Meilleurs voeux !

Je souhaite à tous les lecteurs commentateurs d’Expression Libre une heureuse année 2010. Qu’elle soit synonyme de santé, de joie et de projets !

Echo politique m’a invité, avec d’autres à formuler un souhait de société pour 2010. Je reproduis le sien, auquel je m’associe bien sûr, avant d’en formuler un :

Mais comme charité bien ordonnée commence par soi-même, la critique s’adresse aussi l’ensemble des citoyens qui sont toujours à demander ce que l’Etat peut faire pour eux, à demander que l’Etat intervienne, tranche, protège, décide, aide, subventionne, paye, reprenne…J’aimerais qu’en cette année, et sans aller jusqu’à la célèbre phrase de Kennedy, tout le monde se demande ce qu’il peut faire pour lui-même avant de demander que l’Etat fasse pour lui. Cette dépendance envers l’Etat est, selon moi, la principale cause des malheurs des français, de notre pessimisme généralisé et plus largement de notre déclin relatif.

Il me semble voir le racisme et la mauvaise compréhension se répandre entre les personnes. Je parle du racisme à tous les niveaux, celui de ceux qui veulent généraliser à des catégories entières de personnes, celui de ceux qui ne veulent pas regarder les faits, ou les nuances, celui de ceux qui veulent faire taire le débat et la discussion.

J’ai bien peur de la cristallisation en cours, dans laquelle les individus seront de plus en plus absents, et les groupes de plus en plus utilisés pour jouer le conflit. Sauf si nous sommes capables de parler - et ce sera mon souhait pour 2010 – : c’est le seul moyen de sortir du conflit par le haut.

En ayant des discussions publiques et privées, en étant intolérant avec les idées fausses, avec le politiquement correct, et tolérant avec les personnes. Et cette résolution doit être appliquée aussi individuellement : ce que je crois vrai, je dois le dire. Même si ce n’est pas le plus simple.

Critiquer l’islam n’est pas raciste. Rejeter la burqa, non plus. La parole – vite ! – est le seul moyen pour éviter la guerre civile larvée que nous a préparée l’incurie des pouvoirs publics. Et l’insondable bêtise égalitariste d’une partie de la caste journalistique.

Rétablir l’ordre, faire les réformes qui s’imposent pour diminuer la taille de l’Etat, discuter, de tout, dans le respect et la liberté de parole. Ceux qui veulent empêcher les discussions, qu’elles soient à propos de burqas, de minarets, ou d’identité nationale sont coupables de maintenir le couvercle sur un feu qu’il convient d’apaiser au plus vite. Avant qu’il ne soit trop tard.

Nous devrions inscrire – à l’instar des USA – la liberté d’expression dans la constitution.

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4 Comments

  1. Salut Lomig,

    Tu vas être content : la liberté d’expression est inscrite dans la constitution depuis 1789. Article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

    Bonne année !

    Posted 12 janvier 2010 at 23:53 | Permalink
  2. LOmiG

    Salut Rubin merci pour ton passage et pour cette précision. Nous faisons référence, il me semble, assez souvent aussi à des lois promulguées plus tard et interdisant telle ou telle prise de position, sur tel ou tel sujet : sont-elles anticonstitutionnelles ? (je pense à la loi Gayssot par exemple) Quoi qu’il en soit, il s’agit alors d’utiliser vraiment cette liberté et non pas demander aux racistes et aux cons de se taire, mais dire encore et toujours qu’ils le sont, et montrer pourquoi. J’imagine que tu es d’accord avec ça… Bonne année à toi.

    Posted 13 janvier 2010 at 08:44 | Permalink
  3. mischka

    Je suis pleinement d’ accord avec votre billet LOmig .

    En effet, ou l’on défend la liberté d’expression complètement, ou l’on ne la défend pas du tout.

    Noam Chomsky a dit très justement à cet égard : « comment voulez vous combattre une idée si vous ne pouvez même pas en parler ? ».

    En ce qui concerne la loi Gayssot qui vise notamment à réprimer la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, je confirme sa constitutionnalité .

    Le contrôle de constitutionnalité des lois votées par le parlement est effectué par le Conseil Constitutionnel avant la promulgation de la loi. Ce contrôle ne peut s’exercer sur une loi déjà promulguée.

    Or, il s’ avère qu’ en 2001 il ne s’ est pas trouvé soixante parlementaires de droite et de gauche ( syndrôme du politiquement correct ) pour procéder à la saisine du Conseil Constitutionnel sur la question de la conformité de la loi votée avec la liberté d’expression consacrée par l’ article 11 de la Déclaration de 1789 .

    Dès lors, la loi Gayssot doit être considérée comme conforme à la Constitution.

    Toutefois, depuis 2008 la question a évolué du fait de la révision constitutionnelle du 23 Juillet 2008 qui a institué un contrôle de constitutionnalité des lois a posteriori. Le nouvel article 61-1 de la Constitution permet de contester la constitutionnalité de lois non contrôlées par voie d’exception.

    Il est donc possible que dans le futur le Conseil Constitutionnel soit être amené à se prononcer sur la constitutionnalité de la loi Gayssot sur renvoi préjudiciel du Conseil d’Etat ou de la Cour de cassation à l’ occasion d’ une condamnation.

    Meilleurs vœux.

    Posted 13 janvier 2010 at 18:04 | Permalink
  4. LOmiG

    salut Mischka, et merci pour ces précisions importantes, pour le béotien que je suis. Je me plaçais, naïvement, sous l’angle des idées, et il s’agit visiblement – j’espère pas uniquement – de droit. L’esprit de la liberté d’expression, c’est bien entendu qu’une loi comme la loi Gayssot est absurde… Après que nos règlementeurs et juristes aient réussi à faire en sorte du contraire, à un moment, c’est dommage, mais ça ne change pas le fond de la question. On est d’accord, et bonne année à toi aussi !

    Posted 18 janvier 2010 at 10:31 | Permalink

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