Petit dictionnaire des débats interdits

Si vous voulez lire un livre qui vous remue, qui vous secoue la pulpe, et qui donne un sentiment de liberté, je ne saurais trop vous conseiller la lecture du « Petit dictionnaire des débats interdits (mais légaux)« , de Jean Robin, aux Editions Tatamis.

Il s’agit du « premier livre à aborder 16 débats interdits moralement mais pas légalement, parmi lesquels l’avortement, la peine de mort, le réchauffement climatique, l’évolutionnisme non darwinien, l’équipe de France de foot de Zidane était-elle dopée ?, démontrer scientifiquement l’existence du paranormal, l’esclavage, etc. »

Je vous recommande, sincèrement, ce livre. Très bien écrit, excellemment documenté, il apporte un souffle salutaire sur la braise de la liberté d’expression.

Les derniers débats consacrés à ces sujets dans les « grands » médias ont été scrupuleusement recensés, et on trouve sur chacun des 16 thèmes, une liste d’arguments allant dans le sens opposé de la « doxa » bien pensante.

Je ne dis pas que je suis d’accord avec toutes les positions anti-doxa sur tous ces sujets, loin de là ; mais j’espère que l’on retrouvera bientôt, sur tous les sujets nous concernant, la liberté d’expression nécessaire pour aborder les débats dans cet esprit.

Liberté d’expression, esprit critique, humanisme ? (hé, quoi ? il faut bien tenter la récup’, non ?).

La crise a bon dos

C’est ce que je me disais en entendant les analyses, ce matin, à la radio. C’est la crise qui est la cause de l’abstention, entendais-je, interloqué. Interloqué, parce que le lien est tout de même difficile à voir, non ? En quoi la crise financière change-t-elle la manière dont les gens se déplacent pour aller voter ?

Les résultats sont pourtant clairs : gauche (PS+Europe Ecologie) en tête, MoDeM mort, UMP pas si mal, FN qui rebondit. Et grosse abstention.

Le personnel politique aurait tort de continuer à attribuer l’abstention à la crise. Il n’y a pas de rapport direct entre la crise financière et l’abstention. Les gens vont voter quand le débat politique les intéresse, quand il les passionne. Quand l’enjeu leur parait valoir la peine de se déplacer. Est-ce un hasard si les gens ont, pour certains, bravé la mort pour aller voter en Irak ? Si la situation économique avait le moindre impact sur le taux de participation, personne ne serait allé voter en Irak !

L’abstention est liée à la campagne, aux thèmes abordés, au manque de clivage marqué, aux polémiques stériles.

Un homme politique d’envergure suffirait à remplir les isoloirs : par une ligne claire, visant à la prospérité et au respect des droits de chacun, les débats seraient lancés. Chacun devrait se positionner pour ou contre le capitalisme, pour ou contre une société ouverte, pour ou contre l’égalité des droits, pour ou contre les monopoles obtenus par la contrainte, pour ou contre la politique de l’autruche face aux attaques contre les valeurs occidentales. Pour ou contre la liberté. Les sujets particuliers ne doivent être que des cas d’application de principes plus larges. Voilà ce qui m’a manqué pour m’intéresser à cette campagne – et pourtant, par un vieux réflexe, je suis allé voter -.

Ce sont les clivages qui manquent, sur les sujets importants. Ce sont les clivages qui donnent aux électeurs le sentiment et l’envie de faire un choix, et la motivation pour aller voter. Mais pour cela, il faut autre chose que des apparatchiks ou des technocrates pour porter les projets politiques, et il faut autre chose que des perroquets pour animer le débat.

Citation du dimanche #172

Assurément, les hommes voudront toujours appartenir aussi à des groupes plus étroits, et ils seront volontaires pour y assumer de plus grandes obligations à l’égard d’amis ou de compagnons librement choisis. Mais de telles obligations morales envers quelques-uns ne peuvent devenir des devoirs obligatoires dans un système de liberté sous la loi, parce que dans un tel système le choix de ceux envers qui un homme souhaite assumer des obligations morales spéciales doit être laissé à sa discrétion et ne peut être dicté par la loi. Un faisceau de règles destiné à une Société Ouverte et applicable, au moins en principe, à n’importe quel individu, doit nécessairement avoir un contenu plus léger que celui qui régit le groupe restreint. [...]

Il peut sembler d’abord paradoxal que le progrès de la morale puisse conduire à une réduction des obligations spécifiques à l’égard d’autres personnes : et pourtant, quiconque pense que le principe d’égal traitement pour tous les hommes – qui est probablement la seule chance de paix – est plus important que l’aide spéciale à la souffrance visible, doit souhaiter qu’il en soit ainsi. Cela implique évidemment que nous donnions le pas à notre compréhension raisonnée sur nos instincts hérités. Mais la grande aventure morale dans laquelle l’homme s’est embarqué quand il s’est lancé dans la Grande Société est en péril lorsqu’on demande à l’individu d’appliquer à tous ses semblables humains les règles qui ne conviennent qu’entre les membres du groupe tribal.

Friedrich Hayek (1899 – 1992)

Le seul vrai leader européen : Geert Wilders

La manière dont les médias français couvrent la progression et les idées de Geert Wilders est très symptomatique.

Rendez-vous compte. Un politicien libéral, se positionnant fermement pour la défense des valeurs qui fondent nos sociétés ouvertes. Qui ose aborder le sujet – ô combien difficile – de l’islam, toujours en mettant en avant des valeurs humanistes. Ce politicien se retrouve bien placé dans les sondages, et son parti (PVV – Parti de la liberté) pourrait faire une forte percée aux prochaines élections parlementaires de juin prochain. Il est actuellement en procès dans son pays, pour avoir dit la vérité. Procès honteux, que certains en France, auraient instruit de bon cœur.

Croyez-vous que les médias français profiteraient de cela pour aller questionner les politiciens français sur ces thématiques ? Qu’ils ouvriraient un peu les yeux sur les problèmes posés par l’islam, en France et en Europe ? Non. Geert Wilders est présenté comme un type d’extrême-droite, raciste, xénophobe. C’est tellement plus facile. On retrouve les mêmes réflexes sur le net, d’ailleurs. Je viens de tomber, en cherchant Geert Wilders dans Google, sur un article de désinformation manifeste de Noël Blandin.

Je vous invite à suivre l’excellent travail de veille que fait Jean Robin sur ce sujet : Traduction du discours de Geert Wilders à la chambre des Lords du 05 mars dernier, interview à la BBC sont les derniers exemples. Renseignez-vous sur Geert Wilders.

Quiconque se renseigne sur Geert Wilders comprend plusieurs choses :

  • Geert Wilders est un homme courageux, humaniste et lucide. Ceux qui ne veulent pas l’entendre sont des autruches. Ceux qui veulent le faire taire sont des ennemis de la liberté, et de la liberté d’expression. Affirmer que les valeurs de la Charia sont contraires aux nôtres, contraires à l’égalité homme / femme, contraires à la protection des minorités, contraires à la liberté d’opinion, ce n’est pas être raciste, ou xénophobe ; c’est simplement avoir pris la peine de se renseigner sur la Charia. On peut – et on doit – critiquer l’islam, tout en n’ayant rien contre les musulmans, et en leur accordant exactement les mêmes droits qu’aux autres citoyens. Parmi ces droits, la critique libre de toute idéologie sans risquer d’être menacé pour son opinion.
  • Il y a un vrai problème d’auto-censure, ou de tabou, vis-à-vis de l’islam en France. Les journalistes préfèrent dire que Wilders est d’extrême-droite, plutôt que d’aller scruter la réalité qu’il décrit. C’est vrai que ça fait longtemps que certains journalistes n’ont plus fait d’investigations : ça prend trop de temps, et c’est moins satisfaisant que d’avoir un avis préconçu sur tout. La phrase de Chamfort est tellement appropriée : « En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. »
  • Tant que les libéraux, en France, n’auront pas le courage politique d’un Geert Wilders pour défendre vraiment la liberté, ils n’auront aucune chance de convaincre qui que soit de la réalité de leur engagement. Défendre la liberté en parlant des couloirs de bus, ou du monopole de la RATP, c’est tout de même un peu court. Très court. Cela suffit peut-être, remarquez, à convaincre les journalistes que les libéraux sont finalement des gens acceptables : ils parlent des mêmes choses que les autres. Ne font pas de vagues. Génial ! Devenir ce que le monde médiatique attend, en croyant l’utiliser ; mais ce n’est qu’une manière de se faire totalement vider de la passion pour la justice qui doit animer les vrais libéraux. Et ce sont les électeurs qui votent. Pas les médias.

Je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit Geert Wilders. Je ne pense pas qu’il faille interdire le Coran (ce qu’il prône, car il considère que les nombreux appels à la haine et à la violence en font un livre qui dépasse la ligne rouge de la liberté d’expression).

Mais je considère qu’il s’agit probablement de l’homme politique européen le plus important des années passées, et à venir. Faire comme s’il ne s’agissait que d’un vulgaire xénophobe populiste est une erreur grave, dont j’espère que les français n’auront pas à la regretter.