La religion est-elle une névrose ?

Cet été, j’ai relu quelques pas­sages de Tristes Tro­piques, de Claude Lévi-Strauss (décédé le 30 octobre der­nier). J’y avais notam­ment trouvé quelques pas­sages sur l’islam par­ti­cu­liè­re­ment tran­chants. J’ai donc été satis­fait de voir que Jean Robin (nou­vel arri­vant chez LHC) en avait reco­pié quelques-uns pour les mettre en ligne.

Sur le plan moral, on se heurte à la même équi­voque d’une tolé­rance affi­chée en dépit d’un pro­sé­ly­tisme dont le carac­tère com­pul­sif est évident. En fait, le contact des non-musulmans les angoisse. Leur genre de vie pro­vin­cial se per­pé­tue sous la menace d’autres genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent de l’altérer par la seule conti­guïté. Plu­tôt que par­ler de tolé­rance, il vau­drait mieux dire que cette tolé­rance, dans la mesure où elle existe, est une per­pé­tuelle vic­toire sur eux-mêmes. (…) Tout l’Islam semble être, en effet, une méthode pour déve­lop­per dans l’esprit des croyants des conflits insur­mon­tables, quitte à les sau­ver par la suite en leur pro­po­sant des solu­tions d’une très grande (mais trop grande) sim­pli­cité. D’une main on les pré­ci­pite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pen­dant que vous êtes en cam­pagne? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au bur­kah moderne, sem­blable à un appa­reil ortho­pé­dique, avec sa coupe com­pliquée, ses gui­chets en pas­se­men­te­rie pour la vision, ses boutons-pression et ses cor­don­nets, le lourd tissu dont il est fait pour s’adapter exac­te­ment aux contours du corps humain tout en le dis­si­mu­lant aussi com­plè­te­ment que pos­sible. Mais, de ce fait, la bar­rière du souci s’est seule­ment dépla­cée, puisque main­te­nant il suf­fira qu’on frôle votre femme pour vous désho­no­rer, et vous vous tour­men­te­rez plus encore.

Vous pour­rez lire d’autres extraits dans le billet de Jean. Et ces pas­sages m’ont fait pen­ser à un autre article, décou­vert aussi cet été : Je hais l’islam, entre autres…, de Patrick Declerck («Le Monde» du 11.08.04.).

En effet, Lévi-Strauss écrit :

Les hommes ont fait trois grandes ten­ta­tives reli­gieuses pour se libé­rer de la per­sé­cu­tion des morts, de la mal­fai­sance de l’au-delà et des angoisses de la magie. Sépa­rés par l’intervalle approxi­ma­tif d’un demi-millénaire, ils ont conçu suc­ces­si­ve­ment le boud­dhisme, le chris­tia­nisme et l’Islam ; et il est frap­pant de marquer que chaque étape, loin de marquer un pro­grès sur la pré­cé­dente, témoigne plu­tôt d’un recul. Il n’y a pas d’au-delà pour le boud­dhisme ; (….) Cédant de nou­veau à la peur, le chris­tia­nisme réta­blit l’autre monde, ses espoirs, ses menaces et son der­nier juge­ment. Il ne reste plus à l’Islam qu’à lui enchaî­ner celui-ci : le monde tem­po­rel et le monde spi­ri­tuel se trouvent ras­sem­blés. L’ordre social se pare des pres­tiges de l’ordre sur­na­tu­rel, la poli­tique devient théo­lo­gie. En fin de compte on a rem­placé des esprits et des fan­tômes auxquels la super­sti­tion n’arrivait tout de même pas à don­ner la vie, par des maîtres déjà trop réels, auxquels on per­met en sur­plus de mono­po­li­ser un au-delà qui ajoute son poids au poids déjà écra­sant de l’ici-bas.

Et Declerck écrit :

Les reli­gions sont des névroses de l’humanité, disait Freud. Mais il est, n’en déplaise, névrose et névrose… Le judaïsme tend à la névrose obses­sion­nelle : le rite pour le rite. Au cœur du chris­tia­nisme se tapit l’espoir anxieux de noyer le pul­sion­nel dans un indif­fé­ren­cié asexué : l’amour chris­tique, cette tisane tiède… L’islam, lui, tend à rendre fou parce qu’il ins­taure un par­tage entre les sexes extra­or­di­nai­re­ment et spé­ci­fique­ment patho­lo­gique : une hor­reur et une ter­reur de la femme et de sa jouis­sance sexuelle fan­tas­mée comme toute-puissante.

Face à cette der­nière, il ne reste d’autre solu­tion à l’homme que l’oppression farouche de toute fémi­nité. Oppres­sion d’autant plus radi­cale qu’elle a pour fonc­tion pre­mière de recou­vrir de son voile pho­bique le ver­tige secret, intime, muet, mais omni­pré­sent, de l’impuissance mas­cu­line et de son éter­nel com­pa­gnon, la répulsion-tentation de l’homosexualité latente… D’où la néces­sité aussi de l’alliance éroti­sée et défen­sive des «frères» de l’islam. Devant les hal­lu­ci­na­toires menaces du vagin denté, la sécu­rité et la fuite résident dans le nombre. Ainsi, pour se pro­té­ger, l’homme musul­man vit-il en banc. Comme les petits poissons…

Alors, comme je ne suis ni spé­cia­liste des reli­gions, ni connais­seur des névroses, je suis allé cher­cher ces mots dans le dic­tion­naire. Celle de la religion :

RELIGION, subst. fém.

I. A. − Au sing., gén. en empl. abs. Rap­port de l’homme à l’ordre du divin ou d’une réa­lité supé­rieure, ten­dant à se concré­ti­ser sous la forme de sys­tèmes de dogmes ou de croyances, de pra­tiques rituelles et morales (v. infra B).

B. − Forme par­ti­cu­lière que revêt pour un indi­vidu ou une col­lec­ti­vité cette rela­tion de l’homme au divin ou à une réa­lité supé­rieure.
1. a) Au sing. et au plur. Ensemble des croyances rela­tives à un ordre sur­na­tu­rel ou supra-naturel, des règles de vie, éven­tuel­le­ment des pra­tiques rituelles, propre à une com­mu­nauté ainsi déter­mi­née et consti­tuant une ins­ti­tu­tion sociale plus ou moins for­te­ment orga­ni­sée.
C. − P. anal. ou au fig.
1. Doc­trine, phi­lo­so­phie pro­po­sant des valeurs consi­dé­rées comme abso­lues; valeur érigée en absolu, à laquelle on voue un res­pect quasi religieux.

Et celle de la névrose :

NÉVROSE, subst. fém.

B. −1. PSYCHIATRIE, PSYCHOPATHOL. Affec­tion psy­chique carac­té­ri­sée par l’absence de lésion ou de trouble orga­nique et ayant ses racines dans l’inconscient du sujet qui pré­sente des troubles mineurs du com­por­te­ment, conserve la conscience du carac­tère mor­bide de ses troubles (contrai­re­ment à la psy­chose, ce qui entraîne géné­ra­le­ment une évolu­tion favo­rable lors du trai­te­ment psy­cho­thé­ra­peu­tique).
2. PSYCHANAL. [Chez Freud et ses conti­nua­teurs] Affec­tion psy­cho­gène résul­tant d’un conflit incons­cient entre les désirs du sujet et les inter­dits qui s’opposent à leurs réalisations.

Bon : je ne suis pas beau­coup plus avancé ! Le der­nier sens de «névrose» me parait très bien col­ler avec le der­nier sens de «reli­gion», ça c’est sûr ; les valeurs érigées en absolu ne sont-elles pas for­cé­ment sources de névroses, en tout cas de conflits internes ? En même temps, reli­gieux ou pas, tout homme a besoin de valeurs abso­lues pour vivre. Que ce soit l’amour de ses proches, ou autre chose, non ?

J’aimerais en dis­cu­ter avec vous : tout cela me parait bien sim­pliste. De même que le fait de mettre, comme le font Declerck et Lévi-strauss, toutes les reli­gions non pas dans le même sac (ils en détaillent des dif­fé­rences), mais au même niveau de fac­teur de régres­sion pour l’humanité. Je ne suis pas sûr qu’il y ait tant que ça de points com­muns entre chris­tia­nisme, judaïsme, boud­dhisme et isla­misme. Qu’en pensez-vous ?

Je laisse le mot de la fin à P. Declerck :

Je hais le fait reli­gieux en géné­ral, parce qu’il aliène l’homme en lui fai­sant prendre des mes­sies pour des lan­ternes. Je hais l’islam en par­ti­cu­lier, parce que l’islam est un sys­tème d’oppression tra­gique des deux sexes.

En atten­dant, en face, on s’organise. On s’organise, on pla­ni­fie, on égorge et on déca­pite… J’entends bien qu’indiscutablement une majo­rité de musul­mans désap­prouvent ces actes. Pour­tant je per­siste à haïr l’islam, parce qu’en tant que sys­tème de pen­sée et d’être au monde il per­met la guerre sainte. Il per­met la charia.

Cette haine de l’islam, je reven­dique publique­ment le droit de l’exprimer. Publique­ment. Quitte éven­tuel­le­ment à trans­gres­ser, oui, les lois de la Répu­blique. Car dénon­cer aujourd’hui les féroces imbé­cil­li­tés des croyances reli­gieuses est plus qu’un plai­sir, c’est un devoir. Et un hon­neur. Celui de mon­trer qu’il est pos­sible d’exister debout, sans béquilles et sans illusions.

En ces temps où, une nou­velle fois, la reli­gion fait la guerre, il urge de reven­diquer encore, et toujours, et hau­te­ment, la dignité supé­rieure de l’homme sans dieu.

1 Trackbacks

You can leave a trackback using this URL: http://www.expressionlibre.net/2009/11/09/la-religion-est-elle-une-nevrose/trackback/

  1. […] « l’Histoire est l’avatar moderne de la théo­di­cée » (4). Nous en sommes là, je le crois. Preuve sans doute que l’Homme ne peut se pas­ser d’un rap­port au spi­ri­tuel ? L’Histoire rem­place Dieu. Elle sait tout, elle jus­ti­fie tout, elle explique tout. Et ce besoin du […]

40 Comments

  1. Salut Lomig,

    Bel article. Pour ma part, je pense que si l’on peut se pas­ser d’un rap­port à la reli­gion, le rap­port au sacré me semble inti­me­ment lié à la condi­tion humaine. Comme tu l’écris, l’Homme ne se nour­rit pas unique­ment de pain et d’eau. Il a besoin de se nour­rir de spi­ri­tuel, car si on lui enlève cette capa­cité à espé­rer un absolu, lui reste-t-il qu’un maté­ria­lisme bestial ?

    On voit trop sou­vent des dis­cours tour­nant en ridi­cule la reli­gion, en tant que croyance naïve et archaïque. Les modernes se font d’ailleurs une spé­cia­lité de railler les croyants qui se rendent à l’Eglise, la mosquée ou la syna­gogue, comme si ces per­sonnes étaient en somme une masse naïve, cré­dule et aveugle. Je suis per­suadé qu’au contraire, la spi­ri­tua­lité et par exten­sion la reli­gion témoignent d’une grande capa­cité à cher­cher des réponses aux énigmes du monde. A tout le moins, je pré­fère cher­cher dans le rap­port à Dieu un sens à la vie que dans un maté­ria­lisme blasé et méprisant.

    Il fau­dra un jour ces­ser de déva­lo­ri­ser sans cesse la reli­gion pour réha­bi­li­ter tout ce qu’elle a apporté à l’Humanité en terme de connais­sance, de phi­lo­so­phie et d’espoir.

    Sur ce, bonne nuit :)

    Posted 10 novembre 2009 at 01:14 | Permalink
  2. LOmiG

    Salut Ben,
    merci pour ton com­men­taire.
    Je note une confu­sion dans ton texte entre deux sens du mot «matérialiste».

    A. Doc­trine qui, reje­tant l’existence d’un prin­cipe spi­ri­tuel, ramène toute réa­lité à la matière et à ses modifications.

    B. Atti­tude géné­rale ou com­por­te­ment de celui qui s’attache avec jouis­sance aux biens, aux valeurs et aux plai­sirs matériels.

    tu sembles oppo­ser la deuxième défi­ni­tion au mode de spi­ri­tua­lité reli­gieux ; je pense que c’est le pre­mier sens qui est per­ti­nent, bien plus, pour contre­ba­lan­cer le côté reli­gieux. Je ne suis pas croyant, et je suis maté­ria­liste — au sens A, bien sûr. Par ailleurs, cer­tains reli­gieux sont maté­ria­listes au sens B.

    «Il a besoin de se nour­rir de spi­ri­tuel, car si on lui enlève cette capa­cité à espé­rer un absolu, lui reste-t-il qu’un maté­ria­lisme bestial ?»

    Je ne suis pas sûr que la spi­ri­tua­lité humaine tende néces­sai­re­ment vers l’absolu, et soit assise unique­ment sur une capa­cité à espé­rer un absolu. Je pense même sou­vent que le but est d’arrêter d’espérer (pas d’espoir sans crainte, pas de crainte sans espoir) : c’est l’approche des boud­dhistes, et de Camus d’ailleurs. Camus était un phi­lo­sophe déses­péré (au sens phi­lo­so­phique : pas d’espoir d’échapper à la mort).

    à bien­tôt

    Posted 10 novembre 2009 at 09:28 | Permalink
  3. Athanagor

    Je passe sur le fait que bien entendu c’est évidem­ment l’islam qui est citée et re-citée dans ses pas­sages. Claude Levi-Strauss sait de l’islam ce qu’il en a appris (sic), or ce mon­sieur a fait ses études au début du XXème siècle. Ima­gi­nez ce qu’on a dû lui dire sur le judaïsme à l’époque, et vous aurez une idée de la vali­dité de ce qu’il dit sur l’islam. Pour moi : zéro. Autant deman­der à Lucien Reba­tet de por­ter une kip­pah.
    Ca, pour le coup, chez bivouac-Id, riposte laïque, et ses séides comme Lomig ou Jean, je me demande si cela ne relève pas de la névrose, cette obses­sion abso­lue, per­ma­nente, alié­nante, de l’islam. A suivre.

    Ensuite, je m’étonne que Lomig écrive ceci :

    Je ne suis pas sûr qu’il y ait tant que ça de points com­muns entre chris­tia­nisme, judaïsme, boud­dhisme et islamisme.

    Comme dirait M. de Lapa­lisse non? Oui, ces quatres reli­gions sont différentes.

    Tu as fait une petite coquille du reste, tu vou­lais sûre­ment écrire «islam» et non «isla­misme», car dans ce second cas tu aurais fait preuve d’ignorance en com­pa­rant trois reli­gions avec une idéo­lo­gie poli­tique. C’est comme si tu com­pa­rais boud­dhisme et gue­va­risme, par exemple, ce qui, tu en convien­dras, est faux.

    Il existe tou­te­fois un point com­mun entre judaïsme, chris­tia­nisme et islam, je suis assez étonné que tu ne le saches pas : ce soit trois reli­gions abra­ha­miques, qui par­tagent une vision du monde tout à fait com­pa­rable (et qui se recoupe assez lar­ge­ment), des pré­ceptes com­muns, etc.
    Ce qui me semble se dis­tin­guer dans ses trois reli­gions, c’est sur­tout leur dimen­sion concrète : les rites, les repré­sen­ta­tions, etc.
    Mais dans la phi­lo­so­phie, c’est pareil.

    Le pro­blème, c’est que pour savoir cela, il faut avoir lu les trois livres reli­gieux et quelques syn­thèses sur le sujet, et pas se conten­ter de lire quelques sites pam­phlé­taires haineux.

    Enfin, sur la ques­tion de savoir si la reli­gion est une névrose, le simple fait qu’un clown comme Michel Onfray embrasse cette opi­nion me suf­fit à dire qu’elle est débile.

    Posted 10 novembre 2009 at 09:37 | Permalink
  4. LOmiG

    salut Atha­na­gor,
    quand je dis que :

    «Je ne suis pas sûr qu’il y ait tant que ça de points com­muns entre chris­tia­nisme, judaïsme, boud­dhisme et islamisme»

    C’est parce que les dif­fé­rences sont tel­le­ment grandes que le mot unique «reli­gion» me parait un peu léger pour carac­té­ri­ser quatre choses aussi différentes.

    Le boud­dhisme, par exemple, est une reli­gion sans Dieu.
    L’islam(isme) (j’utilise volon­tai­re­ment indif­fé­rem­ment ces deux mots — islam et isla­misme — parce que la dis­tinc­tion n’est que très récente et vise à nous faire croire qu’il existe un islam non poli­tique, sécu­la­risé, laïc. Je l’appelle de mes voeux, mais il n’existe nulle part, à part dans la tête de quelques musul­mans qui n’ont de musul­mane que la culture) ; et d’ailleurs tu le sais très bien, sauf que tu n’as jamais répondu au mes­sage où je te don­nais la défi­ni­tion d’islam qui dit expli­ci­te­ment qu’il com­porte une dimen­sion poli­tique, juri­dique, et sociale.

    l’islam(isme) donc com­porte une très forte dimen­sion poli­tique que n’a pas le chris­tia­nisme. Jus­te­ment le chris­tia­nisme contient dans sa génèse un sem­blant de sépa­ra­tion église / état (rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Le judaïsme n’exige pas de croyance, mais plu­tôt d’être capable de doute ; cela le place de manière phi­lo­so­phique très dif­fé­rem­ment des autres religions…

    Je ne nie pas les points com­muns que peuvent avoir les reli­gions, à com­men­cer par un cer­tain degré de sou­mis­sion et de croyance. Mais je vou­lais mettre l’accent, dans ce billet, plu­tôt sur ce qui les sépare…

    Bref, le mot reli­gion est trop géné­ral pour faire l’affaire.

    Posted 10 novembre 2009 at 15:08 | Permalink
  5. Athanagor

    «je te don­nais la défi­ni­tion d’islam qui dit expli­ci­te­ment qu’il com­porte une dimen­sion poli­tique, juri­dique, et sociale.»

    Tout, abso­lu­ment tout dans l’humain contient une dimen­sion sociale et poli­tique. Par exemple, n’importe quel cours de mana­ge­ment t’apprendra que si tu veux chan­ger quelque­chose dans une entre­prise, il y a une dimen­sion ratio­nelle, sociale, et poli­tique.
    Ce n’est donc pas du tout spé­ci­fique à l’islam. Il serait ridi­cule de pen­ser que les pro­fes­seurs en mana­ge­ment, par exemple, cherchent à impo­ser leur mode de vie aux français.

    Ce que je te dis, c’est pour­tant simple :
    – l’islam est une reli­gion, qui a, entre beau­coup d’autres choses, une dimen­sion poli­tique, comme à peu près tout ce qui est humain
    – l’islamisme, en revanche, est une idéo­lo­gie poli­tique et n’est QUE cela.

    Ensuite : «la dis­tinc­tion n’est que très récente et vise à nous faire croire qu’il existe un islam non poli­tique, sécu­la­risé, laïc. Je l’appelle de mes voeux, mais il n’existe nulle part, à part dans la tête de quelques musul­mans qui n’ont de musul­mane que la culture»

    C’est abso­lu­ment n’importe quoi. Du Maroc à l’Irak, en pas­sant par tous les autres pays médi­té­ran­néens par exemple, on ne trouve pas du tout ce dont tu parles : mis à part en Ara­bie Saou­dite et en Iran.
    Tous les autres pays arabes, par exemple, sont fon­dés sur ce que l’on appelle le pan­ara­bisme, ou le socia­lisme. C’est le cas du RCD (Tuni­sie), du FLN (Algé­rie), du parti de Mou­ba­rak, de Khad­daffi, etc.
    Fran­che­ment, je te conseille une lec­ture de livres sur la ques­tion poli­tique dans ces pays, hon­nê­te­ment rien qu’en pre­nant les exemples les plus proches, on voit que les géné­ra­li­tés que tu énonces sont sans fon­de­ments.
    Nier cela revient à nier que la Terre est ronde.

    Et encore une fois, tu manques de recul : tu vois, actuel­le­ment, deux par­tis en Pales­tine par exemple. Le Hamas et le Hez­bol­lah, d’inspiration reli­gieuse. Et paf, tu te dis «ben voilà, l’islam est par­tout».
    D’abord, ces deux par­tis sont de créa­tion extrê­me­ment récente, jus­te­ment. Ensuite les par­tis his­to­riques de la résis­tance pales­ti­nienne sont, je le répète et le redis, pan­arabe et socia­liste. C’est vérifiable.

    Ce n’est que BIEN APRES, après l’échec des par­tis his­to­riques, que ce sont déve­lop­pés les islamistes.

    M’enfin.

    Posted 10 novembre 2009 at 15:53 | Permalink
  6. LOmiG

    «- l’islamisme, en revanche, est une idéo­lo­gie poli­tique et n’est QUE cela.»

    QUel est le contenu idéo­lo­gique de l’islamisme, alors ? Je veux bien faire toutes les dis­tinc­tions, mais au moins que l’on parle sur du concret. Donnes moi le contenu, le cor­pus idéo­lo­gique de l’islamisme, afin que l’on avance.

    Posted 10 novembre 2009 at 16:26 | Permalink
  7. Athanagor

    J’ai d’abord une ques­tion : com­ment peux-tu te per­mettre de par­ler de l’islamisme, si tu n’en connais pas le contenu????? C’est un truc de dingue!

    En tant qu’introduction, le B-A BA à savoir, tu le trou­ve­ras là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l’isla­misme

    Tout n’est pas pré­cis, mais hon­nê­te­ment, si tu pars de zéro sur le concept d’islamisme, alors c’est déjà bien.

    Le niveau du des­sus, je te le four­nis aussi :

    En gros, être isla­miste, c’est vou­loir établir un gou­ver­ne­ment isla­mique, c’est l’idée pre­mière. Il s’agit, égale­ment, de reve­nir au mode de vie du VIIème siècle, celui du pro­phète, c’est un second point.

    Mais d’où vient cette curieuse idée d’être islamiste?

    Face aux défaites face à l’empire Otto­man et aux Occi­den­taux, qui s’est ter­miné par la colo­ni­sa­tion, deux cou­rants isla­miques se sont déve­lop­pés:
    – l’un, plu­tôt cool, ouvert à la démo­cra­tie, etc… (voir les enfants de Rifaa, de Sor­man, ou les nou­veaux pen­seurs de l’islam, de Rachid Ben­zine) c’est le cou­rant lar­ge­ment majo­ri­taire en nombre, mais lar­ge­ment mino­ri­taire en bruit
    – l’autre, pré­ten­dant que pour pro­té­ger la Umma(communauté des croyants) des enva­his­seurs otto­mans, occi­den­taux, ou comme main­te­nant issus de l’axe américano-sioniste , il fal­lait res­tau­rer le cali­fat (aboli si mes sou­ve­nirs sont bons par Ata­turk), c’est le cou­rant lar­ge­ment mino­ri­taire en nombre, mais majo­ri­taire en bruit

    Ce second cou­rant s’est rapi­de­ment déve­loppé pour les rai­sons sui­vantes:
    – la créa­tion du Pakis­tan: les conflits indo-pakistanais de la période contem­po­raine sont en fait des affron­te­ments de natio­na­lismes. Et c’est là qu’a été créé le pre­mier Etat moderne, sur le seul cri­tère reli­gieux, le Pakis­tan, face au natio­na­lisme hin­douiste. Les pakis­ta­nais (je parle des gou­ver­nants et des agi­ta­teurs poli­tiques) , ayant une men­ta­lité de per­sé­cuté (pour dire cela sim­ple­ment) , constam­ment sur le pied de guerre, ont par la suite cher­ché à répandre leur vision de l’islam dans le reste du monde.
    – la créa­tion de l’Etat d’Israel (pas la peine de trop détailler)
    – l’autoritarisme des régimes arabes post colo­niaux, ter­reau fer­tile pour les extré­mismes, de gauche, comme le com­mu­nisme (inac­cep­table pour un musul­man) et de droite, c’est l’islamisme (même si dans cer­tains pays comme la Turquie, l’extrême droite est plu­tot athée)
    – la manne pétro­lière et gazière: les Etats arabo-musulmans, notam­ment, ont pu prendre une place impor­tante à par­tir du choc pétro­lier
    – l’instauration de l’imamat en Iran, après la révo­lu­tion isla­mique (pour les chiites, l’imamat est le sixieme pilier de l’islam, les sun­nites n’ont que les cinq pre­miers) : l’idée selon laquelle le gou­ver­ne­ment isla­mique pou­vait mar­cher pour com­battre les américano-sionistes, nou­veaux ava­tars de l’ennemi exté­rieur, a com­mencé à se répandre.

    Com­ment tout cela reboucle avec les pre­miers temps de l’Islam?

    Pour l’instant, j’ai expliqué pourquoi et com­ment l’idée d’un gou­ver­ne­ment isla­mique est née. Main­te­nant, je vais expliquer pourquoi ce n’est en réa­lité qu’un fan­tasme, et que, his­to­rique­ment autant que théo­lo­gique­ment, il n’y a jamais vrai­ment eu de gou­ver­ne­ment isla­mique. (ce que je vais expliquer là est valable seule­ment pour les sun­nites, pas pour les chiites qui est un cou­rant distinct)

    1 — le pro­phète, avant l’Hégire, n’était qu’un pré­di­ca­teur, après il était dépo­si­taire de la hukuma, de l’autorité juri­dique
    2 — A sa mort, les quatre califes (mot signi­fiant «suc­ces­seur légi­time» et «suc­ces­seur chro­no­lo­gique» en arabe) lui ont donc suc­cédé. Tout se pas­sait bien jusque là.

    Le pro­blème, c’est lorsque ces deux concepts de «suc­ces­seur» se sont confon­dus, lorsque ces califes ont pris les attri­buts du pro­phete (la jus­tice). Ainsi, le cali­fat est deve­nue une ins­ti­tu­tion tri­bale, qui se pas­sait entre potes (les uns «suc­cé­daient» aux autres, chro­no­lo­gique­ment), voire dans la même famille, la jus­tice (pou­voir venant de la «suc­ces­sion légi­time») étant appliquée aux dépens de tout le monde sauf des déten­teurs de celle-ci.

    C’est après les quatre pre­miers califes que tout a dérivé:
    – les conci­toyens étaient deve­nus de simples sujets, payant l’impot
    – per­sonne n’avait droit de cité, sauf si il avait les faveurs du calife
    – ce der­nier avait tout de même une obli­ga­tion: pro­té­ger l’Umma (ça a au moins été gardé.)

    C’est notam­ment sous l’influence byzan­tine que les ommeyades ont pris à leur compte des normes de droit jus­ti­fiant leurs pou­voirs. Là où les califes devaient assu­rer unique­ment la sécu­rité exté­rieure de leur peuple, ils se sont acca­pa­rés tout le pou­voir. L’islam est assez strict sur ce point, comme nul homme n’est infaillible, prendre le pou­voir au nom de Dieu est pro­hibé, à l’inverse, chez les byzan­tins cette norme avait cours. Evi­dem­ment, les califes en ont pro­fité pour reprendre ce modèle, on devine aisé­ment pourquoi.

    Les motifs de l’expansion opé­rés par les califes n’a jamais été reli­gieuse, contrai­re­ment à ce que beau­coup tentent, par igno­rance ou inten­tion maligne, de faire croire.
    En effet, l’Egypte après conquête n’était pas musul­mane. L’Espagne, après les huit siècles de pré­sence musul­mane, com­pre­nait une majo­rité de chrétiens.

    Les jus­ti­fi­ca­tions reli­gieuses sont venues bien après la Reconquista, en fait.

    Donc, tout cela ne sont bien sûr que des fan­tasmes, il n’y a jamais eu de gou­ver­ne­ment isla­mique, sim­ple­ment des types qui ont pris le pou­voir et conquis des ter­ri­toires pour des motifs pure­ment sécu­liers d’expansion.

    Posted 10 novembre 2009 at 17:00 | Permalink
  8. pap

    Dieu merci il n’y a que les jour­na­listes qui croient que les trois reli­gions du livre ont en com­mun le même mes­sage! Ce n’est pas parce que tout le monde cite Abra­ham (mais les mor­mons aussi et tant d’autres…pourquoi les oublier?) que les mes­sages sont com­muns. On sait bien que c’est la loi qui compte pour les juifs et que dieu n’est pas obli­ga­toire. On sait bien que le christ apporte la notion d’amour comme objec­tif. Quand à l’islam oublions ses tur­pi­tudes et ses fana­tiques, avoués ou masqués.
    Ce qui est impor­tant dans la ques­tion du billet c’est de savoir si les neu­rones humains sont ainsi faits qu’ils ont besoin de com­bler un manque ou de construire des sché­mas qui les amènent à ima­gi­ner dieu, à construire du sacré, à s’imposer des lois plus dures que les lois natu­relles. Pourquoi l’humanité a-t-elle passé tant de géné­ra­tion à construire l’histoire biblique et à la réci­ter par coeur? Quel besoin se cache der­rière cet effort col­lec­tif gigan­tesque? Pourquoi une part non négli­geable de l’humanité peut-elle prendre les délires d’un maho­met pour argent comp­tant? Je ne sais pas si c’est une mala­die, une névrose, mais je crois qu’il y a quelque chose de fon­da­men­ta­le­ment non logique, au sens mathé­ma­tique du terme. La logique, et son ava­tar scien­ti­fique, sont-ils le fos­soyeur des délires reli­gieux? L’opposition constante des reli­gions contre les avan­cées scien­ti­fiques (depuis la bible qui inter­dit au pre­mier homme de goû­ter aux fruits de l’arbre de la connais­sance), jusqu’aux sou­rates débiles (seul dieu sait de qui/quoi tu es enceinte), en pas­sant par la condam­na­tion de Gali­lée, me laissent à pen­ser que l’effort logique, l’effort d’objectivité, est anti-religieux par nature.
    Et si l’effort logique et l’effort d’objectivité étaient une autre névrose?

    Posted 10 novembre 2009 at 23:35 | Permalink
  9. Ce que je trouve pour ma part le plus inté­res­sant dans cette affaire «CLS et l’Islam», c’est la réac­tion des médias. Quoique l’on pense de l’islam et des reli­gions, c’est embar­ras­sant de voir un «gen­til» dire «des trucs de méchant».
    La logique vou­drait qu’à notre époque, où l’islam fait par­tie du décor, l’on revienne sur ce qu’en disait le «maître». Le fait-on ? Sur­tout pas.
    Je n’ai jamais lu CLS et ne me fait qu’une idée très vague de son oeuvre. Cela dit j’ai comme l’impression que si les jour­na­listes se replongent dans ses livres afin d’expliquer aux lec­teurs, audi­teurs et spec­ta­teurs qui était CLS, ce ne sera que pour y déni­cher ces pas­sages condam­nant la société de consom­ma­tion, le «capi­ta­lisme sau­vage», etc.
    Et c’est bien ça le plus révélateur.

    Posted 11 novembre 2009 at 11:04 | Permalink
  10. cilia

    S’il y a névrose, il me semble qu’il est plus sensé de la cher­cher du côté de la nature humaine plu­tôt que de celui de la reli­gion.
    Les super­sti­tions, les rites, les fois me semblent être des réponses aux ques­tions, aux angoisses, aux névroses en fait, humaines, et non pas des causes.

    On peut dis­cu­ter voire s’affronter lon­gue­ment sur les points com­muns, mais on ne peut pas oublier le véri­table point com­mun : la recherche de sens.
    Le boud­dhisme lui-même, s’il ne s’articule pas autour d’une notion de divi­nité, apporte tout autant que les reli­gions abra­ha­miques une réponse au sens de la vie et à l’espoir d’un au-delà de cette même vie.

    Donc, par­ler de régres­sion me pose un pro­blème.
    Cela ne m’en pose pas quand je me situe aujourd’hui et ici, et que je pense à l’évolution de l’humain et de sa conscience dans ma société occi­den­tale du XXIème , mais cela m’en pose un très gros si je me place à l’échelle de l’humanité de son avè­ne­ment à nos jours.

    Posted 11 novembre 2009 at 11:52 | Permalink
  11. pap

    Cilia, la nature humaine et le reli­gion c’est la même chose. C’est l’homme qui invente la reli­gion. La reli­gion n’est que l’expression de la nature humaine. pas toute la nature humaine mais une bonne part, et tout à fait repré­sen­ta­tive de ce que sont les carac­té­ris­tiques humaines. Mais c’est comme tout: faut-il res­pec­ter toutes les ten­dances humaines parce qu’elles sont humaines ou doit-on cana­li­ser cer­taines ten­dances pour favo­ri­ser la vie en groupe? La reli­gion elle même est une ten­ta­tive de régler la vie en groupe. mais il y a des règles plus fécondes que d’autres.

    Posted 11 novembre 2009 at 12:54 | Permalink
  12. cilia

    Pap,

    Non, je ne pour­rais pas dire, comme toi, que la reli­gion et la nature humaine, c’est la même chose.
    Pour moi, il y a une rela­tion de causes à effets mais cer­tai­ne­ment pas d’équivalence.

    Ce qui me mène à pen­ser qu’on doit réflé­chir et se deman­der si, sur un très long terme, la reli­gion n’est qu’une étape ou un simple outil dans le déve­lop­pe­ment humain.

    Et à ce titre, on doit entre autre(et tu le dis aussi), juger des qua­li­tés dudit outil, de ladite étape.
    Mais, cela me paraît impos­sible si l’on pose comme préa­lable que la reli­gion est une névrose, un opium ou une absur­dité.
    Je ne dis aucu­ne­ment que c’est la volonté de Lomig, hein, que ce soit clair.
    Je dis juste qu’oublier l’origine des choses condamne, à mon sens, toute issue heu­reuse, ou tout au moins pas trop cruelle voire glo­ba­le­ment positive…

    Posted 11 novembre 2009 at 13:37 | Permalink
  13. Athanagor

    Ecou­ter ce que Claude Lévi-Strauss dit sur l’islam, c’est comme écou­ter Reba­tet par­ler du judaïsme : ces per­sonnes ont fait leurs études au début du XXème siècle, je vous laisse ima­gi­ner les hor­reurs qu’ont leur a apprises.
    Idem pour quelqu’un comme Revel, d’ailleurs.

    Autant deman­der à un tali­ban ce qu’il pense du christianisme.

    Posted 11 novembre 2009 at 14:43 | Permalink
  14. Pierre75

    Bonjour,
    je crois que le texte cité par Lomig est trop modéré! Un théo­ri­cien des neu­ros­ciences avait expliqué que c’est l’être humain lui-même qui est une névrose — une ano­ma­lité dans la nature. Il théo­ri­sait ça à par­tir du dés­équi­libre entre néo et paléo cor­tex ; en gros une petite frange de «ratio­na­lité» qui ne sert qu’à jus­ti­fier les pul­sions lim­biques. Il faut consta­ter que l’homme est malade, bizarre, des­truc­teur, habité de pul­sions de mort, etc. D’où vient cette névrose ? Freud avait sa théo­rie, les chré­tiens parlent du péché ori­gi­nel ; mais il semble que la reli­gion est loin d’être la seule névrose humaine!

    Posted 11 novembre 2009 at 18:07 | Permalink
  15. jugurta

    Salut Lomig,

    Le titre du Billet est pro­vo­ca­teur. Etre croyant, est-ce être névro­tique? Dans ma défi­ni­tion de névrose, il y a une patho­lo­gie, une mala­die men­tale au pire, des troubles du com­por­te­ment au mieux.

    Je pense sin­cè­re­ment que l’on peut être athée n’avoir aucune reli­gion, et être névrosé.

    Une reli­gion n’est pas une névrose. Votre billet m’est en avant, me semble-t-il, une vision fixe de la reli­gion, vu par un non croyant, un athée que je qua­li­fie­rai un peu par pro­vo­ca­tion, de dog­ma­tique :o ). Je pré­fère les athées fidèle à la Compte-Sponville.

    J’en reste là pour le moment. Enfin et ça semble être déjà le cas, j’ai peur que ce nou­veau billet nous ren­voie encore une fois à l’islam et je crois que sur ce sujet on a fait le tour de la ques­tion. Non?

    Posted 11 novembre 2009 at 19:05 | Permalink
  16. pap

    Cilia: «Je dis juste qu’oublier l’origine des choses condamne, à mon sens, toute issue heu­reuse, ou tout au moins pas trop cruelle voire glo­ba­le­ment positive…»

    Tu as rai­son nature humaine et reli­gion ne sont pas équi­va­lents. Je me suis mal exprimé. Je vou­lais sim­ple­ment dire que c’est la nature humaine d’inventer la reli­gion et qu’à ce titre il est nor­mal de trou­ver plu­sieurs formes de reli­gions.
    Ta cita­tion ci des­sus m’interpelle car elle cherche à mettre en évidence «les ori­gines» et c’est une ques­tion que je me pose sou­vent. Quels évène­ments ont poussé les hommes à inven­ter la reli­gion? Est ce par besoin de com­prendre un monde qui les dépasse? Est ce par besoin de gérer les rela­tions entre humains: chef/pas chef, homme/femme, guerre/paix…? Est ce parce que les groupes qui avaient inventé la reli­gion sont deve­nus pré­va­lents et ont exter­miné les autres? Je crois que les reli­gions ont du être au début un moyen de struc­tu­rer le groupe humain pour résis­ter aux autres groupes humains. Nous n’avons pas beau­coup de traces des pre­miers phé­no­mènes reli­gieux. Les jour­na­listes nous dirons bien sûr que les sépul­tures sont des évène­ments reli­gieux. Est ce sûr? Qui peut le prou­ver? Ne faut-il pas y voir des marques de pou­voir? Je crois que la tra­di­tion orale qui a fait réci­ter par des cen­taines de géné­ra­tions les fables bibliques jusqu’à ce que l’écriture soit inven­tée est une marque reli­gieuse. Je me demande si les popu­la­tions qui ont appris par coeur si long­temps et si pré­ci­sé­ment leur his­toire l’ont fait par hasard ou après avoir saisi que cette tech­nique leur don­nait un avan­tage déci­sif sur les autres peuples qu’ils fréquen­taient. De la même façon je m’interroge sur la dis­pa­ri­tion de la reli­gio­sité dans les peuples «évolués» actuels. N’abandonne-t-on pas la reli­gion car l’utilisation du doute et de l’esprit cri­tique don­ne­rait un atout déci­sif en matière de pro­grès écono­mique, tech­nique et social. Autre­ment dit, la bonne reli­gion aujourd’hui n’est-elle pas la démarche scientifique?

    Posted 11 novembre 2009 at 19:25 | Permalink
  17. Je pense égale­ment que la reli­gion n’est pas plus névro­tique que l’absence de reli­gion, étant donné que l’élément névro­tique obser­vable dans le rap­port du croyant à sa croyance s’observe égale­ment dans l’esprit de l’athée, du maté­ria­liste, etc.

    Posted 11 novembre 2009 at 19:48 | Permalink
  18. LOmiG

    salut à tous,
    merci pour cette dis­cus­sion pas­sion­nante !
    Oui bien sûr le titre était pro­vo­ca­teur : c’était pour vous faire venir…
    Je rejoin ce que vous dites : bien sûr, la névrose peut s’exprimer dans un excès de doute et de ration­na­lité, comme dans l’excès de croyance ou d’abdication de la raison…

    L’équilibre est ce qu’il faut recher­cher, au niveau indi­vi­duel. Etre conscient de ses propres croyances est le début de la sagesse, non ? Car on peut com­men­cer à les inter­ro­ger, à en dou­ter, et à ren­for­cer celles que l’on juge inté­res­santes et utiles. Un rap­port conscient à la croyance me parait nécessaire.

    Sur le côté col­lec­tif, je rejoins la vision de Pap : les groupes qui se sont struc­tu­rés grâce et par le reli­gieux l’ont cer­tai­ne­ment fait parce que ça leur don­nait un avan­tage sélec­tif. De même, j’avais lu un article de Michel Serres où il mon­trait que les scien­ti­fiques avaient pris, au moment de la révo­lu­tion, la place «sociale» et cultu­relle que les reli­gieux occu­paient aupa­ra­vant. Cela a du sens. Et cela nous impose d’intégrer qu’il ne faut pas en faire une reli­gion jus­te­ment. Le doute a du bon, en tant qu’élément de la démarche scien­ti­fique, mais il est très impor­tant de savoir en quoi l’on croit, ou pour quoi on veut se battre et agir.

    ça me rap­pelle une cita­tion du dimanche :

    Si vous êtes cer­tain, vous vous trom­pez cer­tai­ne­ment, parce que rien n’est digne de cer­ti­tude ; et on devrait toujours lais­ser place à quelque doute au sein de ce qu’on croit ; et on devrait être capable d’agir avec éner­gie, mal­gré ce doute.

    Ber­trand Russel

    à bien­tôt, et merci encore à tous pour vos contri­bu­tions qui m’ont bien fait réfléchir…

    Posted 12 novembre 2009 at 10:50 | Permalink
  19. Athanagor

    @Lomig:
    «les groupes qui se sont struc­tu­rés grâce et par le reli­gieux l’ont cer­tai­ne­ment fait parce que ça leur don­nait un avan­tage sélectif.»

    Sans vou­loir cou­per les che­veux en quatre car cela n’est pas le cas, je com­prends ce que tu écris mais la for­mu­la­tion me paraît de nature à induire en erreur, c’est le «parce que», sous-entendant une volonté déli­bé­rée dès le départ.

    J’aurais plu­tôt écrit : les groupes qui se sont struc­tu­rés grâce et par le reli­gieux ont de ce fait eu un avan­tage sélec­tif (sur les autres pour qui cela n’est pas le cas) ce qui a per­mis d’accroître leurs chances d’être pérenne dans le temps.

    Dans ma for­mu­la­tion, il n’y a pas de déci­sion type «tiens, si on se struc­tu­rait autour de la reli­gion parce que ça va nous don­ner un avantage».

    Posted 12 novembre 2009 at 12:31 | Permalink
  20. pap

    Oui la remarque de Lomig est fon­da­men­tale car il parle d’avantage sélec­tif. On est dans le dar­wi­nien et la sélec­tion natu­relle des espèces. Et là il y a un gros pro­blème car un musul­man par exemple ( comme un fon­da­men­ta­liste chré­tien) n’accepte pas cette démarche scien­ti­fique de la sélec­tion natu­relle. Comme ensei­gnant j’ai reçu le livre arriéré d’un mil­liar­daire turc qui inonde les «intel­lec­tuels» pour mon­trer que la théo­rie de Dar­win est une super­che­rie. En fait oui, l’émergence reli­gieuse a par­ti­cipé à la sélec­tion natu­relle et je crois qu’aujourd’hui l’absence de reli­gion appa­rait comme un fac­teur de pro­grès sélec­tif pour les groupe qui seront capables de s’y tenir. Mais le pari n’est pas gagné.

    Posted 12 novembre 2009 at 12:50 | Permalink
  21. Athanagor

    @pap : ton isla­mo­pho­bie te brouille l’esprit. J’ai écrit noir sur blanc que ce que disait Lomig était pro­ba­ble­ment vrai (en tout cas, je suis d’accord avec cela), mais que la for­mu­la­tion pou­vait induire en erreur en intro­dui­sant plus ou moins une idée d’intentionnalité.
    Tu n’es pas assez intel­li­gent pour com­prendre cette idée d’intentionnalité.

    Jus­te­ment, en deman­dant à Lomig de pré­ci­ser son pro­pos et d’enlever ce concept d’intentionnalité (inutile au demeu­rant dans son argu­men­ta­tion), je me démarque de théo­ries type Intel­li­gent Design, pré­ci­sé­ment défen­dues par.… des religieux.

    Bref : là où la plu­part du temps tu tapes à côté du sujet, là on en monté d’un cran. Désor­mais, tu inter­prètes mon pro­pos en me fai­sant dire le contraire exact de ce que j’ai écrit.

    Et pour le coup, ça c’est une névrose : http://fr.wikipedia.org/wiki/Névrose_obsessionnelle

    Posted 12 novembre 2009 at 13:18 | Permalink
  22. sylvia azad

    Bonjour,
    Je vient de lire votre article, merci beau­coup pour se sujet très réa­liste et véri­dique,
    chez les Chré­tiens, les per­sonnes deven­nant et vivent dans la reli­gions , deviennent
    sim­pliste ??? dans la croyance en l’ huma­nité et ses sem­blables.
    Quand au Musul­man son sou­vent méchant et croyent déte­nir la pure vérité !!!
    Tout a fait juste, de dire qu’il faut se méfier des Musul­mans.-…
    J’en suis convein­cue,
    Bonne fin de jour­née,
    Salutation.

    Posted 13 novembre 2009 at 16:04 | Permalink
  23. Je ne sais pas si les musul­mans sont suf­fi­sam­ment raf­fi­nés ou sophis­tiqués pour déve­lop­per des com­por­te­ments névro­tiques. Sin­cè­re­ment je ne le crois pas. C’est leur faire trop d’honneurs.

    Mon sen­ti­ment sur leur désir de cacher les femmes est de tout sim­ple­ment les oppri­mer et les bri­mer car elles sont infé­rieures phy­sique­ment. Je dirais que la réac­tion des mâles musul­mans est très basique : je suis le plus fort, c’est moi qui ai le plus de muscles alors celui qui a le moins de muscles doit se sou­mettre et je peux le bri­mer comme bon me semble. Je réflé­chis pas plus. Point barre.

    On est là dans le type même de réac­tion cro-magnonesque de la brute à l’état .… brut. Rien à voir avec la tor­ture d’une âme un tant soit peu évoluée et tour­men­tée des pro­blèmes existentiels.

    Posted 13 novembre 2009 at 19:10 | Permalink
  24. Athanagor

    @Sylvia :
    «Je vient de [..] les per­sonnes deven­nant et vivent dans la reli­gions , deviennent
    sim­pliste ??? [..] Quand au Musul­man son sou­vent méchant et croyent déte­nir la pure vérité !!!
    [..] J’en suis conveincue »

    11 fautes de gram­maire, de syn­taxe, de conju­gai­son et d’orthographe. Le Théo­rème de Chi­tah est une nou­velle fois véri­fié, il énonce que plus une per­sonne est raciste/islamophobe/judéophobe/etc., moins elle maî­trise la langue française.

    @Pascale :
    Quelle brillante ana­lyse, vrai­ment. C’est du lourd, ce ne sont pas des cli­chés éculés, et la syn­thèse est per­ti­nente. Bravo.

    Posted 14 novembre 2009 at 12:40 | Permalink
  25. Pascale

    @ Atha­na­gor

    Merci pour le compliment.

    Si je com­prends bien le théo­rème de Chi­tah tous les racistes, xéno­phobes, isl­ma­mo­phobes sont nuls en syn­taxe, ortho­graphe etc… mais tous les nuls en syn­taxes, ortho­graphe etc ne sont pas racistes, xéno­phobes, islamophobes ?

    Qui a pondu ce théo­rème et quel est le rai­son­ne­ment qui l’a produit ?

    A-t-il valeur de dogme ?

    Posted 14 novembre 2009 at 14:44 | Permalink
  26. Athanagor

    «mais tous les nuls en syn­taxes, ortho­graphe etc ne sont pas racistes, xéno­phobes, islamophobes ?»

    Pas toujours, ils embrassent par­fois d’autres conne­ries (trots­kysme, etc.). Ce que je vou­lais dire c’est que, hors quelques cas type dys­lexie, la maî­trise du français est direc­te­ment cor­ré­lée aux capa­ci­tés intellectuelles.

    «Qui a pondu ce théo­rème et quel est le rai­son­ne­ment qui l’a pro­duit ? A-t-il valeur de dogme ?»

    Les réponses : moi, le mien après de très longues obser­va­tions et non ce n’est pas un dogme mais une théo­rie (réfu­table, donc).

    Posted 15 novembre 2009 at 12:30 | Permalink
  27. @ Atha­na­gor

    ««a maî­trise du français est direc­te­ment cor­ré­lée aux capa­ci­tés intellectuelles.»»

    Bien entendu. Mais vous énon­cez donc indi­rec­te­ment que l’islamophobe est défi­cient intel­lec­tuel­le­ment. Or je suis isla­mo­phobe. Pour les rai­sons qu ej’ai indiquées ci-dessus et qu eje vais déve­lop­per plus avant.

    L’islam est un concept de vie à des années lumières de la pen­sée occi­den­tale. Il véhi­cule la vio­lence d’abord, et ensuite il véhi­cule la sou­mis­sion : sou­mis­sion de l’Homme à dieu, sou­mis­sion des femmes aux hommes et à Dieu, sou­mis­sion des mino­ri­tés aux musul­mans. La civi­li­sa­tion occi­den­tale est basée sur la réflexion, le doute, les remise en ques­tion qui vont l’élever jusqu’à Dieu (que j’appelle per­son­nel­le­ment la Per­fec­tion). L’islam lui se conetnte d elui deman­der de se sou­mettre et de se pros­ter­ner, j’allais idre bête­ment, en tous les cas l’islam ne res­pecte pas l’Homme, il l’avilit et lui demnde de res­ter sur le plan­cher des vaches tel une larve. Tu obéis, point barre. Toi l’homme tu obéis à Dieu, toi la femme tu obéis à l’homme, on va pas cher­cher plus loin.

    En tant qu’Occidentale, tout ce qui fait réfé­rence à la sou­mis­sion m’est into­lé­rable car cela me ramène à mes ancêtres qui se sont bat­tus pour la liberté et qui l’ont obte­nue peu ou prou. Mais la Liberté est ce qui sous-tend notre culture. Et la capa­cité de réflexion et de doute en fait sa richesse.

    La civi­li­sa­tion occi­den­tale et l’islam sont incom­pa­tibles et anta­go­nistes. Et l’Occidental, quand il voit une femme voi­lée, est incons­ciem­ment ramené vers la sou­mis­sion et l’idée de Liberté (de son manque), d’autant plus que l’islam est conqué­rant et qu’il y a donc un réel dan­ger à ce que nos valeurs dis­pa­raissent. Voilà pourquoi je suis isla­mo­phobe et que je le reven­dique. Voila aussi j’en suis per­sua­dée la rai­son de l’islamophobie ambiante, que peu de per­sonnes arrivent à for­mu­ler clairement.

    Avec mon témoi­gnage pouvez-vous confir­mer la vali­dité de votre théo­rème ? Que vous aviez nommé comme s’il était un dogme.

    Posted 15 novembre 2009 at 13:15 | Permalink
  28. Athanagor

    @Pascale :
    «Mais vous énon­cez donc indi­rec­te­ment que l’islamophobe est défi­cient intel­lec­tuel­le­ment. Or je suis islamophobe.»

    Si c’est ce que vous avez cru, alors vous m’en voyez désolé et je vous pré­sente mes excuses, ce n’est pas du vrai. Non, je ne disais pas «indi­rec­te­ment» qu’un isla­mo­phobe est défi­cient intel­lec­tuel, je le dis direc­te­ment et je l’affirme : tout «XXX-phobe» est quelqu’un qui a de gros pro­blèmes, cog­ni­tifs, intel­lec­tuels, affec­tifs, que sais-je encore.

    Et oui, avec votre témoi­gnage, mal­heu­reu­se­ment, mon théo­rème se confirme : vous accu­mu­lez tous les cli­chés que vous avez pu lire dans les dos­siers de l’Express ou je ne sais où encore. Et ces cli­chés, à l’instar de ceux qui énoncent que les juifs empoi­sonnent les puits, que les gitans cuisent les petits enfants dans la glaise, ou que les noirs ont le sens du rythme, ne méritent aucune réponse car je n’ai pas de temps à perdre avec ce type de salades.

    C’est sur­tout vous que je plains : pourquoi se prendre la tête sur des salades pareilles?

    Posted 15 novembre 2009 at 16:23 | Permalink
  29. Athanagor

    Quand même, juste quelques détails pour vous aider :
    – «civi­li­sa­tion occi­den­tale», de même que «islam» sont des concepts creux, illus­tra­tifs au grand maxi­mum, mais ne cor­res­pondent à rien. En effet, les popu­la­tions, les pra­tiques, les his­toires, les cultures, sont tota­le­ment dif­fé­rentes. Et pour votre gou­verne, en Sicile, il existe des églises où le prêtre psal­mo­die les textes de la bible comme un imam. Mar­rant non?
    – vous devriez pas­ser plus de temps à émailler vos textes de «en effet», «par consé­quent», etc. qui per­mettent de les clas­ser dans les textes argu­men­ta­tifs et logiques. Sinon, ils risquent d’être clas­sés dans le témoi­gnage type micro-trottoir à la Morandini.

    Posted 15 novembre 2009 at 16:26 | Permalink
  30. @ Atha­na­gor

    Facile de ren­voyer quelqu’un sous le vocable «défi­cient intel­lec­tuel­le­ment» : ça évite d’argumenter .….

    Car hor­mis pro­fé­rer des pro­pos qui tentent de me déva­lo­ri­ser que faites-vous d’autre ?

    Posted 15 novembre 2009 at 16:50 | Permalink
  31. Athanagor

    Vous vou­lez savoir ce que j’entends par là? Je vais vous l’expliquer :
    – lorsque je lis des géné­ra­li­tés comme «L’islam est un concept de vie à des années lumières de la pen­sée occi­den­tale.», alors que l’islam est une reli­gion et non un concept de vie, que la pen­sée occi­den­tale est tout sauf quelque­chose d’identifiable (Bour­dieu? Kant? Marx? Drieu La Rochelle? Reba­tet? Maur­ras? Ber­nard Henri Lévy?) je ne peux que res­ter très très per­plexe. Vous ne faites qu’écrire, sous une forme faus­se­ment savante, une phrase qui ne signi­fie que «nous c’est mieux qu’eux». Ni plus, ni moins. J’appelle cela de la philo de comp­toir.
    – lorsque je lis «l’islam ne res­pecte pas l’Homme, il l’avilit et lui demnde de res­ter sur le plan­cher des vaches tel une larve.» je me demande com­ment on peut pon­ti­fier autant sur un sujet que l’on ne connaît abso­lu­ment pas. Une connais­sance élémen­taire de l’islam vous mon­tre­rait que ce que vous dites là revient à dire que les noirs ont le sens du rythme.

    Vous vou­lez d’autres exemples?

    Posted 15 novembre 2009 at 18:53 | Permalink
  32. @ Atha­na­gor

    En tant que reli­gion (bien qu’un de mes amis musul­man pra­tiquant un méde­cin de 85 ans, extrê­me­ment cultivé ait conclu la visite de sa biblio­thèque où figu­raient de nom­breuses éditions du Coran dont plu­siers en arabe en me disant : «mais de toute façon c’est un sys­tème poli­tique) l’Islam véhi­cule une concep­tion de la vie : se soumettre.

    Vous êtes bizarre quand même dans vos rai­son­ne­ments : sous pré­texte que ça s’appelle reli­gion, ça n’a pas une concep­tion de la vie. On dirait que les deux s’excluent à vous entendre ?

    A part don­ner des leçons vous m’avez donné des exemples ? Et des exemples de quoi ?

    A bon entendeur .…..

    Posted 15 novembre 2009 at 20:18 | Permalink
  33. LOmiG

    @ Pas­cale : même si je ne par­tage ta manière de par­ler des «musul­mans» en géné­ral (je cri­tique l’idéologie isla­mique, mais je garde une nuance entre les croyances et les indi­vi­dus, entre la culture de nais­sance (non choi­sie) et les orien­ta­tions indi­vi­duelles (en par­tie choi­sies)), je confirme qu’Athanagor fait exprès de faire sem­blant de croire que l’islam n’est pas une idéo­lo­gie. C’est bien pra­tique ; c’est une reli­gion, donc ça n’est pas une idéo­lo­gie glo­ba­li­sante ou poli­tique. Rien n’est plus faux et tu as rai­son de le souligner.

    Posted 16 novembre 2009 at 11:55 | Permalink
  34. Athanagor

    @Lomig :
    Erreur intel­lec­tuelle clas­sique, dire qu’une reli­gion est une idéo­lo­gie est un vol de concept : http://fr.liberpedia.org/Vol_de_concept
    De même, j’ai repris récem­ment une per­sonne m’affirmant que le com­mu­nisme (une idéo­lo­gie poli­tique) est assi­mi­lable à une reli­gion : j’ai tenté de lui expliquer que d’une part c’était très gros­sier et faux comme assi­mi­la­tion, et d’autre part cela ne pré­sente aucun intérêt.

    Lomig : sup­po­sons que l’islam soit une idéo­lo­gie. Pourrais-tu m’expliquer les conséquences concrètes, mis à part par­ve­nir à insul­ter plu­sieurs cen­taines de mil­lions de per­sonnes en expliquant que leur foi c’est de la merde*?

    * on notera ici que les isla­mistes wah­ha­bites disent la même chose que Lomig, mais à pro­pos du chris­tia­nisme et du judaïsme. Une fois de plus, isla­mistes et isla­mo­phobes ont des vues du monde com­munes. Très intéressant.

    Posted 16 novembre 2009 at 12:14 | Permalink
  35. pap

    post 23: «il faut se méfier des Musulmans»

    post 25 «plus une per­sonne est raciste/islamophobe/judéophobe/etc., moins elle maî­trise la langue français»

    Voila le type même de géné­ra­li­sa­tions qui sont à mon avis du racisme pur car elles assi­mile un cas par­ti­cu­lier à un groupe, ou font por­ter glo­ba­le­ment à un groupe des carac­tères défa­vo­rables qui peuvent très bien ne pas concer­ner cer­tains membres du groupe. C’est ça le racisme.

    Posted 16 novembre 2009 at 15:34 | Permalink
  36. LOmiG

    @ Pap : d’accord avec ça. les posts 23 & 24 me semblent être l’oeuvre de per­sonnes «racistes».

    @ Atha­na­gor : le vol de concept, c’est de faire croire que l’islam est une reli­gion, sans pré­ci­ser de quel sens du mot tu parles …

    A. − Reli­gion des musul­mans, prê­chée par Maho­met et fon­dée sur le Coran.
    B. − [Islam écrit avec ini­tiale majus­cule] Ensemble des peuples qui pro­fessent cette reli­gion; la civi­li­sa­tion qui les caractérise.

    L’islam au sens A est une idéo­lo­gie poli­tique. Ne confon­dons pas, comme le font Pas­cale et Syl­vie Azad plus haut, l’idéologie et les personnes…

    «Toutes les per­sonnes sont res­pec­tables, aucune croyance n’est res­pec­table». Il faut être tolé­rant avec les gens, et into­lé­rant avec les idées.

    Posted 16 novembre 2009 at 15:47 | Permalink
  37. Athanagor

    D’abord un lien, qui à mon sens met défi­ni­ti­ve­ment par terre la thèse du billet intro­duc­tif : http://www.slate.fr/story/13061/les-origines-de-dieu
    Loin d’être une névrose, la reli­gion a en fait été natu­rel­le­ment selec­tion­née des cen­taines d’années avant la nais­sance des reli­gion abrahamiques.

    @Lomig :
    Quand j’écris : “plus une per­sonne est raciste/islamophobe/judéophobe/etc., moins elle maî­trise la langue français” tu me dis raciste.
    J’en conclus donc que tu penses que je pense, et même tu penses tout court, que «racistes», «isla­mo­phobes», etc. sont des races.
    Fran­che­ment, c’est un scoop, je ne le savais pas. Et les gens qui n’aiment pas les cons sont racistes aussi, parce que «con» est une race? Ben v’al autre chose.

    Second point : «L’islam au sens A est une idéo­lo­gie poli­tique.«
    Il manque un «en effet», ou un «parce que». Sinon, je peux affir­mer que Lomig est un zor­glub, c’est évident voyons, sans avoir à défi­nir zor­glub ni dire pourquoi j’écris cela.

    Posted 16 novembre 2009 at 16:23 | Permalink
  38. LOmiG

    Pour le coup, ce n’est pas toi que l’on trai­tait de raciste, alors calmes toi !
    la racisme est à prendre au sens large comme l’a défini pap : «assi­mi­la­tion d’un cas par­ti­cu­lier à un groupe, ou faire por­ter glo­ba­le­ment à un groupe des carac­tères défa­vo­rables qui peuvent très bien ne pas concer­ner cer­tains membres du groupe. C’est ça le racisme.»

    L’islam est une idéo­lo­gie poli­tique parce que par­tout où il est la règle, ce sont les reli­gieux qui dictent les lois et font appliquer la cha­ria. Et parce que X sou­rates et ver­sets donnent des pres­crip­tions sur la manière dont doit être gérée la vie de la cité…c’est aussi simple que cela.

    Posted 16 novembre 2009 at 17:08 | Permalink
  39. Athanagor

    «L’islam est une idéo­lo­gie poli­tique parce que par­tout où il est la règle, ce sont les reli­gieux qui dictent les lois et font appliquer la cha­ria. Et parce que X sou­rates et ver­sets donnent des pres­crip­tions sur la manière dont doit être gérée la vie de la cité…c’est aussi simple que cela.»

    OK, c’est donc un pro­blème de connais­sance alors, je com­prends mieux. Pas grave, nous allons y remé­dier.
    La Tuni­sie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rassemblement_constitutionnel_démocratique
    (le parti au pou­voir est membre de l’internationale socia­liste, le socia­lisme est anti-religieux)
    La Libye, l’Irak, la Syrie, Le Liban, l’Egypte, sont dans un cas com­pa­rable, hors quelques acco­mo­de­ments cosmétiques.

    Refu­ser cette réa­lité, c’est comme affir­mer que la France a un roi, parce que le Comte de Paris se prend pour l’héritier de la cou­ronne de France. C’est une erreur de pen­ser cela, Lomig.
    (je ne parle même pas des pays asiatiques)

    Posted 16 novembre 2009 at 17:16 | Permalink
  40. Athanagor

    Bref, ne nous lançons pas dans un n-ème sujet sur l’islam, il y en a déjà suffisamment.

    Je remets le lien posté ci-dessus, plus cadré sur le sujet du billet :
    http://www.slate.fr/story/13061/les-origines-de-dieu

    Il existe beau­coup d’angles pour ana­ly­ser le fait reli­gieux, celui pro­posé par l’enquête citée par le NYTimes me paraît inté­res­sante et sur­tout très féconde.

    Posted 16 novembre 2009 at 17:34 | Permalink

Ecrire un commentaire

Votre mail ne sera jamais publie. Les champs marques * sont obligatoires

*
*