Car l’angoisse nous contraint à la créativité, et la culpabilité nous invite au respect. Sans angoisses, nous passerions notre vie couchés. Et sans culpabilité, nous resterions soumis à nos pulsions.
L’angoisse n’est digne d’éloge que lorsqu’elle est source de création. Elle nous pousse à lutter contre le vertige du vide en le remplissant de représentations. Elle devient source d’élan vers l’autre ou de recherche de contact sécurisant comme lors des étreintes anxieuses. La culpabilité ne nous invite au respect que lorsque la représentation du temps permet d’éprouver les fautes passées, de craindre les fautes à venir, afin de préserver le monde de l’autre et de ne pas lui nuire.
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Car l’angoisse nous contraint à la créativité, et la culpabilité nous invite au respect. Sans angoisses, nous passerions notre vie couchés. Et sans culpabilité, nous resterions soumis à nos pulsions.
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14 Comments
Bonjour,
Boris cyrulnik, à juste titre, crédite l’ angoisse d’ un pouvoir de créativité.
A celle-ci on pourrait ajouter la mélancolie et la souffrance qui sont également des fondements à partir desquels s’ élabore la plupart des œuvres artistiques majeures.
La création est un acte de sublimation. Les artistes créent souvent à partir d’un trop plein parce qu’ils ressentent le besoin vital d’exprimer une puissance intérieure dont nous n’avons pas fini de discuter l’essence .
J’ observe que cette créativité peut s’ adosser, outre sur nos angoisses et nos failles existentielles ,mais également sur nos plaisirs et sur nos joies .
L’ exemple des Beatles ( remasterisation oblige !) me vient à l’ esprit . La majeure partie de l’ œuvre de John Lennon reflête assurément les angoisses et le mal être de l’ intéressé alors celle de Paul Mac Cartney puise sa source à une gamme plus variée d’ émotions.
Sauf erreur de ma part, John Lennon et Paul Mc Cartney sont deux orphelins de mère. Ceci expliquerait donc cela…
Quant à moi, je suis un grand angoissé donc ton billet de ce matin me réjouit et me rassure à la fois !
Bon dimanche, sous vos applaudissements (ah le regretté Jacques Martin)
Cyrulnik brosse là un tableau (partiel) mais authentique de l’âme occidentale assez bien décrite par Jung dans « l’Homme à la découverte de son âme ». Âme n’étant pas ici prise au sens religieux mais plutôt au sens « inconscient ».
Cette chose (âme et inconscient, peu importe le nom qu’on lui donne) étant complètement absente en islam, dans lequel l’Homme est amputé d’une partie de lui-même.
@ jean robin
Exact. John Lennon et Paul Mc Cartney sont restés inconsolables de la disparition de leurs mères aimées survenue alors qu’ ils avaient 16 et 17 ans. Lennon perdait un mère rejetante tandis que Mc Cartney perdait une mère aimante.
salut à tous, merci pour vos commentaires…!
Oui, ça se sent aussi, si je peux me permettre une remarque de béotien, que Mc Cartney a été plus aimé et a une panoplie d’émotions plus riche que Lennon. Dans leur musique solo, c’est vraiment flagrant…
@ Pascale : pour une fois que je ne parle pas d’islam, merci de ne pas ramener la discussion là-dessus….!
@ Jean : tu est un angoissé toi ? Je n’aurais pas dit. Tu caches bien ton jeu, ou alors tu es un grand sublimateur !
personnellement, je ne suis pas un grand angoissé. Mais je trouve que le fait de trouver des mots pour décrire ses angoisses est extrêmement important pour pouvoir les utiliser ensuite…positivement.
J’ai reçu ça de ma mère… ;(
par les gènes, ou par l’éducation ?
L’angoisse est un sentiment humain qui perdure assez largement dans la population, et est source de comportement vertueux comme de handicap : un homme préhistorique angoissé qui explique à ses camarades qu’aller dans cette forêt sombre et dense, de nuit et pour la première fois, n’est peut-être pas une super bonne idée, contribue à la sécurité de son groupe en théorie. A l’inverse, si ce même homme explique qu’il vaut mieux rester calfeutré dans sa grotte le gourdin à la main, tant les menaces sont importantes, contribuera à scléroser son groupe.
Au final, la caractéristique psychologique d’une personne (hors cas limites et psychiatriques) ne doit être jugée, à mon sens, qu’à l’aune des actions concrètes qu’elles déclenchent.
Chitah a écrit :
d’accord avec ça. Ce sont les actes qui comptent.
ce qui est intéressant avec Cyrulnik c’est que non content de valoriser l’angoisse il valorise aussi la culpabilité. ça fait du bien.
@ Lomig
Vous avez raison.
Pour en revenir à l’angoisse, elle est humaine et normale et est en effet un « moteur ». Par contre c’est lorsqu’elle devient pathologique qu’elle est alors paralysante et néfaste. Il en faut un juste dosage pour aiguillonner sans tétaniser. Mais bon je ne suis pas psy.
@tous, et surtout Lomig et Pascale : Je conseille les livres de vulgarisation de François Lelord et Christophe André sur la question de la psychiatrie et de la psychologie, notamment « Comment gérer les personnalités difficiles » et « Vivre heureux », ainsi que quelques autres. (les titres sont un peu nazes, mais bon)
Ils font le point sur les approches en matière de sciences de l’esprit : plutôt que d’avoir des catégories cloisonnées (anxieux, schizophrène, paranoïaque, etc.) ils raisonnent en termes dimensionnels. C’est plus qu’intéressant. Ce sont à mon sens de bonnes introductions, qui m’ont été recommandées après coup par des spécialistes du domaine, on peut acheter les éditions de poche (pas chères) à peu près les yeux fermés!
@Lomig : c’est incroyable, désormais nous sommes d’accord une fois par semaine. Nous progressons, nous progressons!