L’Ecole Autrichienne d’économie : l’aboutissement d’un voyage intellectuel — 2/6

Texte d’une confé­rence de Pas­cal Salin. Tra­duc­tion Expres­sion Libre
Suite de la pre­mière par­tie : La cohé­rence de l’Ecole Autrichienne

Mon voyage vers l’école autrichienne

C’est cette fabu­leuse cohé­rence de l’école autri­chienne qui est si atti­rante pour moi et qui l’a été depuis que je l’ai décou­verte. Pour cette rai­son, je vou­drais reve­nir sur mon passé et tou­cher quelques mots de mon voyage intel­lec­tuel, bien que je n’aime pas par­ler de moi. Mais, cela m’a été sug­géré pour cette confé­rence.
Quand j’étais étudiant à l’université, il n’y avait pas de débats idéo­lo­giques forts dans l’opinion publique, et les gens accep­taient géné­ra­le­ment une sorte d’approche social-démocratique modé­rée. Cepen­dant, dans les cercles intel­lec­tuels et à l’université, le mar­xisme était plus ou moins la pen­sée domi­nante.
En ce qui me concerne, même enfant, Vous ne pou­vez pas com­prendre com­ment fonc­tionne la société sans vous réfé­rer aux com­por­te­ments indi­vi­duelsj’ai toujours été for­te­ment anti­com­mu­niste et je n’ai jamais pu com­prendre le mar­xisme, qui me sem­blait trop inco­hé­rent et arbi­traire. Mais je dois avouer que, dans un tel envi­ron­ne­ment, j’avais quand même un pen­chant socia­liste. Comme une par­tie de ma famille était de tra­di­tion chrétienne-démocrate, je par­ta­geais la concep­tion selon laquelle la jus­tice sociale était un des rôles prin­ci­paux de l’état, et que les entre­prises publiques devaient être gou­ver­nées en fonc­tion de l’intérêt géné­ral.
Il n’y avait jamais eu d’économiste avant moi dans ma famille. Pour cette rai­son, ma déci­sion de deve­nir écono­miste était plu­tôt sur­pre­nante. Com­ment cela m’est-il venu ? Je vou­lais com­prendre com­ment de grandes dif­fé­rences de déve­lop­pe­ment entre les pays étaient pos­sibles. De plus, j’avais un inté­rêt spon­tané pour les pro­blèmes sociaux et je vou­lais com­prendre com­ment la société fonc­tionne. L’enseignement que j’ai reçu à l’université était loin de ce que les étudiants en écono­mie suivent main­te­nant. C’était une sorte de mélange de bons sen­ti­ments, d’histoire de l’économie, et de quelques concepts de théo­rie écono­mique plus ou moins bien inter­pré­tés. Les mathé­ma­tiques, les sta­tis­tiques, et l’économétrie étaient intro­duites seule­ment en fin de cur­sus.
Mal­gré cet ensei­gne­ment plu­tôt défi­cient, j’ai tout de même com­pris deux choses impor­tantes. La pre­mière, c’est que la théo­rie écono­mique exis­tait et que c’était la seule manière de com­prendre la réa­lité écono­mique. Depuis cette époque j’ai la convic­tion — que j’essaye toujours de trans­mettre à mes étudiants — qu’il n’y a rien de plus pra­tique qu’une bonne théo­rie. La deuxième, grâce à la microé­co­no­mie, c’est que vous ne pou­vez pas com­prendre com­ment fonc­tionne la société sans vous réfé­rer aux com­por­te­ments individuels.

Créa­tion du Sémi­naire de théo­rie écono­mique Jean-Baptiste Say

Qu’importe : j’étais insa­tis­fait car j’avais le sen­ti­ment que la théo­rie exis­tait et qu’elle était ensei­gnée dans de nom­breux pays, mais que je n’en avais pas une connais­sance suf­fi­sante. Heu­reu­se­ment, ce sen­ti­ment d’insatisfaction était par­tagé par d’autres étudiants que je connais­sais. En décembre 1961, nous avons décidé de tra­vailler ensemble pour apprendre nous-mêmes ce qui ne nous était pas ensei­gné par nos pro­fes­seurs. Nous avons donc créé le Sémi­naire de théo­rie écono­mique Jean-Baptiste Say. Nous nous réunis­sions toutes les semaines pour dis­cu­ter des articles de recherche écrits par les membres. Nous avons égale­ment écrit un livre sur l’hypothèse du «revenu per­ma­nent» et nous avons ainsi décou­vert, en par­ti­cu­lier, les tra­vaux de Mil­ton Fried­man. Bien que nous ayons été tous inté­res­sés par des domaines dif­fé­rents, on peut dire qu’à l’époque nous étions tous deve­nus des adeptes de l’école de Chi­cago. Nous avions l’impression que cette approche était scien­ti­fique, logique, et rigou­reu­se­ment basée sur des prin­cipes indi­vi­dua­listes. Ainsi, l’école de Chi­cago nous a per­mis de récon­ci­lier nos pen­chants libé­raux, et notre désir d’une approche scien­ti­fique de l’économie. Ces pen­chants ont été ren­for­cés par l’influence de plu­sieurs livres de Karl Pop­per que j’ai lus à cette époque.
Il est clair qu’en choi­sis­sant un tel nom pour notre sémi­naire – sémi­naire de théo­rie écono­mique Jean-Baptiste Say — nous vou­lions insis­ter sur deux choses : notre grand inté­rêt pour la théo­rie écono­mique, et notre pen­chant libéral-classique. Les deux choses étaient consi­dé­rées comme pro­voquantes dans l’environnement intel­lec­tuel Il y a plu­sieurs moyens de décou­vrir la vérité : pour cer­tains, elle peut se révé­ler dès le début d’une car­rière ; les autres découvrent la vérité petit à petit. Tel fut mon cas.
de cette époque, mais nous le fai­sions à des­sein. Faire de la «recherche col­lec­tive», à une époque où tous les cher­cheurs en écono­mie étaient sup­po­sés être com­plè­te­ment iso­lés, était aussi consi­déré comme quelque chose de répré­hen­sible. Et, par des­sus tout, nous lisions des publi­ca­tions anglo-saxonnes, comme l’American Eco­no­mic Review, ce qui a peut-être été consi­déré comme notre plus grand péché ! La majeure par­tie de nos pro­fes­seurs pen­saient alors qu’il fal­lait déve­lop­per une science écono­mique française, com­plè­te­ment dif­fé­rente de celle déve­loppé à l’étranger. En tant que lec­teurs de ces revues étran­gère, nous étions accu­sés «d’être à la remorque de l’impérialisme amé­ri­cain».
Je vou­drais, à ce point de mon exposé, dire que le Sémi­naire de théo­rie écono­mique Jean-Baptiste Say existe toujours. Il est situé à l’Université Paris-Dauphine. Cer­tains d’entre nous sont toujours des adeptes de l’Ecole de Chi­cago, ou proches de l’Ecole du «public-choice», et d’autres sont des écono­mistes de l’Ecole Autri­chienne, etc. Mais nous sommes tous libé­raux (dans le sens clas­sique ou euro­péen du terme), parce que nous croyons qu’il est impos­sible de com­prendre les pro­blèmes écono­miques ou sociaux sans se fon­der sur les com­por­te­ments indi­vi­duels.
Il y a plu­sieurs moyens de décou­vrir la vérité : pour cer­tains, elle peut se révé­ler dès le début d’une car­rière et, de ce point de vue, ceux qui ont décou­vert l’Institut Mises tôt dans leur vie sont des per­sonnes chan­ceuses. Les autres découvrent la vérité petit à petit. Tel fut mon cas.

A Fried­ma­nian in Paris

Donc, après avoir reçu un ensei­gne­ment uni­ver­si­taire de qua­lité plu­tôt médiocre, en par­tie ins­piré par les idées key­ne­siennes, je suis devenu un «Chi­cago», et plus pré­ci­sé­ment un Fried­ma­nien. Mais être un Fried­ma­nien signi­fiait bri­ser des tabous, et le reste encore. Juste pour vous don­ner un exemple, Michel Rocard, un ancien Pre­mier Ministre, a dit un jour que «Fried­man est un des­truc­teur de civi­li­sa­tions». Plus récem­ment il a dit qu’il était dom­mage que Mil­ton Fried­man soit mort. Si ce n’était pas le cas, il aurait pu être accusé de crime contre l’humanité par la Cour Inter­na­tio­nale de Jus­tice (selon Rocard, le libre-échangisme de Fried­man est la cause de la crise finan­cière).
Quoi qu’il en soit, Fried­man défen­dait la liberté indi­vi­duelle et, pour moi, c’était le pre­mier pas dans mon voyage intel­lec­tuel hors de la pen­sée domi­nante. Et croyez-moi, il fal­lait un peu de cou­rage pour être un sup­por­ter de Fried­man à cette époque et pour créer quelque chose appelé le Sémi­naire Jean-Baptiste Say.
J’étais par ailleurs un défen­seur des taux de change flexibles, ce qui était aussi consi­déré comme presque obs­cène à cette époque (par exemple par Ray­mond Barre, un membre de mon jury de thèse, qui est devenu pre­mier ministre par la suite). J’avais certes com­pris qu’on pou­vait rêver d’un monde de taux fixes — par exemple avec un vrai étalon-or — Il fal­lait un peu de cou­rage pour être un sup­por­ter de Fried­man à cette époque et pour créer quelque chose appelé le Sémi­naire Jean-Baptiste Saymais, aussi long­temps que les mon­naies natio­nales existent et aussi long­temps que les auto­ri­tés moné­taires vou­dront mener des poli­tiques moné­taires indé­pen­dantes, ces mon­naies sont des biens dif­fé­rents et leur prix rela­tifs doivent être déter­mi­nés sur des mar­chés. J’ai vu tant de pays dans ma vie qui ont été détruits par des poli­ti­ciens qui vou­laient main­te­nir un taux de change fixe, et qui — dans le même temps — menaient des poli­tiques infla­tion­nistes et impo­saient un contrôle rigide et des­truc­teur sur les échanges afin de résoudre ce qu’ils appe­laient à tort des pro­blèmes de balance des paie­ments ! Par consé­quent, s’il n’y pas de moyens de limi­ter le pen­chant infla­tion­niste des auto­ri­tés moné­taires à créer de la mon­naie, je pré­fère encore des taux de change flexibles, déter­mi­nés par le mar­ché.
J’ai déjà évoqué ma thèse. Son titre était «L’équilibre moné­taire en écono­mie ouverte». J’étais déjà fas­ciné — comme je l’ai été toute ma vie — par la mon­naie et les sys­tèmes moné­taires. Ma thèse était fon­dée prin­ci­pa­le­ment sur l’approche théo­rique déve­lop­pée par Rboert Mun­dell. Quand j’ai com­mencé à faire des recherches, je suis tombé sur un article de Robert Mun­dell dans la revue Ame­ri­can Eco­no­mic Review. Pour moi, ce fut un choc : j’avais les outils néces­saires pour écrire ma thèse.
En fait, l’approche déve­lop­pée par Mun­dell — connue sous le nom de «com­bi­nai­son opti­male de poli­tiques écono­miques» («opti­mal policy mix») était à la fois ins­pi­rée de l’école de Chi­cago et de l’approche key­né­sienne. Je suis devenu plus cri­tique à son égard plus tard. Mais c’était une étape néces­saire dans mon voyage intellectuel.

Décou­verte d’Hayek

Ulté­rieu­re­ment, j’ai décou­vert Hayek («L’utilisation de la connais­sance dans la société» ou, peut-être, «la confu­sion du lan­gage dans la pen­sée poli­tique»). Ce fut un autre choc intel­lec­tuel. C’était l’approche dont je rêvais !
A peu près à la même époque, j’ai été invité à pré­sen­ter un rap­port sur les pro­blèmes moné­taires à une confé­rence sur les mar­chés libres. Je n’avais encore lu qu’une page du livre de Hayek «Choi­sir sa mon­naie» («Choice in Cur­ren­cies»), mais j’en étais tel­le­ment excité que mon esprit tra­vaillait tout seul et que j’ai immé­dia­te­ment écrit mon rap­port. Ensuite seule­ment, je suis revenu lire la suite du texte de Hayek (et com­plé­ter mon rap­port !).
En fait, j’avais entendu par­ler de Hayek étant étudiant, mais il était pré­senté comme un écono­miste passé de mode, et je pen­sais même qu’il était mort ! Plus tard, j’ai eu le plai­sir de le connaitre. J’ai un cer­tain nombre d’anecdotes à son sujet, mais j’en racon­te­rai une seule : en 1980 un petit groupe d’économistes libé­raux La plu­part des gens n’ont pas eu le pri­vi­lège d’être confron­tés avec les bonnes idées; ils doivent les décou­vrir et il y a plu­sieurs manières pos­sibles de faire une telle décou­verteet de dépu­tés invi­tèrent Frie­drich Hayek à venir faire une confé­rence à l’Assemblée Natio­nale. Après cet évène­ment, nous sommes allés dîner au célèbre res­tau­rant La tour d’argent. Sou­dai­ne­ment, pen­dant le dîner, Hayek a pris une carte pos­tale du res­tau­rant et a écrit : «Le mar­ché n’est pas seule­ment une meilleure adap­ta­tion, mais une adap­ta­tion à la constante néces­sité de ré-adaptation à des condi­tions toujours chan­geantes». N’est-ce pas du pur Hayek ?

Mal­heu­reu­se­ment, je n’ai jamais eu la chance de ren­con­trer Lud­wig Von Mises. Après avoir décou­vert les écrits de Hayek, j’ai décou­vert Mises et Roth­bard avec le même enthou­siasme. Cette approche gra­duelle m’a conduit à la convic­tion sui­vante : on doit être tolé­rant avec les gens, et into­lé­rant avec les idées. La plu­part des gens n’ont pas eu le pri­vi­lège d’être confron­tés avec les bonnes idées; ils doivent les décou­vrir et il y a plu­sieurs manières pos­sibles de faire une telle décou­verte. C’est pourquoi l’on doit être tolé­rant avec les per­sonnes et accep­ter qu’ils aient des points de vue dif­fé­rents, et même — pourquoi pas ? — un petit mor­ceau de vérité. Mais, lorsque vous avez des convic­tions fortes, vous ne devez pas être tolé­rant au point d’accepter une sorte de com­pro­mis avec vos croyances.
Les écono­mistes de l’Ecole Autri­chienne sont sou­vent consi­dé­rés comme extré­mistes et into­lé­rants. Ils ont de fortes convic­tions, mais ils doivent être ouverts à la dis­cus­sion et accep­ter qu’une approche plus nuan­cée existe et que, par­fois, la conver­gence ou la com­pa­ti­bi­lité entre dif­fé­rentes approches puissent être possibles.

Citation du dimanche #167

Le contrat social ne doit lier que des indi­vi­dus qui le concluent una­ni­me­ment entre eux. Ils s’unissent alors en société pour leur conser­va­tion, leur sûreté mutuelle, la tranquillité de leur vie, pour jouir pai­si­ble­ment de ce qui leur appar­tient en propre, et être mieux à l’abri des insultes de ceux qui vou­draient leur nuire et leur faire du mal. Chaque par­ti­cu­lier conve­nant avec les autres de faire un corps poli­tique, sous un cer­tain gou­ver­ne­ment, s’oblige envers chaque membre de cette société de se sou­mettre à ce qui aura été déter­miné par le plus grand nombre et d’y consen­tir, les autres demeu­rant selon leur volonté dans l’état de nature par rap­port aux pre­miers. Dans l’état de nature, chaque indi­vidu a droit de faire exé­cu­ter les lois de la nature et de punir les cou­pables qui les ont violées.

Cette liberté par laquelle l’on n’est point assujetti à un pou­voir absolu et arbi­traire est si néces­saire, et est unie si étroi­te­ment avec la conser­va­tion de l’homme, qu’elle n’en peut être sépa­rée que par ce qui détruit en même temps sa conser­va­tion et sa vie. Or, un homme n’ayant point de pou­voir sur sa propre vie ne peut, par aucun traité, ni par son propre consen­te­ment, se rendre esclave de qui que ce soit, ni se sou­mettre au pou­voir absolu et arbi­traire d’un autre, qui lui ôte la vie quand il lui plaira.

La liberté indi­vi­duelle s’exerce même dans le droit dont dis­pose chaque indi­vidu de choi­sir sa société. Ceux qui veulent nous per­sua­der que ceux qui sont nés sous un gou­ver­ne­ment y sont natu­rel­le­ment sujets et n’ont plus de droit et de pré­ten­tion à la liberté de l’état de nature, ne pro­duisent d’autres rai­sons que celle-ci, savoir que nos pères ayant renoncé à leur liberté natu­relle, et s’étant sou­mis à un gou­ver­ne­ment, se sont mis et ont mis leurs des­cen­dants dans l’obligation d’être per­pé­tuel­le­ment sujets à ce gouvernement-là. Mais nul ne peut, par aucune conven­tion, lier ses enfants ou sa pos­té­rité. Hors d’un contrat donnant-donnant, aucun acte du père ne peut plus ravir au fils la liberté qu’aucun acte d’aucun autre homme peut faire.

John Locke (1632 — 1704), Deuxième traité du gou­ver­ne­ment civil, 1690

L’école autrichienne d’économie : l’aboutissement d’un voyage intellectuel — 1/6

Par Pas­cal Salin, publié le 13/02/2009 sur le site de l’Institut Mises. Tra­duc­tion : Expres­sion Libre.

Le 1er novembre 2008, Pas­cal Salin a reçu le prix Gary Schlar­baum pour l’ensemble de son oeuvre consa­crée à la liberté. Ceci est une ver­sion légè­re­ment rema­niée de la confé­rence qu’il a don­née à cette occa­sion, d’abord publiée dans Liber­ta­rian Papers, un nou­veau jour­nal d’études liber­ta­rienne publié par l’Institut Mises.

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Stratégie radicale islamique

Je vous recom­mande cette vidéo de la télé belge (vue chez Tem­pus Fugit), où l’on peut entendre Eric Denécé (spé­cia­liste du ren­sei­gne­ment) par­ler de l’islam radi­cal, et de sa stra­té­gie pour faire chan­ger les règles de la société de l’intérieur : demande réité­rée de port du voile, d’obtention de salle de prière, etc…Les pre­miers visés et tou­chés sont les musul­mans modé­rés, bien sûr.

La vidéo est en français au bout de quelques ins­tants (28s).

Je suis un peu sur­pris qu’Eric Denécé pré­cise que ces demandes des musul­mans inté­gristes n’ont rien à voir avec la reli­gion du pro­phète. Qu’elles ne soient pas l’apanage de tous les musul­mans, c’est bien clair, mais de là à dire qu’elles n’ont «rien à voir» avec l’islam, c’est tout de même fort de café ! Le constat fac­tuel qu’il dresse n’en reste pas moins inquiétant.

Pascal Salin et moi

Pour les lec­teurs régu­liers de ce blog, ce n’est pas un mys­tère que je suis un «admi­ra­teur» de Pas­cal Salin. Je mets admi­ra­teur entre guille­mets, parce qu’il ne s’agit pas d’une admi­ra­tion béate et sou­mise, mais plu­tôt d’une franche estime et d’un pro­fond res­pect. Je trouve que c’est un pen­seur puis­sant, humble et rigou­reux. J’ai été marqué de manière forte par la lec­ture de «Libé­ra­lisme», et j’ai consa­cré un cer­tain nombre d’articles sur ce blog à sa pen­sée, qui se rat­tache à l’Ecole Autri­chienne d’Economie. Vous pou­vez retrou­ver ces conte­nus — textes, vidéos, com­men­taires — dans un article cen­tral : Pas­cal Salin.

Quand Dimi­tri (encore lui) m’a orienté sur le texte de la confé­rence qu’il a donné à l’occasion du prix Schlar­baum (qu’il a reçu en novembre 2008), mon sang n’a fait qu’un tour : je devais tra­duire cet article. J’ai donc réussi à le contac­ter, et à obte­nir son accord pour le tra­duire (l’Institut Mises m’a égale­ment donné son accord). Il a gen­ti­ment accepté de relire ma tra­duc­tion pour la vali­der. Et sur­tout, il a aussi accepté de me rece­voir pour une inter­view consa­cré à la crise écono­mique, et au livre qu’il sor­tira bien­tôt sur le sujet !

C’est pro­ba­ble­ment une des plus grandes joies que ce blog m’ait pro­curé : avoir la chance de ren­con­trer Pas­cal Salin, et échan­ger avec lui.

Vous ver­rez donc arri­ver dans les jours qui viennent cette tra­duc­tion — que je publie­rai en plu­sieurs mor­ceaux — «Ecole autri­chienne d’économie : l’accomplissement d’un voyage intellectuel».

Et dans quelques semaines, l’inter­view exclu­sive de Pas­cal Salin. Res­tez bran­chés sur Expres­sion Libre !

Accommodements déraisonnables

Nous avons déjà parlé ici du rap­port final de la mis­sion par­le­men­taire sur la burqa. J’avais été choqué que le rap­port ne demande pas l’interdiction de cette pra­tique into­lé­rable. J’apprends aujourd’hui, via Riposte Laïque, qu’Eric Raoult, rap­por­teur de cette mis­sion, a refusé de prendre en compte cer­tains amen­de­ments : il exis­tait une nette majo­rité (cela se sent en lisant le texte) en faveur d’une pro­po­si­tion de loi inter­di­sant le voile inté­gral dans l’espace public.

C’est Jacques Myard qui a dénoncé cela dans un com­mu­niqué de presse :

La der­nière séance consa­crée au rap­port sur le port du voile inté­gral s’est dérou­lée dans des condi­tions inad­mis­sibles, le rap­por­teur refu­sant de prendre en compte des amen­de­ments alors qu’il était minoritaire.

Il exis­tait, en effet, une majo­rité très nette en faveur d’une pro­po­si­tion de loi inter­di­sant le voile inté­gral dans l’espace public.

Ces méthodes sont inacceptables.

Il faut que le Par­le­ment se sai­sisse d’une pro­po­si­tion de loi pour inter­dire le voile inté­gral dans l’espace public.

Eric Raoult doit être dénoncé comme un vul­gaire anti-démocrate. Ses petits cal­culs élec­to­ra­listes pour «ache­ter» le vote des musul­mans est dan­ge­reux et stu­pide. De plus, il fait impli­ci­te­ment pas­ser l’idée selon laquelle l’interdiction de la burqa ferait perdre les voix des français musul­mans : rien n’est plus insul­tant pour les musul­mans ! Les musul­mans sont-ils donc tous des inté­gristes, aux yeux d’Eric Raoult ?

Voilà le genre d’accommodement qui est tout, sauf raisonnable.

Revel, Vargas Llosa et Bensaid chez FOG

Je conti­nue de par­ta­ger avec vous ce que Dimi­tri m’a fait connaitre. Il s’agit cette fois-ci d’un extrait de l’émission «Culture et Dépen­dances» sur france 3, en novembre 2002. Frantz-Olivier Guis­bert y reçe­vait Jean-François Revel, Mario Var­gas Llosa, Daniel Ben­said, Ariel Dorf­man et Alice Mas­sat.