Les travaux de la « Mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national » sont terminés. Les députés ont rendu leur rapport, qui ne propose rien de nouveau sur la burqa. Une condamnation de principe, sans interdiction formelle. Contrairement à ce qui avait été annoncé à un moment, la burqa ne sera pas interdite sur le sol français. La faute à qui ?
En partie, aux membres du PS qui faisaient partie de la commission, et qui ont décidé de ne pas voter le texte. En partie aussi et surtout, à notre classe politique lâche et émasculée par le politiquement correct. Elle en devient inconséquente : comment peut-on, dans le même rapport, écrire ces deux phrases :
Tout dans le port du voile intégral est synonyme de rejet, de négation, d’exclusion, de repli, de fermeture, de refus de l’autre.
Il n’y a ici pas de transaction possible. La condamnation doit être unanime.
[...] La mission a été unanime à considérer que la pratique du port du voile intégral est aux antipodes des valeurs républicaines.
et puis conclure qu’il faut faire de la pédagogie, de l’éducation, et protéger les femmes contre cette pratique…sans interdire ! La belle affaire : il faut interdire la burqa, et autres niqab. Ne sommes-nous plus capables d’interdire sans justifier ? Ne sommes-nous plus capables, par peur d’être taxé de discrimination ou de racisme, ou à cause des complexités administratives qui rendent les décisions impossibles, de simplement désigner l’inacceptable ? Y’a-t-il des femmes, en France ou ailleurs, qui mérite de porter une burqa ?
Au nom de quoi peut-on tolérer la burqa, si on considère qu’elle est « synonyme de rejet, de négation, d’exclusion, de repli, de fermeture et de refus de l’autre » ?
J’emprunte le titre de cet article à mon confrère blogueur H16 (membre de LHC), pour saluer son retour.
Tagged: Burqa, Intolérable, Lâcheté

2 Trackbacks
You can leave a trackback using this URL: http://www.expressionlibre.net/2010/01/27/ce-pays-est-foutu/trackback/
[...] avons déjà parlé ici du rapport final de la mission parlementaire sur la burqa. J’avais été choqué que le [...]
[...] le sujet, qui le comprennent, qui prennent du temps pour en évaluer les différents aspects, concluent que : Tout dans le port du voile intégral est synonyme de rejet, de négation, d’exclusion, de [...]
33 Comments
Merci
De rien ! Que penses-tu, au passage, de cette histoire d’interdiction/non interdiction de burqa ?
Bonjour LOmiG.
Comment voyez-vous le rapport entre l’article et son titre? En quel sens « le pays est foutu » ?
Mon analyse est qu’il existe un fossé de plus en plus important entre les dirigeants et le peuple ; ce fossé oblige les dirigeants à établir de plus en plus de lois pour contrôler le peuple et lui interdire de s’exprimer. En gros, j’ai l’impression qu’un processus est enclenché qui aboutit de fait à la destruction de la démocratie (refus des réferendums, alternance entre une gauche et une droite qui refusent de mettre en cause des orientations fondamentales de la société etc.). Cette fin progressive de nos démocratie me semble le phénomène majeur que l’on peut observer, plus grave que d’autres dérives, car avec la démocratie on pouvait corriger les erreurs en train de se produire (par mécanisme de feed-back). Sans démocratie, non seulement des erreurs de direction se produisent, mais on ne peut plus les corriger…
Salut LoickRL,
merci pour ton commentaire !
Je dis que « ce pays est foutu », parce qu’il me semble extrêmement grave, et représentatif de notre incapacité collective à défendre des valeurs pourtant partagées, de ne pas être capable d’interdire purement et simplement la burqa.
Si l’on juge qu’elle est intolérable, ce qu’ont dit les membres de la commission (lire le rapport), alors on l’interdit, on ne tortille pas du c…
D’accord sur le manque de démocratie, mais là en l’occurence, il s’agissait bien d’un feedback, initié par un maire (Gérin), visant à corriger une dérive : nous n’avons pas là affaire à un manque de démocratie (qui existe pour d’autres sujets), mais à un manque de courage. Non ?
Je suis de plus en plus pessimiste quant à la capacité de ce pays d’être gouverné efficacement.
Nos politiques, et c’est particulièrement grave à l’Assemblée et au Sénat, sont de plus en plus incapables de prendre des décisions par eux-mêmes, minés qu’ils sont par la peur panique des éventuelles positions contraires de ce que j’appelle les instances supra-démocratiques, Conseil d’Etat et Conseil Consticutionnel.
Non pas que ces institutions soient en elles-mêmes anti-démocratique, mais du fait de l’idée que les élus s’en font, et de l’usage qu’ils en font.
Corolairement, le pouvoir que le législateur n’ose plus exercer est récupéré par la rue, même quand c’est sans violence, et ça, ce n’est plus de la démocratie : ça ressemble furieusement à l’anarchie.
Le manque de courage politique conduit irrémédiablement au chaos. Et tu as raison de dire que, si ça continue comme cela, « ce pays est foutu« .
La question que personnellement je me pose c’est : à quoi ressemblera cette pédagogie quel a commission présente comme une alternative à l’interdiction. Même d’un point de vue musulman, la pédagogie est pire que l’interdiction pure et simple, car il faudra, pour « rééduquer », montrer qu’une femme entièrement voilée n’est pas une femme libre et que de toute façon l’Islam, c’est pas ça. Autrement dit, des non-musulmans philosopheront sur une religion qui n’est pas la leur et que les musulmans veulent garder à l’abri des mécréants.
Une interdiction du voile intégral aurait posé problème aux musulmans les plus perturbateurs. Mais cette pédagogie incommodera les musulmans dans leur ensemble, et d’une manière tout à fait stérile. Il faut frapper un grand coup et n’en plus parler, au lieu de donner ces petites claques indolores qui suscitent un désir de vengeance.
« Au nom de quoi peut-on tolérer la burqa, si on considère qu’elle est « synonyme de rejet, de négation, d’exclusion, de repli, de fermeture et de refus de l’autre » ? »
Au hasard ? La liberté individuelle. Un concept très prisé dans les cercles libéraux.
salut à tous, merci pour vos commentaires !
@ René : oui tu peux rajouter au nombre des instances « supra-démocratiques » la Cour Européenne des droits de l’homme, qui fait peut à tout le monde avec sa manie de hurler à la discrimination à tout bout de champ !
@ Maxime : d’accord avec ça, je ne vois pas ce que pourrait-être cette « pédagogie »…Et l’interdiction du voile intégral ne pose problème qu’aux intégristes.
@ Rubin : je comprends cela. Mais on ne peut pas tout dire en même temps : soit on considère la burqa comme quelque chose (dixit l’unanimité des membres de la commission) « aux antipodes des valeurs républicaines », et à ce moment-là elle est à considérer comme une entrave à la liberté (qui fait partie, rassures-moi, des valeurs républicaines), soit on considère la burqa comme « non-choquante ». Est-ce ton cas ?
@ Rubin : défendre la burqa au nom de la liberté me parait à vrai dire un peu tiré par les cheveux. C’est un peu par goût du paradoxe, non ? Tout cela me fait penser à cet extrait d’Alain Laurent (paraphrasant et citant Hayek) que j’ai posté l’autre jour :
En quoi le tribalisme communautaire participe à la société ouverte, en acceptant ses règles du jeu ? En quoi la burqa favorise-t-elle l’ouverture et la vie commune paisible ?
Si les libéraux ne sont plus capables de lutter contre la burqa, pas plus qu’ils ne sont capables de s’exprimer clairement pour une politique forte de rétablissement de la sécurité pour TOUS les citoyens, alors ils resteront ce qu’ils sont : un groupe d’intellectuel qui se pignole dans son coin, en pleurant sur l’ostracisme dont ils sont l’objet, sans se rendre compte qu’ils en sont en partie responsables.
Défendre la burqa, pour un libéral, ce n’est même pas du dogmatisme, c’est de l’aveuglement et c’est coupable. Je te repose la question du billet : quelle femme mérite de porter une burqa ?
Ce qui choque Olivier Besancenot (entre autres choses), c’est la misère dans laquelle vivent de nombreux ouvriers français. Ils passent leur vie à l’usine pour gagner à peine le smic, et ont une espérance de vie bien plus courte que, par exemple, les cadres sup.
Soit on considère la misère comme quelque chose « aux antipodes des valeurs républicaines », et à ce moment-là elle est à considérer comme une entrave à l’égalité (qui fait partie, rassure-moi, des valeurs républicaines), soit on considère la misère comme « non-choquante ». Est-ce ton cas ?
Oui la misère me choque. Je constate, factuellement, que le système « économie de marché état de droit » capitaliste est ce qui permet le plus efficacement d’en sortir, en respectant nos valeurs d’égalité de droit, de respect de la propriété, et de liberté individuelle. Besancenot propose pour lutter contre la misère des solutions qui l’ont toujours, partout, accrue.
L’égalité républicaine n’est pas l’égalité de situation ou de fait, mais l’égalité de droit.
J’ai répondu à ta question, le plus sincèrement possible, je pense que tu vas maintenant répondre à la mienne ?
Facile
Oui la burqa me choque. Je constate, factuellement, que le système « société ouverte égalité des sexes » libéral est ce qui permet le plus efficacement d’en sortir, en respectant nos valeurs d’égalité homme-femme, de respect de la dignité humaine, et de liberté individuelle. Tu proposes pour lutter contre l’intolérance des solutions qui l’ont toujours, partout, accrue.
L’égalité républicaine n’est pas l’égalité de situation ou de fait, mais l’égalité de droit. Cela inclut le droit de porter un voile intégral.
Bonjour, y-a-t-il vraiment lieu de débattre sur le port de la Burqa ou autre voile intégral ? La loi n’interdit-elle pas de sortir masqué hors cortèges de carnaval ? Il me semble qu’une loi de ce type suffirait à fermer le débat ? Cette loi existe en Belgique et je crois en Suisse et me parait logique. Qui se sentirait encore en sécurité si tout le monde sortait masqué dans la rue ? C’est ce que nous devrions faire pour démontrer une fois de plus que le port de la burqa est inadmissible sur la voie publique, dans son domicile la personne peut la porter elle économise ainsi du chauffage.
@ Rubin : c’est dommage que tu sois dans le jeu rhétorique, là où j’essaye de dialoguer. Quand tu écris : « Tu proposes pour lutter contre l’intolérance par des solutions qui l’ont toujours, partout, accrue », cela n’a aucun sens ! Ce que je propose, c’est d’interdire ce qu’on reconnait comme choquant et intolérable, par tout le monde, visiblement. Par ailleurs, ce n’est pas contre l’intolérance que je veux lutter, mais contre les extrémistes, et contre ceux qui ne veulent pas de la liberté, et de la libre détermination des individus. Je vois dans la burqa une marque (comme les membres unanimes de la commission) d’un intégrisme profond, et bafouant l’humanisme qui fonde notre société.
Pour rejoindre Axel, je pense qu’il ne fait pas « débattre » de la burqa : soit on la considère comme « tolérable », soit comme « intolérable ». J’ai choisi mon camp. Et tu n ‘as pas, Rubin, répondu à la question cruciale : quelle femme mérite de porter une burqa ? Quels détours intellectuels peut-on faire pour expliquer que cette burqa est l’expression d’une liberté individuelle, alors qu’elle est la marque d’une oppression sexiste, et d’un communautarisme exacerbé ?
Mais la rhétorique peut être un excellent outil de dialogue !
La preuve : je l’utilise ici pour te montrer de la façon la plus limpide possible que ta position sur le sujet qui nous préoccupe est totalement incompatible — et même exactement opposée — à ton mode de pensée sur presque tous les autres.
Tu utilises contre la burqa et contre ce qu’elle représente à tes yeux exactement les arguments et le même type de vision de la société que tu combats le reste du temps.
Au passage : la burqa n’a rien à voir avec le communautarisme. Le communautarisme, pour ceux qui l’ont inventé, c’est la propension des individus à faire passer une appartenance « communautaire » avant l’identité nationale. Se mettre un voile sur le visage au nom d’une croyance religieuse n’a rien à voir avec ça, quand bien même on aurait tort de le faire d’un point de vue théologique, social ou humain.
Si une femme accepte que son mari lui dise comment s’habiller ou se voiler, ou bien encore si elle décide elle-même devoir voiler son visage ; c’est-à-dire, pour reprendre ta formulation simplificatrice, si elle pense « mériter de porter la burqa », fort bien, c’est son droit le plus strict.
L’État n’a pas à venir fourrer son nez là-dedans. Si tu n’es pas d’accord avec cette proposition simple, il faut se rendre à l’évidence : ton libéralisme s’arrête aux frontières de l’altérité.
salut Rubin,
merci pour ce commentaire qui m’éclaire beaucoup plus, et précise bien les choses.
plusieurs remarques, pêle-mêle, et sans lien logique :
1) dire que porter une burqa relève du libre choix, en faisant l’impasse sur le conditionnement culturel, les rapports de forces familiaux, est un peu une manière de se « laver les mains »
2) bien sûr que nos valeurs d’ouverture ont des limites naturelles : société tolérante ne signifie pas « qui tolère tout ». La burqa est clairement pour moi, comme pour toi, comme pour les membres de la commission, quelque chose qui ne fait pas partie du cercle de tolérance ; du moins pour moi. Pour toi il semble que notre tolérance doive aller jusque là. C’est là notre désaccord profond. A mes yeux, la burqa est une insulte à la femme, et à la société, lancée par des intégristes. Quel douloureux constat si la seule réponse que ces intégristes recoivent est « nous sommes tolérants : vous pouvez continuer »…
3) tu sembles faire l’impasse sur le fait qu’une partie de la communauté musulmane est « muselée » par une frange plus dure, qui prétend expliquer ce qu’il bon de faire quand on est musulman. Il me semble qu’interdire la burqa aurait un été un signal fort pour tous les musulmans ouverts et désireux de vivre dans une société libre: un signal fort leur disant « les pouvoirs publics, la société, condamnent ces intégristes qui font peser sur vous le poids de l’amalgame ». C’est une raison de plus pour interdire cette pratique.
4) où est la limite pour toi, quelle altérité es-tu prêt à accepter, si la burqa n’est pas cette limite ?
Je me permet, désolé, de recopier ici une citation de lévi-strauss, parce qu’elle dit mieux que moi ce que je pense :
Bonjour à tous !
Je rejoins Lomig pour dire qu’au delà de toute discussion sur les libertées individuelles, il est EFFARANT de constater l’impuissance de notre démocratie française à AFFIRMER SES VALEURS judéo-chrétienne. Nous allons en crever !! Les pays d’où émane cette tradition des femmes cachées (burqua,niquab) NE TOLERENT PAS d’écart par rapport à leur culture pour les femmes européennes qui s’y rendent : obligation de se cacher les cheveux, les jambes ou les avant bras dans les lieux publics ! Pourquoi eux défendent-ils leur culture et pas nous !
C’est incroyable, et je pense que dans une échelle très courte du temps nos valeurs vont être complètement laminées : c’est le prix à payer de la faiblesse face à l’agression culturelle ! Bravo les couilles molles…..
Gontman
Pardon de faire référence à moi-même, mais je pense que ça peut alimenter le débat :
http://politiqueliberale.blogspot.com/2010/01/encore-une-tempete-dans-un-verre-deau.html
salut Gontman,
merci pour ton passage et pour ton commentaire avec lequel je suis en complet accord : les valeurs, en plus, que nous partageons sont des valeurs moralement fortes et justes. Et nous devrions, par « tolérance » ou par « ouverture » les voir piétinées dans nos rues, tous les jours.
@ René : j’y cours !
« Ne sommes-nous plus capables d’interdire sans justifier ? »
Fort heureusement que non!
Je n’ai pas lu tous les commentaires, mais la moindre des choses est de justifier et argumenter une interdiction quelle qu’elle soit, on vit en démocratie et non en dictature que je sache. Étonnante question venant d’un libéral…
Bonjour à tous,
La burqa…aurait-on pû imaginer, quand nous avons découvert avec horreur ces fantômes contraints par les talibans de la porter en Afghanistan, qu’un jour prochain elle déferlerait chez nous ?? Parce qu’il ne faut pas se raconter d’histoires : le phénomène est en progression constante.
Et je suis convaincue, après avoir entendu sur les ondes les nombreux témoignages de femmes la portant, que c’est de leur part un acte volontaire, provocateur, un bras d’honneur qu’elles font aux pays occidentaux qui les accueillent.
Nous acceptons déjà un nombre très conséquent d »accomodements raisonnables », et si nous tolérons cette ultime offense, oui nous sommes foutus.
Combien disent en effet « si on m’empêche de la porter, je quitterai ce pays » ? La majorité d’entre elles actuellement.
La seule réponse : eh bien tirez-vous mes grandes, et on vous paie même le billet sans retour pour le paradis musulman de votre choix !!
Je souscris des deux mains au commentaire d’Anne, y compris à sa conclusion !
Ce n’est pas strictement le port de la burqa qui est notre principal problème, du moins quand ces dames le réclament à cor et à cris. Le problème, c’est le port de cette burqa sur notre territoire; c’est l’acceptation de cette pratique inacceptable chez nous; et celles qui y tiennent à tout prix n’ont rien à faire ici, dans un pays qui doit impérativement l’interdire pour rester digne de ses valeurs.
Salut à tous !
@ Manu : et bien, ce qui me choque, c’est qu’on aie besoin d’argumenter pour interdire la burqa, et encore plus que même en argumentant (ce qu’a fait la mission parlementaire pendant 6 mois), on n’en soit pas capable. Donc, pour résumer : tout le monde trouve ça choquant, mais personne n’a le courage de l’interdire ! Pourquoi ?
@ Anne : ça fait plaisir de te revoir par ici ! Ce qui me fait bien plus peur, ce sont celles qui disent « Vous pouvez me l’interdire, mais je la porterai quand même, et je resterai ! »
@ René : La burqa est en soi un problème à mes yeux ; la nana en Arabie Saoudite qui est voilée de force et qui n’a pas sa liberté me choque tout autant que celle en France…Mais je te rejoins sur un point : il faut commencer par traiter le problème le plus proche de nous et le plus urgent…
@ Rubin : ta réponse m’intéresse au plus haut point : quelle altérité es-tu prêt à accepter ? quid du signal envoyé aux français musulmans ?
à bientôt
Faut bien ficeler le truc d’un point de vue légal, sinon ça ne servirait à rien.
@Lomig, le seul problème est là : nous crevons de trouille devant une minorité de minorité de ces populations qui viennent quémander l’asile (et le reste, si attractif). Comment est-ce possible ? Pourquoi ne pourrions-nous pas faire respecter nos lois et nos codes de vie dans l’espace public ??
Renforcés par notre renoncement, notre repentance permanente sur tout, l’appui des assoc’ et de la gauche en quête d’une nouvelle base électorale, les nouveaux arrivants se transforment en colons agressifs et revendicatifs. J’entendais l’été dernier le discours hallucinant d’un de ces Belphégor nous faire la morale : les femmes en Europe se balladent à moitié à poil, et c’est donc nous qui avons inversé les valeurs et eux qui représentent le Bien !! Le message était clair : nous, musulmans, allons y remettre bon ordre…cela prendra le temps qu’il faudra, mais nous aurons gain de cause.
A force de lâcheté et de renoncement, c’est Metmati Maâmar qui a raison en déclarant :
« en 732 Abd Al Rahman a échoué ; en 1999, les musulmans occupent Paris et le reste du territoire national. Au lieu de frapper par l’épée, il suffisait de frapper à la porte ».
Cet homme hélas réaliste fait un carton sur oumma.com avec ses brûlots, et a fondé sa propre maison d’édition (les 12) pour les diffuser.
@René, je suis bien de votre avis : occupons-nous d’abord de chez nous, il serait grand temps ! Même si j’avoue être très pessimiste.
Le salut européen ne pourra venir que des peuples, tous les gouvernements étant d’une lâcheté suicidaire. Mais peut-être est-ce voulu et programmé ? Je finis par me le demander. En tout cas, il y a très loin des paroles aux actes…
Précision importante, Lomig : la burqa me gêne autant en Arabie Saoudite, en Afghanistan ou ailleurs, qu’en France. On est d’accord. Mais d’une part la loi française n’a pas vocation à s’occuper de ce qui se passe ailleurs qu’en France, et d’autre part elle n’aurait aucun effet si elle tentait de le faire. Notre problème immédiat est donc de l’interdire ici. Encore faut-il le faire, et nous n’en sommes apparemment pas encore là…
Oui, pourquoi? Pourquoi un manque de courage quand tous sont d’accord? Je me pose sérieusement la question, il n’y a pas vraiment de raison populaire à ne pas interdire.
La trouille ! Voilà la raison : la trouille de voir des fumistes, le PS, ses alliés et leurs consorts, saisir le Conseil Constitutionnel dès la loi votée, ceci pour les raisons purement politiciennes d’opposition systématique qu’on leur connaît, de voir ensuite ledit Conseil Constitutionnel casser la loi pour les raisons de pinaillage sur des points de droit microscopiques dont il a le secret, et de se retrouver dans une situation encore plus mauvaise qu’aujourd’hui…
Imagine un peu ce que serait le triomphalisme des extrémistes musulmans, pour qui la bruqa est un emblème de leur doctrine (et un outil de leur travail d’endoctrinement), si la plus haute instance juridique de ce pays cassait une loi d’interdiction !
C’est pourquoi cette loi doit être parfaitement ficelée. Mais la difficulté de la tâche n’excuse pas l’inaction, et encore moins la lâcheté. Il nous faut absolument cette loi !
@ Manu : je rejoins René pour dire que c’est la trouille, mais à mon avis c’est surtout la trouille de perdre les voix des musulmans. Les politiciens pensent que s’ils touchent à la burqa, ils perdront une partie du vote des individus musulmans. Ce qui est, à nouveau, un manière insupportable de les traiter comme des veaux réagissant en bloc, et de plus en bloc soudé avec les plus intégristes. Complètement débile et insultant. Si j’étais musulman, je serais content que l’on interdise la burqa : j’applaudirais des deux mains !
Je ne suis pas sûr que cela soit si simple, je pense qu’il y a un jonglage nécessaire entre le respect des libertés individuelles et tout ce qu’il y a de répugnant dans le port de la Burqa pour pouvoir décider quoi que ce soit.
Pour part, je ne suis pas contre une interdiction, mais l’interdire en tant que pratique religueuse, il faut être capable d’interdire sans que toute la communauté musulmane soit visée. Et comme toi je pense que la plupart des musulmans seraient plutôt favorables à une interdiction, si tant est qu’elle soit mise en place correctement, sans haine, sans amalgame.
Bonjour,
il me semble qu’il y a un vrai problème de cohérence à interdire la burqa dans l’espace public : d’un côté on fait venir ou on accepte des millions de personnes venues de pays musulmans ; leurs enfants deviennent français ; puis des années après, on s’avise qu’on ne veut pas de burqas, de nourriture hallal dans les cantines, de minarets etc. Est-ce bien correct? Peut-on accepter des millions d’immigrés musulmans, en connaissant leur religion et ses exigences, donner la nationalité française à eux ou à leurs enfants nés en France, puis leur demander (après coup) de renoncer à tel ou tel aspect de leur culture ?
Les partisans du voile à l’école et d’autres accommodements raisonnables disent que « la France n’a pas une identité statique, mais change en fonction des nouvelles populations qui la composent. » Cet argument est intéressant. On ne peut pas être un pays où l’islam est une religion importante et interdire par des lois nombre de pratiques plus ou moins liées à l’islam.
Imaginons ce que pourrait dire les islamophobes : « Il fallait être clair AVANT et accorder la nationalité française aux musulmans à condition qu’ils renoncent explicitement à nombre d’aspects de leur religion, car celle-ci comporte sinon des aspects difficilement compatibles avec la laïcité et la démocratie ».
Aujourd’hui, on peut difficilement dénier à un citoyen/à une citoyenne ses droits de citoyen sous prétexte qu’il est musulman et que ses pratiques ne collent pas avec celles d’un catholique, d’un laïc ou d’un athée…
salut LoikRL,
merci pour ton commentaire très intéressant.
1) précisons les choses. Le mot islamophobe a été forgé par les intégristes musulmans pour faire passer toute critique de l’islam pour du racisme. Je refuse donc d’utiliser ce mot.
2) ta phrase « Il fallait être clair AVANT et accorder la nationalité française aux musulmans à condition qu’ils renoncent explicitement à nombre d’aspects de leur religion, car celle-ci comporte sinon des aspects difficilement compatibles avec la laïcité et la démocratie». » rencontre mon plein accord. Oui : il est irresponsable de faire venir ou d’accepter des millions de gens, sans se préoccuper un minimum de leur faire accepter un socle de valeurs communes. Signer la déclaration des droits de l’homme, par exemple ?
3) bien sûr que la situation n’est pas simple, sinon nous n’en parlerions pas…