, où leur statut multi-casquettes les pousse à s’octroyer au titre d’un mandat les subventions qu’ils réclament au titre d’un autre, même lorsque ça n’est pas justifié ?

    Dans un billet récent, j’ai défendu l’idée d’un financement unique de la vie publique (au moyen d’un impôt proportionnel sur les revenus), avec une répartition sur des bases à déterminer entre l’Etat les Collectivités locales. Ce qui, de fait, supprimerait les inéquités fiscales au plan local, et clarifierait les financements publiques. Ce n’est pas exactement le sujet, mais ça s’y rapporte : il s’agit de gommer les conflits d’intérêt. Et le mandat unique en serait un bon moyen.

    Posted 22 octobre 2009 at 15:41 | Permalink
  28. Athanagor

    pap a écrit :

    si tu donnes un second lien c’est bien pour corriger le défaut que j’ai signalé sur le premier: il n’y a pas la source du texte d’Attali donc la première chose à faire est de douter de sa véracité. Alors tu donnes la source que j’ai réclamée c’est bien. pourquoi te lances tu dans ces imprécations contre moi? “honnête” ça se mérite. on ne s’autoproclame pas honnête.

    Je t’ai dit que dans mon post IL Y AVAIT le lien, mais comme dans de la merde dans les yeux tu ne l’as pas vu, et que j’ai reposté ledit lien ici, vu tes handicaps intellectuels. Le mode Caliméro, encore et toujours.

    Alors même que pap a tort, m’a fait un procès indu en malhonnêteté intellectuel (il n’a pas vu le lien dans l’article que j’ai cité, parce qu’il a mal regardé), m’accuse de masquer mes sources, hé ben Lomig le défend quand même. Incroyable.

    @Cilia : un livre intéressant sur la question que vous soulevez, Le Mystère du Capital, de Hernando de Soto, dont une recension se trouve sur le blog de l’ami Vincent : http://www.objectifliberte.fr/2003/04/le-mystre-du-ca.html je l’avais vu en conférence à l’assemblé nationale il y a quatre ans, cet économiste est vraiment pertinent sur les questions de développement.

    @cilia : http://www.objectifliberte.fr/2003/04/le-mystre-du-ca.html

    Posted 22 octobre 2009 at 16:08 | Permalink
  29. LOmiG

    @ Pap : je recolle ici une citation qui exprime je crois bien notre désaccord. Je pense que tu y trouveras à redire, tandis que je la trouve à mon goût.

    L’individu rationnel et raisonnable des Lumières affirme sa souveraineté dans l’exercice du pouvoir de libre examen et la proclamation du droit de disposer “civilement” de soi, ce qui le rend propriétaire de sa personne. Il lui revient naturellement et en toute liberté de consentir ou non aux contraintes de l’entrée en société : une société dont il ne dépend pas et à laquelle il ne doit initialement rien pour autant qu’il n’en provient pas mais au contraire la compose littéralement avec le concours d’autres hommes ; une société essentiellement conçue comme une collection, ou mieux, une association contractuelle d’individus égaux en leur qualité de citoyens-sociétaires, voire propriétaire ; une société, enfin dont la finalité ne réside que dans la garantie des droits de ses membres en matière de sûreté, de dignité et de propriété. Le lien social s’établissant à partir de la concorde spontanée et raisonnée des intérêts individuels, cet individualisme optimiste et confiant en la nature humaine ignore résolument la nécessité d’un pouvoir politique contraignant.

    Alain Laurent

    Je ne pense pas que cela décrit la réalité, mais plutôt un idéal souhaitable et utilisable comme guide d’action, comme visée. Est-ce ton cas ?

    Posted 22 octobre 2009 at 22:23 | Permalink
  30. Athanagor

    Voilà, Alain Laurent a trouvé les mots justes.

    Et je me permets d’ajouter, Lomig, qu’il est artificiel de croire que ceci ou cela n’existerait pas sans l’Etat, puisque l’Etat n’a JAMAIS été à l’initiative de quoique ce soit, à un bémol près que je détaille ensuite. Si l’on prend l’assurance chomage, la solidarité envers les plus faibles ou les plus pauvres, les entreprises d’electricité, de gaz, de transport ferroviaires, tout cela a été créé à la base par des individus, puis cela a été repris par l’Etat. On peut en parler, mais à ce jour, je n’ai trouvé aucun exemple de choses crée ex nihilo par l’Etat. Il existe quelques exceptions à cela, dont par exemple la bombe atomique, les camps de concentration, les barbouzes et autres services secrets. L’Humanité aurait pu se passer de tout cela, je crois que nous serons tous d’accord.

    Quelqu’un a-t-il un exemple de chose crée par l’Etat et qui n’existait pas avant?

    Posted 23 octobre 2009 at 17:03 | Permalink
  31. pap

    Post 29. Lomig tu me donnes une citation au sujet de l’individu: « Il lui revient naturellement et en toute liberté de consentir ou non aux contraintes de l’entrée en société : une société dont il ne dépend pas et à laquelle il ne doit initialement rien  » Je pense que cette citation fait d’Alain Laurent soit un idéaliste soit une personne mal informée. Nous n’avons pas ce choix. Jamais et nulle part l’homme n’a eu ce choix. Tu me dis que c’est un idéal souhaitable. Je n’en sais rien car c’est tellement loin de la réalité que cet idéal souhaitable perd son sens. Un homme posé là à sa naissance meurt très rapidement s’il n’est pris en charge par le groupe. oui ou non? Alors comment définit-on le groupe? Comment le limite-t-on? Quels droits à le groupe sur l’individu en question? Quel est le rapport de force? On passe vite de la famille au clan, du clan à la communauté, de la communauté à la nation, de la nation à l’état…Qu’une fois adulte tel ou tel individu souhaite limiter le poids du groupe sur sa vie me semble une idée parfaitement acceptable et sans doute salutaire. Mais cela ne rend pas pour autant possible l’hypothèse selon laquelle 10 milliards d’êtres humains pourraient vivre sans états, sans contrainte collective. je suis triste de l’observer mais je l’observe.

    Posted 1 novembre 2009 at 00:55 | Permalink
  32. LOmiG

    salut Pap, d’accord avec toi. C’est un des points sur lesquels les libéraux sont faibles, et souvent trop idéalistes. Je suis tout à fait conscient qu’un être humain ne le devient qu’en construisant son système nerveux dans l’interaction avec les autres, sous peine de rester un animal. De même que sans l’aide du groupe, famille et plus, on ne ferait que naitre pour mourir. D’accord avec tout ça. La vision d’ALain Laurent est valable pour des adultes. C’est une des questions de fond que je voudrais poser à Salin : quel est le point de vue d’un libéral sur le sort des enfants maltraité ? UN enfant qui souffre dans sa famille appartient-il à ceux qui le détruisent, ou à la société ? Il n’est pas encore autonome, mais est déjà un être humain à part entière, sans pour autant être « libre » de ses choix.

    Ce que je trouve souhaitable dans la phrase citée, c’est la dernière partie : « Le lien social s’établissant à partir de la concorde spontanée et raisonnée des intérêts individuels, cet individualisme optimiste et confiant en la nature humaine ignore résolument la nécessité d’un pouvoir politique contraignant. »

    C’est un simple plaidoyer pour le libre commerce et la libre association, sans préjuger du reste, et de ce qui est nécessaire pour permettre cela…

    La liberté n’est pas l’absence de contraintes ; c’est la contrainte de respecter la liberté des autres. La liberté se définissant avec la propriété et la responsabilité. La propriété (de soi, de ses biens, du fruit de son travail) se définit pour les libéraux comme un droit d’exclusion : je possède ce dont je peux exclure autrui. La liberté n’est pas l’absence de contraintes ; c’est la manière de faire en sorte que chacun puisse bénéficier exactement de la même liberté. C’est l’égalité devant la loi, en quelque sorte.

    à bientôt, merci pour ta remarque très juste. J’avais copier coller la citation en entier, et je rejoins ta critique du début.

    Posted 1 novembre 2009 at 22:39 | Permalink

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