Citation du dimanche #172

Assurément, les hommes voudront toujours appartenir aussi à des groupes plus étroits, et ils seront volontaires pour y assumer de plus grandes obligations à l’égard d’amis ou de compagnons librement choisis. Mais de telles obligations morales envers quelques-uns ne peuvent devenir des devoirs obligatoires dans un système de liberté sous la loi, parce que dans un tel système le choix de ceux envers qui un homme souhaite assumer des obligations morales spéciales doit être laissé à sa discrétion et ne peut être dicté par la loi. Un faisceau de règles destiné à une Société Ouverte et applicable, au moins en principe, à n’importe quel individu, doit nécessairement avoir un contenu plus léger que celui qui régit le groupe restreint. [...]

Il peut sembler d’abord paradoxal que le progrès de la morale puisse conduire à une réduction des obligations spécifiques à l’égard d’autres personnes : et pourtant, quiconque pense que le principe d’égal traitement pour tous les hommes – qui est probablement la seule chance de paix – est plus important que l’aide spéciale à la souffrance visible, doit souhaiter qu’il en soit ainsi. Cela implique évidemment que nous donnions le pas à notre compréhension raisonnée sur nos instincts hérités. Mais la grande aventure morale dans laquelle l’homme s’est embarqué quand il s’est lancé dans la Grande Société est en péril lorsqu’on demande à l’individu d’appliquer à tous ses semblables humains les règles qui ne conviennent qu’entre les membres du groupe tribal.

Friedrich Hayek (1899 – 1992)

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8 Comments

  1. Enfin un blog où on ne parle pas de Jean Ferrat ! C’est rafraîchissant…

    Posted 14 mars 2010 at 12:38 | Permalink
  2. LOmiG

    Salut Didier Goux, content de t’avoir rafraichi ! :) Il faut dire aussi, qu’à ma grande honte, je n’en ai rien à cirer de Jean Ferrat. Le peu que j’ai connu de ce gars m’a simplement donné envie de ne plus jamais y remettre le nez. C’est mal de dire ça ?

    Posted 14 mars 2010 at 21:20 | Permalink
  3. Suis vraiment pas étonné que Jean Ferrat ne vous ait jamais intéressé. Sa pensée était sûrement plus profonde que la votre….C’est d’ailleurs pour cela que pendant des années il a été censuré sur les télés et radios d’état.

    Mais cependant, Cher Lomig, vous n’avez pas à avoir honte de ce que vous êtes. Jean Ferrat était AUSSI un champion de la tolérance. Ce point particulier et essentiel pourrait tout de même retenir votre attention.

    jf.

    Posted 16 mars 2010 at 11:10 | Permalink
  4. LOmiG

    @ Jacques : parlons franchement : je parlais du chanteur. Ses chansons n’ont pas d’intérêt. Le reste, c’est à dire le bonhomme, avait probablement de grandes qualités, mais n’étant pas en mesure de m’en rendre compte, je m’abstiens. Je parlais de sa musique, et de ce que j’en ai entendu, qui m’a fait chier.

    Je ne juge pas du personnage, mais de l’artiste. Je ne sais pas juger les êtres humains, surtout quand je ne les connais pas.

    Posted 16 mars 2010 at 14:22 | Permalink
  5. Oui, je comprends tout à fait que ce genre de paroles vous fasse « chier ». ca ne m’étonne pas, comme je vous l’ai déjà dit…..

    Camarade by Jean Ferrat Album: Jean Ferrat – Vol.1 (1999) C’est un joli nom Camarade C’est un joli nom tu sais Qui marie cerise et grenade Aux cent fleurs du mois de mai Pendant des années Camarade Pendant des années tu sais Avec ton seul nom comme aubade Les lèvres s’épanouissaient Camarade Camarade

    C’est un nom terrible Camarade C’est un nom terrible à dire Quand, le temps d’une mascarade Il ne fait plus que frémir Que venez-vous faire Camarade Que venez-vous faire ici Ce fut à cinq heures dans Prague Que le mois d’août s’obscurcit Camarade Camarade

    C’est un joli nom Camarade C’est un joli nom tu sais Dans mon cœur battant la chamade Pour qu’il revive à jamais Se marient cerise et grenade Aux cent fleurs du mois de mai

    En groupe, en ligue, en procession by Jean Ferrat Album: Jean Ferrat – Vol.1 (1999) En groupe en ligue en procession En bannière en slip en veston Il est temps que je le confesse A pied à cheval et en voiture Avec des gros des p’tits des durs Je suis de ceux qui manifestent Avec leurs gueules de travers Leurs fins de mois qui sonnent clair Les uns me trouvent tous les vices Avec leur teint calamiteux Leurs fins de mois qui sonnent creux D’autres trouvent que c’est justice

    Je suis de ceux que l’on fait taire Au nom des libertés dans l’air Une sorte d’amoraliste Le fossoyeur de nos affaires Le Déroulède de l’arrière Le plus complet des défaitistes L’empêcheur de tuer en rond Perdant avec satisfaction Vingt ans de guerres colonialistes La petite voix qui dit non Dès qu’on lui pose une question Quand elle vient d’un parachutiste

    En groupe en ligue en procession Depuis deux cents générations Si j’ai souvent commis des fautes Qu’on me donne tort ou raison De grèves en révolutions Je n’ai fait que penser aux autres Pareil à tous ces compagnons Qui de Charonne à la Nation En ont vu défiler parole Des pèlerines et des bâtons Sans jamais rater l’occasion De se faire casser la gueule

    En groupe en ligue en procession Et puis tout seul à l’occasion J’en ferai la preuve par quatre S’il m’arrive Marie-Jésus D’en avoir vraiment plein le cul Je continuerai de me battre On peut me dire sans rémission Qu’en groupe en ligue en procession On a l’intelligence bête Je n’ai qu’une consolation C’est qu’on peut être seul et con Et que dans ce cas on le reste

    jf.

    Posted 16 mars 2010 at 23:49 | Permalink
  6. LOmiG

    Oui c’est bien cela : le monsieur se pose avec superbe comme « l’empecheur de tuer en rond », en révolutionnaire, en anar de service. C’était probablement sincère, mais « AU SECOURS »…!

    Posted 17 mars 2010 at 08:55 | Permalink
  7. Et celle-là, elle vous plait mieux ????

    LE BILAN de Jean Ferrat Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres De Prague à Budapest de Sofia à Moscou Les staliniens zélés qui mettaient tout en oeuvre Pour vous faire signer les aveux les plus fous Vous aviez combattu partout la bête immonde Des brigades d’Espagne à celles des maquis Votre jeunesse était l’histoire de ce monde Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

    Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

    Ah ils nous en ont fait applaudir des injures Des complots déjoués des dénonciations Des traîtres démasqués des procès sans bavures Des bagnes mérités des justes pendaisons Ah comme on y a cru aux déviationnistes Aux savants décadents aux écrivains espions Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes Aux calmniateurs de la révolution

    Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

    Ah ils nous en ont fait approuver des massacres Que certains continuent d’appeler des erreurs Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre Pour barrer d’un seul trait des années de terreur Ce socialisme était une caricature Si les temps on changé des ombres sont restées J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure Dans ma bouche à jamais le soif de vérité

    Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

    Mais quand j’entends parler de « bilan » positif Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix Et ces millions de morts qui forment le passif C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis N’exigez pas de moi une âme de comptable Pour chanter au présent ce siècle tragédie Les acquis proposés comme dessous de table Les cadavres passés en pertes et profits

    Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

    C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente Sans idole ou modèle pas à pas humblement Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent Un bonheur inventé définitivement Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel Un avenir conduit par notre vigilance Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

    Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

    Posted 17 mars 2010 at 13:33 | Permalink
  8. LOmiG

    euh…là c’est toi qui commences à me faire ch….

    Ici le billet parlait des obligations morales que l’on se fixe vis-à-vis des autres, et du fait qu’elles ne peuvent être les mêmes dans un groupe restreint (famille, assoc, etc..) que dans la société sous le régime de la loi égale pour tous. SI tout ce que ça t’inspire c’est de me mettre des platrées de Jean Ferrat, désolé, mais moi ça me saoule.

    Posted 17 mars 2010 at 14:46 | Permalink

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