La magie du réel

Faut-il mentir aux enfants ? Faut-il leur faire croire au Père Noël ? Pour ma part, je réponds non, trois fois non. Je n’ai pas envie de mentir à mes enfants. Adapter les explications en fonction de leur âge, de leur capacité à comprendre, oui. Mais leur mentir, jamais.

Il n’y a pas besoin de croire au Père Noël pour apprécier l’ambiance de Noël, et la magie de Noël. C’est mon cas : j’adore me promener dans les rues décorées, enluminées, et ce que j’y vois, loin d’être une magie féérique et mystérieuse, est au contraire la magie du réel, la magie de tous ceux qui, par goût ou par volonté, par tradition ou par amour, participent à embellir, le temps de quelques semaines, les rues rendues âpres par le froid. Oui : c’est aussi le propre des êtres humains que de créer, pour rien, comme ça, tout ce petit cirque. Les décorations, l’ambiance, les lumières, les odeurs de nourritures, les cadeaux : tout cela n’est pas fait par le Père Noël, mais bien par des individus, qui se retrouvent dans un rituel dont le sens n’a pas besoin d’être adossé à une réalité bizarre (le Père Noël) pour exister.

Le sens de Noël, c’est le partage, c’est le don. Oui, je sais : on célèbre aussi autre chose. On célèbre aussi, entre autres, l’amour. D’accord pour célèbrer cela aussi ! Mais pour moi Noël, c’est le partage de bons moments, c’est le partage d’une magie humaine, palpable dans les rues joyeuses et pleines de la tension de l’attente.

Joyeux Noël à tous !

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12 Comments

  1. Je regrette que les gens perdent de vue la signification première de Noël, impopulaire car religieuse. Le Père Noël, il est bien gentil avec sa barbe, ses rennes et ses lutins, mais Noël, c’est d’abord la naissance du petit Jésus à Bethléem.

    Posted 24 décembre 2009 at 20:55 | Permalink
  2. Je pense que vous raisonnez trop. Faites un peu confiance aux habitudes et aux traditions.

    Le Père Noël a diverses fonctions, pour le dire pompeusement, il enchante le monde.

    Et découvrir qu’il n’existe pas permet de grandir.

    Posted 24 décembre 2009 at 22:50 | Permalink
  3. Exact. Les enfants ne deviennent pas des idiots parce qu’ils ont cru au Père Noël. Et cela ne les traumatise pas d’apprendre que pendant des années on leur a raconté des bobards. C’est une phase, voilà tout.

    Posted 24 décembre 2009 at 23:06 | Permalink
  4. mischka

    Entièrement d’ accord avec Franck et Maxime.

    Deux principes s’ opposent dans l’ affaire du Père Noël :le principe selon lequel la vérité est préférable au mensonge et celui qui veut qu’ un peu de merveilleux cela ne se refuse pas surtout avant l’ âge de cinq ans.

    En fait, les parents font croire à l’ enfant à l’ existence du père noël avec la complicité de ce dernier. L’ enfant en général remet rarement en cause son existence en posant la question » est-ce que le père noël existe ? » car il sent intuitivement que la réponse de l’ adulte va sans doute mettre fin à ce merveilleux qui l’ enchante.

    Pour mon fils cela s’ est passé très simplement et de la façon suivante : motus et bouche cousue jusqu’à cinq ans et demi puis ,par une belle journée de juin, il est venu m’ interrompre au milieu d’ une lecture par ces paroles « le père noël n’ existe pas ».Je lui ai répondu » ben, non ».Il est réparti tranquillement vers ses occupations .

    J’ estime que le principe de dire la vérité s’impose lorsque l’ enfant vous fait savoir qu’ il souhaite la connaître car il ne faut pas décevoir sa confiance en l’ adulte.Là se trouve l’ obligation de dire le vrai.

    Enfin, l’ homme par le biais des contes et mythes ,de la littérature et du cinéma, crée un monde adjacent auquel appartient le Père Noël mais également Don Quichotte, Quasimodo, le Comte de Monte-Cristo, le capitaine Némo ,Tarzan, Harry Potter,etc,..

    L’ enfant sait faire la part des chose s’ agissant des œuvres de fiction qui peuvent toucher pareillement que le réel .

    Oscar Wilde disait que le plus grand chagrin qu’il avait eu c’était la mort de Lucien de Rubempré dans Balzac.

    Bon Noël LOmiG et à tous.

    Posted 25 décembre 2009 at 11:00 | Permalink
  5. LOmiG

    salut à tous, merci pour vos commentaires !

    @ Maxime : oui, bien sûr : Noël c’est la naissance de Jésus. Je le célèbre de manière païenne, sans pour autant être étranger au message d’amour qu’il porte.

    @ Franck : il y a des traditions respectables et d’autres non. Je fais surtout confiance aux humains (plus qu’aux traditions) pour s’orienter – individuellement – vers les comportements qui leur plaisent ou qui leur permettent de survivre. Et je fais confiance à la nature pour orienter les comportements vers la survie. Mais c’est une autre discussion.

    @ Mischka et les autres : je comprends votre point de vue, mais je ne le partage pas. Je pense qu’il est idiot et inutile de faire croire au père noël. On peut jouer avec la symbolique, raconter l’histoire aux enfants, mais en étant clair sur le statut « fictif » du père noël. Chacun fait comme il veut, mais je n’ai aucune envie de « bobarder » mes enfants. D’ailleurs, votre argument principal pour défendre le fait de faire croire au père noël, est de dire que c’est utile, que l’enfant grandit en découvrant qu’il n’existe pas. En effet, la seule justification de la mise en place d’un chagrin/déception programmé serait un bénéfice ultérieur supérieur. Je n’en vois pas l’ombre d’une preuve. En quoi la déception formerait-elle l’esprit des enfants à un enchantement du monde ? La déception c’est un désenchantement. Par ailleurs, ma fille de 3 ans a beaucoup d’imagination, et je ne ressens aucunement le besoin de la pousser vers encore plus d’imagination et d’iréél. Elle sait très bien s’en procurer la dose nécessaire : pourquoi vouloir gérer à sa place cet aspect intime de son développement ?

    Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : croire au Père Noël puis apprendre qu’il n’existe pas n’a certainement jamais « traumatisé » personne. Mais je ne vois pas de justification morale à mentir aux enfants. Ce n’est que mon point de vue. Pour finir : je ne rejette aucunement l’évasion dans l’imaginaire – indispensable – ou l’utilité des contes et des mythes. Mais j’ai lu trois fois Monte-Cristo : pas besoin de croire que c’est vrai pour adorer ce grand roman. Une part de la magie des romans tient là-dedans d’ailleurs : le livre fait apparaitre dans l’imaginaire un monde presque réel, que l’on ne peut pas confondre avec une réalité. C’est ce qui manque dans les films : la part d’imaginaire.

    à bientôt

    Posted 25 décembre 2009 at 11:16 | Permalink
  6. Paul

    Je suis d’accord avec toi Lomig, pourquoi faire croire des bobards à ses enfants si ceci ne leur apporte aucun bénéfice ? Et globalement en phase avec ta vision des choses : la magie c’est le regard que nous portons sur le réel. Inutile de chercher du fantastique et du divin, toutes les merveilles du monde sont déjà sous nos yeux. S’il y a une naissance qu’il faut célébrer, ce n’est pas celle de Jésus, mais celles d’Aristote, Kant ou Hayek !

    Posted 25 décembre 2009 at 15:26 | Permalink
  7. Paul

    (J’ai oublié Bach ;-)

    Posted 25 décembre 2009 at 15:26 | Permalink
  8. la magie de Noel ? Pékin ne la connait pas… libérez Liu Xiaobo ! http://bit.ly/7DstQ

    Posted 25 décembre 2009 at 16:04 | Permalink
  9. La légende du Père Noël, comme les contes et les lampions, d’une certaine façon rassure les enfants et je ne pense pas qu’ils soient déçus d’apprendre plus tard qu’il n’existe pas. Au contraire, ils en gardent un souvenir émerveillé…Joyeux Noël à vous

    Posted 26 décembre 2009 at 00:28 | Permalink
  10. LOmiG

    Merci pour vos commentaires !

    @ Paul : mais moi je pense qu’il faut célébrer à la fois Jésus et Socrate, et Bach et Mozart ! Pourquoi Jésus ne serait-il pas à célébrer ? Son message est tout de même essentiel pour les valeurs que nous partageons, non ?

    @ Lolik : je garde un souvenir émerveillé de Noël, et je suis toujours émerveillé à Noêl. Pourtant je n’ai jamais cru au Père Noël. Ce sont les souvenirs de l’ambiance familiale chaleureuse, des cadeaux, de la joie, de l’amour reçu qui font que l’on garde un souvenir émerveillé de l’enfance et de Noël. Pas le fait de croire au Père Noël…

    Pourquoi faudrait-il donc croire en des fariboles pour être émerveillé ? Je ne crois pas en Dieu, je ne crois pas au Père Noël, mais je porte sur le monde un regard optimiste et emerveillé. Je le redis : les enfants n’ont pas besoin de baratins pour trouver le monde merveilleux, mais d’amour, de patience, d’opportunité de se développer. Pas de baratins.

    Posted 26 décembre 2009 at 11:47 | Permalink
  11. Pierre NOEL

    Ce qui donne du sens aux fêtes populaires, c’est avant tout le fait qu’elles permettent à l’homme de transcender sa condtion, et donc leur origine essentiellement religieuse. A part ça, la fête de Noël ne me parait pas être une fête essentielle pour les chrétiens, au sens où la naissance de Jésus ne me semble pas avoir de dimension transcendentale. Quand à la volonté de l’auteur de dire toujours la vérité aux enfants, elle me parait témoigner d’une vision monolithique de la vérité. C’est mon cadeau de fin d’année.

    Posted 31 décembre 2009 at 15:39 | Permalink
  12. «la fête de Noël ne me parait pas être une fête essentielle pour les chrétiens»

    Internet a bien des défauts, mais tout de même, quand il nous offre des tranches de rigolade comme celle-là, c’est une bénédiction.

    Posted 31 décembre 2009 at 17:51 | Permalink

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