Le réseau LHC lance sa deuxième pétition en ligne.
Cette pétition sera transmise à Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur.
M. le Ministre de l’Intérieur,
L’une des missions principales de votre ministère est de « garantir la sécurité des citoyens et des biens. »
Il existe en France des zones de non-droit, c’est un fait. Vous semblez à la fois en être conscient et également vouloir y mettre un terme, puisque vous avez déclaré : « Dans notre République, il ne doit y avoir ni de territoire oublié, ni de population négligée. »
Au-delà du vœu pieux, vous n’êtes bien sûr pas responsable de l’état de fait actuel, dû à des décennies d’un coupable laxisme de la part des pouvoirs publics. Mais vous êtes responsable de la sécurité des citoyens, et donc :
- de tout mettre en œuvre pour faire reculer cette insécurité
- d’informer les citoyens de manière transparente sur la stratégie retenue et sur ses fruits
Nous avons bien conscience que l’insécurité ne peut reculer d’un coup de baguette magique. Mais nous vous demandons par contre de rendre publique la « carte de France des zones de non-droit ».
Nous ne pouvons pas imaginer que, dans une stratégie construite de reconquête des territoires perdus, cette carte n’existe pas. La rendre publique permettrait de communiquer sur la stratégie mise en œuvre. Ce serait une manière digne et responsable d’être fidèle à l’esprit de notre Constitution, et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (notamment aux articles XII et XIV).
Vous n’êtes pas responsable de cette situation de fait ; nous sommes sûrs que vous vous employez à faire régresser l’insécurité.
Vous devez par contre à vos concitoyens une information claire sur la localisation et l’évolution des zones d’insécurité : à défaut de pouvoir garantir la sécurité des citoyens sur tout le territoire français, vous avez la responsabilité de les informer sur l’emplacement précis de ces zones afin qu’ils puissent garantir leur propre sécurité, et celle de leurs proches car les bonnes décisions et la bonne démocratie supposent les bonnes informations.
Soyez nombreux à signer cette pétition, et n’hésitez pas à la faire largement circuler autour de vous !
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[...] faut d’abord en détailler les caractéristiques. Curmudgeon avait détaillé en commentaires du billet sur la pétition la liste connue des zone à problème. Je le cite (en coupant dans le texte) [...]
5 Comments
Dans les faits, ce qu’on est convenu d’appeler les « zones de non-droit » existent effectivement. Mais il y a plusieurs définitions (je passe sur des définitions atypiques, comme celle du Syndicat national de la magistrature à propos des « prostituées face à l’arbitraire policier », les policiers étant en l’occurrence les créateurs des zones de non-droit).
Les listes des zones à problème sont déjà publiques.
1) Sens large : n = 752
La liste des « quartiers sensibles » est connue, tellement qu’on en dispose d’une liste officielle, celle des 752 Zones urbaines sensibles (ZUS), disponible sur le site du Système d’Information Géographique du Secrétariat général du CIV (demander « Atlas des Zones urbaines sensibles (ZUS) »). Cette liste est accompagnée d’une « cartographie dynamique » qui permet une localisation et une délimitation très précises des zones en question.
A en juger par les quelques endroits que je connais personnellement, ou par des témoignages de connaissances, ou par ce que rapportent les média, cette liste semble fiable.
2) Sens intermédiaire : n = 172
Le Figaro Magazine du 17 juin 2000 avait publié une liste de 172 « cités interdites » recensées par les Renseignements généraux en 1999. Voir « Les violences urbaines » sur le site vsmil, hébergé sur chez-alice, qui en donne la liste. Cette page indique l’échelle des six degrés de violence de la classification du commissaire Lucienne Bui-Trong. Sur cette dernière : « La philosophie du commissaire », 2 novembre 2000, nouvelobs. Le travail de Mme Bui-trong est critiqué par le sociologue Laurent Mucchielli, qui, sur toute une série de questions, tient à dissiper ce qu’il tient pour des « fantasmes », des « mythes », du « sensationnalisme », de la « myopie », dénonçant la « criminologie d’état ». On pourra consulter le site « Délinquance, justice et autres questions de société » (laurent-mucchielli).
3) Sens restreint : n = 23
En janvier 2004, le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Nous allons répertorier les vingt villes et les vingt quartiers les plus criminogènes, ceux dans lesquels les violences urbaines sont les plus fréquentes et où la gendarmerie et la police ont le plus de mal à pénétrer ». Voir Libération du 15 janvier 2004 : « Pas de quartier pour 20 quartiers » (trois ou quatre quartiers sont cités). Le 28 mai 2009 le président de la République Nicolas Sarkozy a déclaré comme priorité « la reconquête des quartiers sensibles ».
Une liste des 23 quartiers les plus sensibles a été effectivement établie. On la trouvera sur le site carrefourlocal du Sénat (« Expériences pilotes dans la lutte contre la délinquance dans 23 quartiers ‘sensibles’ » (2 février 2004).
4) Pendant qu’on y est : pour ce qui est de la cartographie de la délinquance par département, elle est disponible dans les bulletins annuels publiés depuis 2006 par l’ONDRP, ex-OND (sur le site de l’INHESJ : pardon pour les sigles). Ces cartes sont parfois reprises par la presse.
Mais la présentation des données a pu susciter des critiques. Voir par exemple l’article de Libération du 22 février 2010 (Cédric Mathiot) : « Hortefeux, ‘sérial-truqueur’ statistique ».
S’agissant de la pétition, je la crois malheureusement inefficace, non seulement parce que les listes sont connues, comme je l’indique ici, mais aussi parce qu’il est vain de demander à un Ministre de l’intérieur la publication d’une « carte de France des zones de non-droit ». Si par extraordinaire ses services réagissaient, ils répondraient logiquement qu’il n’existe aucune zone de non-droit. Et il est exact que, du moins en y mettant le prix, un prix éventuellement très élevé, la police, la gendarmerie et la douane peuvent aller partout.
Bien entendu la « politique de la ville » est, depuis plusieurs décennies, tous gouvernements confondus, un échec. Ces problèmes, il est vrai, ne sont pas propres à la France.
Dans le même ordre d’idées, sur les problèmes de villes comme Clichy-sous-Bois, Montfermeil, etc., intéressante est l’interview en deux parties de Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, sur le site de Claude Reichman, Reichmantv, en date du 2 juillet 2010. M. Lemoine s’exprime avec clarté, sans aucune langue de bois. Son parcours diffère du parcours standard.
Cette interview est faite à l’occasion de la publication de la « Lettre ouverte à mes amis les maires de banlieue » (10 juin 2010), facilement accessible sur Internet. M. Lemoine est parfois honni ici et là. Par exemple le Mouvement des indigènes de la République le trouve cassant et l’appelle « le croisé de Montfermeil ». Dans son interview avec Claude Reichman, M. Lemoine observe que, quand on lit les rapports annuels de l’Observatoire national des ZUS, on a le sentiment que rien n’avance. Il explique pourquoi vers le milieu de la deuxième partie.
Voir aussi son interview écrite dans La Croix, 2 juin 2010, « Le problème de fond est d’ordre culturel ».
Malgré les différences historiques et culturelles, on a l’impression que la France est en train de commettre des erreurs qui ont été commises, aux Etats-Unis à propos du communautarisme, de la « diversité », de « affirmative action », du déversement de fonds inefficaces, de l’auto-flagellation des uns, du militantisme perpétuel des autres. Et qui ont été analysées, par exemple par Thomas Sowell ou Shelby Steele. Xavier Lemoine dit sur la question individu / groupe, des choses qui ressemblent un peu à celles que dit Steele.
salut, merci pour tous ces élements passionnants, et qui me serviront pour faire un billet sur ce sujet prochainement. L’interview de Lemoine (décidement toujours excellent) est extraordinaire. J’essaye de la republier rapidement.
Deux remarques sur la pétition et la carte de france des zones de non-droit.
1) il faut toujours être attentifs à la manière dont est fait le constat factuel. Toutes les discussions sur les définitions, les indicateurs, les zones retenues, etc.. sont importantes et permettent de rentrer dans le vif du sujet, de d’avancer. A ce titre, la notion de ZUS est déjà critiquable : elle liste les zones qui vont être la cible prioritaire de la politique de la ville. Il y a très certainement un recoupement fort avec ce que j’entends pas zone de non-droit, mais le biais est tout de même là : ZUS n’est pas équivalent à zone de non-droit, en tout cas pas forcément. 2) la pétition ne sépare probablement pas suffisament deux aspects différents. Le constat factuel d’une part (qui est plus avancé que je ne pensais, mea culpa, et merci encore pour toutes ces informations), et l’action politique. Le constat est une chose, l’action menée à partir de ce constat une autre. Notre pétition visait deux choses : 1) rendre publique les zones de non-droit (considérons que c’est à peu près le cas, même si la Goutte d’or n’a pas grand-chose à voir avec le Val Fourré) et 2) demander à connaitre la stratégie de reconquête mise en place (objectifs, durée, etc…).
Si le premier point semble relativement bien fait (tant mieux !), le second n’est pour moi pas clair du tout, et il nécessite des prises de positions courageuses du monde politique (cf la vidéo de Lemoine qui fait preuve d’une très grande force en disant la vérité, tout en restant très posé et irréprochable)…
à bientôt, merci encore
J’ai oublié de dire que pour la classification, je trouve très utile celle de Lucienne Bui-trong, que l’on peut trouver dans l’excellent rapport de Vincent Trémolet de Villers -encadré par Raufer- : « Zones de non droit » dans la République française, mythe ou réalité ?.
à bientôt
Aux Etats-Unis, se développe un phénomène d’enclaves musulmanes organisées sur lequel le point est fait dans l’article de Ryan Mauro, « Muslim Enclaves U.S.A » sur le site frontpagemag, 9 juillet 2010. Dans ces enclaves se met en place systématiquement une contre-société gouvernée par la charia.
Un député australien, ancien Ministre de l’immigration et de la citoyenneté, Kevin Andrews a souhaité en 2009 une discussion sur le phénomène des enclaves (spontanées) en Australie, déclarant notamment « To have a concentration of one ethnic or one particular group that remains in an enclave for a long period of time is not good ». Mais il s’est attiré immédiatement des accusations de racisme, d’être à l’extrême droite et d’exprimer « un point de vue assez répugnant », de la part des Verts en particulier. Greg Hunt, un de ses collègues du même parti (Libéraux) a pris ses distances avec M. Andrews : « Our approach should be colour-blind, ethnicity-blind, background-blind and simply focused on their ability to contribute ». Voir : « Outcry as MP calls for debate on Muslim enclaves », sur news.com.au, 29 octobre 2009. Cette conception semble partir de la théorie qu’on affaire simplement à des individus, et que, si ces individus, par extraordinaire, étaient porteurs de caractéristiques sociales, de groupe, alors on doit être totalement « aveugle » devant ces traits. Car sinon, on devrait les observer pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire contraires aux coutumes du pays d’accueil. Ces coutumes ne doivent plus exister, en vertu d’une croyance ardente exprimée ainsi par Greg Hunt : « I believe in a diverse and multicultural Australia ». En sorte que, d’un côté, on doit être farouchement « aveugle » aux « cultures » (au sens ethnologique), tout en se félicitant de la diversité desdites « cultures ».